Le Ladies European Tour, dans un communiqué publié ce lundi 2 février, annonce battre le record du nombre de membres, donc de joueuses inscrites pour participer à la saison 2026.
Le tour féminin Européen revendique 378 membres, dont 340 joueuses en activité. Ce qui représente 47 nationalités avec le retour de pays comme le Brésil, la Slovaquie, les Philippines et la Malaisie.
Il s’agirait de la plus forte hausse enregistrée depuis la crise sanitaire, signe de la bonne santé du circuit féminin de golf européen, déclare les instances du LET.
Au milieu de ces 340 joueuses, qui vont s’élancer pour un calendrier 2026 composé de 30 tournois, se trouvent 56 rookie représentant 24 nationalités.
Au mois de janvier 2017, quand j’ai entendu parler de la création d’un groupe Facebook dédié au golf féminin, par l’intermédiaire de Golf Channel, j’ai tout de suite pris contact avec son créateur.
C’est de cette manière que j’ai fait la connaissance de Jean-Luc Maisonhaute, et que s’est forgée, entre nous, une amitié grandissante, qui nous a uni jusqu’à son décès, le 9 mars 2024.
Cela fait donc huit ans que je suis investi dans ce travail journalistique associatif.
Je n’ai pas compté mes heures, et j’ai vécu toutes les saisons du LPGA Tour en subissant les décalages horaires tout au long de l’année.
En plus du LPGA Tour, j’ai décidé de suivre la saison de l’Epson Tour, ayant rapidement compris que la plupart des futures stars du circuit mondial féminin émergent des circuits américains.
Au décès de Jean-Luc Maisonhaute, j’ai repris son travail sur le Ladies European Tour, et le LETAS dans une moindre mesure. C’est donc l’ensemble des circuits professionnels féminins que j’ai suivis, avec parfois un peu de difficulté quand les horaires des tournois se chevauchaient. Mon regret reste la difficulté à traiter l’actualité du circuit amateur. Mais seul, je ne pouvais pas tour faire, comme chacun le comprendra. Je suis, cependant, désolé pour toutes les joueuses en devenir dont le groupe n’a pas pu évoquer les performances et les résultats.
Le groupe LPGA French Fans team a évolué sur le modèle que j’avais proposé à Jean-Luc Maisonhaute, dès 2017, à savoir un média associatif proposant des articles structurés consacrés aux tournois des différents circuits.
L’arrêt de la chaîne Golf Channel nous a attristé, car ce média était le seul à proposer les tournois du LPGA Tour et du LET, à la télévision.
La tentative de reprise du LPGA Tour, par un média spécialisé du golf français, en partenariat avec la Fédération Française de Golf n’a pas été concluante, comme nous le savons. Et nous avons bien vu que celui qui joue au golf et qui est essentiellement concentré sur les circuits masculins, n’est pas nécessairement compétent pour s’emparer de la thématique du golf féminin.
Au mois de février 2025 j’ai donc pris l’initiative d’engager des discussions avec la LPGA, afin de trouver une solution face à ce nouvel arrêt, brutal, de la diffusion du LPGA Tour.
La LPGA me mettait alors en contact avec Brian Caroll, le responsable du département Global Media.
Dans un premier temps, Brian m’annonçait une reprise de la diffusion des tournois du LPGA Tour, par le Groupe Canal Plus.
Dans l’attente de la conclusion de cet accord je demandais à bénéficier du flux vidéo, jusqu’ici bloqué pour la France. Ce qui fut accordé. Puis, progressivement, ce flux vidéo fut disponible pour chaque tournoi et il ne fut plus jamais question d’une reprise du LPGA Tour par Canal Plus. Et à ce jour, j’ignore s’il y a réellement eu le début d’une discussion sérieuse avec ce média.
Brian fut disponible, réactif et à l’écoute de la passion des fans Français. Et c’est grâce à lui, et ses équipes, que vous avez pu suivre, gratuitement, toute la saison 2025, sur le site de la LPGA. Et c’est également avec son équipe que j’échangeais, en temps réel, pour apporter les solutions techniques, lorsqu’un problème affectait la diffusion d’un tournoi.
Au mois de décembre, Brian a quitté la LPGA pour un nouveau projet professionnel en Floride. Mais son équipe reste disponible et attentive à la passion que les fans Français portent au LPGA Tour. Et je vais rester en contact avec eux.
Je tiens à souligner, à cette occasion, que les performances de Céline Boutier, sur le LPGA Tour, ont fortement contribué à mettre un coup de projecteur sur la France, aux yeux des Américains. Et cela a grandement facilité les discussions pour convaincre la LPGA d’ouvrir leur flux vidéo pour la France.
Et c’est la raison pour laquelle j’ai souvent été critique sur la filière française de haut niveau qui ne parvient pas à produire des joueuses compétitives pour maintenir la France, sur le LPGA Tour, au niveau où Céline Boutier l’a placé.
Dans trois ou quatre ans, Céline Boutier pourrait annoncer sa retraite et il n’y a pas eu, jusqu’ici, de jeunes talents capables de faire aussi bien. Ou mieux. C’est un problème qui pèse sur le développement du golf féminin et du marché du golf, en France. L’arrivée de Nastasia Nadaud sur le LPGA Tour est porteur d’un nouvel espoir de victoires. Je lui souhaite, évidemment, une pleine réussite.
D’ailleurs, j’ai constaté que les audiences du groupe sont au plus haut chaque fois qu’une Française réalise un bon résultat ou une performance.
La corrélation entre la performance de nos joueuses et le développement économique de la discipline, dans notre pays, n’est plus discutable. Preuve qu’il y a une dynamique possible avec le golf féminin en France. Mais il nous faut plus qu’une championne au niveau internationale pour construire une économie autour du golf.
De son côté, le Ladies European Tour a choisi de diffuser une partie de ses tournois sur sa chaîne Youtube. De sorte que les tournois de golf féminin sont désormais accessibles à tous. Mais en langue anglaise. Ce qui reste un obstacle pour certains.
Au cours de l’année 2025, entouré de personnes compétentes et passionnées, j’ai présenté un projet, solide, de production télévisuelle des tournois du LPGA Tour, pour la France. Mais la direction de la LPGA ne l’a pas validé, préférant, pour le moment, conserver le modèle de diffusion mis en place au mois de février 2025. Et qui est reconduit cette année.
Cependant, le groupe LPGA French Fans team est désormais connu et reconnu par les instances de la LPGA, grâce à un travail relationnel constant, qui a débuté avec les attachées de presse indépendantes, qui officiaient encore en 2017 et 2018. Puis, avec les membres du service presse de la LPGA. Des relations qui se sont élargies au département Global Média et à la direction de la LPGA.
Et des journalistes de Golf Channel, comme Tom Abbott ou Grant Boone, nous ont également suivi sur les réseaux sociaux.
Avec de modestes moyens, nous avons réussi à attirer le regard des Américains vers les « french » fans du LPGA Tour.
Huit ans après avoir débuté cette aventure, passionnante et enrichissante, le groupe a dépassé les 1500 membres, affirmant sa ligne rédactionnelle indépendante qui permet à chacun d’obtenir des informations rarement évoquées dans la plupart des médias spécialisés Français, qui fonctionnent avec des moyens financiers et des rédacteurs salariés, quand LPGA French Fans team est entièrement fondé sur le bénévolat.
Mais le bénévolat a ses limites.
Depuis quelques mois, et par la force des choses, ma vie a pris un nouveau chemin, tant sur le plan personnel que professionnel. Aussi, ai-je décidé qu’il était temps pour mois de réduire mon investissement dans cette aventure dédiée au golf féminin, face aux nouvelles priorités qui s’imposent à moi.
Je me limiterai donc à produire les présentations des tournois et quelques articles, selon les horaires de diffusion des tournois, cette année. Mais je ne pourrais plus produire, chaque semaine, des résumés des tournois, et encore mois sacrifier des nuits à les suivre.
Néanmoins, je resterai administrateur de ce groupe, pour sa bonne tenue. Surtout dans une année de Solheim Cup où nous ne manquerons pas d’être harcelés par les faux profils qui pullulent sur Facebook.
Rassurez-vous, le groupe ne disparaît pas. Il ralentit son rythme.
