Diamond Resorts Tournament of Champions : Inbee Park maîtrise, Boutier fascine !

Bien qu’il s’agisse d’un tournoi au caractère promotionnel, avec un champ réduit, il n’en reste pas moins que les acteurs de cette épreuve se donnent pleinement et que le niveau de jeu concoure à offrir un magnifique spectacle. Et les joueuses du LPGA se disputent la victoire comme s’il s’agissait de franchir le Cut ou de conserver leur carte.

Ca joue fort, en cette rentrée sportive du golf féminin, où nous retrouvons, avec délice, les meilleures du circuit du LPGA Tour, et plus particulièrement celles qui se sont illustrées ces deux dernières années. Mais c’est aussi un test déterminant pour l’une des meilleures joueuses mondiales. La médaillée d’Or des derniers Jeux Olympiques est dans une année cruciale où elle entend défendre son titre, à Tokyo. Après avoir disputée un peu plus de la moitié de la saison 2019, Inbee Park est de retour en pleine possession de ses moyens. Frappant la balle avec son inimitable swing, où les mains accompagnent la rotation du corps jusqu’au relâchement des poignets, l’ex numéro un mondial domine, de nouveau, ses adversaires. Car la concurrence est bien là avec, également, un très haut niveau de jeu et un mental solide, forgé au gré des diverses conquêtes du succès. Seul le dernier trou, le 18, a fait trébucher la joueuse sud-coréenne qui concède un malheureux trois putt, pour avoir mal évalué la puissance à mettre dans la balle, au premier putt. Sans cela, Inbee Park aurait continué de joueur sans concéder un seul bogey et elle afficherait un score identique à celui atteint au terme des trois derniers tours, l’an dernier. Avec 5 birdie sur la journée et des coups, précis, permettant aux balles de se figer sur le green, la joueuse de la décennie maîtrise son art et effectue un come-back impressionnant. Derrière, en seconde position, c’est également une championne sud-coréenne qui ne lâche rien et c’est peut-être là un surnom qu’il convient de lui donner. « Lâche-rien », alias Sei Young Kim, est de tous les combats. 4ème, hier, à –7, la voici seconde à –11 après une journée en 67, comme Inbee Park. La carte de Sei Young Kim en dit long sur son approche du parcours et sa force mentale. C’est un peu comme si sa détermination s’accentuait au fur et à mesure qu’elle s’enfonce sur le parcours. Un seul birdie à l’aller, puis dès le 12, une succession de birdie à peine perturbée par deux bogey, au 13 et au 18. Comme si le Par n’avait jamais été l’objectif de la dernière lauréate de la saison 2019. Difficile de dire qu’Inbee Park aura le champ libre, ce dimanche, pour conquérir une nouvelle victoire en carrière.

Hataoka et Boutier en embuscade

Tous les fans du circuit féminin et plus encore du golf, savent qu’un tournoi n’est pas gagné, même avec 4 coups d’avance. Et ce sont bien 4 coups qui séparent la française de la leader. Toujours caddeyée par le mari de Karine Icher, qui devrait retrouver le sac de son épouse, très prochainement, Céline Boutier semble avoir rehaussé son niveau de jeu, par rapport à la saison dernière. La maîtrise des distances et l’intelligence de jeu sont incontestablement plus qualitatives. Et cela se concrétise, tout d’abord, par un score. Celui de –9 total et une régularité sur les deux derniers tours. Puis, par des coups bien exécutés comme ce trou en un, hier, sur le Par 3 du 5, avec un fer 4 et cette fantastique approche, sur le 16, ce samedi, qui fit tomber la balle directement dans le trou ! Un eagle magistral permettant à Céline Boutier de gagner deux coups précieux et d’obtenir un peu plus de visibilité médiatique. Cependant, la française doit jouer des coudes pour se frayer et même conserver une place dans le haut du classement. Car la japonaise, Nasa Hataoka, tient bon le cap, avec une 3ème place bien conquise. Passant de –7 à –10, la jeune joueuse du pays des Samouraïs fait preuve d’une solide détermination. Et ses trois victoires en carrière, depuis 3 ans, ne sont pas le fruit du hasard. Avec Park et Kim, Hataoka forme un trio, redoutable, en tête du classement et il sera difficile d’aller chercher la japonaise, ce dimanche.

Quid de Lopez, Thompson et Henderson ?

Un tournoi de rentrée c’est également le moment de faire le point sur les stars du circuit. Benjamine du prestigieux cercle des vainqueurs, « the Winner’s circle », la mexicaine Gaby Lopez n’en reste pas moins une figure charismatique. Et sa victoire en 2018 semble l’avoir transformée. Pas étonnant, donc, de la voir si bien placée en 5ème position, à –8, en compagnie de Brooke M.Henderson suivie par Lexi Thompson, à –7. Lopez décline cependant, tour après tour. Si sa carte de 65, du premier jour fut une belle entrée en matière, le 69 puis le 71 qui ont suivi, laissent planer des doutes sur sa capacité à conserver sa position dans le Top 5. Il en va de même pour la canadienne qui a joué +1, ce samedi, alors qu’elle avait tenu la tête du classement, au soir du second tour, avec une carte de 66. Un double bogey sur le Par 3 du 5, puis deux bogey sur le 4 et le 7, ont fortement entamé son capital. Et notre dernier article évoquait bien cette faiblesse, de la n°1 canadienne, à baisser de régime après une journée pleine d’enthousiasme. Quant à Lexi Thompson, elle réalise une belle prestation, dans ce 3ème tour, mais ne parvient toujours pas à rassurer. Il semble que la Lexi dominatrice, avec 4 ou 6 coups d’avance, soit reléguée dans les archives du LPGA Tour. L’ex numéro 1 américaine ne domine plus son sujet aussi bien qu’il y a trois ans. Et il ne fait aucun doute que le mental de la joueuse a été égratigné après le fameux Ana Inspiration de 2017 ainsi que par les évènements familiaux qui ont maillé cette période. Cependant, Lexi Thompson est loin d’avoir connu une chute aussi vertigineuse que celle de Lydia Ko. Il faut donc ne pas l’écarter de la lutte pour les places d’honneur, dans ce dernier tour, elle qui aime les défis et les sensations fortes.

Retour, ce soir, à 20h, sur Golf Channel, pour suivre le dénouement de ce 3ème tournoi des champions, et la seconde édition comptabilisant des points, pour le classement annuel de la Race to CME.

Le classement provisoire ici