Dow Great Lakes Bay Invitational : Eh Team leader !

Ce 20ème tournoi de la saison est aussi frais que mâcher un célèbre chewing gum américain ou déguster une glace accoudé à la rambarde d’un Pier au large d’Huntington Beach. Associées par affinités, les joueuses du LPGA tour ont parcouru cette première journée avec bonne humeur, complicité et décontraction autour d’un enjeu pourtant très sérieux. Et les canadiennes, contre toutes attentes, ont pris l’ascendant sur l’ensemble des teams, dont les surnoms ne manquent, parfois, pas d’originalité.

Vous aviez l’habitude, jusqu’ici que l’on vous relate les scores des Morgan Pressel, Paula Creamer, Tiphanie Joh, Ariya Jutanugarn, Sandra Gal, Karine Icher et autres Brooke M.Henderson ou Angela Stanford. Et bien désormais, il vous faut apprendre les surnoms de ces équipes qui ont également associé un thème musical à leur identité sportive. Et la première équipe leader de cette épreuve, qui se dispute en foursomes et four balls, c’est le team canadien Eh Team composé de Alena Sharp et de Brooke M.Henderson. Et leur musique associée est le thème du groupe Journey « Don’t stop Believing », un air qui sonne comme un hymne au voyage et à la liberté. Et de liberté, les deux canadiennes n’en manque pas, voyageant toute l’année en conjuguant passion et profession. Les voici donc en tête, en ayant réalisé la meilleure carte de ce premier Foursomes, où chaque joueuse a frappé la balle par alternance. « living just to find emotion » martèle la chanson et la phrase résume à la fois ce qui s’est déroulé toute la journée ainsi que la carte d’Henderson et Sharp. Sept birdie contre deux bogey, pour un total de –5, le Eh Team doit maintenant confirmer sur le 4 balles meilleure balle. Car derrière, il y a une association qui voit la vie en rose. C’est celle du Team Pink avec Paula Creamer et Morgan Pressel. Le nom de leur duo s’imposait naturellement. D’une part parce que Paula Creamer cultive son surnom de Pink Panther depuis plusieurs années, et d’autre part parce que Morgan Pressel est engagée dans un combat contre le Cancer du sein pour lequel elle a créé une fondation. Et les deux joueuses sont copines comme cochon, ce qui ajoute une tonalité supplémentaire au rose bonbon de leur tenue. Moins en veine côté putting, le duo signe tout de même un eagle sur le Par 5 du trou n°3, après deux Par. Comme objet de motivation il y a guère mieux, à moins de rentrer un Albatros. L’aller fut un peu laborieux mais les deux joueuses ont tout de même assuré une suite de Par avant de signer un nouveau birdie sur le 9. Un bogey sur le 10 est venu ternir leur enthousiasme avant de relever la tête avec deux birdie en suivant, pour un score total de –4. Et nous l’avions évoqué dans notre article de présentation, ce duo pouvait faire très mal puisque les deux joueuses possèdent l’expérience de la Solheim Cup et qu’elles se sont déjà montrées redoutables dans cet exercice du match play. Suivent, ensuite, quatre équipes, avec le score de –3. Holy-Ko-Lee (Minjee Lee et Jin Young Ko), Yas Queen (Robyn Choi et Jaclyn Lee), All-in (Jasmine Suwannapura et Cyndey Clanton) et le premier duo sud-coréen le Team AWN composé de Amy Yang et Mirim Lee. De très belles associations pour venir à bout d’un magnifique parcours dont les green, assez fermes, ont créé des difficultés à la fois sur l’approche, en raison de leur fermeté, mais aussi au putting, en étant assez roulant et d’une tenue de la ligne de putt un peu versatile.

