Solheim Cup : Egalité et avantage USA

Au terme des deux premières journées de compétition, les deux équipes sont à égalité mais ce sont les américaines qui, dans l’ensemble, ont dominé ce second tour, qui fut fatiguant en raison des conditions météorologiques. 

C’est donc une égalité parfaite qui oppose les deux équipes, avant les matchs en simple, qui seront décisifs. Comme évoqué dans notre dernier résumé, la météo est venue perturber cette épreuve qui avait pourtant débuté sous un beau soleil, malgré le froid. Ce samedi, les nuages ont tapissé le ciel, le vent s’est fortement imposé, jusqu’à prés de 45 km/h, et une pluie fine est même venue intimider les joueuses, sans persister. Et avec de telles conditions, beaucoup ont pensé que les américaines auraient du mal à rester dans le rythme face à des britanniques, des françaises ou des suédoises plus habituées à de telles conditions de jeu. Pas du tout. Bien qu’emmitouflées sous plusieurs couches, les Lizette Salas, Danielle Kang et autres Annie Park, ont bien résisté au climat écossais. Même Lexi Thompson, d’ordinaire plus attiré par le bikini au bord de sa piscine en Floride, a réussi à surmonter ce maudit climat européen, qu’elle affectionne peu.

Lizette Salas Team USA

Des foursomes dans la douleur

Les deux capitaines ont donc choisi de renvoyer sur le parcours des associations de joueuses qui ont fait leur preuve la veille. Et notamment la paire Korda qui a infligé une leçon à Ciganda et Law, en les écrasant sportivement et mentalement par un score sans appel de 6 et 5. Les européennes ont réussi à gagner un seul trou, pour revenir 1 down au 4, avant de subir l’infernale pression des sœurs qui ont mis fin au supplice, sur le green du 13. Bronte Law manqua de nombreux putt tandis que Ciganda ne parvint pas à placer son long jeu, pour donner l’avantage à son équipe. Et en foursomes, quand une joueuse n’est pas dans le coup, le jeu se déséquilibre immédiatement. Même problème pour l’association Van Dam et Nordqvist qui débuta pourtant fort bien son match. Osant un nouveau duo, Catriona Matthew espérait redonner du moral à la suédoise qui n’avait pas été à son meilleur niveau, la veille, tandis que la néerlandaise fut convaincante. Hélas, Van Dam va commettre quelques fautes et surtout, s’agacer en faisant la démonstration de sa colère. C’est Anna Nordqvist qui va porter une partie du match. Tout ira bien jusqu’au trou n°6 où les européennes mèneront 4 up. Puis, les américaines Pressel et Alex se réveillèrent. Surtout la floridienne qui porta cette partie, grâce à son expérience. Les européennes vont perdre chaque trou, du 7 au 15, excepté le 8 et le 14 où elles partageront le score. Si les américaines jouent bien, elles profitent également des erreurs des européennes. Surtout de Van Dam qui montre son côté obscur. Et au 9, elle met une balle dans l’eau, en tentant de prendre le green en 2. Anna Nordqvist tentera de limiter la casse mais avec une pénalité, c’est une mission impossible face aux américaines qui rentrent un birdie. Au 10, Pressel, qui réalise un excellent début de Solheim Cup, inscrit un nouveau birdie, sur un putt de 3 mètres. Les européennes sont 1 up et la dégringolade ne fait que commencer. Malgré un dernier trou remporté, au 16, Van Dam et Nordqvist s’incline 2 up au 17, sans avoir pu construire un dernier birdie. La suédoise fait une erreur de club et restera très courte du geen ce qui profitera à Morgan Pressel, la mieux placée des quatre joueuses pour signer le Par et remporter le match. En revanche, la paire formée par Georgia Hall et Céline Boutier fonctionne à merveille. Les deux joueuses travaillent en totale complicité et mènent leur match avec efficacité. Il faut dire qu’en face, Ally McDonald et Lizette Salas ont eu du mal à trouver leur rythme dans la fraîcheur de cette matinée avec un vent qui ne semble pas du tout les amuser. Et il faut ajouter à cela que les green sont de vrais pièges tant au niveau de la lecture que de la vitesse. Il en sera de même toute la journée. Hall et Boutier remportent le trou n°3, par un birdie et vont tenir les américaines en respect uniquement sur ce score de 1 up, pendant 7 trous. Pourtant, sur le 9, Lizette Salas aura une chance de ramener le score à égalité tandis que Georgia Hall est en position de faire passer la paire européenne à 2 up. Mais aucune des deux joueuses ne parviendra à concrétiser l’opportunité. Boutier et Hall remportent le 11 et le 12 pour passer 3 up. La française va très bien putter, comme sur le 11 où elle rentre le birdie pour passer 2 up. Si Salas et McDonald remportent le trou n°13, Boutier et Hall vont conquérir le 15 pour s’imposer 3&2. Enfin, Charley Hull et Azahara Munoz vont également apporter un point précieux à l’Europe. En grande forme toutes les deux, l’anglaise et l’espagnole vont dominer le match sur les trois premiers trous puis tiendront les américaines en respect, jusqu’au 7. Au 8, elles gagnent à nouveau le trou pour passer 4up et s’offrent le 10 et le 11. Comme pétrifiées par le froid, Danielle Kang et Megan Khang, ne parviennent pas à réagir. Les putt ne rentrent pas, surtout pour Kang, qui d’ordinaire est si forte dans ce compartiment. Sur le 15, Charley Hull rentre le birdie et met fin au supplice des américaines, qui vont prendre leur revanche quelques heures plus tard. L’Europe se réjouit alors, modestement, avec un score de 6,5 contre 5,5, mais l’après-midi ne va pas se dérouler sur le même scénario.

