VOA Classic : Night et Meadow résistent

Si les scores ont peu bougé, laissant le Cut à +2, l’ordre des joueuses a, quant à lui, évolué avec des surprises, notamment dans le Top 10. Quant aux françaises, malgré des conditions météorologiques clémentes, elles ont encore connu un début de semaine difficile où seule la n°1 tire son épingle du jeu.

La pluie tant redoutée n’a toujours pas fait son apparition et c’est avec un vent quasi nul, que furent disputées les parties du matin. Et la britannique, native d’Irlande du Nord, Stéphanie Meadow n’a pas réussi à tirer partie de cette situation en jouant, d’abord –1 sur son aller (du 10 au 18) et +1 sur le retour, en alternant birdie et bogey. Pourtant, elle est une des rares avoir touché tous les fairway. Mais elle n’en a pris que 10 en régulation et a concédé deux putt de plus que la veille. Des statistiques qui ne peuvent résumer, à elles seules, le parcours de cette jeune femme de 27 ans, toujours en recherche d’un succès sur le tour mondial, puisque pour les putt, notamment, seuls ceux joués sur le green sont comptabilisés. Cette carte de 71 est, par chance, sans grande incidence pour Stéphanie Meadow, puisque devant, trois joueuses se partagent la tête du classement, à –9. Il s’agit, et c’est une des surprises de ce second tour, de la canadienne Alena Sharp, qui a signé une carte de 65, après son 68 de la veille. Une nouvelle fois, cette saison, la doyenne des joueuses canadiennes du circuit s’offre l’avant scène. Et ce n’est qu’en fin de partie qu’elle a trébuché. Sans quoi, ses cinq birdie et son eagle, sur le 6, lui donnaient un bel avantage, en étant à –10, au départ du dernier trou. Toute la question, à présent, est de savoir si elle va pouvoir tenir la pression et le rythme, car derrière, il y a d’autres joueuses dans une bonne dynamique. A commencer par Brittany Altomare, qui s’est révélée lors de l’Evian Championship, en 2017, et qui, depuis, est sur une courbe ascendante qui l’a menée jusqu’en Solheim Cup, cette année. Classée 7ème à –4, jeudi, elle a effectué une journée vierge de bogey pour un score journée de –5 et un résultat total de –9. Avec Sharp, Altomare égale l’un des records du parcours, dans ce tournoi, détenu par Sung Hyun Park. Ariya Jutanugarn et Georgia Hall sont également remontées au classement. L’ex n°1 mondial, qui est apparu amaigrie, revient un peu aux avant postes, dans cette fin de saison, après un petit passage à vide. Et sa perte de poids pourrait être la conséquence de cette baisse de résultat. Avec deux cartes de 68, la thaïlandaise, désormais starifiée dans son pays, par un film qui lui est consacré, a cependant commis quelques fautes en concédant trois bogey. Mais elle signe un eagle sur le 17, ce Par 5 qui mesurait 459 mètres, vendredi. Georgia Hall, qui a confirmé son talent, en septembre, à Gleneagles, a bien géré son tour avec une carte de 68 comportant un bogey et quatre birdie. 14ème au terme du premier tour, elle est désormais 7ème à –6.

Quelques outsiders pour troubler les pronostics

Avec Stéphanie Meadow, Cheyenne Knight est l’une des rares joueuses, de ce Top 10, à se maintenir, puisque Dori Carter a rétrogradé en 12ème position. Mais c’est aussi la seule rookie du Top 10 provisoire, puisque Maria Fassi, qui a réalisé une excellente seconde journée, pointe en 12ème position, à –5. Condamnée, pour le moment, à passer par la Q-school, pour sauver ses droits de jeu, puisque classée 120ème à la Money List, l’américaine pourrait inverser la tendance si elle parvient à prendre 50 000 dollars, dimanche. Cette somme pourrait lui assurer de rentrer dans le Top 100 de la Money List et bénéficier d’une nouvelle saison pleine, sur le LPGA tour, en 2020. Jaye Marie Green est également de ce peloton qui peut troubler l’ordre du leaderboard. Régulière, après deux tours, elle a cependant eu du mal à trouver le chemin du birdie, sur ce parcours à la fois accueillant et exigeant parce que parsemé de petits pièges. Et les positions de drapeaux ont une influence importante sur la stratégie, cette semaine. Autre américaine qui peut faire basculer le classement provisoire, c’est Katherine Perry. Egalement à la recherche d’une poignée de dollars pour sauver son classement à la Money List, l’américaine, rookie en 2017, a manqué 4 Cut cette saison et n’a réalisé qu’une 9ème place, lors du Pure Silk à Williamsburg. Elle a deux jours pour tenir la pression et, comme Knight, espérer pendre 50 000 dollars pour rentrer dans le Top 100. A conditions que les joueuses devant elles, ne réalisent aucune opération financière, dans ce tournoi. En revanche, celle qui est à l’abri de ces comptes d’apothicaire, c’est Caroline Hedwall. Combative mais souvent victime de son tempérament, la suédoise s’est invitée dans le Top 10, au Texas. Avec 6 birdie et 2 bogey, elle améliore son résultat de la veille laissant envisager qu’elle se sent bien sur ce tracé. Mais jusqu’à quand ?