Aussi, je tenais à vous remercier tous, pour votre soutien, votre fidélité et votre participation, même si je regrette que ce soit un peu toujours les mêmes qui osent s’exprimer à la suite des articles publiés.
Merci, également, d’avoir répondu massivement, à mon appel, lors de la disparition de Jean-Luc Maisonhaute, en vous mobilisant pour dépasser le chiffre symbolique des 1000 membres. Ce fut un bel hommage !
Bon golf à tous, profitez bien des diverses diffusions des tournois cette année, et si certains d’entre vous souhaitent proposer leurs services pour contribuer à la rédaction d’articles sur le LET et le LETAS, notamment, je suis à leur écoute.
Le Ladies European Tour (LET) a annoncé aujourd’hui la nomination de Tom Phillips au poste de directeur général, à compter du 6 avril 2026, en remplacement de Alessandra Arnas, qui a quitté son poste, le 1er octobre dernier.
Lire le communiqué du LET
Fort de plus de 25 ans d’expérience dans le secteur mondial du golf et des loisirs, Tom Phillips occupe actuellement le poste de directeur Moyen-Orient du DP World Tour. À ce titre, il dirige une équipe de 30 personnes aux Émirats arabes unis et a joué un rôle déterminant dans une période de forte croissance et d’innovation, notamment grâce au partenariat historique avec DP World.
Sous sa direction, Tom Phillips a supervisé le développement continu du groupe European Tour au Moyen-Orient, où six tournois figurent désormais au programme du DP World Tour – dont trois tournois des Rolex Series – ainsi que deux tournois du HotelPlanner Tour, pour un montant total de prix dépassant 35 millions de dollars. « Tom est un dirigeant très respecté, doté d’une solide expérience internationale et d’une capacité avérée à générer une croissance durable », a déclaré Marta Figueras Dotti, présidente du conseil d’administration de LET Ltd. « Son expertise commerciale, son esprit de collaboration et sa passion pour le golf font de lui la personne idéale pour diriger le LET et poursuivre le développement de nos joueuses et de notre circuit. Tom apporte une vision globale et une compréhension claire de la manière de développer le sport professionnel au bénéfice des athlètes, des partenaires et des fans. Sa nomination témoigne de la vision à long terme du circuit et de l’opportunité de renforcer davantage l’écosystème du golf féminin à l’échelle mondiale », a déclaré Liz Moore, présidente du conseil d’administration de la coentreprise LPGA-LET.
« Il a toujours su bâtir des équipes et des partenariats solides, et nous sommes ravis du leadership qu’il apportera au LET».
Avant de rejoindre le DP World Tour en 2019, Phillips a travaillé pendant près de 15 ans avec Sir Nick Faldo, sextuple vainqueur de tournois majeurs, à Londres et à Hong Kong, notamment en tant que directeur général de la Faldo Series. Sous sa direction, la série s’est développée pour compter 40 tournois dans 30 pays et reste largement reconnue comme une voie d’accès privilégiée pour les jeunes golfeuses et golfeurs amateurs d’élite.
Phillips a ensuite occupé le poste de directeur général de la Hong Kong Golf Association, où il était notamment responsable de l’Open de Hong Kong. Il a également exercé des fonctions de direction dans le développement commercial en Asie, notamment chez Mission Hills en Chine, où il a supervisé l’organisation d’un calendrier complet de tournois et contribué à la négociation de partenariats stratégiques à long terme avec le FC Barcelone, la NBA et la PGA of America.
« Le Ladies European Tour possède une histoire prestigieuse et un avenir prometteur », a déclaré Phillips. « C’est un honneur pour moi d’assumer ce rôle et je me réjouis de travailler avec le conseil d’administration, l’équipe et les joueuses afin de continuer à renforcer le Tour, d’étendre son rayonnement international et de créer encore plus d’opportunités pour les femmes dans ce sport ».
Ayant vécu et travaillé en Asie et au Moyen-Orient depuis 2005, cet Anglais rentrera au Royaume-Uni lorsqu’il prendra ses fonctions de directeur général le 6 avril.
Ce dernier tour aura offert des frissons aux fans de joueuses qui étaient en lice pour la victoire, et ce sont les Français qui ont le plus vibré avec la première victoire de la native de Chambéry, qui tournait autour de son premier succès, depuis plusieurs. Alors que la lutte pour l’Ordre du mérite n’a pas occasionné de changement au classement.
La Française Nastasia Nadaud est enfin sacrée sur le Ladies European Tour, au terme d’une journée qu’elle terminé un peu fébrilement, alors qu’elle avait foudroyé ses partenaires dès les premiers trous. Et notamment la Thaïlandaise Trichat Cheenglab qui s’était montrée très sûre d’elle, dans ses déclarations, et qui, telle le taureau dans l’arène, a mis les genoux à terre, terrassée par son propre orgueil, et quelques joueuses plus sages mais plus pragmatiques dans leur approche stratégique et sportive. Et notamment les deux Françaises, qui partageaient sa partie, et qui en début de journée progressaient tandis que la Thaïlandaise se perdait sur le parcours et débutait par un bogey. Puis, sur le Par 4 du trou n°3, Trichat Cheenglab perdait encore deux coups, en inscrivant un double bogey. Elle voyait, alors, passer devant elle, deux drapeaux Français. Le premier, celui porté par Perrine Delacour qui venait de signer deux birdie à la suite. Le premier sur le Par 5 du 4 et le second sur le Par 3 du trou n°5. Le second, porté par Nastasia Nadaud qui venait de débuter par un birdie au trou n°1, et qui engrangeait quatre coups en 40 minutes, grâce à un birdie suivit d’un eagle et d’un autre birdie. Partie 3e avec le score de –10, et cinq coups derrière la Thaïlandaise, Nadaud passait à –15 en cinq trous, quand Cheenglab s’écroulait à –13 sur la même distance, rentrant son premier birdie sur le Par 5 du trou n°4. Puis, la Thaïlandaise de 31 ans, commença à disparaître de la course à la victoire quand elle enchaîna deux autres bogey (6 et 7), avant de sortir de l’aller avec un second birdie au 9. Mais à –12 après 9 trous, en ayant concédé trois coups, tandis que Delacour jouait –2 pour un score de –14 et que Nadaud était en tête à –15, en ne faisant pas de faute, la possibilité que Trichat Cheenglab inverse la tendance devenait peu probable, alors que le clan Français se préparait à célébrer une victoire. Mais laquelle ? Celle de Nadaud ou celle de Delacour dont on connaît la capacité à jouer très bas ?
La réponse ne se fit pas trop attendre, car dès le retour, c’est la Savoyarde qui accélérait le mieux, dans ce dernier groupe, en trouvant trois birdie, et à la suite, du Par 5 du 10 au Par 5 du 12. Tandis que Perrine Delacour, de 10 ans son aînée, ne trouvait qu’un birdie, au 11, et commença à se montrer un peu moins à l’aise. Mais Nadaud allait également baisser de rythme. Et dès le Par 3 du 13, les deux Françaises concédèrent un bogey. Nadaud en mettant sa balle dans l’eau. Delacour en évitant l’eau, mais en jouant aussi court, sous le green, que sa compatriote. Mais là où Nastasia Nadaud trouva la force de sortir un très bon coup, en suivant, malgré une pénalité, Perrine Delacour enchaîna avec un putt pour le Par, à environ 1 mètre du trou, qui passa franchement à côté. Ce premier bogey allait être le début de la dégringolade de la Française, puisqu’au 14, Delacour mit en jeu dans les arbres et fut contrainte de se recentrer.
Descendue à –14, elle était rejointe au classement par l’Australienne Kirsten Rudgeley, qui évoluait un trou devant, avec la Danoise Soenderby et la jeune Canadienne Huang.
Nadaud restait en tête, à –17, et ses trois coups d’avance lui offrait une belle option pour conquérir sa première victoire. Encore fallait-il, pour elle ne pas commettre d’erreur. Caddeyée par l’expérimentée joueuse Galloise, Michele Thompson, Nadaud fit de son mieux mais elle allait partir à la faute, elle aussi, au trou suivant, après que Delacour eut trouvé le green du 14 au 4e coup, après un chip gratté et deux putt.