Céline Boutier Team Europe

Fourballes : Van Dam absente, Boutier et Hall sauvent l’Europe

Ce sont les conditions météorologiques qui ont bousculé les capitaines dans leur stratégie, au regard des scores du matin. C’est aussi la médiocre prestation de certaines joueuses qui est venue influencer les choix. Côté européen, Catriona Matthew reconduit la paire Pettersen – Van Dam qui a bien fonctionné la veille, dans l’espoir que la néerlandaise retrouvera ses repères. Caroline Masson reprend du service avec Jodi Ewart-Shadoff, là encore en espérant que les deux joueuses se réveillent. Hall et Boutier retournent au charbon au regard de leur bonne prestation. Enfin, les deux copines d’enfance, Ciganda et Munoz jouent ensemble et cette paire espagnole est censée fournir un résultat positif. Sauf que les américaines s’adaptent de mieux en mieux aux conditions climatiques. Que Juli Inkster rebat un peu les cartes en produisant des associations surprenantes, avec, comme Matthew, l’espoir de réveiller certaines joueuses. Telle Lexi Thompson qui est toujours très loin de son meilleur niveau. Mais aussi Danielle Kang et Lizette Salas qui ont été dominées depuis le début du tournoi. Et les valeurs sûres sont en charges de créer un électrochoc. Cette alchimie va fonctionner en opposant une sérieuse résistance aux européennes, dont certaines vont être totalement absentes face à l’enjeu. Ainsi, alors qu’elle est la doyenne de l’équipe, Suzann Pettersen va porter l’essentiel de la partie en jouant à côté d’une Anne Van Dam qui disperse beaucoup et dont le jeu devient un peu fantasque. Tutta est dans un grand jour et les fans exultent. Portée par l’enjeu, Pettersen va retrouver un niveau de jeu exceptionnel inscrivant 4 des 5 birdie du duo et sauvant la situation, pour ne pas laisser les américaines l’emporter trop vite. Hélas, sur le 17, la norvégienne trouve le rough, à gauche du green, en raison d’un vent de plus en plus violent. Un mauvais chip et voici que s’envolent ses chances de remporter le trou. Alors, comme par miracle, surgit Anne Van Dam qui rentre un putt improbable pour empêcher les américaines de clôturer le match. Les européennes ont alors une dernière chance, sur le 18. Van Dam se met hors jeu dès le début, en trouvant le rough de droite puis en tentant de pendre le green à prés de 180 m. C’est finalement le bunker qu’elle trouve et les chances d’eagle s’envolent. Plus prudente et stratégique, Pettersen parvient à rentrer sur le green et va rejoindre Altomare, derrière le mat, en fond de green à environ 5 m. Annie Park fait guère mieux et la chance de prendre un demi point, repose alors sur les épaules de Tutta. Pettersen va prendre son temps pour étudier la ligne et contre toute attente, joue plein axe alors qu’elle a visionné, avec son caddie, tous les points plus à gauche. La balle de la norvégienne ne trouvera jamais le trou et Pettersen reste figée devant ce demi point qui vient d’échapper à l’Europe. C’est Annie Park qui rentre le putt du match, avec son long putter, qui a fait des merveilles, tout au long des 18 trous. Pourtant, c’est Brittany Altomare qui a apporté l’essentiel des points, au duo américain. Caroline Masson et Jodi Ewart-Shadoff sont enfin rentrées dans ce tournoi sans toutefois rassurer totalement. Face à une Lexi Thompson en difficulté sur ce parcours et une Marina Alex qui s’est montrée redoutable au putting sur des moments clés de