Attention au sud-coréennes

Il faut toujours rester prudent sur le circuit féminin mondial car les joueuses sud-coréennes peuvent surgir, à tout moment. Patientes, calculatrices, elles savent jouer dans le moment présent et s’adapter rapidement aux conditions de jeu. Cette semaine, ce sont In Gee Chun et JeongEun Lee6 qui ont le vent en poupe. 12ème à –5, Chun se rappelle au bon souvenir de son public après une année en demi teinte. Pour Lee6, le scénario est tout autre. C’est une des nouvelles perles du LPGA Tour. Excellente au putting, un brin attaquante, décomplexée tout en maîtrisant son image, la jeune femme de 23 ans est en quête d’un second succès, après sa brillante victoire à l’US Women’s open, cette saison. Et derrière, il ne faut pas oublier Sei Young Kim, l’une des plus régulières du circuit, chez les sud-coréennes, vec JY Ko et SH Park. Mais aussi la plus redoutable. Détentrice du record pour une victoire en tournoi régulier, Kim est également connue pour effectuer des remonter spectaculaires, avec un tour très bas. Enfin, Inbee Park, qui reste en manque de jeu, complète ce Top 12, à –5. Mais hier elle a montré des signes de faiblesse que l’on ne lui connaissait pas. Des approches trop courtes, des putt mal dosés ont perturbé son jeu et le résultat final.

Boutier s’en sort, Icher et Herbin au tapis

Nous avons évoqué le cas de Karine Icher depuis plus deux ans et au contraire des éternels optimistes, nous sommes, les rares sinon les seuls, à avoir alerté sur son niveau de jeu et ses performances sur le circuit mondial. Certes, au golf, il suffit d’un jour ou d’une semaine, pour survoler un tournoi, mais dans le cas présent, nous sommes face à une sportive professionnelle qui est toujours passée à côté du succès en 16 ans de présence sur le circuit mondial. Et il semble que les quadra soient en train de subir un coup de vieux sur ce circuit qui se rajeunit et qui ne laisse que de très rares chances, aux doyennes du Tour. Ce qui ne veut pas dire que la française a démérité durant sa saison ni qu’elle ne sait plus jouer au golf. Reconnaissons à Karine Icher la longévité d’une carrière où d’autres ont fait l’ascenseur entre le L.E.T, le Symtra Tour et le LPGA pour, parfois, jeter l’éponge. Briguer le titre de la joueuse non victorieuse sur le Tour ayant cumulé le plus de Top 10, en carrière, n’est, en soi, pas une gloire tout en étant une performance, au regard de la régularité du classement. Classée 106ème à +7, Karine Icher quitte, pour la 12ème fois cette saison, un tournoi, par la petite porte. Nous ne connaissons pas les intentions de la française pour la suite de sa carrière mais force est de constater qu’elle a été dépassé par les évènements, cette année ou des Jin Young Ko, des JeongEun Lee6 et même une Céline Boutier, sont capables d’écraser la concurrence avec des cartes très basses. Autre française dont le sort est préoccupant, c’est Céline Herbin. Arrivée tardivement sur le circuit professionnel, la française a fait un paris audacieux en privilégiant ses études d’ingénieur avant d’entamer une carrière sportive. Victorieuse, en début de saison, sur le L.E.T, Céline Herbin peine à trouver ses marques sur le LPGA Tour. Cependant elle s’est révélé être une excellente joueuse en double, lors du Dow Great Lakes Bay invitational, montrant qu’elle est capable de figurer dans une sélection Solheim Cup. Mais pour passer du rêve à la réalité, il faut des résultats. Et c’est là que le bas blesse. Quel avenir pour Céline Herbin après ce nouveau Cut manqué et cette possibilité d’intégrer la Q-school, qui s’est échappée vendredi soir ? Un retour sur le L.E.T ou une saison sur le Symetra Tour. A moins d’une surprise qui pourrait lui permettre tenter une qualification pour les cartes du LPGA, en fin d’année. C’est donc Céline Boutier la seule représentante du clan tricolore, cette semaine. En danger jeudi, à +3, elle doit, en partie, sa place dans les deux derniers tours, à un Cut qui a évolué en positif et à un maigre birdie qui lui apporte le point essentiel pour passer à +2 total. 25ème de la Race to CME et 21ème de la Money List, Céline Boutier était la seule française à pouvoir se permettre un faux pas, cette semaine. Elle est désormais la seule à poursuivre ce tournoi.

Retour au Texas, ce soir, à 20h, sur Golf Channel, pour suivre un moving day qui réserve, à n’en pas douter, autant de surprises de que belles émotions.

Consulter le classement provisoire ici