De son côté, Trichat Cheenglab rentra un birdie avec une ligne de putt d’environ 4 mètres, sans pour autant inquiéter les Françaises, qui bénéficiaient d’une confortable avance sur la Thaïlandaise.
Au départ du 15, Nadaud lâchait sa mise en jeu, au driver, à droite,avec une balle qui sortit du fairway avant de rouler dans un léger rough, près de la ligne des arbres. Delacour lâchait également sa mise en jeu, mais à gauche, et au milieu des arbres. Et Cheenglab trouvait encore le fairway. Le point faible de la Thaïlandaise se situant au niveau du petit jeu. Bénéficiant d’une grande expérience et d’un jeu musclé, Perrine Delacour réussit à jouer au travers des arbres pour trouver le green, tandis que Nadaud se retrouva avec un angle fermé qui ne lui permis pas de prendre le green. Jouant bien trop long, elle se retrouva avec une balle qui longea, le green et qui s’enfonça plusieurs mètres derrière.
Grâce à un petit jeu solide, Nadaud s’en tira avec le Par, alors que Delacour manqua encore un putt pour sauver le Par. La Française perdait encore du terrain et il devenait de plus en plus évident que Nastasia Nadaud s’avançait vers son premier succès individuel. Mais sur le Par 4 du 16, Nadaud allait encore concéder un bogey, et montrer des signes de fébrilité inquiétant, avec encore deux trous à jouer. Si le vent soufflait encore dans cette dernière journée, la grisaille se dissipait, peu à peu, faisant place à un ciel plus conforme à l’idée de que l’on se fait du sud de l’Espagne. Sur ce Par 4 du 16, Nadaud lâcha encore sa mise en jeu, mais à gauche cette fois-ci, l’obligeant à jouer un coup de wedge par dessus les palmiers, pour atteindre le green. ce qu’elle fit, magnifiquement, sans trouver le green. La Française joua, ensuite, un chip, pour placer sa balle au plus près du mat, et, curieusement, elle choisit une ligne très à droite du trou. Son putt pour le Par étant compliqué, c’est un second putt pour bogey qu’elle réalisa, avant de partir au départ du 17. Delacour réalisa un Par, tandis que trouva un nouveau birdie et sembla sortir des limbes, en cette fin de journée.
Finalement, Nastasia Nadaud allait assurer les deux derniers trous, alors que Perrine Delacour cumula les erreurs et concéda deux bogey à la suite. Perdant ainsi le bénéfice de sortir de ce tournoi à la seconde place, qu’elle semblait, pourtant, tenir fermement en main, depuis le début de la journée. Quant à Trichat Cheenglab, après un sursaut et deux birdie bien négocié, elle jouait bien trop en profondeur son attaque du green du 18, voyait sa balle filer dans le bunker et au moment d’assurer un putt pour le Par, après une bonne approche depuis le bac à sable, elle fut comme absente, se retrouvant à faire l’essuie glace devant le trou, en réalisant trois putt pour un double bogey à la sortie. La méthode Coué qu’elle sembla s’infliger, dès jeudi, eu un effet désastreux sur ses deux dernières journées, et s’il ne faut pas partir la fleur au fusil, à ce niveau de compétition, trop de pression par trop d’objectifs nuisent également, à moins de disposer d’un jeu hors norme pour évoluer en toute confiance. Ce qui n’est pas le cas de l’ancienne numéro un mondial qui a eu du mal, cette année, sur l’Epson Tour, à faire ses preuves.
Nastasia Nadaud remporte donc sa première victoire sur le Ladies European Tour, en ayant probablement fait la différence, sur le Par du 12, quand elle décida d’aller chercher le green au second coup, avec un hybride, et qu’elle réussit à faire tomber sa balle, et à la bloquer, à peu près 4 mètres sous le mat, quand Delacour et Cheenglab jouèrent en layup. Un style de jeu qui lui sera profitable, si elle parvient à jouer, l’an prochain, sur l’un des deux circuits américains, où le niveau bien plus élevé que sur le LET. Agathe Laisné, Julie Aimé, Emma Broze et bien d’autres Françaises en ont fait l’expérience.
« Je ne sais pas trop quoi dire ! », déclara Nadaud peu après son dernier putt. « La semaine a été tellement intense, je suis vraiment contente de ce résutat. Ca a été une semaine faite de montagnes Russes. C’est incroyable et je suis sans voix », reprenait la Française, émue et heureuse de ce premier succès. « Toute la semaine j’ai dû jouer des coups assez bizarres depuis les arbres, en manquant les fairway. Mais j’ai réussi des coups magnifiques. J’ai pris un excellent départ et j’étais cinq coups sous le Par, après cinq trous. Mon putting a été vraiment bon toute la semaine, et il m’a permis de sauver beaucoup de coups. Ce fut vraiment intense », expliqua plus longuement Nadaud, qui précisa que ses secondes places, cette saison, notamment en Belgique, l’ont aidé à évoluer techniquement et mentalement.
Elle ne manqua pas, également, de saluer le travail de sa cadette : « c’est un parcours incroyable avec Michele depuis qu’elle commencé à jouer avec moi à Houston. Elle m’a beaucoup aidée à gagner en confiance, tant au niveau mental que technique. Elle me procure tellement d’assurance et j’apprécie vraiment ça », précisa la Française dont on va suivre sa semaine américaine, avec l’espoir qu’elle sera sur le LPGA Tour, l’an prochain, même si la marche est encore trop haute pour elle, en venant du LET. Une saison sur l’Epson Tour serait plus formatrice et appropriée.
Shannon Tan remporte l’Ordre du mérite
En marge du spectacle et du suspense que le dernier groupe offrait, il y avait la lutte pour le titre de numéro un du Ladies European Tour. Bien que l’Anglaise Mimi Rhodes fut plus agile dans ce dernier tour, en jouant 70 contre 73 à sa rivale, qui concéda un dangereux double bogey, sur le Par 5 du 12, qui fit craindre qu’elle ne dégringole un peu plus au classement, après ce moment de faiblesse, c’est finalement la Singapourienne Shannon Tan qui a remporté l’Ordre du mérite, dont elle était déjà en tête, après sa victoire en Inde, au mois d’octobre, détrônant l’Anglaise Mimi Rhodes qui venait de connaître un passage à vide, après avoir fait la démonstration de son talent, cette année, avec trois victoires, dont deux à la suite.
Et cette fin de saison se clôture avec le succès de deux joueuses de 21 ans (Tan et Nadaud), confirmant un peu plus que, chez les filles, le renouvellement de génération amène des championnes de plus en plus jeunes.
Ce moving day a tenu toutes ses promesses dans la mesure où la Thaïlandaise a mis un genou à terre en concédant ses deux premiers bogey, sans progresser, alors que deux Françaises se sont montrées très agressives et que l’une d’elle n’est plus qu’à trois coups de la tête. Et le titre meilleure européenne est encore loin d’être figé.
La Thaïlandaise n’aura pas réussi à jouer –5 par journée, puisque dans ce troisième tour elle a d’abord eu du mal à trouver le chemin du birdie, en alignant des Par sur les 6 premiers trous, avant de signer une première progression sur le Par 5 du trou n°7, et un second birdie sur le Par 4 du 9. Puis, au retour, elle a concédé ses deux premiers bogey de la semaine en jouant très courts des zones cibles et en manquant deux belles opportunités d’engranger deux autres birdie, sur les Par 5 du 10 et du 12. N’ayant plus que des Par 3 et des Par 4 à négocier devant elle, Cheenglab allait concéder son premier bogey en mettant en jeu sa balle très à gauche, au départ du 15, la contraignant à se recentrer. Ne pouvant attaquer le green au second coup, c’est au troisième qu’elle tentait de placer sa balle au plus près du mat qui se retrouva à environ 3 mètres du mat. Sur des green dont les lignes ont semblé plus difficile à jouer que les deux premiers trous, la Thaïlandaise de 30 ans eut besoin d’un second putt pour conclure ce trou. De –17 elle descendait à –16, sans se retrouver, pour autant, en danger. Bien que devant elle, la Française Perrine Delacour, décidemment bien plus à l’aise sur le LET que sur le LPGA Tour, avait déjà fourni son effort depuis un bon moment, en ayant aligné 7 birdie, sans bogey. La Française de 31 ans se retrouvait à trois coups de la Thaïlandaise, en étant au départ du 18.
