HSBC Women’s World Championship : Sung Hyun Park surclasse !

C’est un final inattendu auquel les passionnés de golf féminin ont assisté, ce dimanche matin. Une épreuve où la victoire pouvait concerner, au minimum, sept joueuses, dont deux avec certitudes. Seulement, comme écrit hier, la victoire vient souvent de l’arrière, en golf, et cette règle s’est, une fois encore, confirmée, avec une domination incontestable, d’une des plus brillantes joueuses de sa génération.

Qu’il était tentant de parier sur un succès de la n°1 mondiale qui, lors du 3ème tour, a su combler son retard et sortir une journée en 66, pour prendre la tête à –11. A ce niveau de compétition, toutes les joueuses jouent très bien. Mais parfois, il suffit d’un moment de déconcentration, d’un peu de fatigue ou d’un excès d’ambition, pour qu’un wagon déraille et mette en péril tout le train, confortablement installé sur ses rails. C’est ce qui s’est produit pour Ariya Jutanugarn qui, dès le trou n°4, a concédé un double bogey, redescendant à –9, laissant Minjee Lee prendre la tête tandis que, deux trous devant, l’histoire était en route. Calme, imperturbable, comme c’est souvent le cas, Sung Hyun Park dominait le parcours depuis son premier tee shot. Birdie sur le 1, birdie sur le 2, elle s’emparait de la seconde place, à –10, et semblait bien partie pour ne rien lâcher. Mais la sud-coréenne est aussi connue pour ses moments de faiblesse, comme lors de l’Ana Inspiration 2018. S.H Park allait-elle tenir ce rythme jusqu’au bout ? A ce moment de la partie, les paris plaçaient plus favorablement Minjee Lee vainqueur. Il est vrai que la joueuse australienne se montre souvent régulière et est capable de rivaliser avec plus forte qu’elle, sur un dernier tour. L’épreuve de San Francisco, face à Lydia Ko, l’a démontré, même si Minjee Lee s’est inclinée sur le dernier trou. L’autre joueuse à fournir un bel effort, dans ce dernier tour, fut Jin Young Ko. Classée –8 la veille, la lauréate du Louise Suggs Rolex Rookie 2018, n’est plus une débutante. Elle fait même partie de l’élite mondiale. Au départ, dans l’avant dernier groupe, en compagnie de A.Munoz et H-J Kim, J.Y Ko a connu quelques difficultés sur l’aller, concédant 2 bogey (4 et 7), qui furent effacés par 2 birdie (6 et 8). C’est sur le retour que la joueuse sud-coréenne a commencé à trouver un meilleur rythme, pour signer deux birdie importants, sur le 4 et le3, avant de finaliser sa journée, par un putt décisif, sur le 18, pour un birdie, avec une balle qui est venue mourir au bord du trou, avant de basculer au pied du mat. Un coup qui lui a ouvert la porte du Top 3, une place qu’elle partage avec Azahara Munoz, qui signe également un joli putt, plus franc, pour birdie.

Ariya Jutanugarn désorientée

Ayant repris ses esprits, au départ du 10, trou sur lequel elle allait signer un nouveau birdie, effaçant du même coup son double bogey, la thaïlandaise accusait un coup de retard sur Sung Hyun Park, et deux coups de retard sur Minjee Lee, qui passait seule en tête. La pression était donc sur les épaules de la cadette des Jutanugarn qui, cela se sentait, digérait mal cette situation alors qu’elle disposait d’atouts pour remporter une nouvelle victoire et conforter sa place au classement mondial. Revenue à –12, voici qu’elle lâchait sa mise en jeu, au départ du 13, sur la droite, se retrouvant avec une balle injouable, sous un bosquet. La sanction fut immédiate. Un drop et une pénalité remettaient de la pression sur ses épaules et plus rien n’allait lui permettre de revenir dans la partie. Avec un double bogey, à la sortie du 13, Jutanugarn, désormais à –10, voyait Minjee Lee s’échapper à –14, co-leader avec Sung Hyun Park. Et la scoumoune, comme le facteur, frappa deux fois. Une fois pour Jutanugarn, qui prit le bunker, sur sa mise en jeu, sur le 14, le trou le plus facile, et pour Minjee Lee, qui va passer à côté de son second putt, pour concéder un bogey, tout comme Jutanugarn, qui ayant manqué son approche, putte pour bogey. Devant, sur le 16, S.H Park déroule et enfonce le clou avec un nouveau birdie. La fin de partie pour Ariya Jutanugarn se soldera par un jeu approximatif, jouant trop long son approche du green du 18 et se laissant un chip tout aussi long, pour tenter de sauver un Par qu’elle ne trouva jamais. Avec un bogey sur le 18, la n°1 mondiale sort par la petite porte de ce tournoi, au grand dam de ses fervents supporters, et de sa mère, arrivée quelques heures avant, pour assister à sa victoire.

Finish au club house

Seconde à –13, l’australienne Minjee Lee se devait de ne plus faire d’erreur mais également de prendre quelques risques pour tenter de reprendre les trois coups qui la séparaient de S.H Park. Elle n’y parviendra pas et tout porte à croire qu’elle a joué un peu trop en sécurité, avec, parfois, une erreur de club. Souvent trop courte sur ses attaques de green, l’australienne s’est laissée beaucoup de trop de travail au putting, bien qu’il faille reconnaître que les organisateurs ont tout fait pour rendre les drapeaux inaccessibles. En témoigne la position du trou n°17, un Par 3 de 176 m, à quelques mètres de la pièce d’eau avec un large bunker en façade, favorisant l’attaque par la droite, à l’opposé du trou. Sur le 15, Minjee Lee trouva le rough sur sa mise en jeu et s’en fut terminé de ses chances de birdie. Sur le 16, son manque de longueur ne lui permit que de jouer le Par, avec un drapeau, la encore placé au plus mauvais endroit, en fond de green avec une belle pente à suivre. Quant au 18, alors que Sung Hyung Park patientait au club house, Minjee Lee n’avait d’autre choix que de rentrer son approche, un coup de près de 120 mètres. L’exploit n’eut, évidemment, pas lieu et c’est avec deux putt pour le Par, que l’australienne conclut ce tournoi, seule seconde, en laissant Sung Hyun Park, 25 ans, empocher sa 6ème victoire, depuis 2017, date à laquelle elle remportait l’US Women Open, là encore, en ayant surpris tout le monde dans le dernier tour.

Prochain tournoi, du 21 au 24 mars, pour le premier d’une longue série en terre américaine, avant un passage par l’Europe, pour une semaine estivale qui s’annonce difficile, puisque deux majeurs se succéderont, l’Evian Championship et le British Women Open. Mais d’Ici là, des balles de golf auront roulé sur les green et de l’eau sous les ponts, et qui peut dire qui sera encore n°1 mondiale… dans 3 mois.

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