CME Group Tour Championship : un tournoi sous haute pression !

Après deux jours de compétition, pour cette dernière épreuve de la saison, les 60 joueuses qualifiées sont  classées dans logique des résultats des dernières semaines, et même, pour les meilleures, selon leur rang mondial. Mais en trame de fond, le stress s’est installé à cause d’un règlement qui met tout le monde sous pression.

C’est un peu à rien n’y comprendre, en cette fin de saison, avec la volonté de la LPGA, de modifier le règlement de la Race to CME. Conservé tout au long de la saison, le système de classement au point n’aura donc servi qu’à sélectionné les 60 premières joueuses pour la dernière épreuve de la saison et les mettre en concurrence sans récompense au bout. Car ne nous y trompons pas, le million de dollars ne récompense plus la joueuse qui termine 1ère de la Race to CME. Il est automatiquement attribué à la gagnante de l’épreuve. Terminé le Global reset de fin de saison, terminé les potentiels chances des 10 meilleures classées, la loterie est attribuée d’office et l’enjeu de la Race s’effondre de lui-même. De fait, avec ce nouveau système d’attribution, la pression est forte. Très forte. Et le sport est placé sous le diktat administratif qui rend tout le monde fou. Y compris autour des fairway et jusque dans les chambres d’hôtel. Si l’argent n’a pas d’odeur il est sans aucun doute l’élixir de soumission du diable. Et Axel Bettan d’apporter un meilleur éclairage, de l’ambiance qui règne, à Naples, dans le cadre de son interview sur Golf Channel. Si les joueuses cogitent autour de cette prime, les parents sont aussi affamés de voir leur progéniture rafler la double mise. Alors que les préparateurs mental s’évertuent à éduquer les parents pour les empêcher de mettre la pression sur les joueuses, voici que la LPGA fracasse, avec une seule promesse de chèque, tout un travail de coaching, réalisé patiemment depuis des mois. C’est dit. La vainqueur du dernier tournoi empochera donc le million de dollars qui, jusqu’ici, revenait à la première du classement Race to CME. Et il n’est pas prouvé, pour le moment, que ce nouveau point de règlement, apporte plus de spectacle. Il détruit même l’intérêt de conserver le classment Race to CME qui fait doublon avec le classement de la  Money list, qui fut jusqu’ici la référence pour constituer le champ de joueuses.

Les valeurs sûres restent devant

Que le tournoi soit récompensé à hauteur de 300 000 dollars ou de 1 million pour la lauréate, rien n’y change et les mêmes noms sont se retrouvent régulièrement aux avant-postes. Ainsi, les valeurs sûres du circuit féminin mondial squattent les meilleures places. Et c’est avant tout parce que ce sont des compétitrices dans l’âme, dotées d’un niveau technique exceptionnel qui renforce leur confiance, qu’elles sont si souvent dans le haut des leaderboard. Mais aussi, parce que derrière se cachent des caddies exceptionnels. De longues collaborations qui créent des duo solides. A l’image de Paul Fusco et Sei Young, Brittany et Brooke Henderson, Benji Thompson et Lexi Thompson, Jason McDede et Nelly Korda. Et nous pouvons même citer celui qui s’affirme comme le meilleur caddie français du tour, Axel Bettan, déjà couronné avec I.K Kim et qui fait des merveilles avec la chinoise Yu Liu. Et au final, peu importe la méthode, c’est le résultat qui compte. En témoigne toutes ces joueuses qui ont changé de caddie en cours de saison et qui ne parviennent plus à obtenir les même résultats, comme Céline Boutier, une nouvelle fois coincé dans le fond du tableau, ou toutes celles qui changent de caddie régulièrement et dont les résultats les rétrogradent, parfois, sur un circuit inférieur. Quoi que chacun en dise, la complicité joueur caddie est essentielle et Mi Jung Hur l’a encore rappelé lors du Scottish women’s open. Ainsi, ce n’est donc pas le million de dollars qui fait le classement provisoire de ce dernier tournoi de la saison, mais bien le talent. Et ce talent s’est exprimé publiquement avec une Brooke M.Henderson qui a réalisé une magnifique journée. Après un double bogey sur le 1, la canadienne et sa sœur aînée, ont mis toutes les chances de leur côté pour revenir au contact. Après deux birdie à l’aller, le duo Henderson a fait le show sur le parcours du Tiburon Golf club. A Brittany la stratégie, à Brooke le coup de golf. A –4 sur au départ du 10, ce qui constituait son score, après le premier tour, la double vainqueur de la saison alignait 5 birdie du 12 au 17. Dont un coup magique, sur le Par 3 du 16, qui lui valut presque de mettre la balle directement dans le trou. Désormais 3ème, à –9, la canadienne est, cette semaine encore, favorite pour la victoire. Mais elle va devoir composer avec une concurrence qu’elle connaît bien.

