HUGEL AIR PREMIA L.A Open : Dans le sillage de Minjee Lee

En décrochant sa 5ème victoire en carrière, Minjee Lee n’a pas seulement gagné un nouveau titre. Elle s’affirme comme une grande joueuse capable de triompher sur tous les types de parcours. Mais elle ne fut pas la seule à impressionner, cette semaine, dans la cité du cinéma dont la lumière s’est, un peu, braquée sur ces stars du golf féminin.

Avec la contre performance puis l’élimination de ces têtes d’affiche que sont Lexi Thompson, Haru Nomura, Sung Hyun Park, Jessica et Nelly Korda, Anna Nordqvist ou encore la tenante du titre Moriya Jutanugarn, mais aussi de joueuses en devenir comme Yu Liu, Georgia Hall, Charlotte Thomas, Jacqui Concolino ou Linnea Strom,  cette seconde édition du Hugel Los Angeles Open a soudainement été plus lisible. Et pour Minjee Lee, l’opportunité de l’emporter s’est faite rapidement sentir puisque devant elle, se tenait des joueuses de haut niveau, certes, mais en recherche d’une gloire passée, en reconstruction de leur jeu. Inbee Park, Stacy Lewis étant, notamment, de celles-ci. Alors, que pouvait craindre Minjee Lee ? Des rookies ou de jeunes joueuses en quête d’une victoire ou d’une confirmation d’un premier succès. C’est ainsi que Hannah Green se retrouva co-leader avec Stacy Lewis, à la fin du premier tour, que Catherine Tanguay, la canadienne, pointait en 4ème position, à –4 soit deux coups derrière les leaders, que Shanshan Feng, en recherche d’une victoire depuis plus d’un an, figurait à la 5ème place à –3 avec la prometteuse allemande Isa Gabsa, Brooke M.Henderson, victorieuse la semaine passée, Inbee Park, Lizette Salas, Sarah Jane-Smith enceinte et puisant déjà un peu dans ses réserves, et une pléiade de joueuses déterminées, mais encore irrégulières comme Angel Yin (-3), Jing Yan (-3), Nanna Koerstz Madsen (-2) et une Gaby Lopez (-2) en pleine progression depuis sa victoire au Blue Bay, en novembre dernier. Tout en tenant compte que ce parcours, inauguré en 1920 et rénové en 2010, reste dans une configuration vielle Angleterre, loin des standards habituellement joués sur le LPGA. Gagner sur le tracé du Wildshire Country Club est déjà la preuve d’être un excellent stratège et technicien. Aussi, en se reportant au classement de la précédente édition, chacun pouvait constater que Inbee Park, Jin Young Ko, Morgan Pressel et Minjee Lee avaient terminé dans le Top 10. Que Lexi Thompson et Shanshan Feng clôturèrent ce tournoi à 10 coups de la leader et que, d’une manière générale, les scores n’étaient pas très élevés. De là à pronostiquer Minjee Lee vainqueur, au soir du second tour, il y avait un pas difficile à franchir.

