Solheim Cup 2019 : L’essentiel à savoir

Historique

La Solheim Cup est au golf féminin ce que la Ryder est au golf masculin. C’est une épreuve phare, une sorte de championnat entre le nouveau Monde est le vieux continent. Mais la Solheim Cup c’est également un lien intime entre l’aspect sportif et un pan de l’histoire du golf. Car cette compétition n’aurait pu exister sans la présence, dans le golf, d’un amateur de génie, qui s’évertua à trouver des solutions techniques, à un moment où la discipline piétinait dans son évolution. Natif de Bergen, en Norvège, en 1911, Karsten Solheim est le fondateur de la marque Ping. En 1913, sa famille quitte la Norvège pour les Etats-Unis et s’installe dans la banlieue de Seattle, où Herman Solheim trouve un emploi de cordonnier. Karsten, son fils, étudiera à l’université de Ballard puis intègrera l’université de Washington. Il devient ingénieur en mécanique. Durant la crise de 1929, il va travailler dans l’entreprise familiale. Après la seconde guerre mondiale, Karsten Solheim va reprendre son activité d’ingénieur, mais en Californie. Il découvre le golf à l’âge de 42 ans et va rapidement y prendre goût. Naturellement, il va s’intéresser aux divers problèmes techniques que rencontrent les joueurs et il conçoit, notamment, un putter révolutionnaire, à axe droit. Ayant quitté la Californie pour Phoenix, dans l’Arizona, il va commencer à créer des clubs de golf dans son garage et présentera sa production à divers professionnels, sans grand succès. Mais le scepticisme va laisser place à l’engouement lorsqu’en 1967, un joueur de golf remporte un tournoi avec le putter Anser conçu par Kartsen Solheim. En 1969, la marque Ping voit le jour et depuis, chacun connaît le succès que cette entreprise a rencontré auprès des pros comme des amateurs. On doit à cet ingénieur, les têtes de clubs avec le poids en périphérie, une technologie qui améliore grandement le jeu en proposant des clubs plus tolérants. Le concept est aujourd’hui largement adopté par tous les constructeurs. L’épouse de Karsten Solheim, Louise, collabore à ses côtés et influence l’ingénieur devenu homme d’affaire. La marque cherche à se développer bien qu’elle jouit déjà d’un réel succès auprès des passionnés. Si la marque s’est fait connaître en parrainant plusieurs parcours de golf, il lui manque un tournoi à son nom. Louise Solheim, qui a poussé son époux vers le Golf féminin en parrainant la LPGA, oriente le choix du couple vers une épreuve féminine, sur le modèle de la Ryder Cup. En 1990, la première épreuve de la Solheim Cup voit le jour et elle se déroule en Floride, à Orlando. Le mode de jeu, inspiré de la Ryder Cup, propose des journées en double et en simple avec épreuves en Foursome, Fourball et Matchplay individuels. Les américaines vont dominer cette première épreuve, jouée du 16 au 18 novembre, en remportant onze épreuves sur seize. Puisque la Solheim Cup est basée sur le modèle de la Ryder Cup, il est décidé qu’elle se joue tous les deux ans, les années pairs. Mais un événement va venir troubler l’ordre établi.

2001 modifie l’ordre établi

Samuel Ryder crée la première Ryder Cup en 1927 et l’épreuve va logiquement trouver sa place, au calendrier, tous les deux ans, les années impairs. Aussi, lorsqu’en 1990, la Solheim Cup est inscrite au calendrier féminin, les deux épreuves fonctionnent en alternance avec harmonie. Mais le 11 septembre 2001, l’Amérique bascule dans l’horreur et toute la face du Monde est perturbée. Alors qu’elle est programmée quelques jours plus tard, la 34ème édition de la Ryder Cup est finalement annulée pour être reportée l’année suivante. En 2002, Solheim Cup et Ryder Cup sont donc jouées, l’une sur le sol américain et l’autre en Europe. Cependant, pour des raisons médiatiques et de sponsoring, les deux épreuves ne peuvent pas co-habiter la même année, dans le calendrier. Aussi, les instances du golf décident-elles de faire jouer la Ryder Cup les années pairs et la Solheim Cup les années impairs. Ce sont donc les féminines qui se plient à cette nouvelle règle en rejouant, l’année suivante, une épreuve remportée par l’Europe. Aussi, la Solheim Cup a-t-elle vu deux éditions se succéder, en 2002 et en 2003. Depuis 2002, une Solheim Cup junior a vu le jour offrant aux joueuses universitaires de l’AJGA et aux espoirs européennes l’opportunité de bénéficier d’un tournoi d’exception et de mieux se faire remarquer, notamment auprès de la marque Ping, qui aide, à différents degrés, de nombreuses joueuses. En ce mois de septembre, à Gleneagles, se déroule la 16ème Solheim Cup.