Sei Young Kim domine Korda

Depuis le premier tour, la sud-coréenne Sei Young Kim imprime son rythme. Sa première carte fut, un fois encore, exceptionnelle. Aucun bogey, un eagle sur le 17 et un aller en 32, celle qui a ébranlé Inbee Park, en 2015, s’est imposée sur le score de –7, jeudi, face à une Nelly Korda toujours aussi véloce. Mais le vent, s’il a faibli jusqu’à devenir nul sur le parcours, lors du second tour, a tourné en faveur de Sei Young Kim. Comme en Thaïlande, l’américaine a vacillé, partant bêtement à la faute, dans le second tour, alors qu’elle semblait en pleine possession de ses moyens. C’est l’émotivité le premier ennemi de la cadette des Korda. Le putt manqué, pour sauver le Par, sur le 13 puis celui sur le 16, l’ont fragilisé. Au 17, la mise en jeu a filé directement à gauche, alors que l’américaine est un vrai métronome au driver. C’est donc sur le score de –9 total que Nelly Korda termine cette seconde journée, à égalité avec Brooke M.Henderson, derrière une Caroline Masson qui, comme en Thaïlande, a exprimé le meilleur de son jeu, pour se classer seule seconde, derrière Sei Young Kim. Sa carte vierge de bogey et le dernier birdie sur le 18, prouvent que l’allemande est forme en cette fin de saison. Reste, à présent, à savoir si, malgré la domination de Sei Young Kim sur Nelly Korda, Caroline Masson sera suffisamment solide pour faire jeu égal avec la sud-coréenne.

Les écarts sont-ils creusés ?

Au terme de deux journées, il est, évidemment, et comme toujours, difficile de se prononcer sur la finalité du tournoi. Cependant, les scores sont affichés et chacun peut légitimement se demander si avec un score de –6, et un handicap d’autant de coups sur la leader, une joueuse peut encore espérer revenir en tête. Les green sont propices aux attaques de mat et le tracé, dans sa globalité, permet d’attaquer, même si, visuellement, il peut refroidir quelques ardeurs. Nous l’avons dit en préambule, les joueuses stars sont présentes dans le haut du classement, y compris une Jodi Ewart-Shadoff qui a totalement perdu ses moyens, en Solheim Cup, et qui s’est bien relevée, depuis, de cette situation. Si Su Oh (-8) et le trio Thompson, Liu et J.Korda, peut encore espérer se battre pour la victoire, la britannique est, pour le moment, en meilleure position pour aller chercher un Top 5. Malgré tout, même si les remontées spectaculaires se font de plus en plus rares, au regard du niveau de jeu qui ne cesse de monter, des joueuses comme Nasa Hataoka ou Lexi Thompson sont capables de sonner la charge en sortant une carte exceptionnelle là où les autres joueuses auront piétiné. Il ne faut donc pas écarté une Marina Alex (-6), une Mi Jung Hur (-6) ou encore une Amy Yang (-5) et une JeongEun Lee6 (-5), pour se frayer un passage, vers le Top 5, et peser psychologiquement, sur le résultat final. Il y aura donc encore du mouvement, dans ce dernier tournoi de l’année et le troisième tour devrait clarifier les perspectives. Si Sei Young Kim devait conforter son avance, les spéculations se concentreraient, alors, sur les places d’honneur.

Le coup du jour

Plus que le shot of the day c’est un exploit qu’a réalisé Georgia Hall. Avec une balle trop longue, sur l’attaque du green du 18, qui est venue se piéger dans le rough, le long de la tribune, en contre bas du green, la britannique n’a pas eu d’autres choix que de réaliser un coup lobé en tentant d’aller chercher, au mieux, un début de pente qui coulait vers le mat. Et la magie du golf a opéré quant la balle s’est inscrite dans la trajectoire parfaite, roulant jusqu’au trou, pour y disparaître. Un coup d’un peu plus de 20 mètres qui vaut à la vainqueur du British Women’s open 2018, de figurer dans le registre des coups d’anthologie du golf féminin.

Retour ce soir, en Floride, pour suivre le 3ème tour du CME Group Tour Championship, dès 19h, en espérant que les 3 heures de commentaires seront plus tournés sur le jeu et moins sur une interview de Joanna Klatten, comme ce fut le cas depuis jeudi.

Le classement provisoire ici