L’inattendue Nanna Koerstz Madsen

Chaque année, sur chaque tournoi, s’affirment une à deux joueuses qui, d’ordinaire, naviguent entre le Cut ou le milieu du classement. Chaque année, le golf féminin voit poindre ce nouveau talent qui sommeille depuis des mois, sinon des années, et qui, à force de travail, se révèle aux yeux de la planète golf. Il y eut Lydia Ko, Brooke M.Henderson, Shanshan Feng, Danielle Kang, Georgia Hall, Pernilla Lindberg, Yu Liu et cette année, Nanna Koerstz Madsen, qui n’est pas totalement une inconnue. Rookie en 2018, la danoise de 24 ans a évolué sur le Ladies European Tour, où elle a remporté une victoire, ainsi que sur le Symetra Tour dont elle est ressortie victorieuse, à trois reprises. Mais entre l’emporter sur ces circuits et s’imposer sur le LPGA, il y a une marche, sinon une montagne, souvent difficile à gravir. Aussi, lorsque Nanna K.Madsen s’installe à –6, en seconde position, à un coup, derrière Minjee Lee, chacun s’interroge et se prend un peu à rêver au succès d’une débutante. Surtout que lors du moving day, la seule joueuse à cramponner Minjee Lee est toujours Nanna K.Madsen. Et derrière, le vide est fait. Inbee Park est trois coups derrière la danoise, quatre derrière Minjee Lee et Jin Young Ko qui, seconde l’an passé, est à un coup derrière Park avec une Morgan Pressel qui se maintient grâce à sa première carte de 66. De fait, l’australienne ne semble pas avoir de rivales à sa dimension hormis la jeune danoise. Car sur ce parcours, aux green rapides et peu propices aux pitch, la précision et le putting sont deux des principales clés du succès. Malheureusement, Nanna K.Madsen va céder sous la pression, elle qui était pourtant confiante la veille, en son jeu et se disait peu affectée par les émotions et le stress. Koerstz Madsen offrit, très vite, une opportunité de victoire à l’australienne, dont elle partageait la partie, pour la deuxième fois. Avec un bogey pour débuter, puis trois autres du 4 au 7, Koerstz Madsen perdit pied sans toutefois se dérégler au grand jeu. C’est principalement son putting qui n’était plus en phase sur des green à jouer à l’aide d’un newton mètre. Néanmoins, elle sortie plus forte de cette semaine, en vivant ce que toutes, avant elle, ont vécu, à savoir être en position d’outsider, pouvoir l’emporter, et craquer dans la phase finale. Nanna K.Madsen reviendra dans le haut d’un leaderboard, n’en doutons pas, et elle se servira de cette expérience pour décrocher sa première victoire, sur le LPGA Tour, car, outre cette dernière journée, elle fut solide et son jeu est à la hauteur de ses ambitions.

Morgan Pressel, la résurrection du phoenix ?

Enfant chérie du golf américain féminin, une sorte de Little Miss Sunshine du golf promise au plus bel avenir, Morgan Pressel n’a pas étoffé les espoirs qui furent placés en elle. Pourtant, sa carrière débute bien puisqu’elle se qualifie, à l’âge de 12 ans, pour l’US Women Open, faisant d’elle la plus jeune joueuse à participer à ce Majeur, à cette époque. Devenue professionnelle à l’âge de 17 ans, elle décroche un nouveau record de précocité en devenant la plus jeune vainqueur de majeur, en remportant le Kraft Nabisco (Ana Inspiration) en 2007. 2010 et 2011 sont des années prometteuses avec un Top 13 à la Money List et une seizième place mondiale, en 2011. Puis, progressivement, l’américaine va connaître moins de réussite. Des blessures, des forfaits, des Cut manqués, Morgan Pressel traverse une période difficile. La seconde de sa vie après le décès de sa mère, quelques années plus tôt, atteinte d’un cancer du sein. Kathy Krickstein, épouse Pressel, décède à l’âge de 39 ans et pour Morgan c’est un drame. Depuis, la joueuse américaine s’est investie dans la lutte contre cette maladie en créant une fondation à laquelle le monde du golf féminin participe, chaque année. Mariée en 2013, à son petit ami de longue date, Andrew Bush, Morgan Pressel se construit une nouvelle vie. Pour autant, le golf lui glisse un peu entre les doigts même si, en cette année 2013, elle compte trois Top 10 dont une seconde et une troisième place. L’année 2016 marque le début d’un passage à vide et dès l’année suivante elle dégringole au classement mondial, en 127ème position, puis, en 2018, en 180ème position. L’américaine a entrepris de reconstruire son swing et il lui faut du temps. Si le début de cette saison 2019 ne reflète toujours pas son niveau, il y a cependant, depuis la fin de l’année dernière, des signes encourageants. Septième, sur ce même parcours du Hugel Open, en 2018, 26ème à Evian, sa 3ème place, brillamment défendue cette semaine laisse espérer un retour, au premier plan, de l’américaine, qui compte de nombreux supporters. D’ailleurs, Morgan Pressel expliquait, lors d’une interview, qu’elle a travaillé le positionnement de ses mains, à l’impact, de manière à les placer plus en avant pour obtenir une meilleure frappe. Après un premier tour difficile en 71 et avoir géré deux bogey et un double, elle a relevé la tête, le lendemain, avec une journée vierge de bogey. Touchant, en moyenne, 11,5 fairway et 13,25 green, elle n’est pas loin des meilleurs statistiques du tournoi où Minjee Lee, Sei Young et Inbee Park ont pris jusqu’à 16 green par tour, sachant que le record revient à Inbee Park qui touche 18 green lors du premier tour. Est-ce la résurrection de Morgan Pressel que beaucoup attendent? C’est peut-être un peu tôt pour le dire, mais, c’est évident, contrairement à sa compatriote Paula Creamer qui ne parvient toujours pas à retrouver son niveau, il y a des signes encourageants.