Jelly, M&M, Boucher, Insynch and co

Sous un ciel d’été, un peu nuageux, les duos de sœurs n’ont pas autant brillé que les pronostics l’envisageaient. Le meilleur des deux sister’s act est celui du Team Jelly pour Jessica Korda et Nelly Korda qui fut opposé au second, le team M&M pour May et Moriya Jutanugarn. Parties du trou n°10, à 9h40, les quatre joueuses ont eu quelques difficultés à assimiler ce parcours.  Si Jelly débute par un Par, M&M inscrit son premier bogey. Jessica et Nelly vont connaître le même sort sur le trou suivant  alors que les sœurs Jutanugarn se ressaisissent avec un birdie. Mais l’euphorie des thaïlandaises sera de courte durée puisque les six trous suivants prendront soit la couleur du Par, soit celle du bogey (13 et 15) soit celle du double bogey (18). A +4 en neuf trou, M&M ont mal à la cacahuète et leur chocolat commence à fondre. Pour Jelly team c’est le statu quo. Avec deux bogey et deux birdie, leur aller se conclut dans le Par et tout est à refaire. Ce sera nettement mieux au retour avec deux birdie bien que cela reste un peu mou pour les Jelly sisters, qui nous ont habitué à mieux. Quant au Team M&M, après avoir été à l’amende, sur le 18, les sœurs Jutanugarn ont mis un caramel à leurs adversaires en inversant la vapeur avec quatre birdie et cinq Par pour terminer dans le Par total. Ce que l’histoire ne dit pas, c’est qui de May ou de Moriya a endossé le rôle de Jaune ? Victorieux des M&M, avec un score de –2, le team Jelly n’a cependant pas fait la différence, dans ce tournoi. Il partage, notamment, la 7ème position avec des françaises qui auraient bien aimé se montrer un peu plus saignantes. Le team Boucher (Céline Boutier et Karine Icher) dont le thème musical est l’Envie, de feu Johnny Hallyday, ont peut-être trop donné avant d’avoir envie. Mais elles n’ont pas, pour autant, courbé l’échine après les deux bogey du 16 puis du 2, qui ont annulé les birdie du 12 et du 14. Parties du 10, face au team Kim (Kris Tamulis et Kim Kaufman, qui ont eu l’intelligence de ne pas se désigner Team KKK dans le nord des Etats-Unis), les françaises ont occupé la tête du classement avant d’être rejointes par la première équipe sud-coréenne, composée de Amy Yang et Mirim Lee, désormais à –3. Il n’en reste pas moins que le Team Boucher est l’une des plus belles associations de la semaine et bien que les françaises n’aient pas eu l’occasion de voir les vaches, puisqu’elles s’taient cachées (steaks hachées), ce qui souligne l’absence de Shanshan Feng, elles disposent encore de trois jours pour passer à la moulinette la concurrence et se tailler la part du lion. Et si le kebab n’est pas le plat le plus consommé en France, contrairement à certaines déclarations officielles pour le moins saugrenues, souhaitons à Boutier et  Icher d’avoir la frite jusqu’au bout. Attention, tout de même, aux team Insynch (Jenny Shin et Na Yeon Choi) et l’association Yo Joo Kim/Eun Hee Ji, qui n’a pas enregistré officiellement son pseudo, qui sont en embuscade dans ce groupe à –2.

Le retour de Suzann Pettersen

Absente depuis le dernier tournoi de la saison 2017, la blonde norvégienne a pris une année complète pour bien vivre sa maternité et apprendre à devenir maman, après avoir donné naissance à son premier enfant, Herman Alexander. Ayant retrouvé le chemin de l’entraînement en fin d’année dernière, elle a, au contraire d’une certaine Michelle Wie, pris son temps pour retrouver des sensations. Et le résultat ne s’est pas fait attendre sur le parcours. Associée à Catriona Matthew, qu’elle retrouvera au mois de septembre, dans le cadre du staff dirigeant du team Europe, de la Solheim Cup, Pettersen a fait revivre, aux fans, les meilleurs moments du LPGA tour, lorsque la norvégienne, avec son tempérament de battante, arpentait les fairway. Et même si le score total n’est pas à la hauteur de son niveau de jeu passé, ni de l’association qu’elle forme avec l’une des plus anciennes joueuses du tour, son coup d’éclat sur le green du 13 montre qu’elle reste redoutable. Bien que la tâche s’annonce difficile pour le duo Pettersen/ Matthew, la journée en 4 balles meilleure balle pourrait leur permettre de refaire, in extremis, leur retard. 

Retour, dans le Michigan, ce soir, dés 22h30, sur Golf Channel, en compagnie d’Arnaud Degarne d’Emmanuel Darfour, pour suivre ce second tour, disputé en fourballs.

Le classement provisoire ici