Les françaises en Solheim Cup

Marie-Laure de Lorenzi : 1990 – 1965 – 1998

Patricia- Meunier Lebouc : 2000 – 2003

Karine Icher : 2002 – 2013 – 2015 – 2017

Ludivine Kreutz : 2005

Gwladys Nocera : 2005 – 2007 – 2009 – 2015

Céline Boutier : 2019

Le Parcours

Gleneagles est un resort composé d’un hôtel, de diverses activités comme le spa, le tennis, la pêche, le tir à l’arc ou les randonnées en vélo ainsi que six parcours de golf. L’un d’entre eux est au centre de toutes les attentions puisqu’il accueille cette nouvelle édition de la Solheim Cup, mais également parce qu’il fut le théâtre de la Ryder Cup en 2014. Dénommé le centenaire de PGA, ce tracé eut d’abord comme nom le Monarch avant d’être débaptisé en 2001 en commémoration du centenaire de la PGA. Ouvert en 1993, ce tracé est l’œuvre de Jack Nicklaus qu’il a décrit comme la plus belle parcelle de lande posée dans le Monde avec laquelle il n’a jamais eu à travailler auparavant. Entouré de monts verdoyant, bordé de pièces d’eau, de marais et d’une végétation typique des landes écossaises avec, ça et là, de grands conifères, ce tracé offre un cadre exceptionnel qui peut être autant un paradis qu’un enfer pour pratiquer le golf. Les conditions météorologiques étant le facteur essentiel de cette mutation. Le parcours de Gleneagles est également un parcours touristique avec des vues pittoresques sur des endroits caractéristiques de cette région de l’Ecosse. Au sud-est, les collines d’Ochil qui surplombent la passe de Ben Shee et qui relie la ville de Glendevon. Puis il y a le Perthshire, Grampians, Ben Vorlich et les montagnes au-dessus des Trossachs, ce nom qui désigne principalement des vallées boisées. Loin, à l’Est, inaccessible pour le regard, c’est Saint Andrews. Le tracé du centenaire du PGA est un Par 72 dont chaque trou comporte un nom.

(Les détails du parcours seront communiqués ultérieurement)

Le Team USA

Il regroupe les meilleures joueuses du Rolex Ranking et ce team américain se présente comme le plus fort sur le papier. Hormis Stacy Lewis et Morgan Pressel, toutes les joueuses sont comprises dans le Top 50 mondial et le nombre de victoires et de Top 10 cumulés, est supérieur au team Europe. Cependant, sur l’ensemble de la saison, les joueuses sélectionnées par Juli Inkster ont un résultat sensiblement équivalent aux joueuses européennes. Elles cumulent notamment le même nombre de victoires avec un nombre de Top 10 cumulés, sur la saison, très supérieur aux Européennes. Cependant, les américaines, malgré une moyenne d’âge un plus jeune, sont les moins expérimentées avec 5 rookie dans leur rang. Raison pour laquelle la capitaine Juli Inkster a sélectionné Satcy Lewis et Morgan Pressel, deux joueuses d’expérience pour tenter de consolider cette équipe qui espère bien conserver le trophée.