Mais Trichat Cheenglab ne sembla plus vraiment aussi connectée au jeu qu’elle le fut ces derniers jours, et sur le Par 3 du 17, avec une pièce d’eau à droite et un drapeau placé à droite du green, elle joua la sécurité en allant chercher la partie gauche du green. Ce qui lui laissa un premier long putt pour approcher sa balle et conclure ce trou avec un Par. Mais alors qu’elle avait ce putt à jouer pour le Par, à quelques dizaines de centimètres du trou, sa balle sortie du putter à droite du trou et ce fut un troisième putt pour bogey qu’elle eut à jouer.
Au 18, Cheenglab joua encore trop court du mat, de sorte que sa balle recula à cause de la pente qui précédait la position du drapeau. A croire que la Thaïlandaise s’était calée sur ses repères des deux premiers tours.
Finalement, elle eut deux putt pour le Par qu’elle réalisa, sortant de cette journée avec un bilan neutre, en matière de résultat, mais un peu inquiétant, quand à la stratégie déployée. « Je suis désolée pour les fans Thaïlandais qui me regardaient. Cette journée fut ennuyeuse, mais demain je travaillerai dur pour décrocher ma deuxième victoire sur le LET », confia Trichat Cheenglab. « Tout peut arriver au golf. Demain je me concentrerai sur mon premier coup de départ. Celui-ci ne s’est pas déroulé comme prévu aujourd’hui. Je n’ai réussi que deux birdie car je n’avais aucune chance sur mes putts les plus parce que j’étais trop loin. Demain je jouerai cinq sous le Par, car j’ai perdu deux coups aujourd’hui », assura un peu crânement la Thaïlandaise.
Un pari qu’elle pourrait perdre car la Française Perrine Delacour a effectué une prodigieuse remontée, comme elle sait les réaliser, en jouant 66 dans cette journée, en concédant son unique bogey du jour sur le Par 4 du 18. Avec un drapeau placé sur le plateau du haut, et peu de green derrière, pour y poser la balle, ce dernier trou favorisait plutôt les Par. Revenue à –12, Delacour n’est plus qu’à trois coups de Cheenglab, qui lui a fait un beau cadeau en concédant ces deux bogey en fin de journée. Et comme la Thaïlandaise, la Française peut aller chercher une seconde victoire sur le LET, mais pour la saison. « Aujourd’hui je me sentais vraiment bien. Mentalement j’étais en forme, j’ai bien joué et j’ai rentré beaucoup de putt, ce qui fut un atout », confia Delacour. « J’ai fait confiance au processus de jeu. En début d’année j’ai intégré une nouvelle équipe. Donc il m’a fallu du temps pour travailler avec elle et tenter d’obtenir ce succès dimanche », ajoutait-elle. Une bonne nouvelle pour Perrine Delacour puisqu’en début de semaine elle sera aux Etats-Unis pour jouer la finale des cartes du LPGA Tour, avec sa compatriote Nastasia Nadaud qui vient de prendre la troisième place, de ce tournoi.
Nadaud qui continue d’impressionner en étant l’unique Française que l’on peu qualifier d’espoir, sur ce circuit du LET. A tout juste 21 ans, depuis le 23 novembre dernier, elle continue de progresser et d’occuper le haut des leaderboard, en déployant un jeu qui est de nature à lui permettre d’évoluer sur l’Epson Tour, où elle pourrait y passer deux ans, à progresser au contact des Américaines.
Cependant, elle va devoir concéder moins de bogey pour parvenir à entrer dans le Top 25 des cartes, et faire preuve d’un peu plus de finesse sur certains coups. Si elle joue 69 dans cette journée, elle concède trois bogey, dont le dernier en manquant de finesse dans sa sortie de bunker, qui a laissé sa balle bien trop loin du mat, au 3e coup. Mais elle pointe tout de même à –10 total, et est la dernière joueuse de classement à obtenir un score à deux chiffres. « Il y a eu du très bons et du très mauvais. J’ai juste besoin de trouver un meilleur équilibre », déclara Nadaud, après sa journée. « Je sais que je peux faire beaucoup de birdie, mais j’ai commis un peu trop de bogey dans cette journée. Je vais donc essayer de me concentrer sur les fairway, et les green, de faciliter mes coups d’approche, et on verra bien ensuite », ajoutait-elle. Puis elle reprenait en déclarant : « en tant que joueuse, je suis plutôt agressive. Donc j’essaie de me rapprocher le plus possible du trou. J’ai aussi raté quelques fairway. Je vais essayer de suivre une bonne stratégie et on verra ce que ça donnera ».
L’Australienne Kirsten Rudgeley et la Danoise Smila Tarning Soenderby sont 4e à –9, et ces 6 coups de retard sur Cheenglab ne les placent pas réellement parmi les favorites pour la victoire. Mais au bénéfice d’une bonne journée, elles peuvent revenir se positionner dans le Top 3.
La Canadienne Anna Huang est encore plus loin, à –8, mais l’adolescente de 17 ans continue d’impressionner. Dans ce 3e tour elle a joué 67, soit un coup de plus que Perrine Delacour, s’offrant une remarquable progression, avant la dernière journée. Malgré un bogey sur le Par 4 du 15, Huang a su trouver deux birdie à l’aller et quatre au retour. La voici 6e, au milieu de joueuses confirmée du LET, comme un chien dans un jeu de quilles.
Enfin, Céline Herbin a perdu du terrain dans cette journée, accumulant double et bogey, et ne trouvant qu’un birdie, au 18, bien réalisé, pour revenir dans le Par total. Elle passe de la 3e à la 12e place, en restant à –7, et elle vient de perdre de grandes chances de terminer dans un Top 5 qui lui ouvrait les bras, hier soir.
Duel serré pour l’Ordre du mérite
C’est un beau duel que Shannon Tan et Mimi Rhodes se livrent, pour le titre de meilleure joueuse Européenne de la saison. Si elles sont encore à égalité, dans le classement de ce tournoi, à –8, la Singapourienne montre un meilleur potentiel pour signer une dernière journée plus basse que l’Anglaise. Mais Rhodes est combative et sait revenir au score à chaque fois. Seulement, pour cette dernière journée, elles ne joueront pas ensemble et Mimi Rhodes s’élancera dix minutes plus tôt, avec Alessandra Fanali et Dorthea Forbrigd, alors que Shannon Tan jouera avec les Indiennes Aditi Ashok et Avani Prashanth. Ce trio asiatique favorisera-t-il une meilleure énergie pour Tan, qui a déjà été sacrée joueuse du mois d’octobre ? Nous le saurons demain en suivant ce dernier tour sur la chaîne Youtube du Ladies European Tour.
Dans cette journée où le vent fut plus présent, avec toujours un magnifique pour baigner le parcours Andalous, la Thaïlandaise Trichat Cheenglab a infligé une leçon de golf à ses poursuivantes, pour s’envoler, sans adversaires, mais avec trois Françaises dont son sillage qui ont du travail devant elles pour revenir l’ancienne numéro un européenne.
Partie dans le dernier groupe, en compagnie de Céline Herbin et de la Danoise Smilla Tarning Soenderby, la Thaïlandaise Trichat Cheenglab a encore rendu une carte vierge de bogey, mais avec trois birdie de plus. Ce score de 63 réalisé par Cheenglab, qui vient d’évoluer sur l’Epson Tour, laisse toutes les autres joueuses à plus de 7 coups en arrière, à deux tours du dénouement de cette saison. « Hier, j’avais dit que je terminerai chaque journée avec cinq coups sous le Par et qu’un total de –20 me suffirait cette semaine », déclara la Thaïlandaise de 30 ans, avec beaucoup d’assurance. « Mais j’ai obtenu quatre coups de bonus aujourd’hui ! Mes mises en jeu au driver n’ont pas été aussi bonnes qu’hier, mais j’ai réussi de très bons coups d’approche et de bons putt », ajouta Cheenglab. « Je tiens à remercier mon copain qui est mon caddie, car j’ai du mal à lire les lignes à cause des pentes. C’est très difficiles, mais il m’a beaucoup aidée, alors je lui en suis très reconnaissante aujourd’hui. Je n’ai pas eu de putt facile avant le 17, car la pente était très prononcée à droite. La plupart des putt étaient pour birdie à environ 2,70 mètres jusqu’à 3,60 mètres. Et je les ai rentrés. Mon putter est en feu », précisa un peu plus celle qui semble aborder ce parcours avec stratégie et détermination.
