HSBC Women’s World Championship : A. Jutanugarn leader, Minjee Lee s’accroche

Belles conditions de jeu pour ce troisième tour avec une température avoisinant les 32 degrés et un vent toujours constant, d’environ 24 km/h, auquel les joueuses se sont bien habituées. Avec des départs avancés, pour la plupart, le parcours a permis de jouer de manière plus audacieuse et, de fait, les scores se sont plus facilement envolés. Au terme de ce moving day, le classement change de physionomie mais ce sont, une fois encore, les joueuses asiatiques qui dominent. Mais la victoire pourrait venir de l’arrière.

Alors que Lexi Thompson « jardine » en 45ème place, que Michelle Wie est de nouveau forfait, que Cristie Kerr fait de la résistance avec Nelly Korda, à la porte du Top 10, seule Amy Olson fait flotter un espoir de victoire pour la nation à la bannière étoilée, dans un Top 10 essentiellement composé de sud-coréennes, d’une thaïlandaise, d’une néo-zélandaise et d’une australienne. Ces deux dernières ayant des parents sud-coréens. Symbole d’une période coloniale britannique, le golf est aujourd’hui dominé par les pays du soleil levant jusqu’à celui du matin calme en passant par les terres australes du Commonwealth. S’appeler Jodi Ewart Shadoff, être anglaise et pointer en 3ème position d’une épreuve considérée comme un Majeur, pour ce petit territoire chinois, relève de l’exploit et de l’affront. Are you shocked ?  Que néni. Et tant qu’à franchir le rubicon, allons-y gaiement. Oui l’état d’esprit golfique a bien voyagé vers l’Est, comme les oies sauvages migrent chaque hiver, de nos contrées, pour des climats pour tempérés. En quête de sa première victoire, la joueuse originaire de Northallerton, qui réside depuis en Floride, mérite ce coup de projecteur tant, depuis la dernière Solheim Cup, elle a eu de cesse de démontrer qu’elle est capable de s’imposer sur le circuit mondial. Huitième en Australie, Ewart Shadoff affiche de nets progrès et sa carte de 68, du jour, sans bogey, le prouve un peu plus. Reste que pour ce dernier tour, ce petit bout de femme de 1,65m, qui n’est pas la plus longue du circuit, aura fort à faire en partageant sa partie avec la n°1 mondiale, Ariya Jutanugarn, et la nouvelle n°3, la déterminée et audacieuse Minjee Lee, toutes les deux classées respectivement leader à –11 et seconde à –10. Sponsorisée par une marque de pneumatiques, Ewart Shadoff ne devra pas seulement mettre la gomme, elle va devoir trouver la bonne adhérence pour stopper ses balles sur des green, très roulants, si elle veut enfumer la concurrence. Car Ariya Jutanugarn, avec sa carte de 66, a envoyé un signal fort. Celui qu’elle a mieux digéré ce parcours qui lui résistait, un peu, hier. Quant à Minjee Lee, malgré deux bogey, le score de 67, qu’elle signe, est une nouvelle preuve qu’elle est la joueuse en progression en ce début de saison.

Quatre sud-coréennes en embuscade

Treizième la veille, Jin Young Ko, n’a pas fait dans la demi-mesure. Revenue à –8, sa carte de 66 est l’une des meilleures du jour. Etourdissante, l’an passé, à la même époque, brillante toute la saison dernière, elle confirme son talent et sa capacité à s’imposer dans le Top 5 mondial. Et bonne nouvelle pour elle, la nouvelle règle qui consiste à laisser le mat dans le trou, pour putter, est un avantage dont elle ne se cache plus. Le mat lui permet de stopper ses balles et de compenser son mauvais putting. Et tous les amateurs achèteraient bien le même putting, même sans le mat. En plus de Ko, demain, pour la gagne, Hyo Joo Kim (-8) pourrait, elle aussi tirer son épingle du jeu. Avec un score de –5, la voici au contact de la tête, alors que Sung Hyun Park(-7) se maintient, malgré une grande difficulté à lire les bonnes lignes de putt. Et quid de Eun-Hee Ji (-7), première vainqueur de la saison ? La sud-coréenne est à l’aise sur ce parcours et malgré son handicap de coups, elle est capable de rester dans une bonne dynamique.

Munoz et Olson favorites ?

Chacun le sait, au golf, ce n’est pas celui qui mène au départ du dernier tour qui l’emportera nécessairement. Raison pour laquelle il convient de ne pas sous estimer la joueuse espagnole et la joueuse américaine, qui ont fait forte impression, ce samedi. Après un brillant tournoi en Thaîlande, Olson continue d’impressionner tant par son jeu que sa capacité de résilience. Visiblement pas affectée par son double bogey sur le 4, elle s’est battue jusqu’au bout, pour décrocher un ultime birdie, qu’elle manque de peu, par un superbe putt, extérieur green, qui frôle le trou. Quant à Azahara Munoz, nous l’écrivions hier, elle semble en pleine forme et rien n’est plus dangereux qu’un esprit affûté qui retrouve tous ses moyens d’action, physiques. Cinq birdie pour deux bogey, l’espagnole a encore joué largement sous le Par, dans cet avant dernier tour. Une bonne raison pour la placer parmi les favorites, à la succession de Michelle Wie, qui est passée du rang de star à celui d’étoile filante, par excès de confiance, voire par imprudence.

Dénouement de ce HSBC Women’s World Championship, demain matin, à 6h30, sur Golf Channel.

Le classement après trois tours