Moyenne d’âge Team : 26 ans

Le Team Europe

L’équipe européenne a été remaniée tout en conservant des joueuses expérimentées. D’ailleurs, l’équipe européenne totalise plus de sélections cumulées que le team USA, soit 44 contre 20. C’est donc bien l’expérience qui caractérise ce team avec, néanmoins, la présence de nouvelles têtes. Victorieuse cette saison, la française Céline Boutier est l’une des joueuses à avoir remporté un succès, cette saison, au sein de cette sélection. L’autre étant l’anglaise Bronte Law, également rookie. Ensuite, si elle ne s’est pas encore imposé sur le LPGA tour, la néerlandaise Anne Van Dam est trois fois lauréate du Ladies European Tour, en 2018, ce qui en fait une joueuse déjà très aguerries. Ce sont donc deux rookie qui portent les deux victoires annuelles des 12 joueuses sélectionnées. Les européennes partent favorites dans cette épreuve avec une interrogation, qui s’appelle Suzann Pettersen. Revenue sur le circuit, mi-juillet, lors du Dow Great Lakes Bay invitational, la norvégienne s’est rappelée au bon souvenir de tous bien qu’elle ne passera pas le Cut de cette épreuve, qu’elle disputa associée à Catriona Matthew. En quatre épreuves disputées, Pettersen n’a franchi qu’un Cut, au Canada et termine 59ème. Avec une huitième sélection et 19 points gagnés, elle est la joueuse qui possède la plus expérience  en Solheim Cup et Catriona Matthew compte probablement sur Pettersen pour fédérer et aller chercher le point décisif. Mais c’est la suédoise Anna Nordqvist qui possède le meilleur ratio sélection et points obtenus. Elle en totalise 12 pour 5 participations, soit 1 point de plus que l’américaine Morgan Pressel pour un même nombre de sélection. La présence des rookie a donc toute son importance, dans chaque équipe.

Moyenne d’âge Team : 28 ans

Les caddies

La plupart des joueuses ont conservé le caddie avec lequel elle joue toute l’année, ou presque, à l’exception de deux joueuses. Ainsi, Angel Yin est associée à Matthew Galloway, l’ancien caddie de Michelle Wie, qui s’est retrouvé sans activité depuis le retrait de l’américaine. Et Céline Boutier a remplacé Carlos Lopez par Florian Rodriguez qui a remporté le British Women’s open avec JiYai Shin en 2012. Officiant également sur L.E.T, Rodriguez fut également le caddie de Camille Chevalier, lors de l’Evian Championship en 2018.

Les vainqueurs

  • 1990 : USA
  • 1992 : Europe
  • 1994 : USA
  • 1996 : USA
  • 1998 : USA
  • 2000 : Europe
  • 2002 : USA
  • 2003 : Europe
  • 2005 : USA
  • 2007 : USA
  • 2009 : USA
  • 2011 : Europe
  • 2013 : Europe
  • 2015 : USA
  • 2017 : USA

Les capitaines

  • Mickey Walker (EU) : 1990 – 1992 – 1994 – 1996
  • Jo Anne Carner (USA) : 1990 – 1994
  • Judy Ranking (USA) : 1996 – 1998
  • Dale Reid (EU) : 2000 – 2002
  • Pathy Sheehan (USA) : 2002 – 2003
  • Catrin Nismark (EU) : 2003 –2005
  • Alison Nicholas (EU) : 2009 -2011
  • Juli Inkster (USA) : 2015 – 2017 – 2019
  • Kathy Whitworth (USA) : 1992
  • Pat Bradley (USA) : 2000
  • Pia Nilson (EU) : 1998
  • Nancy Lopez (USA) : 2005
  • Betsy King (USA) : 2007
  • Helen Alfredson (EU) : 2007
  • Beth Daniels (USA) : 2009
  • Rosie Jones (USA) : 2011
  • Meg Mallon (USA) : 2013
  • Liselotte Neumann (EU) : 2013
  • Carin Koch (EU) : 2015
  • Annika Sorenstam (EU) : 2017
  • Catriona Matthew (EU) : 2019

Le programme 2019

Jeudi 13 septembre

Cérémonie d’ouverture : A partir de 17h

Vendredi 14 septembre

  • Foursomes : 4 matchs
  • Horaire : à partir de 8h10
  • Fourball : 4 matchs
  • Horaire : à partir de 12h40

Samedi 15 septembre

  • Foursomes : 4 match
  • Horaire : à partir de 8h10
  • Fourball : 4 matchs
  • Horaire : à partir de 12h40

Dimanche 16 septembre

  • Simples : 12 matchs
  • Horaire : à partir de 11h40
  • Cérémonie de clôture : 18h

Décalage horaire : 12h à Gleneagles = 13h en France

Diffusion Golf Channel

  • Jeudi 12 : Cérémonie d’ouverture : 17h (rediff le 13 à 8h00)
  • Vendredi 13 : 9h à 18h
  • Samedi 14 : 8h55 à 18h30
  • Dimanche 15 : 9h à 18h30

Texte et illustrations : JHCuraudeau