A la seconde place, avec 7 coups de retard, se trouve l’Italienne Alessandra Fanali qui a progressé au classement général en rendant une carte de 66, après son 70 du premier tour. A 26 ans, celle qui vit le jour dans cette antique cité qui fut fidèle à l’Empire romain, quand d’autres villes et provinces se soulevèrent contre le pouvoir du moment, a concédé un bogey tout en trouvant le chemin de deux eagle. Partie du Tee n°1, à 10h50, en compagnie de Perrine Delacour et de Nuria Iturrioz, Fanali débuta sa journée par un premier eagle sur le Par 5 du trou n°4, avant de signer un premier birdie sur le Par 5 du 7. Et au retour, elle illuminait sa carte avec un secon eagle, sur le Par 5 du 10, avant de réaliser un birdie sur dernier Par 5 du retour (12) et de concéder son premier bogey du jour, sur le green du trou n°14. Et elle clôturait sa journée avec un birdie au 16, et attendait de voir si Céline Herbin allait lui passer devant. « J’ai joué de manière très solide ces dernières semaines, et mes coups de wedge ont été particulièrement précis. Donc je suis ravie » déclara Fanali. « C’était vraiment génial de réussir deux eagle. D’abord avec un long putt puis un coup parfait au 10. Au 12, j’ai failli en réaliser un troisième. Ce fut à la limite. Je suis vraiment contente. Ma saison a été plutôt régulière, c’est ce que je recherchais cette année. J’ai commencé à travailler mon swing, ces deux dernières semaines et ça commence à se voir. Je suis fière de moi pour cette 3e année sur le Tour. J’apprends encore énormément », assura l’Italienne. « Je n’ai aucune attente pour cette semaine. Je suis dans une très bonne position et je vais en profiter pendant ces deux dernières journées », ajoutait-elle.
Un tir groupé des Françaises
A défaut de voir beaucoup de Françaises en haut d’un classement sur le LPGA Tour, c’est sur le Ladies European Tour que les joueuses tricolores se comportent le mieux. Et cette semaine, on peut dire qu’il y a beaucoup de bleu, blanc et rouge, dans le partie haute du tableau, permettant de s’enthousiasmer, et de sortir d’une année frustrante, sur le circuit mondial américain.
Nastasia Nadaud est venue rejoindre Céline Herbin qui a eu un peu de mal dans cette journée en jouant 70, et parfois un peu de travers. Alors que Nadaud a été plus constante, et plus productive, bien qu’elle a concédé quatre bogey dans cette journée. Mais elle a réalisé deux suites de trois bogey, à l’aller comme au retour, et un eagle que le Par 5 du 12, qui a effacé deux bogey. A 21 ans, Nastasia Nadaud peut être qualifiée d’espoir de la discipline et son avenir doit impérativement passé par l’expérience américaine, si elle ne veut pas gâcher son talent sur le circuit européen. « J’ai eu une journée en dents de scie, avec plus de hauts que de bas ! », déclara la Française. Ce fut vraiment intéressant. (…) Je crois que je n’ai jamais rentré autant de putt sur un parcours, depuis très longtemps. Voire jamais. C’était vraiment génial de réussir cet eagle au 12. Ca m’a beaucoup aidé mentalement, et je n’arrive pas à croire que j’ai joué sept coups sous le Par, avec seulement quatre bogey », reprit Nadaud. «Le plus difficile fut de me recentrer après les neuf premiers trous, et de me dire que c’était un autre parcours, très différent, entre l’aller et le retour. L’objectif fut de concentrer au mieux. J’y suis plutôt bien arrivé », ajouta la Française en qui beaucoup placent de nombreux espoir pour la saison prochaine.
Céline Herbin a également bien joué, parfois en affrontant la difficulté, mais toujours avec réflexion et technicité. Même si, de manière récurrente, elle continue de concéder des double bogey qui freinent régulièrement ses progressions. Ce fut le cas, ce jour, sur le Par 3 du trou n°17, ce qui l’empêche d’être plus haut dans ce classement provisoire, et peut-être seule seconde.
Perrine Delacour est également très proche, à –6, avec une belle carte composée de sept birdie contre trois bogey, en fin de journée, qui, espérons le, ne pèseront pas trop sur son mental. Elle progresse de 10 places mais ne réalise pas la plus forte progression du jour. Une autre Française se distingue, en la personne de Camille Chevalier, que l’on a plaisir à revoir en si bonne forme. En jouant 69, elle se place à la porte du Top 10, avec un score de –5, à égalité avec Azahara Munoz, Kirsten Rudgeley, Aditi Ashok, Leonie Harm et la Marocaine Maha Haddioui.
En revanche, cela se passe moins bien pour Agathe Sauzon, qui est à +4, et plus mal encore pour Ariane Klotz, qui a sombré, en fond de classement, dès le premier jour. Il faut dire que débuter sur le circuit pro à 26 ans, n’est pas la meilleure voie qu’il soit. Bien souvent, à cet âge, les meilleures mondiales ont déjà 10 ans de parcours pro et quelques victoires à leur palmarès.
Mais la France ayant la culture du diplôme à tout prix, nos Françaises restent très longtemps amateur, laissant les meilleures de la discipline s’exprimer plus tôt.
Le parcours de Klotz, à 27 ans, semble déjà tout tracé et ne devrait pas dépasser les frontières du LET. Souhaitons lui, seulement, de remporter une victoire, dans les dix années à venir.
A domicile, une partie des Espagnoles est concentrée à –4, à la 17e place, mais sans la tenante du titre Carlota Ciganda, qui évolue à –3, avec 12 coups de retard sur une Trichat Cheenglab dont on se demande si elle va poursuivre cette progression jusqu’à dimanche.
Ordre du mérite : Tan et Rhodes toujours au coude à coude
Pour le classement de la meilleure joueuse du circuit européen de la saison, la Singapourienne Shannon Tan est 5e à –6, avec l’Anglaise Mimi Rhodes, et le suspense reste entier en la matière. Ces deux prochaines journées vont offrir un match dans le match, et il va être intéressant de suivre ces deux joueuses autant que le leader. Une chose est certaine, les asiatiques ont des compétences très affirmées pour bien évoluer dans le golf, et on ne serait pas surpris de voir Shannon Tan terminer en tête, cette saison.
Cette première journée, sous le soleil d’Andalousie, a profité à quelques Françaises, ainsi qu’à la Thaïlandaise, ancienne numéro un Européenne, alors que la tenante du titre est trois coups en arrière, prête à saisir toutes les occasions.
La Danoise Smilla Tarning Soenderby et la Thaïlandaise Trichat Cheenglab partagent la tête de ce classement provisoire, avec un score de –6, dans ce dernier tournoi de la saison. Soenderby et Cheenglab qui ont terminé leur journée sans bogey, sur le parcours du Real Guadalhorce Club de Golf. La Danoise Smilla Tarning Soenderby a pris un excellent départ, enchaînant deux birdie consécutifs sur ses deux premiers trous avant d’en ajouter un troisième au 15. Déjà vainqueur sur le LET, elle a maintenu son rythme tout au long de sa partie, signant de nouveaux birdie aux trous 4, 7 et 9 pour terminer avec une carte de 66. « C’était très agréable », a déclaré Soenderby. « J’ai passé un accord avec mon copain ce matin, (qui est son caddie) en lui disant qu’on allait faire un score similaire. J’ai dit que j’allais jouer six coups sous le par et j’ai eu un putt pour birdie au dernier trou pour arriver à –6. Donc j’ai su que je devais le rentrer », confia la Danoise de 25 ans. « Je n’ai même pas pensé au fait que j’avais fait un sans-faute. Les putts rentraient tout seuls aujourd’hui», confiait-elle. « Je me sens en pleine forme actuellement, et ce depuis le début de l’année. J’ai une excellente équipe autour de moi et je me sens bien. Avec mon préparateur mental, j’ai établi un plan cette année : être forte dans tous les aspects de mon jeu et de ma vie. J’ai beaucoup travaillé mon alimentation et ma force physique cette année, et ça a porté ses fruits », ajouta Soenderby.
