KIA CLASSIC : Inbee Park leader à -14

C’est sans aucun doute le premier tournoi de l’année le plus disputé, sur un troisième tour, avec un niveau de jeu très haut et autant de prétendantes au titre. Cette troisième journée a comblé les attentes des supporters de golf féminin qui ont été soumis à de belles émotions, au travers de jolis coups de golf. Une fois encore, ce sont les sud-coréennes qui ont marqué cette journée, bien qu’elles soient talonnées par un trio hispanophone qui n’a pas dit son dernier mot. Et la seule française, encore en piste, se débat, comme elle peut, pour se maintenir dans le Top 20, face à une pluie de birdie.

Coup de tonnerre sur l’Aviara Golf Club, en début d’après-midi quand Mi Jung Hur, la joueuse que plus personne n’attendait, met une claque au parcours. 46ème la veille, la voici leader à –11 avec le record du parcours en poche et un record personnel en carrière. Une carte de 62 comportant 7 birdie sur le retour, du 11 au 17. Derrière, les joueuses parties plus tard, sont elles aussi dans un bon jour mais le score total affichée par la sud-coréenne sonne, désormais, comme un objectif à atteindre. Deux joueuses, notamment, sont en bonne position pour se porter au niveau de Mi Jung Hur. Ce sont Nasa Hataoka et Azahara Munoz, l’espagnole qui a retrouvé tout son potentiel. Viennent ensuite se mêler à la bagarre,pour la première place, Inbee Park et Thidapa Suwannapura. Entre le 9 et le 13, elles sont désormais cinq en tête. Les coups pleuvent sur l’Aviara Golf Club et les trous cèdent, comme le 16, dont le drapeau, positionné prés du fairway, est désormais prenable en un coup. Plusieurs joueuses vont en profiter, comme Mariajo Uribe qui signe un eagle avec une balle qui est venue délicatement se positionner à 3m du mat. Un peu plus loin au classement, Danielle Kang signera également un eagle tout comme Pernilla Lindberg et Shanshan Feng, Pendant ce temps, sur le 18, Brittany Lang est dans une position à faire renoncer un amateur. Avec un second coup qui est parti totalement sur la gauche, sa balle a atterri dans les bosquets d’arbustes et les massifs de fleurs, près d’un palmier. Après quelques tergiversations, l’américaine décide de jouer et c’est la stupeur dans le public. La balle s’envole vers le drapeau, touche le green puis disparaît dans le trou. Hurlant de joie, la vainqueur de l’US Open 2016 exulte car elle vient de sauver son Par pour une carte de 71 et un score total de –4.

Inbee Park surfing in USA

Comme une belle vague, Inbee Park déroule son jeu, toujours porté par la même précision et un tempo, si particulier, qui donne à la joueuse, sud-coréenne, une allure de métronome. Après une première carte de 68, avec deux bogey, puis une carte de 67, sans faute, voici que l’ex numéro 1 mondiale, revenue pour une saison pleine, est en train de reprendre les commandes du circuit féminin. Certes elle ne domine plus comme à ses grandes heures de gloire et depuis, la concurrence a pris ses quartiers sur le LPGA Tour. Mais Inbee Park reste une grande championne, de ces valeurs sur lesquelles ont peu parier, souvent, les yeux fermés. 3ème la veille, à –9, la championne olympique est d’abord remonté à –11, au terme des 9 premiers trous. Puis, elle a saisi sa chance sur chacun des trous pour prendre un birdie sur le 16 et clôturer par un dernier birdie, sur le 18. Loin des coups d’éclat à la Mariajo Uribe ou à la Brittany Lang, la reine Inbee, à la manière des surfers californiens, a déroulé sur les fairway, un jeu impeccable, juste et bien construit, sans laisser filtrer ses émotions, comme à son habitude, pour terminer par un take off qui la place en tête de ce tournoi. Et les tubes des garçons de la plage résonnent aux oreilles. Inbee Park aurait-elle retrouvé les Good Vibrations ? Fredonnerait-elle, en secret, I Get around en songeant à l’un des objectifs qui lui tient à cœur, remporter un nouveau Majeur ? Avec deux coups d’avance, Inbee Park dispose d’un avantage psychologique, mais derrière, il y a des joueuses qui n’ont pas l’intention de lui laisser une voie royale.

Tenace Sung Hyun Park

La journée débute mal, très mal, pour la sud-coréenne, vainqueur au HSBC à Singapour. Un double bogey la relègue en fond de classement, à –8 puis, deux bogey, sur le 5 et le 6, la mettent hors jeu, à –6. Seulement la lauréate du trophée Louise Suggs 2018 n’est pas du genre à baisser les bras. Elle se ressaisit au terme de son aller, en signant deux birdie. Puis, ce sont deux nouveaux birdie sur le 10 et le 11 qui la replacent à –10, à un coup de Mi Jung Hur, depuis longtemps au club house. A ce moment de la partie, seule Azahara Munoz est à –10, après 16 trous. Sung Hyun Park va rester concentrée et enfoncer le clou pour prendre un birdie sur le 16 puis le 17. Désormais à –12, dans le carré de tête, il lui reste l’épreuve du 18 a passer. Hélas, elle va conclure par un bogey mais elle n’en reste pas moins favorite, pour ce dernier tour, au regard de sa capacité à remonter au score, après une contre performance.

Munoz, Lopez, Uribe et Suwannapura

Il est toujours difficile de porter la lumière sur une joueuse plus que sur une autre tant le golf est un sport dont le résultat ne reflète pas nécessairement la valeur générale d’un joueur. Mais dans le cadre d’une épreuve sportive, il y a ceux et celles qui s’en sortent mieux que les autres et la régularité associée à la performance du jour sont les repères qui permettent donner un coup de projecteur. Et cette lumière elle est braquée sur 4 joueuses, depuis hier, que sont Mariajo Uribe, Azahara Munoz, Thidapa Suwannapura et Gaby Lopez. Trois d’entre elles sont victorieuses sur le LPGA tour et la dernière en date n’est autre que la mexicaine. Seule Mariajo Uribe reste en quête de ce succès qui se refuse à elle alors qu’elle possède un niveau de jeu et un mental à la hauteur de ses ambitions. Mais voilà, il y a souvent eu plus fortes qu’elle, de même qu’elle fut victime d’un tempérament un peu trop latin. D’ailleurs, une erreur sur le 18, avec un second coup dans l’eau, lui coûte un bogey et la possibilité de figurer dans le Top 4. Gaby Lopez, elle aussi, s’est enflammée sur le 17 égarant sa mise en jeu dans un rough épais, au point qu’elle a dû jouer sa balle provisoire. Pourtant, la mexicaine de 25 ans tenait le bon bout, à –12, après 16 trous.

Pour Azahara Munoz, c’est définitivement le putting qui l’a empêché de rejoindre Inbee Park, en haut du leaderboard. Quant à la thaïlandaise, malgré un jeu sensiblement aussi long que celui d’Inbee Park, c’est en touchant plus de green qu’elle peut espérer faire la différence, dans le dernier tour. Si elle a réussi à prendre 13 fairway sur 14, elle n’a touché que 12 green sur 18, ce samedi.

Rendez-vous, cette nuit, à partir de 1h du matin, pour suivre le dernier tour de ce Kia Classic, sur Golf Channel, commenté par Florence le Jacques et Hervé Marques, qui s’annonce disputé. En cas de playoff, faites une sieste avant, car la nuit sera courte, mais palpitante.

Par : Jean-Hugues Curaudeau