Indy Women in Tech : MJ Hur toujours en tête

3ème édition intéressante de cet Indy Women in Tech où quelques figures mondiales de la discipline viennent de subir le Cut ou sont tout simplement loin du Top 20. Une situation qui permet à des joueuses de second plan de s’exprimer et d’attirer l’attention. Même si le leadership ne change pas de main.

La sud-coréenne Mi Jung Hur mène ce tournoi depuis le premier tour mais elle a connu une alerte, hier, en partant à la faute à trois reprises. Deux bogey à l’aller, concédés sur ses approches de green et un double bogey sur le 16, le trou désigné pour le challenge AON Risk. A sa décharge, le vent soufflait très fort hier avec des rafales jusqu’à 37 km/h. Malgré tout, la récente lauréate du Ladies Scottish open fut l’une des rares à parvenir à placer des coups très précis sur certains trous et sa carte ponctuée de 6 birdie, en dit long sur son aisance, dans ce tournoi. Il faut préciser qu’elle est particulièrement bien épaulée par Gary Marshall, son caddie, qui sait la décontracter et lui permettre de relativiser ses mauvais coups. « Il est possible de faire une erreur de temps en temps » précisait Hur, après cette seconde journée. Et elle ajoutait « J’essaie de rester concentrée et de discuter avec mon caddie qui m’aide à éliminer de mauvaises pensées ». Une association qui avait déjà très bien fonctionné en écosse et qui pourrait, à nouveau, construire une nouvelle victoire.  Avec un score de –11, Hur reste en tête avec deux coups d’avance sur une joueuse qu’elle connaît bien. Il s’agit de Sakura Yokomine qui fut moins démonstrative avec 3 birdie pour un bogey mais qui se maintient à la seconde place, à –9. Plus remarquable est la présence de Maria Torres, cette rookie 2018 qui a conservé ses droits de jeu et qui ne cesse de faire parler d’elle, depuis le début de la saison. Avec un physique plus affûté qu’il y a un an, la joueuse portoricaine a remonté 20 places dans cette journée, avec une carte de 68, entachée de 2 bogey. Elle partage cette position, à –7, avec une Marina Alex qui semble être encore dans la dynamique de la Solheim Cup, où elle a parfaitement tenu son rôle. Juste derrière, un groupe de quatre joueuses à –6 avec la charismatique Pornanong Phatlum, toujours en quête d’une victoire sur le LPGA Tour, tout comme Amy Olson, dont chacun aurait aimé qu’elle soit sélectionnée dans le team USA de la Solheim Cup. Classée 119ème à la Race to CME, Kendall Dye est de ces joueuses de second plan à entrer dans le Top 10. L’américaine, originaire du Tennessee ne concède qu’un bogey pour 4 birdie s’offrant un peu de cette lumière d’ordinaire dévolue aux joueuses du Top 60. Enfin, la joueuse de Hong Kong, Tiffany Chan, signe la seule carte vierge de bogey, de ce Top 5 avec un 65 qui lui permet d’effacer le 73 de la veille et d’échapper au Cut.

Un Top 15 à surveiller

Ce n’est pas parce que Mi Jung Hur fait figure de favorite qu’il faut nécessairement oublier ces joueuses capables de revenir dans les deux dernières journées. A –5, 6 joueuses se partagent la 9ème place. Et on y trouve quatre joueuses de la Solheim Cup. Deux du team Europe avec Masson et Ewart Shadoff et deux du team USA avec Khang et McDonald. Après une bonne première journée, la britannique Ewart Shadoff a joué dans le Par. Partie du 10, elle a signé un birdie sur le premier trou avant de marquer le pas en n’inscrivant que des Par. Ce sont deux bogey, en fin de partie, qui viennent ternir sa carte. Cependant, comme l’ont souligné plusieurs joueuses, les conditions de jeu étaient complètement folles et il faudra, peut-être compter sur la plus malheureuse des joueuses de la Solheim Cup, pour une place d’honneur, dimanche. Mais elle ne sera pas la seule puisque McDonald et Khang semblent continuer dans cette dynamique positive qui les propulse depuis l’été. Mais derrière, se trouvent des joueuses expérimentées comme Katherine Kirk (-4), qui a signé une carte de 68 et Anna Nordqvist (-4), qui double la mise avec un score de 70. Discrète, Inbee Park est pourtant bien dans le champ. Absente du Tour depuis début août, l’ancienne n°1 mondial est capable de tout grâce à sa patience légendaire et son jeu souvent millimétré. Et avec le vent qui risque de freiner l’acquisition de birdie, Park a probablement sa chance. En revanche, Celle qui a connu une sérieuse dégringolade c’est la danoise Nanna Koerstz Madsen. Seconde au terme du premier tour, la voici 15ème à –4, après une journée à +3. Et la britannique Bronte Law a subi le même sort de sorte que les deux joueuses ont disparu du Top 5.