De son côté, Trichat Cheenglab, lauréate de l’Ordre du Mérite du LET en 2023, a également réalisé un parcours sans faute lors de la première journée, sous une météo presque estivale. Partie du Tee n°10, la star thaïlandaise a débuté a réalisé quatre birdie à l’aller pour deux au retour, à la suite, lui permettant de rejoindre la Danoise, qui s’était élancée juste après elle. « Mon objectif, cette semaine, est de jouer cinq coups sous le par chaque jour, j’ai donc obtenu un point de bonus aujourd’hui », a déclaré Cheenglab. « Le parcours n’est pas très long, alors je me suis beaucoup entraînée avec mon wedge de 58 hier. J’ai passé une heure à chipper, mais ça valait le coup. J’ai réussi trois birdie à 50 mètres », poursuivait-elle. « Je me sens vraiment en confiance depuis la Chine. J’ai terminé deux fois deuxième du classement par équipes, quand j’étais capitaine dans les épreuves Aramco, et cette année j’étais dans l’équipe gagnante avec Mimi (Rhodes), Kristyna (Napoleaova) et Kultida (Pramphun). Cela me donne beaucoup de confiance pour cette semaine », assura la joueuse de 30 ans. « J’ai eu du mal avec mon nouveau swing depuis le mois de mai, date à laquelle je l’ai modifié. Maintenant, il semble s’améliorer de plus en plus. C’est dommage, car c’est le dernier tournoi de l’année ! Je vais continuer à m’entraîner et à me préparer pour l’année prochaine», reprit Cheenglab.
La Française Céline Herbin et l’Espagnole Luna Sobron Galmes partagent la troisième place après avoir toutes les deux rendu une carte de 67 (-5) lors de la première journée. Herbin, double vainqueur sur le LET, a réalisé un eagle au trou n°4, ainsi que des birdie aux trous 11, 12 et 16, lui permettant de se positionner à un coup de ce duo, dont il va falloir suivre la progression, dès la seconde journée. « C’était une belle journée. Il n’y avait pas trop de vent en comparaison des entraînements », déclara la Française de 43 ans, vétéran de ce circuit. « Je me sens bien. Je n’étais pas au sommet de ma forme, mais le score est bon, donc je suis contente », a ajouté Herbin. « J’ai sauvé quelques situations, donc je n’ai pas fait de bogey. C’était agréable de jouer une journée sans bogey, et je vais me concentrer sur la prochaine journée pour travailler sur quelques points. Je suis contente du score, et l’eagle au trou numéro 4 était un gros plus. J’ai réussi un assez bon drive, j’étais en bordure de fairway à droite, mais c’est une bonne position. J’ai réussi un bon coup de fer 6, la balle s’est arrêtée à 10 mètres du trou et il me restait 2 mètres pour le putt », expliqua la Française qui réside en Espagne.
Sobron Galmes, meilleure Espagnole du jour
L’Espagnole âgée de 31 ans, Luna Sobron Galmes, qui fut lauréate de la Smyth Salver en 2015, a réalisé une journée sans bogey, enchaînant les birdie aux trous 3, 4, 7, 9 et 12 pour terminer également à la 3e place ex æquo avec Céline Herbin. « J’ai vraiment bien joué, je me sentais très bien au putting », a déclaré Sobron Galmes. « J’ai travaillé mon putting avec mon père et mon petit ami et je suis très à l’aise avec cet exercice. Je pense que la clé de mon jeu est de réaliser le score le plus bas possible, car mon jeu long est maintenant parfait. J’ai une grande confiance en lui, il me suffit donc de rentrer quelques putts et tout ira bien ».
La Suissesse Kim Metraux, l’Allemande Leonie Harm, l’Espagnole Marta Martin et le duo de Suédoises Lisa Pettersson et Kajsa Arwefjäll, sont juste derrière avec le score de -4. Les Galloises Lydia Hall et Darcey Harry, la Marocaine Maha Haddioui et l’Indienne Aditi Ashok complètent le top 10 avec un score de trois coups sous le Par.
Tenante du titre, l’Espagnole Carlota Ciganda est à –3, en embuscade, prête à saisir sa chance et remonter au classement, sur ce parcours où elle s’est imposée l’an dernier.
La Singapourienne Shannon Tan, leader de l’Ordre du mérite avec l’Anglaise Mimi Rhodes sont à égalité à la 27e place, avec le score de –1. Rhodes a concédé un bogey et un double, tandis que Tan a laissé sur le parcours cinq bogey qui trahissent la difficulté qui fut la sienne à bien évoluer dans ce premier tour. Ce tournoi est décisif pour ces deux joueuses et la première qui prendra l’avantage sur l’autre, possèdera un atout psychologique non négligeable, pour aller chercher le titre. Une situation qui rappelle celle de 2022, lorsque Maja Stark et Linn Grant étaient au coude à coude, dans ce même tournoi, pour la première place de l’Ordre du mérite. Depuis, les deux Suédoises ont connu belle trajectoire sur le LPGA Tour. Stark ayant remporté le Saint Graal, avec l’US Women’s Open, cette année
Le deuxième tour débutera à 9h55 (heure locale) et les leaders prendront le départ à 11h56 (heure locale) au Real Guadalhorce Club de Golf.
Après le LPGA Tour c’est au tour du Ladies European Tour de clôturer sa saison, avec ce tournoi emblématique, en Andalousie.
Créée en 1982, cette épreuve a été intégrée au calendrier du Ladies European Tour en 2002. D’un tournoi national il est devenu le terminus d’une saison européenne de golf féminin.
Trois joueuses espagnoles l’ont remporté, et notamment Azahara Munoz, deux fois de suite. Des victoires qu’elle avait célébré par un plongeon dans la piscine du club house.
Quatre Françaises ont inscrit leur nom au palmarès, dont Karine Icher et Stéphanie Arricau, pour la période sous pavillon du LET.
La Néerlandaise Anne Van Dam est également deux fois vainqueur, et c’est l’Indienne Aditi Ashok qui s’est imposée, en 2023. L’an dernier, une autre Esapgnole s’imposait, en la personne de Carlota Ciganda, qui décrochait sa 7e victoire sur le circuit européen, et devenait, elle aussi, double vainqueur de ce tournoi avec sa compatriote Azahara Munoz.
S’agissant du parcours, dix sept ont accueilli ce tournoi, et c’est un retour sur celui de l’an dernier, pour cette nouvelle édition.
Le champ de joueuses
Comme l’an dernier il s’agit d’un champ réduit à 75 joueuses dont 9 Espagnoles sont invitées, sur les quinze présentes.
On retrouve, également, quelques-unes des joueuses qui ont fait l’actualité de cette saison avec les vainqueurs de l’année que sont Shannon Tan (2x), Mimi Rhodes (4x), Cara Gainer (1), Sara Kouskova (3x), Alice Hewson (1x), Perrine Delacour, Laura Fuenfstueck (1x), mais aussi le phénomène Canadien de 17 ans Anna Huang (2x), et l’Espagnole Nuria Iturrioz (1x).
Les Françaises Nastasia Nadaud, Céline Herbin, Camille Chevalier, Agathe Sauzon et Ariane Klotz tenteront de clôturer cette saison du mieux qu’elles le peuvent, et pourquoi avec une victoire pour Nadaud qui s’est montrée la plus performante, cette année.
L’Australienne Sarah Kemp entre également dans ce champ, en étant miraculée après son accident de voiturette en 2024, qui a failli mettre un terme à sa carrière. L’Allemande Helen Briem, la Suédoise Kajsa Arwefjall ou encore l’Indienne Diksha Dagar, qui a conservé son titre olympique des JO pour les athlètes sourds, où la Française de 17 ans et amateur, Margaux Bréjo, a décroché la médaille d’argent.
L’Espagnole Carlota Ciganda défendra son titre durant ces quatre jours de compétition qui ne comportent pas de Cut.
C’est un retour sur ce parcours qui a vu la victoire de Carlota Ciganda, l’an dernier, et qui va offrir à certaines joueuses, des repères acquis lors de la précédente édition.
