KPMG Women’s PGA Championship : Vers un duel Green Jutanugarn ?

Le troisième tour du KPMG Women’s PGA Championship fut conforme à son appellation de moving day mais en tête, aucun changement hormis une réduction des scores qui indique que ni Green ni Jutanugarn ne sont à l’abri d’un mauvais coup et que la victoire pourrait, comme c’est souvent le cas, surgir de l’arrière.

Quelle belle association que ce duo formé par l’australienne de 22 ans Hannah Green, et la thaïlandaise de 23 ans, double vainqueur en Majeur, Ariya Jutanugarn. A la lutte pour la première place, les deux joueuses n’en ont pas moins partagé des moments de complicité, en toute décontraction, en attendant leur tour. Solidement en tête, Green a broyé du vert dès les premiers trous et Jutanugarn a répliqué. Avec un birdie supplémentaire, la thaïlandaise est sortie de son aller à –8 tandis que l’australienne conservait une avance, réduite d’un coup, pour mener sur le score de –10. Pendant ce temps, une joueuse sonnait la charge, comme elle a l’habitude de le faire régulièrement. Il s’agit de Sei Young Kim. Vingt sixième au départ de ce tour, elle s’est hissée dans le groupe de tête, en 5ème position, grâce à un jeu agressif et un mental de guerrière. Après un bogey sur le 5, pour redescendre à +2, la sud-coréenne, qui détient le record de la carte la plus basse, dans l’histoire du LPGA, a monté son niveau de jeu d’un cran. Disposant de toute la panoplie de coup qu’un joueur de golf peut rêver, Sei Young Kim a fait parler son petit jeu. Elle signe un birdie sur le 7 puis un autre sur le 11. Au 13ème trou la voici à –1. Tel un coup signature, Kim claque un eagle sur le Par 4 du 14 avec une approche rentrée d’environ 120 m. De quoi raviver des souvenirs lorsque cette joueuse s’imposa face à Inbee Park, sur un coup similaire, lors d’un mémorable playoff, à Hawaï. C’est la griffe de cette joueuse que d’être précise et de réaliser des performances là où d’autres vont trouver le temps long. Avec un dernier birdie, sur le 16, Kim sort de sa journée sur le score de –4 total avec la meilleure carte de la journée. Un temps troisième, au classement général, elle va être dépassée par deux autres joueuses que sont les américaines Nelly Korda et Lizette Salas. Deux styles de jeu différents mais deux attaquantes. Korda gratifia d’ailleurs le public d’une superbe sortie de bunker de green, sur le 15, avec un coup lobé, d’une dizaine de mètres, pour faire mordre sa balle tout près du drapeau et s’offrir un birdie. Quant à Salas, c’est un jeu solide dans sa globalité allié à un bon putting, qui lui permettent de rester dans le Top 5, à –5 pour une carte de 68. Et pendant que Jutanugarn et Green se livraient un duel sportif, d’une belle intensité, d’autres beaux coups pleuvaient sur le parcours.

Le retour des sud-coréennes

Ayant incontestablement tiré le niveau vers le haut, les joueuses sud-coréennes, qui cette semaine ne se nomment pas toutes Lee, sont, une fois encore, aux avant-postes. Outre Sei Young Kim, Sung Hyun Park, Inbee Park, Amy Yang, Jin Young Ko ou encore Hyo Joo Kim sont dans le Top 10 virtuel. Plus loin, I.K Kim et Mirim Lee s’intercalent entre les américaines, qui ont du mal à rester maîtres sur leur terre. Et quelques jolis coups ont été vus comme ce chip rentré, du bord du green pour Amy Yang, qui signe un superbe birdie. Sung Hyun Park, très à l’aise avec son putting qui signe une jolie ficelle sur le 9 pour passer à –5. Hyo Joo Kim, qui ne lâche rien, rentre trois birdie , du 8 au 16, après être partie à la faute, sur ses deux premiers trous. I.K Kim joue également du wedge en signant un chip rentré sur le 16, du bord du green, à une dizaine de mètres du trou. C’est donc un moving day exaltant qui s’est déroulé sur le parcours du Hazeltime National Golf Club, ce parcours qui est habitué à vibrer face aux exploits. Mais le coup du jour est signé de la jeune chinoise Liu Yu qui réalise l’approche parfaite. Sur un demi coup de wedge, elle imprime la courbe parfaite à sa balle qui se loge directement entre le mat et le trou. Gooaaallll !!!! Un coup qui vient éclaircir la carte de l’ancienne universitaire de Duke puisque ce sera son seul birdie du jour contre six bogey. Et devant, avec un vent légèrement plus faible que les deux premiers jours, Green et Jutanugarn se répondaient, tour après trou… jusqu’à la faute.

