US WOMEN’S Open : Boutier proche de l’exploit

Ce troisième tour, malgré une quasi absence de vent, n’en a pas moins été difficile à négocier et la seule survivante des deux premiers tours est incontestablement la seule française engagée dans ce tournoi. Tout autour d’elle, du mouvement et des noms que nous attendions pas en si bonne place.

Après l’achèvement du second tour, qui fut interrompu, par deux fois, la veille, en raison des orages et de la tombée de la nuit, le Cut a rendu son verdict et les 60 meilleures joueuses ont pu s’élancer pour ce troisième round plus connu sous le nom de moving day. Ce jour des mouvements fut un véritable ascenseur qui fit soit progresser soit descendre. Et les surplaces furent rares. L’une des belles progressions est celle de Nanna K.Madsen qui remonte d’une 39ème place pour se positionner dans le groupe de chasse, en 9ème position à –3. Auteure d’une carte de 66, la danoise est partie à 11h17 en compagnie de Hanna Green et de Mi Hyang Lee (tient encore une Lee), Madsen fait tomber deux birdie sur les deux premiers trous avant de connaître un passage difficile où elle va perdre son avantage en concédant deux bogey pour un birdie, du trou 4 au 6. La danoise va se reprendre, dès le trou n°9, en signant un nouveau birdie pour revenir dans le Par. Un cinquième birdie, sur le 11, la replace à –1 puis, après trois Par, elle place un eagle sur le Par 5 du 15. Le coup d’éclat de Madsen lui permet d’entrer dans le Top 10, à 4 coups des leaders. L’américaine Ally McDonald a, elle aussi, brillé, en signant une carte de 67 avec quatre birdie sans bogey. A –2, elle talonne une So Yeon Ryu qui a manqué de réussite sur ses seconds coups mais qui dispose d’un très bon putting et d’un petit jeu, notamment dans les bunkers, précis. Plus loin, au classement, et sauf surprise, hors course pour la victoire, Carlota Ciganda gagne 12 places en rendant une carte de 69, Jeong Eun Lee (ne pas confondre avec Lee 6), passe de la 55ème position à la 22ème, dans le Par total, tout comme la mexicaine Maria Fassi qui joue son meilleur tour de la semaine avec une carte de 68. Autre mexicaine à briller dans ce moving day, c’est Gaby Lopez, la vainqueur du Blue Bay LPGA, en novembre 2018. Elle aussi signe son meilleur score du tournoi avec une carte de 67. Ayant pris son départ à 12h23, dans le groupe 17, la 48ème mondiale a bien réagi en ne concédant que deux bogey pour six birdie. La voici 7ème, à –4, en compagnie d’une Jessica Korda qui a souffert dans ce 3ème tour. Certes elle signe un eagle sur le trou n°9 et un birdie sur le 18, mais les quatre bogey qu’elle concède sont à l’image des difficultés qu’elle a rencontré, sur un parcours qui se défend toujours très bien, même en l’absence du vent.

La résurrection Thompson ?

En considérant que les joueuses prennent deux à quatre coups au parcours, par journée et peuvent, tout autant en perdre un à deux, C’est donc dans le Top 10 que se trouve, fort logiquement, la vainqueur de ce tournoi. Et parmi les prétendantes, se trouve celle sur qui les américains ont les yeux rivés, depuis le début du tournoi, la floridienne Lexi Thompson. Armée de patience, épaulée par Benji son cadet avec lequel elle remporta l’Ana Inspiration, la 8ème joueuse mondiale est en passe de devenir la première merveille du golf américain. N’étant plus que l’ombre d’elle même en 2017, où elle fut à la limite de la crise de nerf lors de son match face à Anna Nordqvist, en Solheim Cup, affaiblie moralement par la pénalité qui l’a privée d’un doublé en majeur, la maladie de sa mère qui fort heureusement, semble aller mieux et les propos désagréables qu’elle a subi sur les réseaux sociaux, la petite fille chérie du Golf US semble renaître au travers de cet US Women’s open. Un tournoi qui vient flatter son orgueil et son égo, deux qualités nécessaires aux sportifs s’ils veulent réussir. Mais c’est peut-être, aussi, la fibre patriotique, très présente chez les américains, qui permet à Lexi Thompson de se relever. Son score illustre d’ailleurs très bien notre propos d’introduction sur la moyenne des coups, puisque l’américaine a gagné un coup d’un tour à l’autre. 70 le premier jour, 69 le second et 68 dans ce moving day, la voici à –6, juste derrière les deux joueuses de tête. Mais Lexi reste Thompson, parfois brouillonne sur ses mises en jeu, trop incisive sur ses attaques de green et encore une fois, chancelante dès qu’il s’agit de signer le putt décisif. Si elle nous gratifie de belles ficelles pour birdie et d’un incroyable eagle sur le 15, grâce à sa puissance de frappe, elle manque totalement le putt, sur le 18, pour passer co-leader. Et c’est là que l’on constate que le premier problème de l’américaine, c’est la maîtrise de ses émotions. Elle se retrouve donc en compagnie de sa compatriote, Jaye Marie Green, qui s’est accrochée pour rejoindre la tête, non sans avoir concédé trois bogey. Une joueuse que l’on attendait pas si bien placée, tout comme les deux leaders.

La journée des Duke

Qui aurait pu prévoir que, après trois tours, une chinoise et une française, Rookie la même année et ayant fait leurs études dans la même université, se retrouveraient en tête, après trois tours, de ce 74ème US Women’s open ? Personne assurément. Si la française tient son rang et ne faiblit pas, la chinoise est montée en pression en passant de la 10ème place à la 1ère. Sa journée est une succession de birdie, après un bogey sur le 3ème trou. Et sur son sac, l’immanquable Axel Bettan, qui a contribué à l’excellente saison de I.K Kim, en 2017, lorsqu’elle décrocha trois victoires dont le British Women’s open. Et chacun sait combien un caddie est important. Pour preuve, Colin Cann et David Brooker, qui furent attachés à de grandes joueuses, elles aussi victorieuses en majeur, comme Paula Creamer et Lorena Ochoa. D’ailleurs, Jin Young Ko, l’actuelle n°1 mondiale, qui a réalisé un excellent troisième tour, est caddeyée cette saison par l’expérimenté David Brooker. Ainsi, la paire sino française continue-elle de fonctionner, après un bon début de saison de Liu Yu. Quant à Céline Boutier, que les supporters français espèrent bien célébrer ce dimanche, elle est à l’aise sur ce parcours, ne lâchant rien depuis le premier jour. Et ses statistiques s’améliorent même, notamment sur les fairway, qu’elle a tous pris hier, de même qu’au putting avec 26 putt pour 30 le premier jour. Céline Boutier a manqué plus de green hier, seulement 11 contre 16 lors du premier tour. Mais son putting est solide, tout comme son mental et si la française se sent bien depuis trois jours, il y a de fortes chances qu’elle reste dans la même dynamique. Ce leadership est donc la journée des anciennes joueuses de Duke. Reste à savoir si l’une des deux mettra les mains sur le précieux trophée. E si tel était le cas, Céline Boutier succéderait à Catherine Lacoste, non comme joueuse amateure, titre que la fille de l’ancien champion de tennis risque de détenir encore longtemps, mais comme la seconde française à s’imposer dans l’Open national américain professionnel, depuis plus d’un demi siècle.

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