Le Real Club Guadalhorce Golf a vu le jour en 1987, lorsqu’un groupe de passionnés acquiert l’ancienne ferme et la totalité des terres, dont les origines remontent au 16e siècle. Un groupe d’investissement finlandais va s’investir, par la suite, permettant d’agrandir la propriété et de réaliser le premier parcours , sous l’autorité de l’architecte D. Koski Kuronen, permettant, également la restauration du club-house.
Mais c’est à l’Espagnol Miguel Angel Jimenez que revint l’honneur de rénover le tracé de 18 trous, en 2007, pour en faire un Par 72. Il reprend les neuf premiers trous pour en réduire la distance et rendre cette première partie du tracé, plus simple. En revanche, il augmente la distance sur les neuf derniers trous, en incluant des obstacles d’eau. La taille des green est augmenté et 10 ans plus tard, le Roi Felipe VI accord au golf le titre de Royal Club. Son père, le Roi Juan Carlos en devenant le Président d’honneur.
C’est donc un haut lieu de l’histoire du golf espagnol que les joueuses vont parcourir jusqu’à dimanche.
Les spécialistes décrivent ce parcours comme typiquement anglais, avec ses fairway ondulés et une herbe très rase, y compris pour les rough. Les bunkers ne présentent pas de difficultés particulières en étant assez large, et principalement positionnés près des green. Et l’immensité de ces derniers offrent des lignes de jeu confortables. En revanche, la vitesse des green est décrite comme lente, par ceux qui ont joué ce parcours. Ce devrait donc être une semaine à birdie, pour ce dernier rendez-vous du LET. D’autant que le parcours est préparé plus court que l’an dernier.
Record du parcours
C’est une joueuses amateur Espagnole qui a réalisé le meilleur score l’an dernier en signant une carte de 64.
A 19 ans, Andrea Revuelta est de retour dans ce tournoi parmi les invitées.
Dotation et prime
C’est un tournoi qui reçoit l’une des plus importantes dotations de la saison, hors les Séries Aramco.
L’an dernier, c’est une somme de 650 000 euros que les joueuses avaient à se partager, pour une prime au vainqueur de 97 500 euros. En 2024, la dotation augmentait pour atteindre le chiffre symbolique de 700 000 euros. C’est cette somme qui est reportée cette année.
Les horaires de diffusion
Ce tournoi, comme ce fut le cas cette saison, est diffusé sur le chaîne Youtube du Ladies European Tour.
A la veille du dernier tournoi de la saison, l’Anglaise Mimi Rhodes, vainqueur ce week-end, avec son équipe, du trophée Aramco en Chine, vient d’être sacrée meilleure rookie. Et elle ne compte pas en rester là.
A 23 ans, Mimi Rhodes est la huitième joueuse Anglaise a remporter le titre de rookie de l’année, sur le Ladies European Tour.
Sa saison est particulièrement brillante puisqu’elle a signé très victoire individuelle, et une par équipe. Longtemps en tête de l’Ordre du mérite, elle est désormais seconde, détrônée par la Singapourienne Shannon Tan, qui n’a que 219,26 points d’avance sur Rhodes. Et cette dernière ne compte baisser les bras à l’approche du terme de la saison : « remporter l’ordre du mérite est mon objectif principal, donc je vais me battre jusqu’au bout dans ce dernier tournoi », a-t-elle récemment déclaré.
La saison de Rhodes a débuté en décrochant sa carte lors de la qualifications de Lalla Aicha 2024, et elle s’est imposée dès sa quatrième participation de la saison au Ford Women’s NSW Open, signant une carte de 62 (-9) au deuxième tour.
Lors du tournoi suivant, la joueuse de 23 ans a confirmé sa bonne forme en remportant le Joburg Ladies Open tout en rejoignant le cercle très fermé des joueuses ayant enchaîné deux victoires consécutives sur le LET. Un peu plus d’un mois plus tard Rhodes retrouvait le chemin de la victoire en remportant le trophée de l’Open féminin des Pays-Bas, signant ainsi trois victoires en quatre tournois en l’espace de deux mois.
Depuis, la lauréate de la Curtis Cup a maintenu sa régularité, signant son meilleur résultat en Majeur avec une 19e place ex æquo à l’AIG Women’s Open, ainsi que deux top 10 et cinq top 15. Et ce week-end, elle menait son équipe à la victoire à l’Aramco China Championship.
Rhodes rejoint ainsi Charley Hull (2013), Mel Reid (2008), Kirsty Taylor (2002), Elaine Ratcliffe (1999), Trish Johnson (1987), Laura Davies (1985) et Kitrina Douglas (1984) parmi les Anglaises ayant remporté ce titre de rookie du LET. « Honnêtement, ma première saison a été très inattendue – et finalement, c’est une bonne année », a déclaré Rhodes. « Ça a très bien commencé, alors j’ai simplement essayé de continuer à jouer un golf solide et de maintenir le cap. J’ai bien terminé l’AIG Women’s Open, ce qui m’a permis de remonter au classement, et mon jeu est vraiment solide depuis. J’attendais juste le bon moment pour que tout se mette en place », ajoutait l’Anglaise avant de reprendre : « ma première victoire était vraiment spéciale, car franchir la ligne d’arrivée est toujours difficile. J’adore jouer dans les compétitions par équipes, donc c’était aussi très agréable d’en remporter une deuxième cette semaine ».
Dans deux semaines, si la star anglaise parvenait à dépasser Tan en tête du classement en Espagne, elle deviendrait la huitième joueuse à remporter les deux titres au cours de la même saison. Elle a ajouté : « j’espère que ce sera suffisant. Sinon, je serai satisfaite quel que soit le résultat».
La saison du LET se conclut avec l’Open d’Espagne Andalucía Costa del Sol présenté par Oysho, qui se déroule au Real Guadalhorce Club de Golf du 27 au 30 novembre.
(article adapté du communiqué de presse du LET en anglais)
Au travers d’une journée sans vent et ensoleillée, le public a été récompensé de sa fidélité pour ce tournoi, avec la victoire d’une joueuse Chinoise, qui a l’expérience des circuits américains et qui n’attendait que de brille à domicile.
Sept fois victorieuse sur l’Epson tour, mais jamais sur le LPGA Tour, où elle fut rookie en 2019, Ruixin Liu s’est imposée dans son pays, surprenant de nombreux observateurs qui voyaient plutôt Ruoning Yin partir à la conquête du trophée. Mais s’était sans compter sur la détermination dont Ruixin Liu a déjà fait preuve, notamment cette année sur l’Epson Tour, lorsqu’elle a remporté le Carlisle Arizona Women’s Golf Classic, ainsi que sur les nombreuses fautes, au putting, de ses adversaires. Beaucoup de putt pour birdie sont passés à côté du trou, ne permettant pas à Ruoning Yin comme à Trichat Cheenglab, deux des favorites, de faire barrage à Ruixin Liu, qu’elle côtoient sur les parcours américains.
La joueuse Chinoise de 26 ans s’est élancée dans le dernier groupe avec un coup de retard sur la Thaïlandaise Trichat Cheenglab, leader la veille avec le score de -12. Liu partageait sa partie avec sa compatriote Ruoning Yin, déjà cinq fois vainqueur sur le LPGA Tour, depuis son accession en 2022, et la Thaïlandaise, ancienne numéro un européenne. En 3 ans, Ruoning Yin a cumulé plus de victoires que la plupart des joueuses du Ladies European Tour n’en obtiennent en 10 ou 15 ans de circuit. Et à 23 ans, elle a encore de belles années devant elle pour faire évoluer son palmarès.
Mais l’âge ne fait pas tout, et ce samedi, Ruoning Yin a connu des difficultés pour bien jouer. Sur le Par 5 du 2, elle concédait un double bogey, puis un bogey au 9 et un autre sur le Par 5 du 11. Les cinq birdie qu’elle a rentrés n’ont pas suffit à lui permettre de suivre le rythme imposé par sa compatriote Ruixin Liu, de trois ans son année.
