ISPS Australian Women’s open : la 20ème d’Inbee Park !

Crédit : Golf Australia/ LPGA.com

Dire qu’il y a eu du suspense, pour la victoire, serait exagéré. En revanche, ce 4ème tour a permis de faire vibrer les passionnés et notamment les français. Cette édition de l’Australian Women’s Open célèbre le retour, au plus haut niveau, d’une grande championne, mais pas seulement !

Faut-il attribuer, au dérèglement climatique, cette météo atypique, en cet été australien, où est-ce simplement une humeur passagère, de la planète, dans le cadre d’un cycle normal, affectant également la France ? Toujours est-il que le vent a succédé à la sécheresse dévastatrice, sur les terres australiennes et qu’il a joué un rôle, très important, depuis deux semaines. Avec une moyenne de 35 km/h, le vent fut, tour à tour, un atout comme une pénalité, stoppant ou poussant les balles, loin de la cible. Il fallait être particulièrement calculateur et patient, pour bien jouer son golf, à Adelaïde, et plus encore dans cette dernière journée. Beaucoup de joueuses sont parties à la faute, sur le trou n°1, concédant un bogey. D’autres ont trouvé un Par et rares sont celles qui ont pu signer un birdie. L’américaine Amy Olson est de celles-ci. 10ème, à –8, après 3 tours, celle qui acquit ses lettres de noblesses, sur le parcours d’Evian et conquit le cœur des français, s’est bien battue pour revenir au score, dans cette dernière journée. Un aller vierge de bogey lui permettait de se placer dans le Top 5, et de perturber les pronostics. Quand Inbee Park et Ayean Cho entraient en piste, Olson n’était qu’à 4 coups des leaders. Mais rapidement, tout le monde compris qu’Inbee Park, et sa régularité légendaire, ne serait pas rejointe, sauf scénario catastrophe. Ce sont donc les places d’honneur qui ont focalisé toute l’attention, avec, au centre, deux françaises.

Perrine Delacour pas loin du playoff

Indiscutablement, les françaises Céline Boutier et Perrine Delacour ont apporté se souffle de fraîcheur qui manquait dans le cœur des passionnés, sur le LPGA Tour. Sauf archives exhumées, personne n’a conservé le souvenir d’un leaderboard pris d’assaut, par deux françaises, sur le circuit mondial, au minimum depuis ces dix dernières années. Classées 4ème au départ de ce dernier tour, à –10, Delacour et Boutier pouvaient rêver plus haut. Et notamment Perrine Delacour qui, après son année sur le Symetra Tour et toute la maturité mentale qu’elle a acquise, a bien failli créer la surprise, en revenant sur les talons d’Inbee Park. Et le calcul est simple. Après un aller entre birdie et bogey, qui lui fit faire du surplace, Perrine Delacour, qui signa, en 2017, une carte de 62, lors de feu le Manulife LPGA Classic, passa la vitesse supérieure, dès le trou n°11. Deux birdie à la suite lui offraient l’ambition de tutoyer la seconde place, et de revenir dans le sillage d’Inbee Park. Mais voilà, le green du 14 allait lui réserver une mauvaise surprise. Avec une belle pente, à sa gauche, ce green se devait d’être attaqué très proprement. Malheureusement, la balle de la française roula du mauvais côté et termina sa course, en contre bas. Ce qui semblait être un coup d’école, se transforma en cauchemar. Au premier chip, la balle heurta le bord du plateau et revint dans les pieds de la joueuse. Idem au second coup. Agacée mais pas démunie, Perrine Delacour opta pour un coup roulé qui plaça,enfin, la balle sur le green. Restait un putt pour sauver le double bogey. Malheureusement, la française, malgré une ligne bien étudiée, et son putter magique, ne parvint pas à rentrer la balle et la sanction fut lourde. Trois coups de perdus sur ce trou et tout le bénéfice d’un travail mené depuis le trou n°9. Sans cela, avec un Par, au maximum, Perrine Delacour était en course pour inquiéter l’ancienne n°1 mondiale. Mieux encore, en refaisant le match, un birdie lui aurait permis de sortir du 18, à –14, et de jouer son premier playoff, sur le LPGA Tour. Faisant preuve d’un mental solide, Perrine Delacour est allée chercher deux autres birdie (15 et 16) pour quitter l’Australie, avec son meilleur résultat, depuis le Kingsmill, en 2015. La française a prouvé qu’elle est de retour sur le circuit, plus forte qu’elle ne l’a jamais été, tant techniquement que mentalement et les espoirs d’une nouvelle victoire, chez les bleues, flottent dans tous les esprits.

