ISPS Australian Women’s open : Une chance de victoire française ?

Physionomie captivante que ce classement du 30ème Australian Women’s open où deux françaises sont dans le Top 5, avec une ex numéro 1 mondiale, en tête, une joueuse invitée, en seconde position et quelques jeunes talents qui complètent le Top 10 entourées de joueuses d’expérience. Si Inbee Park est favorite, tous les scenarii restent possibles et une victoire française n’est pas à exclure.

La reine Inbee Park, élue joueuse de la décennie, est-elle de retour au plus haut niveau ? La question est plutôt de si elle a un jour était loin du haut niveau. Car au regard de la période où elle s’est retirée du circuit, sa saison 2019, jouée partiellement et son retour sur le circuit, en cette année olympique, il semble qu’Inbee Park soit, en réalité, un pur talent du golf, capable de s’octroyer des périodes de repos et de revenir en compétition avec la capacité d’atteindre ses objectifs. Et deux éléments sont ses atouts. Son mental et sa technique de swing, la plus simple et la plus efficace. Pas de concours de drive, pas de recherche de puissance, pas de superficialité sur les réseaux sociaux, Inbee Park est sans aucun doute la meilleure parce qu’elle vit ce qu’elle est et qu’elle ne cherche pas à en faire trop.

C’est donc une personnalité à part, en phase avec elle-même, parfois dans le doute, toujours humble, qui mène ce tournoi avec 3 coups d’avance et une 3ème carte de 68, ponctuée de 2 bogey et de grands coups de golf. Notamment au putting, le point fort d’Inbee Park. Mais nul ne peut soutenir que sans putting il est possible d’être un grand joueur de golf. Car la finalité réside bien dans le fait de mettre une balle dans un trou, pour marquer le point. Tout se passe autour et sur les green et c’est bien ce qui fait d’Inbee Park, une joueuse exceptionnelle.

Mais derrière, une autre sud-coréenne ne lâche rien. Il s’agit de Ayean Cho, 19 ans, pensionnaire du KLPGA, invitée pour l’occasion. Dans des conditions de jeu qui restent difficiles, Cho s’est surtout appliquée à rester patiente malgré un vent qui rend chaque coup de golf difficile à maîtriser. Ayean Cho est partie à la faute deux fois, sur le 5 et le 6, puis s’est ressaisie, pour clôturer par deux birdie, sur le 17 et le 18. Demain, elle s’élancera en compagnie d’Inbee Park et cela ne l’effraye guère. « Je vais rester humble sur cette opportunité de jouer avec elle » a déclaré Cho qui ne cherche pas uniquement à gagner mais à prendre de l’expérience pour les mos à venir. Et c’est peut-être cet état d’esprit qui peut lui permettre de s’imposer.

Deux françaises à la chasse !

Peut-on dire que voir deux françaises en 4ème position d’un tournoi du LPGA Tour est historique ? Rien n’est moins sûr car il faudrait consulter les archives pour en avoir le cœur net. Cependant, si de tels faits ont existé, ils sont si anciens que chacun à l’impression, au moins pour les dix dernières années, qu’une telle situation est une première. Toutes les deux formées aux Etats-Unis, Perrine Delacour et Céline Boutier sont de cette génération qui bénéficie de toutes les évolutions mentales et techniques que le golf a produit, ces dernières années. Jeunes, déterminées, elles ont enfin touché du doigt ce que beaucoup, avant elles, rêvaient. Les deux françaises ont réalisé une démonstration de leur talent en revenant d’une position arrière pour se positionner dans le Top 5 mais aussi avec un handicap de coups si faible, qu’elles sont regardées comme de possibles vainqueurs. 24ème la veille, Perrine Delacour a réalisé une journée digne des grandes championnes. Un score de –6 et la carte la plus basse de ses trois tours. Son atout semble être ce putter que Christina Kim lui a offert et qui semble répondre à ses attentes, si l’on en juge les putt, parfois compliqués à négocier, qu’elle a rentré, soit pour birdie soit pour sauver le Par. Quant à Céline Boutier, si elle réalise bien moins de birdie que sa compatriote, son mental lui a permis de se débarrasser de ce bogey, concédé en début de partie, et dont elle reconnaît qu’il est consécutif à une grosse erreur. Tout comme sur le 17 où elle aurait pu jouer un birdie. Mais hormis ces deux coups, elle est très satisfaite de son jeu et espère pouvoir réaliser un dernier tour le plus bas possible.

Au final, Perrine Delacour et Céline Boutier sont en compétition pour tenter de décrocher une victoire, ce dimanche, et nous sommes que plus heureux.

Américaines et australiennes se débattent

Une semaine encore compliquée pour les américaines qui peinent à aligner leurs meilleures joueuses, classées au ranking mondial. Malgré un état léger état grippal, c’est Marina Alex qui porte le mieux le flambeau du nouveau continent. Elle se maintient avec une nouvelle carte de 70 mais ne parvient pas à rassurer en réalisant une performance à la Inbee Park ou à la Perrine Delacour. Difficile, donc, de se prononcer sur ses chances de succès, ce dimanche bien que la régularité soit la meilleure arme du golfeur. En revanche, une qui est en pleine résurrection, c’est Christina Kim. Après un régime, à la fois salutaire et aux effets surprenants, l’américaine joue, enfin, dans un Top 10 et aligne une belle carte de 68, pour ce 3ème tour. Désormais à –8, Kim est à un coup de Sagstrom qui reste la suédoise en forme de ce début de saison. Enfin, Elizabeth Szokol, pour sa seconde année sur le Tour, a fait sensation, ce samedi, en signant deux eagle pour une carte de 70. En plus de pointer en 8ème position, elle intègre le prestigieux classement des joueuses ayant réalisés le plus d’eagle dans le saison. Quant aux australiennes, cet édition de l’Open ne leur est pas favorable. 14ème, Hannah Green est la mieux placée des joueuses autochtones. Robyn Choi et Minjee Lee sont 39ème, à –3, Katherine Kirk 74ème à +2 en compagnie de Karis Davidsons. Quant à Karrie Webb, la quarantaine bien sonnée, elle semble appartenir à un autre temps et sa présence relève plus de symbolique pour celle qui n’aura jamais été n°1 mondiale, malgré son immense talent.

Retour, dimanche matin, en Australie, pour suivre le dernier tour de cet Australian Women’s open, avec enthousiasme, dès 5h du matin, sur Golf Channel, en compagnie de Hervé Marqués et de Joanna Klatten.

Le classement provisoire ici