SOLHEIM CUP : L’Europe mène, les USA s’accrochent

Cette 16ème Solheim Cup est bien lancée au cœur de l’écosse, la patrie du golf. Certes, les forces et faiblesses se sont fait jour mais chacune des équipes se bagarre et n’entend pas concéder un point à l’autre équipe. L’Europe a pris l’ascendant psychologique, mais les américaines ont montré une belle combativité.

Le team USA est plus fort, au classement Rolex Ranking tandis que le team Europe est plus fort au nombre de sélections. La grande inconnue résidait dans la capacité des rookie à bien aborder cette épreuve. Ce soir, tout le monde est conforté dans la même pensée, les rookie sont dans le coup et elles ne sont pas loin de tenir chaque équipe. Ce matin, lors des Foursomes, les européennes ont pris l’avantage dans la fraîcheur de la lande écossaise, avec tout juste 8,5° sous abri. Equipées de doudounes, de moufles, de polaires et de chaufferettes, les joueuses et leur staff ont pris le chemin du parcours avec les joues rosées et le bonnet bien rivé sur la tête. Plus à l’aise dans ce climat pré automnal, les européennes ont pris l’ascendant sur des américaines plus habituées à vivre au soleil de la Floride ou de la Californie. Plus ancienne sélectionnée du team USA, Morgan Pressel a ouvert le bal, à 8h10, avec un très bon drive, suivie de Bronte Law, sous les acclamations d’un public largement acquis à sa cause. Puis ce fut au tour de Brittany Altomare de connaître le grand frisson de la Solheim Cup, suivie par Céline Boutier, également débutante. Quelques minutes plus tard, les sœurs Korda ont fait leur entrée dans l’arène, matérialisée par la plus grande tribune jamais construite pour cette épreuve. Et celle de Des Moines était déjà très imposante. Première historique, pour la Solheim Cup, avec deux sœurs participant à cette épreuve. Jessica et Nelly n’ont, d’ailleurs, pas manqué le rendez-vous en jouant merveilleusement bien, toute la journée. Enfin, Annie Park mettait en jeu, pour la dernière paire américaine, associée à la dernière rookie du team USA, de cette matinée, Megan Khang. De l’autre côté, Azahara Munoz, rompu à l’exercice, fit tourner son drive dans l’espace, pour envoyer sa balle un peu trop à gauche, dans le rough, que Charley Hull, autre figure du team Europe, dû s’employer à remettre sur la bonne trajectoire. Les foursomes ont immédiatement donné le ton. Les rookie sont dans le coup et ultra motivées. A l’image de Céline Boutier qui a réalisé un tandem idéal avec Georgia Hall. Les deux joueuses ont magnifiquement dominé la paire Thompson et Altomare, non sans avoir connu un démarrage un peu difficile. A égalité après deux trous, les américaines prenaient le trou n°3 pour passer 1up. Mais cet avantage ne fut qu’une façade masquant une Lexi Thompson toujours si peu assurée avec son jeu, laissant Brittany Altomare quasiment seule aux commandes d’une partition censée se jouer à quatre mains. La française a jouer juste, toujours sur le fairway avec un putting solide. De son côté, Georgia Hall a mis un peu plus de temps à se mettre dans la partie mais à l’entame du retour, les deux européennes sont devenues complémentaires. Elles menèrent jusqu’à 4 up, après 12 trous avant de voir revenir les américaines. Régulières sur les cinq derniers trous, Boutier et Hall n’ont concédé que deux trous et ont remporté un point précieux pour l’Europe. De quoi remonter le moral des jaunes et bleues qui ont vu la paire Masson et Ewart-Shadoff sombrer devant les sœurs Korda. Se connaissant par cœur, Jessica et Nelly ont travaillé comme à l’entraînement tandis que les européennes voyaient défiler les putt pour birdie. Le maillon faible de ce duo fut la britannique Ewart-Shadoff qui passa totalement à côté du match. L’allemande tenta bien de remonter le moral de sa partenaire, après un superbe putt, sur le 10, mais rien n’y fit et malgré un dernier trou gagné, sur le 12, les américaines remportaient le match par 6 et 4. Heureusement pour l’Europe, la paire Munoz/Hull allait sortir gagnante de son match sur le score de 2 et 1 face à Annie Park et Megan Khang, qui ont manqué de chance mais aussi de présence d’esprit, au putting. Quant à Ciganda et Law, nouveau duo magique européen, après avoir mené le match 2 up, elles se sont fait remonter par la paire Pressel et Alex jusqu’au score de 1 up pour les américaines. Morgan Pressel fut la meilleure du duo mais Marina Alex, qui semblait submergée par l’enjeu et l’ambiance, dès le début de la rencontre, a bien repris ses esprits, et s’est montrée digne de sa sélection sans convaincre totalement. Il faut dire qu’en face, Carlota Ciganda a sorti le grand jeu, dans tous les sens du terme et que Bronte Law fut redoutable au putting. C’est avec un putt de 8m, sur le 17, que Ciganda offre à la paire européenne le point suffisant pour terminer all square, avant un 18ème trou où chaque équipe partira à la faute, pour terminer sur un Par. Avec un score de 2,5 pour l’Europe et 1,5 pour les USA, à 14h, les Fourball pouvaient s’élancer.

