ANA INSPIRATION : In-Kyung Kim s’installe

Avec des conditions de jeu évolutives où le vent a principalement mis en difficulté les parties de l’après-midi, ce tournoi, historique du LPGA, s’apprête à entrer dans l’histoire comme étant l’une des éditions les plus difficiles. Et la vitesse des green cumulée aux positions de drapeaux ont participé à placer un Cut à +5, duquel beaucoup de joueuses ont été sauvées, in extremis. Mais l’une d’elles a su tirer partie de cette situation et son leadership sonne comme une revanche à prendre.

Avec un départ, en tout début de matinée, à 7h55, la sud-coréenne I.K Kim a écrasé cette seconde journée, avec un score inégalé de 65, y compris au cumul des deux jours. Jusqu’ici, la meilleure carte rendue fut signée par Ally McDonald avec un score de 68. L’an passé, Pernilla Lindberg, qui ne défendra pas son titre, avait signé une carte identique, dès le premier tour, pour un score final de –15. Avec un score total de –8, la sud-coréenne, qui a laissé échapper le titre en 2012, sur un putt décisif qui reste dans les mémoires, s’est idéalement positionner pour disputer le titre, ce dimanche, sauf une journée catastrophe, ce qui n’est pas à exclure. Désormais séparée de son french caddie, et conseillée par Danny Renneisen, qui a évolué sur le PGA Tour à partir de 2010, I.K Kim prouve que son talent se situe, aussi, dans ses mains. Avec 8 birdie pour un seul bogey, la sud-coréenne, aux 7 victoires dont un Majeur, le Ricoh Women’s British Open, a, sans aucun doute, dans le viseur, de sauter dans le Poppie’s Pond, dimanche soir, afin d’effacer, définitivement, cette défaite face à Sun Young Yoo, qui lui colle à la peau. Mais la route sera longue jusqu’à ce dernier putt sur le 18 et rien ne dit que Lexi Thompson ou Jin Young Ko ne tenteront pas leur chance. De plus, en étant dans le haut du classement, les joueuses savent qu’elles partiront de plus en plus tard, ce qui, en cas de rafale, comme ce fut le cas hier avec un vent soufflant jusqu’à 40km/h, il sera plus difficile de scorer l’après-midi. Rien n’est donc figé dans ce tournoi et c’est ce que se disent toutes les joueuses, à commencer par quelques outsiders qui guettent l’opportunité de revenir au score.

Dix joueuses à l’affût 

Il ne faut éliminer ni sous estimer aucune joueuse, à ce stade du tournoi. Certes I.K Kim possède 3 coups d’avance sur l’australienne Katherine Kirk, à –5, mais il s’en est fallu de peu pour que la marque ne soit réduite voire égalée. Car l’australienne, que l’on travailleuse et très technique, s’est montrée solide et appliquée, notamment sur ses putt. Vivant une seconde vie depuis sa victoire en 2017, Kirk s’est appliquée à bien sentir la vitesse des green, diablement traîtres par un roule de balle élevé (13,5). Egalement programmée dans les parties du matin, Katherine Kirk, avec son traditionnel bermuda et sa carrure de surfeuse, a brillamment entamé sa journée par deux birdie (1 et 2), ce qui l’a probablement mise en confiance. Et il faut s’en convaincre, puisque 4 Par plus loin, elle signait 3 birdie pour sortir de son aller à –6. Le retour fut plus difficile et le vent, déjà, commençait à se lever. Après un birdie sur le 11, elle concéda deux bogey, sur le 17 et le 18. Bien dans son golf, en symbiose avec ce parcours, l’australienne peut s’inviter dans le course à la victoire. A moins que Jin Young Ko ne vienne contrarier ses plans et celui des autres joueuses. Ayant adopté un état d’esprit propre au détachement des émotions, depuis le début de la saison, cette perle sud-coréenne qui surclasse de nombreuses championnes, depuis la saison dernière, figure, cette semaine encore, dans le groupe des favorites, après sa victoire la semaine dernière. L’américaine, Ally McDonald est toujours au contact, après deux tours, mais avec un peu moins de panache. Deux birdie pour deux bogey ne font pas une progression et sans une réaction forte, dès ce troisième tour, elle pourrait disparaître des radars. En revanche, Charley Hull, Danielle Kang, Sung Young Park, Lexi Thompson et la jeune chinoise Jing Yan, peuvent résister à ce moving day. Installées à –3, ces joueuses ont connu des fortunes diverses, ce vendredi. Hull et Kang ont réussi à scorer sous le Par (69), tout comme Park qui a eu plus de difficultés. Ce qui semble gêner la sud-coréenne, ce sont les positions de mat et le stimpmeter. Park est passée à côté de plusieurs putt pour birdie, ce qui n’a pas été sans la frustrer. Jing Yan, après un début de parcours difficile comportant 3 bogey, a engrangé deux points importants, en prenant deux birdie de suite, sur le 17 et le 18. Et ces trous seront déterminant, dimanche, pour la victoire. Quant à Thompson, ce qui pèse sur son manque de performance, dans ce Majeur, c’est ce qui fait sa force. Sa puissance et sa frappe de balle lui ont fait manquer 8 fairway sur 14, ce vendredi. Trop souvent dans le rough, l’américaine est totalement passée à côté de sa journée. Et même si son putting s’est amélioré, elle n’en reste pas moins fragile dans ce compartiment. Alors, Lexi Thompson peut-elle ajouter un Majeur à son palmarès. Oui, sans hésiter, mais elle va devoir jouer plus juste, plus stratégique et utiliser plus sa tête que ses muscles. Et son caddie partage une part des responsabilités. Cette erreur de club, sur le Par 3 du 8, son 17ème trou, lui coûte une chance de faire birdie. Au lieu de cela, l’américaine s’est retrouvée dans la pire des situations, avec une balle noyée dans le rough, dont elle est sortie grâce à son excellent niveau technique.