Liu qui ne trouva pas beaucoup de birdie dans cette journée, mais qui ne concéda pas de bogey. Et sur le Par 5 du 16, elle s’offrait le luxe d’un eagle qui allait la mettre à l’abri d’un retour de la Suissesse Chiara Tamburlini, qui a réalisé la plus belle journée du champ, avec une carte de 66, vierge de bogey. « C’était vraiment génial ! Je n’avais jamais réussi, de toute ma carrière, à remonter la tête du classement », a déclaré Tamburlini. Je sais que ça ne suffira pas, mais souvent, je m’emballe et je force trop, et j’avais l’impression que les choses tournaient mal dans le sens du tournant », confia la Suissesse.
Manifestement sereine, Ruixin Liu géra son avance pour terminer à –16, trois coups devant Tamburlini qui réalise un très beau tournoi. « Je n’étais pas du tout nerveuse aujourd’hui, j’essayais simplement de jouer mon golf car il fait très chaud », a-t-elle déclaré. « J’ai essayé d’être patiente et de jouer mon jeu. Au 16 aujourd’hui, j’ai hésité à prendre un hybride 3 plutôt que mon driver, mais mon instinct m’a dit : « Il faut jouer le driver et prendre ma revanche sur ce trou ! » Je suis contente de l’avoir écouté. C’est tellement agréable d’avoir des amis venus me regarder jouer et d’avoir mon père comme caddie. Le public est incroyable, merci à tous ! », déclara Ruixin Liu qui signe sa première victoire sur le Ladies European Tour, et dans cette série Aramco.
Cette victoire a eu une saveur particulière pour Liu, elle qui réside sur le site de Mission Hills China. Par ailleurs, c’était la première fois qu’elle participait à un tournoi professionnel à Shenzhen depuis son passage chez les pros en 2017. « C’est chez moi, je vis ici. C’est très spécial pour moi de remporter ma première victoire aux PIF Global Series à Shenzhen. Je suis vraiment heureuse», ajoutait-elle.
Derrière, quatre joueuses ont terminé à égalité à la deuxième place avec la Suissesse Chiara Tamburlini. Il s’agit de la Thaïlandaise Trichat Cheenglab et des Chinoises Liqi Zeng et Qianhui Lin. Zeng qui n’est pas une inconnue des passionnés de golf féminin, puisqu’elle a intégré le LPGA Tour, en 2019, à 18 ans, et qu’elle évolua, avant, sur l’Epson Tour. La Chine qui a révélé, cette semaine, sa capacité à produire des talents capables d’évoluer sur le LET mais aussi aux Etats-Unis. Une réussite dont les instances Françaises devraient s’inspirer dans un moment où notre pays manque cruellement de joueuses sur chacun des circuits, capables de jouer dans le haut d’un leaderboard, chaque semaine.
Cheenglab, membre de l’équipe victorieuse dirigée par l’Anglaise Mimi Rhodes hier, a connu une journée en dents-de-scie avec trois bogey et deux birdie sur ses onze premiers trous, avant de terminer la semaine à la deuxième place ex æquo grâce à deux birdie consécutifs. « Dans l’ensemble, la semaine a été plutôt satisfaisante pour moi, au-delà de mes espérances », a déclaré la star thaïlandaise. « C’est dommage de ne pas avoir réussi à faire de birdie aujourd’hui ; je dois travailler mon putting, car j’ai commis deux ou trois putts à trois coups. J’étais ravie de jouer avec les joueuses du LPGA Tour, ce sont d’excellentes joueuses. Je vais rentrer chez moi et m’entraîner davantage. Cela me donne confiance pour l’Espagne et pour l’année prochaine », confia Cheenglab qui compte dix départs sur le LPGA Tour, en 2024.
La Suédoise Kajsa Arwefjäll et la Chinoise Ruoning Yin ont terminé à égalité à la sixième place, tandis que la Sud-Africaine Casandra Alexander, la Chinoise Ying Xu et la Suédoise Moa Folke ont partagé la huitième place. Folke qui n’a pas réussi à tenir sa première place acquise au 1er tour, après une deuxième journée en 71 et un troisième tour en 70.
Encore un tournoi difficile pour les Françaises
Trois Françaises ont réussi à franchir le Cut, et parmi elles deux qui connaissent bien le très haut niveau. Céline Herbin et Perrine Delacour ont l’expérience du LPGA Tour et suffisamment d’années de golf derrière elles pour savoir comment aborder un parcours ou se relever d’une mauvaise journée. Mais cette expérience n’a pas suffit, cette semaine, et c’est à 7 coups du leader que Delacour, 31 ans, clôture ces trois jours de compétition, au cœur d’une année où elle a signé quelques bons résultats, sur le LPGA Tour, mais pas suffisamment. Normalement contrainte de repasser par la Q-série, afin d’essayer de conserver sa carte sur le LPGA Tour, elle a été pénalisé dans ce tournoi par une première journée en 73. Ensuite, elle a su jouer sous le Par, mais pas suffisamment bas pour suivre le rythme des meilleures.
Classé 23e à –7, Nastasia Nadaud, de 11 ans sa cadette, termine avec le score de –7 avec Shannon Tan, récemment vainqueur sur le LET. Régulière sur les deux dernières journées, Nadaud est sortie du green du 18 avec un eagle, histoire de terminer sur une bonne note et de rappeler qu’elle sait, elle aussi, faire preuve de performance. Mais il lui manque ce quelque chose qui permet de passer du stade de bonne joueuse de golf à très bonne joueuse, capable de décrocher une victoire.
Enfin, Céline Herbin se classe 28e à –6, avec la nouvelle star du golf féminin Allemand, Helen Briem, et l’Autrichienne Emma Spitz, qui sillonne les parcours à la recherche d’une première victoire, comme Nastasia Nadaud. Et ces résultats nous rappellent cruellement que le ratio entre joueuses et résultats des Françaises reste faible. Voire très faible, sur le LET. Et il a fallu le renfort de Perrine Delacour, cette année pour que le drapeau Français flotte sur un tournoi.
En 2024, c’est encore Perrine Delacour qui apportait la première victoire individuelle européenne au golf féminin français, avant que Céline Boutier ne s’impose sur ce même parcours de Shenzen.
Alors que le golf féminin Anglais a pu compter, cette année, sur Cara Gainer, Mimi Rhodes, Lottie Woad et Alice Hewson pour faire résonner le God save the king à sept reprises. C’est une évidence, les Françaises du circuit européen ne sont pas suffisamment compétitives, ce qui nuit au développement du golf dans notre pays, par manque de joueuses victorieuses auxquelles les jeunes générations peuvent s’identifier pour construire leur progression. Alors que les jeunes Chinoises n’ont que l’embarras du choix pour trouver un modèle à suivre !
Se posent alors deux questions : les subventions publics perçues par la FFG ont-elles une influence sur la filière de haut niveau et où en est le travail de la commission chargée de ce même haut niveau pour amener sur le circuit professionnel des jeunes de 17 ou 18 ans, au même titre que la Chine, la Thaïlande et les Etats-Unis ?
On nous dit, depuis un moment, que de jeunes talents doivent arriver. Mais nous ne voyons rien venir sur l’Epson Tour comme sur le LPGA Tour.
Et il faut bien que quelqu’un évoque ces sujets face à une presse spécialisée complaisante qui préfère parler des dernières chaussures la mode ou consacrer un énième article à un énième club de golf qui promet de prendre toujours plus de distance, quand la majorité des amateurs sont incapables de s’entraîner correctement tout en rêvant de jouer comme les pros qu’ils voient à la télévision.
En défense, certains répliquerons que le golf est une discipline difficile. Mais la natation est aussi un sport compliqué, comme le cross country, le VTT ou le biathlon. Le parcours est le même pour tout le monde, et sauf conditions météorologiques particulières, la balle vole généralement de la même manière entre le matin et l’après-midi. En revanche, dans le tête, certains se fond plus de nœuds que les autres.
Ordre du mérite
Au classement de l’Ordre du mérite, du LET, la Singapourienne Shannon Tan domine toujours avec un total de 2 411,74 points et compte 219,26 points d’avance sur l’Anglaise Mimi Rhodes, à une épreuve de la fin de la saison.
Le LET observe désormais une pause de deux semaines avant l’Andalucía Costa del Sol, qui clôturera la saison du 27 au 30 novembre au Real Guadalhorce Club de Golf.