Jessica et Nelly Korda

L’Europe faiblit sur la fin mais reste solide

Les deux capitaines ont sorti leur joker et remis en piste les équipes et les joueuses qui ont convaincu. Ainsi, Suzann Pettersen et Anne Van Dam s’avancèrent sur le tee n°1, pour former un duo qui, au départ, suscita des interrogations, puis, à l’arrivée, déclencha les houra. Anna Nordqvist et Caroline Hedwall, l’une des paires vedettes des dernières Solheim Cup, furent également jetées dans le chaudron écossais tandis que Munoz et Hull et Ciganda et Law rempilaient. Du côté des américaines, Juli Inkster plaça sur le fairway Danielle Kang associée à Lizette Salas, qui sembla regretter le chaud soleil californien. Ally McDonald fit son apparition aux cotés de Angel Yin alors que les sœurs Korda étaient dispatchées sur deux nouvelles équipes avec d’un côté Nelly et Britanny Altomare et de l’autre, Jessica et Lexi Thompson. De curieux mélanges qui n’ont pas très bien fonctionné mais qui ont ramené deux demi points qui pèseront, peut-être, dimanche soir. Dans le premier match, Suzann Pettersen a jardiné dès sa mise en jeu, et sur l’ensemble du premier trou, tandis que Anne Van Dam inscrivait le premier point permettant au team européen de mener 1 up. Les américaines égalisaient, grâce à Salas avant que Pettersen, qui a très bien joué durant cette partie, remporte un nouveau trou, pour les européennes. Dès lors, Anne Van Dam, armée de son long jeu, a mené la vie dure aux américaines, pour les dominer 4 up, jusqu’au 13. Danielle Kang ne marqua aucun point décisif et c’est Lizette Salas qui réduisit le score, sur le 14, pour revenir à 3 down. Mais au 16, les quatre joueuses se serrèrent la main, quand Anne Van Dam offrit un nouveau et dernier trou à l’Europe, tandis que « Tutta » réalisa un putt extraordinaire, qui traversa le green, négocia deux pentes et vint terminer sa course tout près de tomber dans le trou. Salas et Kang frôlèrent le trou, sur des putt bien plus courts et s’inclinèrent 4 et 2. Une sévère défaite gifla l’Europe avec le score de 7 et 5, qu’Ally McDonald et Angel Yin, infligèrent à la paire Nordqvist et Hedwall. Jamais les européennes n’ont donné le sentiment d’être à l’hauteur de l’enjeu. La paire suédoise fut méconnaissable, comme absente. Ayant remporté le seul trou de leur match, Anna Nordqvist est la seule joueuse reconduite demain matin, pour les foursomes. Mais la Solheim Cup ne serait pas ce qu’elle est sans ses magnifiques duels, ses combats, son suspense et ses émotions. Il fallait, ce vendredi soir, rester jusqu’au première minute du déclin du soleil pour assister à deux très beaux échanges. D’un côté Nelly Korda et Britanny Altomare face à Charley Hull et Azahara Muno et de l’autre, Jessica Korda et Lexi Thompson face à Carlota Ciganda et Bronte Law. Les stars de cette édition se trouvent ici réunies. D’abord les sœurs Korda qui ont tenu leur match en duo, mais aussi celui où elles furent associées. Ensuite, les quatre européennes, où Bronte Law est la seule rookie, sont, ce soir, les nouveaux piliers de cette équipe expérimentée. Munoz et Hull ont brillamment mené les américaines par le bout du nez, jusqu’à 4 up, avant de voir revenir N.Korda et B.Altomare, sur la fin du match. A partir du 13, coup après coup, les deux rookie sélectionnées par Juli Inkster ont mené la vie dure au duo hispano britannique. Hull et Munoz n’ont pas mal joué. Elles ont simplement étaient dominées par plus fortes qu’elles en fin de partie. Et la malchance s’en est mêlée quand, sur le putt du green du 17, pour gagner le match, Charley Hull voit sa balle passer sur le trou et filer derrière, sans raison apparente. Ce all square est forcément amère pour les européennes mais Korda et Altomare se sont particulièrement ressaisies. Quant au dernier match, c’est Jessica Korda qui a porté le match, handicapée par une Lexi Thompson qui joue de plus en plus mal. D’un rough à un bunker, jusqu’aux putt qui continuent de passer à côté, la n°3 américaine fut en grande difficulté avec son jeu. Paradoxalement, elle prend cinq trous contre trois à Jessica Korda tout en laissant planer ce sentiment que la mécanique ne tourne pas rond. En face, deux joueuses solides qui ont manqué de réussite. Bien sûr, elles estiment que la journée n’a pas été si mauvaise mais Bronte Law ne parvenait pas à masquer sa déception tandis que Carlota Ciganda affichait un sourire, un peu crispé, pour tenter de positiver le résultat. Contrairement à Hull et Munoz, Ciganda et Law ont tout juste tenu en respect la paire Korda/Thompson, avec un score de 1 up avant de se battre pour maintenir l’égalité. Au 14, elles étaient dominées 2 up et ont très bien réagi dès le 15. Law signa un birdie pour prendre le trou puis Ciganda aligna deux autres birdie pour reprendre l’avantage. Mais les américaines n’entendaient pas rendre les armes si facilement. Et c’est Thompson, qui, malgré un putting toujours peu assuré, signa un magnifique putt pour birdie, pour égaliser. Il faut dire que les européennes n’ont pas réussi à se mettre au plus prés du mat, ce que Korda et Thompson réussirent. Au terme des huit premiers match, l’Europe mène donc d’un point face à des américaines qui ont besoin de seulement 14 points, point conserver le trophée. La journée de samedi s’annonce donc décisive et c’est la raison pour laquelle, les deux capitaines jouent la carte de la sécurité, en renouvelant ce qui fonctionne.