Icher seule rescapée

Encore une semaine pénible pour le golf féminin français sur le LPGA Tour. Et l’absence de Céline Boutier prouve la faiblesse du niveau tricolore sur le circuit mondial. Engluée dans d’inexplicables doubles fautes, Céline Herbin ne franchit toujours pas le Cut. Et ses chances de disputer la Q-school s’éloignent un peu. Quant à Karine Icher, même si elle franchit le Cut, elle est très loin d’être en capacité de se battre avec les meilleures. Depuis son retour sur le circuit, on a le sentiment que la française est dépassée par le niveau de golf joué sur le LPGA Tour par la jeune génération. Sur le circuit depuis 2003, elle est reléguée à un rôle de figuration. Mauvaise passe où inéluctable passage de témoin comme tous les sportifs l’ont connu ? L’avenir le dira. Mais pour le moment, les faits sont là avec une génération de quadra qui se retire peu à peu du circuit, incapable de jouer plus bas qu’une carte de 70 ou de 69. Pour preuve, Cristie Kerr connaît une année compliquée et elle est éliminée du Cut, avec une dernière carte de 74. La française dispose de deux tours pour tenter de remonter au classement.

Quelques stars au tapis

Probablement un peu fatiguée, après son périple entre les USA, l’Europe et l’Asie, où elle a joué un tournoi exhibition, Lexi Thompson est apparu fébrile et toujours un peu plus l’ombre d’elle même. L’américaine en fait-elle trop ? De toute évidence les solutions qu’elle met en place ne semblent pas apporter beaucoup d’amélioration à son niveau. Rupture avec la gestion des réseaux sociaux, changement de grip au putting, retour auprès de son ancien caddie et lien familiaux resserrés, Lexi Thomspon peine toujours à retrouver de sa superbe. Après une sévère déconvenue lors du premier tour, avec une carte de 76, l’américaine avait pourtant bien abordé son second tour. Un eagle sur le Par 5 du 2 lui permettait de revenir à +2 et espérer refaire son retard sur les 16 trous suivants. Un birdie au 4 gonflait ses espoirs mais ensuite, ce sont des bogey qui se sont enchaînés. Et deux birdie sur le 14 et le 18 s’avérèrent futiles. C’est donc le 5ème Cut manqué de la saison pour Lexi Thomspon, qui inquiète. Autre inquiétude, celle de voir So Yeon Ryu évoluer dans une saison un peu terne. Après le British et le Cambia Portland Classic, elle manque un nouveau Cut. Deux bogey, un double et un seul birdie ont scellé son sort dans ce second tour pour un score de +3. Et d’autres têtes d’affiche disparaissent de ce tournoi. Et notamment la tenante du titre, Sung Hyun Park, qui a donné le sentiment de ne pas être à son aise sur les green. Charley Hull, sans doute encore un peu dans son mariage, quitte la scène à +2. Sei Young Kim se retire sur une dernière carte de 75. Paula Creamer et Jennifer Kupcho sont également éliminées. Enfin, les sœurs Jutanugarn n’ont fait qu’une timide apparition dans cette épreuve concluant leur journée sur un score de +1 total, à un coup du Cut. Est-ce le vent qui a perturbé toutes ses joueuses ? Ou la coupure d’une durée de trois semaines, pour cause de Solheim Cup, qui a rompu le rythme ? Toujours est-il que l’absence de ces joueuses de pointe fait le bonheur de celles qui éprouvent souvent des difficultés à se hisser vers le haut du classement et qui trouvent là une magnifique opportunité d’inscrire des points, jusqu’à dimanche. Et peut-être, aussi, un bon chèque à la clé.

Rendez-vous ce soir, dès 19 heures, pour suivre le moving day de cette 27ème épreuve du LPGA tour 2019, sur Golf Channel.

Le classement provisoire ici