Mais la victoire peut également passer par Céline Boutier, cette année, qui a encore réalisé une belle semaine et fait preuve, elle aussi, d’une grande détermination. Malheureusement, sa journée ne s’est pas aussi bien déroulée que celle de Perrine Delacour et, par comparaison, on a un peu le sentiment de voir une carte de 4ème tour, de Karine Icher, ces dernières années. Beaucoup de Par, un rare birdie et quelques bogey. Des balles un peu loin du mat, de longs putt à négocier et une carte de 75 pour une sixième place. Néanmoins, le drapeau tricolore flotte, doublement, dans le Top 10 du leaderboard, et la saison ne fait que débuter. Tous les espoirs sont permis, pour nos féminines, cette saison, qui seront rejointes par Karine Icher et Céline Herbin, très prochainement. A charge, à ces dernières, de nous faire rêver aussi bien que Perrine Delacour et Céline Boutier.

Un champ 2020 qualitatif

Elle sera disputée cette saison 2020, si l’on en juge par ce qui s’est déroulé en Australie. Les conditions météorologiques ont poussé les joueuses à se surpasser et à jouer, encore plus, avec leur tête. Outre l’inoxydable Cristie Kerr, qui, après une année 2019, un peu terne, a réalisé la performance de cette dernière journée, en jouant 69, Marina Alex, Yu Liu, Mi Hyang Lee, Jodi Ewart-Shadoff ou encore la jeune Ayean Cho, ont démontré que les écarts se resserrent de plus en plus, sur les plans techniques et stratégiques. Les cartes sont basses et plus que jamais, pour briller sur le LPGA il faut signer du birdie, à chaque tour. Regardée avec beaucoup de curiosité, la sud-coréenne Ayean Cho n’a laissé personne indifférent tant son jeu est solide même s’il n’est pas le plus long. Pouvait-elle l’emporter ce dimanche ? Évidement ! D’autres l’ont fait avant elle. Reviendra-t-elle sur le LPGA Tour ? Ce n’est pas impossible tant elle dispose des qualités pour y faire carrière. Pour l’heure, ce qui compte, c’est ce qu’elle laisse. Le souvenir d’une joueuse heureuse de pratiquer son sport et le fait qu’il est possible d’atteindre la performance, autrement qu’en ayant le visage fermé. Ce nirvana golfique, si souvent expliqué et tellement difficile à atteindre.

Attention à Marina Alex, cette année. L’américaine est en progrès, et son duel en Solheim Cup, face à Suzann Pettersen, lui a forcément renforcé son mental. Reste pour elle à se montrer plus précise, au putting, point qui lui a été fatale, dans ce dernier tour, pour aller chercher Inbee Park. Son double bogey, sur le 1, a pesé sur sa partie, et sa longue traversée du désert, entre le 3 et le 16, n’a pas permis à l’américaine, d’envisager mieux que cette 4ème place qu’elle partage avec Yu Liu. La chinoise, caddeyée par son père, cette semaine, persiste et signe en haut d’un leaderboard. De quoi la désigner, très prochainement n°1 des joueuses chinoises, devant une Shanshan Feng qui a moins bien occupé la scène mondiale, depuis deux ans.

Belle victoire d’Inbee Park, qui surclasse, un fois encore, toutes ses camarades du circuit et qui, en plus d’être la ligne des objectifs qu’elle s’est fixées, renoue avec la victoire et prend la tête de la Race to CME. Inbee Park n°1 d’un classement, du déjà vu qui peut signifier un retour, au sommet de la hiérarchie mondiale, de la joueuse du sud-coréenne.

Le classement final ici