Georgia Hall et Céline Boutier

Attention à la fatigue dimanche

Elles sont sportives et leur jeune organisme leur permet de récupérer rapidement. Néanmoins, le parcours du PGA Centenaire est long et glouton en énergie physique et mentale. Les joueuses qui vont s’aligner demain matin auront, pour la plupart, 36 trous dans les jambes avec sans doute autant, sinon plus, à jouer, jusqu’à dimanche. Du côté américain, Juli Inkster reconduit les mêmes pairs, sans état d’âme. Morgan Pressel et Marina Alex s’élanceront les premières, suivies d’Ally McDonald et de Lizette Salas, qui n’ont joué qu’un match ce vendredi. Puis, Danielle Kang et Megan Khang entreront en piste précédant le désormais historique duo des sœurs Korda. Du côté des européennes, c’est à peu près la même stratégie. Georgia Hall et Céline Boutier reprendront du service, avec un peu plus de fraîcheur que les paires Munoz et Hull et Ciganda et Law. Seul changement, Anna Nordqvist fera équipe avec Anne van Dam. La paire nordique débutera la matinée face à Pressel et Alex et peut-être que Catriona Mathew espère remettre dans le coup une Anna Nordqvist qui n’a pas donné le résultat escompté. Comme Hedwall, Thompson est sur la touche mais rien ne dit qu’elle ne joueront pas l’après-midi. Et dans ce cas, il sera intéressant de voir avec quelle joueuse elles seront associées. Pour Hedwall, on peut parier sur une association avec Pettersen, qui a une « pêche d’enfer » et qui communique une joie de vivre au team mais aussi aux supporters. Et Hedwall a sans doute besoin d’un électro choc pour libérer cette folle énergie qui lui a permis, de par le passé, de produire des coups incroyables, en Solheim Cup. A moins que Masson ou Ewart-Shadoff ne soit associée à la norvégienne, et là, il est difficile de faire un pronostic. Du côté américain, il est indéniable que Lexi Thompson a besoin d’un pilier pour la motiver. Cristie Kerr étant absente, seule une Angel Yin pourrait survolter la floridienne. Bien que le premier problème de Lexi Thompson soit qu’elle est avant tout une joueuse de simple et non de double. Quoi qu’il en soit, la journée de samedi s’annonce disputée mais aussi sans trop d’inconnues, puisque les équipes alignées ont déjà montré de quoi elles sont capables. C’est la fraîcheur des organismes qui devrait donc faire la différence ainsi que la stratégie. A moins que la météo ne vienne rebattre les cartes, puisque la pluie est annoncée pour l’après-midi. Et là, dans le crachin écossais, les américaines n’ont jamais été très à leur aise.

Les résultats ici

Bronte Law