Les déceptions

Comme évoqué, plus haut, Pernilla Lindberg ne défendra pas son titre. Après une carte de +3 voici qu’elle s’est effondrée là où elle avait triomphé, l’an passé. Partie du 10, à 13h27, en compagnie de Ariya Jutanugarn, la suédoise a probablement rapidement compris qu’elle ne s’alignerait au départ d’un 3ème tour. Avec 3 bogey (10,11 et 16), elle parvenait à trouver le chemin du birdie sur le 2. Mais, dès le trou n°4, elle concédait 4 nouveau bogey. Avec 7 fairway touchés et seulement 5 green en régulation, Lindberg n’a visiblement pas trouvé la clé pour jouer ce parcours qui lui a apporté tant de bonheur, en 2018. La française Céline Boutier est elle aussi sortie par la petite porte de ce tournoi. Comme ses aînées, avant elle, cette épreuve de Rancho Mirage fut un point noir dans la saison. Pour succéder à Patricia Meunier-Lebouc, il va lui falloir de la patience et du travail. Sept fairway touchés, 10 green en régulation pour un même nombre de putt que la veille, soit 31, la française, qui n’a concédé aucun trois putt, reste sous le Cut à +8, avec 4 bogey à l’aller, un au retour et deux birdie (11 et 12). Déçue mais toujours en jeu, Lydia Ko est passée très, trés près de la correctionnelle. Un second coup malheureux sur le 6, son 16ème trou, envoie sa balle dans le rough, au bord de l’obstacle d’eau. Partageant sa partie avec Lexi Thompson, avec qui elle bagarre à –3, dans le haut du classement, elle se retrouve face au green, avec une fenêtre de tir très étroite et un plan d’eau entre elle le mat. Après une longue discussion avec son caddie, elle décide de jouer bois 3, directement vers le green, sans aucune marge d’erreur. Et ce qui devait arriver, arriva. C’est un gros plouf qui accompagna la réception de sa balle. La mine défaite, la néo-zélandaise est en proie à une forte émotion car, il y a le Cut qui, d’un coup, vient de s’afficher dans son esprit. Et à ce moment de la partie, il est à +4. Finalement, sur les conseils de  Johnny Scott, son caddie, elle se recentre sur le fairway, après un drop dans le rough, et va concéder un quadruple bogey sur ce Par 4, avec deux putt. En prenant 4 coups de plus que le Par, Lydia Ko dégringole à +3. Mais c’est dans l’adversité que se révèlent les plus grands. Retrouvant sa bonne humeur habituelle, Ko va signer deux birdie à la suite, montrant sa force de caractère et sa capacité de résilience. 28ème à +1, elle est probablement hors course pour la victoire finale, mais sûrement pas éliminée des places d’honneur. Quant à Michelle Wie, qui annonçait ses ambitions de devenir n°1 mondiale, la vie est en train de la remettre dans la dure réalité de l’existence. Avant de rêver, il faut des fondations solides. Son niveau de jeu est insuffisant après sa blessure qui l’a tenue écartée des parcours plusieurs mois.

Les repêchées de dernières minutes

Merci le vent et le durcissement des conditions de jeu, doivent se dire les joueuses qui pointaient à –5, une heure avant la fin du second tour. Grâce aux scores très faibles enregistrés l’après-midi, des joueuses comme Nelly Korda, So Yeon Ryu ou Azahara Munoz, à défaut d’envisager de sauter dans le Poppiue’s Pond, ont été sauvées des eaux, alors qu’elles étaient rentrées au club house, sous le Cut. Au final, elles sont 15 à rester en lice et à conserver l’espoir de se rattraper, ce week-end, notamment Nelly Korda et So Yeon Ryu, deux des stars de cette épreuve.

A suivre le 3ème tour sur Golf Channel, ce soir à partir de minuit

Par : Jean-Hugues Curaudeau