Vamos Gaby !

Ce sont généralement les américains, les européens et les asiatiques qui inscrivent leur nom dans les palmarès du golf. Il est moins courant de voir un joueur ou une joueuse d’Amérique latine, en haut d’un leaderboard. La mexicaine Lorena Ochoa fut la grande représentante mexicaine, de la première décennie de ce siècle, succédant à la championne suédoise, Annika Sörenstam. Depuis sa retraite, prématurée, en 2010, le pays de Cortes, Zapata, Pancho Villa, Juarez et de la civilisation Aztèque ne brillait guère dans le milieu du golf professionnel féminin. Mais en 2016, est arrivée sur le circuit américain, une joueuse de 23 ans, au tempérament bien trempé. Patiemment elle fit ses gammes, réalisant quelques coups d’éclat et affichant son nom, dans le haut d’un leaderboard, avant de retomber plus bas dans le classement.  Jusqu’à ce premier week-end de novembre 2018 où elle remporta son premier tournoi, loin, très loin de chez elle, en mer de Chine. Depuis, Gaby Lopez, qui ne manque jamais de revêtir les couleurs du Mexique, pour chaque dernier tour d’un tournoi, casquette rouge régulièrement rivée sur la tête, a passé un palier psychologique et elle est, de plus en plus, présente aux avants postes, pour disputer un Top 20, un Top 10 ou mieux. Dixième du tournoi inaugural de cette saison, 22ème en Australie, 7ème du Kia Classic, elle vient d’aligner deux 5ème places sur les deux derniers tournois. Deux épreuves où jouer au golf nécessita patience, technique et stratégie. Avec une moyenne de 11,5 fairway par tour, de 13 à 17 green en régulation, réalisant une dernière carte de 66, sur ce Par 71, pour revenir en 8ème position finale, la mexicaine a brillamment réussi son tournoi. Avec cinq places de mieux, la voici dans le Top 50 mondial, à la 49ème place, derrière Yu Liu, l’espoir du golf chinois, qui elle aussi, va faire parler d’elle, dans les mois à venir, dans le sillage de Minjee Lee.

Minjee Lee nouvelle n°2 mondiale

En remportant ce Hugel Air Premia L.A Open, l’australienne Minjee Lee s’est assurée bien plus qu’un cinquième trophée. Elle rafle la mise sur les tableaux principaux que sont le Rolex Ranking, la Race to CME, la Money List et le très prisé classement de joueuse de l’année. Désormais seconde dans ces classements, elle confirme un talent que nul ne lui contestait jusqu’ici mais qui demandait simplement à être confirmé par des résultats. Son coup prodigieux, sur l’approche du mat du 14, lors du second tour, restera l’un des plus beaux coups de cette épreuve qui contribuera à asseoir la notoriété de l’australienne, que certains voient déjà dépasser son maître, Karrie Webb. Pour cela, Minjee Lee devra conquérir 35 autres victoires, dont sept Majeurs, ce qui n’est pas un challenge facile à relever. Mais son duel, l’an passé, dans la région de San Franciso, face à Lydia Ko, reste également dans les mémoires et cela tombe bien, puisque cette semaine, l’australienne et la néo-zélandaise devraient se retrouver pour disputer le LPGA Mediheal, sur le parcours de Lake Merced Golf club. Et là encore, du beau jeu attend les fans de golf féminin où toutes les joueuses, frustrées de leur semaine à Los Angeles, chercheront à se refaire sur le tapis vert de la baie de San Francisco.

Texte et illustrations : JHCuraudeau

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