la partie, les deux européennes vont résister jusqu’à reprendre la main sur le 13, pour mener 1 up. Un espoir de courte durée quand Marina Alex rentre un putt de 6 m pour birdie, en descente et renvoie les équipes dos à dos. Si l’allemande et la britannique ont retrouvé du jeu, elles ne rassurent pas pour autant. Et cela se confirme sur le 18 quand Masson tient le putt pour clôturer à 1 up. Comme en 2015, où elle avait laissé filer le 1/2 point essentiel du team Europe, elle cède sous la pression. C’est donc sur un match partagé qu’américaines et européennes se séparent, avec un demi point qui risque de peser lourd dimanche soir. Les deux européennes auront une charge immense sur les épaules, dimanche, car elles doivent absolument démontrer qu’elles ne sont pas le maillon faible de ce team Europe. Celles qui ne sont pas les maillons faibles, ce sont bien Céline Boutier et Georgia Hall qui, après avoir été dominées dès le trou n°4, alors qu’elles menaient 2 up, ont résisté en restant patientes jusqu’à trouver les bonnes opportunités. McDonald et Yin ont pris l’ascendant dès le premier trou et Georgia Hall a porté une grande partie du match en raison du putting défaillant de la française. Mais cette dernière a retrouvé du jeu et le pouvoir de concrétiser ses putt, sur le 14 où elle signe un birdie en réduisant la marque à 2 down. Puis, ce fut un travail d’équipe où l’anglaise et la française ont alterné les birdie jusqu’au 18. All square sur le 16, elles n’ont laissé aucune chance à McDonald et Yin qui ont commis des erreurs. Et la délivrance est venue de Céline Boutier qui signe le putt pour birdie, sur le 18, en offrant un point à l’Europe, chèrement acquis. Quant à Ciganda et Munoz, elles ont été moins en réussite face à une Lizette Salas et une Danielle Kang qui ont pu s’exprimer, malgré le vent. Après avoir mené 2 up, jusqu’au 3, puis 1 up jusqu’au 5, elles ont eu toutes les peines du monde à rentrer des birdies, voire même à se construire les opportunités pour se mettre en position d’en inscrire. Mais les américaines n’ont pas fait mieux et c’est dans un statu quo, qui n’en finissait plus, que les joueuses ont évolué jusqu’au 17. Sur ce dernier Par 3, les américaines ont trouvé le green tandis que les européennes se sont égarées dans le rough, tout prés. Avec un birdie à 5m du mat, Danielle Kang a mis fin au suspense en apportant un dernier point aux USA.

Azahara Munoz et Charley Hull Team Europe

Au terme de ces deux journées de compétition, un constat s’impose. Gleneagles n’a pas été un terrain favorable aux européennes qui ont vu des américaines s’adapter progressivement au climat et au tracé écossais. Et les européennes ont encore beaucoup de travail devant elles, si elles veulent remporter ce trophée qui leur échappe depuis 2015. Ce dimanche, les simples s’annoncent décisifs, bien au-delà de ce qui fut estimé. Et Juli Inkster a peut-être un coup d’avance, avec sa stratégie, qui consistait à tout donner lors des parties du dimanche. Mais voilà, à 8 partout, chaque équipe a également révélé ses faiblesses. Et du côté des américaines, la fraîcheur aura tout autant d’importance que pour le team Europe. Car chaque joueuse a laissé beaucoup d’énergie sur ce parcours qui n’a pas fini d’user les organismes.

Rendez-vous demain, à 11h40, pour suivre le premier départ de cette dernière journée de Solheim Cup.

Par : JHCuraudeau

Le classement provisoire ici