Icher recule, Boutier se maintient

Pas de miracle pour les deux françaises qualifiées, in extremis, après que le Cut eut évolué en leur faveur. Jamais dans le coup, depuis trois jours, la doyenne Karine Icher est désormais dominée de tous les côtés. Elle l’était déjà depuis longtemps, par les élites de la discipline qui ne lui ont jamais laissé l’opportunité de décrocher un seul succès, mais elle est également, au sein du clan tricolore, par une Céline Boutier concentrée sur ses objectifs et qui effectue une belle saison après avoir donné, à la France, cette victoire qui faisait tant défaut. Certes, le parcours est compliqué mais quand l’excuse du parcours sort toutes les semaines il est temps de se poser les bonnes questions. Et Michelle Wie a montré l’exemple en faisant preuve d’une grande honnêteté. « C’est ma faute », a-t-elle déclaré à la presse américaine. Dont acte. Jouant +4 pour la journée, reléguée à +9, en fond de classement, Karine Icher n’est pas à son meilleur niveau, c’est évident. Quant à Céline Boutier,elle a mis un point d’honneur à reprendre un coup et a surtout réalisé trois birdie sur son retour, comme pour dire qu’elle est toujours là, même s’il y a quelques accidents sur la carte. Classée 46ème, en compagnie de Brooke M.Henderson, Sandra Gal ou Angela Stanford, la française dispose d’un dernier tour pour se refaire.

Les leaders à la faute

Bien qu’elles se disent sereines, confiantes et satisfaites de leur journée, Hannah Green comme Ariya Jutanugarn ont de quoi nourrir des regrets. Les deux joueuses ont concédé deux bogey sur leur retour et se sont mises une épine dans le pied qui comptera dimanche soir. Sur le 13, Ariya Jutanugarn reste courte sur son chip d’approche et se laisse un putt trop long pour assurer le Par. Après un second putt, elle concède un bogey pour descendre à –7. Elle partira, à nouveau à la faute, sur le 16, dont le départ fut avancé d’une centaine de mètres, de sorte que le green fut prenable en un coup. La thaïlandaise va tenter le shot et partir à gauche, dans un massif de roseaux, faisant partie de l’obstacle d’eau. Déclarant sa balle perdue, elle se drope avec un coup de pénalité qui constituera son second bogey de la partie. Alors que Hannah Green avait, elle aussi, concédé un bogey sur le 13, voici qu’elle dispose d’une opportunité de creuser l’écart. Jouant plein fairway, elle place sa balle sur le green à un mètre du mat. Chacun pense alors que l’australienne va en profiter pour s’envoler avec quatre coups d’avance. Mais non. Rien de cela. Green ne s’applique pas suffisamment et manque son putt pour sortir avec un Par. Cependant, elle a retrouvé ses trois coups d’avance. Mais au 17, Jutanugarn se ressaisit et place un birdie quand Green joue le Par. Sur le 18, l’australienne concède un bogey et les deux joueuses sortent de cette journée avec un coup d’écart. Toujours leader, Hannah Green a montré des signes de faiblesse. Quant à Jutanugarn, trop optimiste, trop confiante au regard de sa puissance, elle pêche par manque de lucidité. En partant en compagnie de Lizette Salas, ce dimanche, le duo de tête pourrait être déstabilisé par l’arbitrage de l’américaine qui ne laissera pas passer une chance de prendre une nouvelle victoire et, surtout, un premier Majeur.

Rien n’est donc encore joué dans ce tournoi où Hannah Green s’est tout de même montrée à la hauteur de l’enjeu, depuis trois jours.

Le classement provisoire ici