PURE SILK Championship : Hataoka et Law en tête

C’est un jeu au millimètre auquel nous avons assisté, hier, lors du moving day. Ce n’est pas tant l’exploit d’un coup exceptionnel qui a marqué cette journée mais plutôt la ténacité de chaque joueuse à construire une stratégie gagnante, sur chaque trou. Et à ce jeu, la britannique Bronte Law continue d’exceller.

Voilà déjà une saison que cette jeune femme de 24 ans, originaire Stockport, en Angleterre, montre les dents face à une horde de joueuses expérimentées. Déterminée, combative, frappant fort la balle, disposant d’un bon sens stratégique, Bronte Law, malgré ses 1,65m peut tenir tête à une Jessica Korda, une Lexi Thompson ou une Michelle Wie comme Mo Martin l’avait fait, en 2014, pour remporter le British Women Open. On est pas grande par la taille, mais par le talent. D’ailleurs, nombreuses sont les joueuses de golf à se perdre dans la culture d’elle-même, à valoriser leur image, à jouer les starlettes sur les réseaux sociaux et à s’éloigner du golf. Natalie Gulbis, Belen Mozo, Michelle Wie, Lexi Thompson, Carly Booth, toutes ces joueuses ne sont pas ou plus là où elles devraient être. Bronte Law nous rappelle que l’objectif essentiel c’est le jeu et non un concours de mode. A la manière d’un Colin Montgomerie, ce n’est pas comment mais combien. Après avoir décroché 5 Top 10 la saison dernière, la britannique a frappé les esprits lors du LPGA Mediheal, en playoff face à Sei Young Kim et JeongEun Lee6. Sa carte de 65, lors du dernier tour, était un message envoyé fort et clair. La voici de retour, co-leader à l’entame de la dernière journée, à côté d’une double vainqueur qu’est la japonaise Nasa Hataoka. Dans ce troisième tour, la compatriote de Reid, Hull, Clyburn et Dimmock, n’a rien lâché. Ou presque. Deux bogey à l’aller mais tout le reste composé de Par et de Birdie. Avec une carte de 67, sur un parcours qui se défend tout de même, elle fait, cette semaine encore, figure de favorite. Mais elle devra affronter Nasa Hataoka, qui, elle aussi, brille par le talent. Après sa victoire lors du Kia Classic, en mars dernier, 3 coups devant Danielle Kang, Hataoka signe une carte de 65 avec un eagle à la clé, sur le 15. Ayant progressé, trou après trou, à l’aller, en alternant Par et Birdie, elle s’est envolée à –13 au moment idéal, en fin de journée. Mais derrière, il y a de l’adversité et des joueuses, elles aussi, plus concentrées sur le golf que sur leur vedettariat sur les réseaux sociaux.

La menace Henderson

La canadienne Brooke M.Henderson est de ces joueuses qui savent tirer parti d’une journée difficile. En difficulté vendredi, elle s’est brillamment relevée de sa carte de 71 en jouant à la perfection ce samedi. Passant de –5 à –10, en 9 trous, elle a réussi à intégrer le groupe de tête, dès le trou n°10, pour jouer –11. Puis, sur le 15, un nouveau birdie l’a propulsé co-leader avec Carlota Ciganda. Terminant sa journée sur un 8ème birdie pour un score de –12 avec un bogey sur le 16, le duo Henderson a également marqué de son empreinte, cette journée. Et les fans la verraient bien sacrée dimanche. Mais tout le monde ne l’entend pas de cette oreille et surtout pas les américaines et les espagnoles qui voient en Jennifer Song, d’un côté et Carlota Ciganda de l’autre, de potentielles vainqueurs. Difficile de les contredire quand on voit tout le talent que ces deux joueuses ont déployé depuis le début du tournoi. Song pour s’être maintenue, depuis trois tours, dans le haut du leadeboard, avec si peu de fautes et Ciganda pour avoir sonné la charge au second tour, et être remontée jusqu’à –12, à un moment de la partie, co-leader avec Henderson. Hélas, avec un putt à environ 4m du trou, l’espagnole va manquer d’effacer son bogey du 15 et c’est seulement sur trois Par qu’elle va conclure sa journée. Pourtant, tout y est dans le jeu de la native de Pampelune. Il lui manque les nerfs, le mental, pour résister, ce dimanche, à la pression et coiffer tout le monde sur le fil. Quant à Song, malheureuse en playoff face Lindberg et Park, lors de l’Ana Inspiration 2018, sa capacité de résilience, son jeu solide et constant, peuvent lui permettre de réaliser un excellent dernier tour. Mais plus que tout, c’est l’opportunité d’aller chercher une première victoire, en carrière, qui peut la transcender. Ce qui semble déjà le cas de Bronte Law, la plus en vue pour cette objectif.

Du beau jeu dans le Top 20

Ce classement bougera encore, n’en doutons pas, car entre -10 et –6, ce qui constitue le Top 20, se trouvent des joueuses d’expériences qui ont et qui savent faire parler d’elles. Minjee Lee, Ariya Jutanugarn et Jin Young Ko, bien qu’à –5, peuvent encore se relever comme l’ont déjà faites par le passé. Morgan Pressel, qui revient en forme en réalisant des tournois réguliers, dispose de l’expérience suffisante pour sortir une dernière carte sous le Par. Mais c’est surtout Madelene Sagstrom, qui frappe à la porte depuis plusieurs tournois, qui sera au centre du débat. La suédoise a très souvent eu du mal à rester dans une dynamique positive sur un dernier tour. Seule 6ème à –10, elle tient enfin une chance d’aller chercher une victoire, et pourquoi pas en playoff. De même, la jeune américaine, issue des qualifications, Katherine Perry, a brillamment abordé ce tournoi par une première carte de 66, qu’elle a renouvelée hier. Avec un 3ème tour sans bogey, Perry connaît la chanson, elle qui compte deux participation à l’US Women Open (2009 et 2012). Originaire de Caroline du Nord, où elle a réalisé ses études et son parcours d’amateur en golf, mariée en 2016, à son petit ami de longue date, Kevin Hamski, âgée de 27 ans depuis le 28 avril dernier, Katherine Perry réalise une belle performance cette semaine, qui mérite d’être soulignée. A suivre donc, cette joueuse, pour voir si elle parvient à ne pas se laisser submerger par la horde des pensionnaires du LPGA Tour.

Rendez-vous, ce soir, à 22 heures, sur Golf Channel, pour suivre ce dernier tour du Pure Silk Championship, qui promet d’être passionnant.

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