KIA CLASSIC : Et de trois pour Hataoka

Nous attendions un suspense à couper au couteau et ce fut finalement un dernier tour dominé par une joueuse qui n’a laissé, quasiment, aucun espoir à ses poursuivantes, pour remporter ce tournoi. Comme les journées précédentes, la qualité de jeu fut au rendez-vous sur un parcours toujours très sélectif comportant des green au comportement surprenant.

Deux victoires l’an passé et une troisième place à la Race to CME, à tout juste 20 ans, Nasa Hataoka vient de remporter une nouvelle victoire sur le LPGA tour pour entrer dans le cercle des plus jeunes multiples vainqueurs de ce circuit. Seconde, derrière Inbee Park, que chacun attendait ce dimanche, pour tenter de décrocher un nouveau succès, la jeune japonaise a été solide tout du long, y compris dans les moments difficiles. C’est avec un birdie qu’elle débuta sa journée sur le premier trou pour en signer deux de plus, après 5 trous. Alors que Inbee Park jouait +1 et se retrouvait à -13, avec deux bogey et un birdie, Hataoka affichait une détermination à toutes épreuves. Seconde, la thaïlandaise Suwannapura s’accrochait au score, à -15, grâce, notamment, à un eagle sur le 5. A l’entame du retour, plusieurs joueuses semblaient en position de contester le leadership à la japonaise. Notamment Azahara Munoz et Danielle Kang. Les deux joueuses affichaient un score de -14 et rejoignaient l’incroyable Hyo Joo Kim qui, quelques heures plus tôt, marquait, elle aussi, comme Mi Jung Hur la veille, l’histoire de ce tournoi en signant une carte de -10. Cet exploit permit à la sud-coréenne de s’imposer très vite en haut du classement et d’obtenir une belle 3ème place, qu’elle partagerait, en fin de journée, avec 5 joueuses. Mais Hataoka passa près de la correction, à deux reprises. La première fois fut sur le 16 lorsqu’elle trouva le green, sur sa mise en jeu, avec une trajectoire directe qui fait filer la balle dans l’obstacle d’eau. Elle s’en sort avec un Par alors qu’elle avait l’occasion de prendre le large avec, au minimum, un birdie. Puis, ce fut sur le 18. La encore, sa balle se dirigea vers la pièce d’eau, après une mise en jeu, en léger fade, donnant à sa balle un mauvais rebond. Par chance, le rough assez épais stoppa la balle à la limite de la ligne de l’obstacle d’eau. Avec un Par sur le 18, Nasa Hataoka clôture sa journée à -18 et laisse le sentiment d’une joueuse solide, tant dans le jeu que mentalement.

De belles places d’honneur

Ce n’est pas une seconde mais cinq joueuses qui se partagent la prime de la deuxième place. Alors que la thaïlandaise Thidapa Suwannapura paraissait en mesure de finir, au minimum, à cette place d’honneur, elle a vécu une fin de parcours difficile avec deux bogey pour un birdie, sur le retour. Descendue à -14, un score très honorable, elle se classe dans le troisième groupe qui comporte 5 joueuses que sont Mi Jung Hur, Gaby Lopez, Chella Choi et Hyo Joo Kim. Des joueuses qui eurent leur chance pour jouer la victoire, telle Gaby Lopez qui signa un magnifique eagle, sur le 15, pour passer à -15. La mexicaine joua un chip, depuis le rough, à environ 20 m du mat. Un coup précis qui roula jusque dans le trou laissant la joueuse, de 25 ans, éclater sa joie avec démonstration. Mais sur le 18, un green qui causa des soucis à beaucoup de joueuses, Lopez manqua son premier putt, d’environ 2m. Elle concéda un bogey qui la relégua à -14. Plus haut, Jin Young Ko décroche également une très belle place à -15, grâce à un coup sublime sur le 17. Un eagle rentré avec maestria, sur une approche aussi décontractée qu’académique. Un swing d’école pour un résultat impeccable. Et comme Lopez, Ko ne se priva pas d’exprimer sa joie. Malheureusement, la sud-coréenne ne parvint pas à enfoncer le clou pour inquiéter Hataoka.. Quant à Danielle Kang, c’est plus la régularité et la précision qui lui permettent de remonter en seconde position, à -15. Avec 8 birdie, Kang avait fait le job quand elle se présenta au départ du 18. Hélas, elle allait, elle aussi, être victime de ce dernier green et concéder un bogey. Tout comme Sung Hyun Park qui manque l’occasion de terminer seule seconde, à -16. En cause, un deux putt, dont un premier a à peine 1m du trou.

Une place honorable pour Céline Boutier

La française est probablement frustrée de son week-end, elle qui avait bien débuté ce tournoi. Comme la semaine passée, elle a commis trop d’erreur et se retrouve avec une carte bariolée de bogey et même d’un double bogey, sur le 8. Cependant, nous reprendrons cette remarque très juste de Florence le Jacques, sur Golf Channel, qui relevait que terminer dans le Top 30, dans un tournoi aussi difficile et être aussi présente chaque semaine, Céline Boutier (-6) peut se consoler de ne pas être tombée plus bas, ce qui fut le cas pour des joueuses comme Anna Nordqvist ou  Mo Martin qui terminent à +3, en fond de classement. La saison est longue et la française, qui compte déjà une victoire en carrière, après une première année pleine sur le LPGA, a l’avenir devant elle et un potentiel évident pour décrocher d’autres succès.

Au final, ce tournoi a produit du très beau jeu, a fourni un bon suspense et a démontré, une fois encore, que le golf féminin offre autant de spectacle et d’émotions que le jeu des hommes. Cette 10ème édition du Kia Classic a également mis en lumière les joueuses en forme, à quelques jours du premier Majeur de la saison et, chose curieuse, voire inquiétante, Lexi Thompson et So Yeon Ryu n’ont pas brillé dans ce tournoi, où elles étaient attendues. Notamment la sud-coréenne qui manque le Cut. En revanche, Stacy Lewis n’a pas manqué le rendez-vous alors qu’elle revient de maternité et qu’elle doit concilier son rôle de sportive et de mère. 12ème à -13, elle termine sur une carte vierge de bogey avec 3 birdie et un eagle sur le 2, de quoi largement la rassurer sur son niveau de jeu.

Rendez-vous, jeudi, pour le premier grand test de la saison, sur le célèbre parcours de Rancho Mirage, où les juniors ont disputé, ce week-end, l’Ana Inspiration junior, avec une belle 4ème place de la française Pauline Roussin Bouchard, sur le score de -2.

Par : Jean-Hugues Curaudeau