
En l’absence de nombreuses Américaines, dont la numéro un mondial qui n’a plus joué ce tournoi depuis 2018, cette épreuve est devenue l’opportunité pour les joueuses locales du Japan LPGA Tour de se mesurer à quelques vedettes du circuit mondial. Et pour la douzième fois de son histoire, ce TOTO Japan Classic voit une Japonaise s’imposer, qui est également nom membre du LPGA Tour.
Tout le monde sentait, depuis le premier tour, qu’une joueuse Japonaise remporterait ce tournoi, alors que les américaines sont de moins de moins nombreuses à y participer, et que Nelly Korda n’a pas la décence, au regard de sa notoriété et de son statut de numéro un mondial, d’honorer de sa présence au moins deux des quatre épreuves de cette tournée asiatique. Dont ce TOTO Japan Classic qui est un pilier du calendrier du LPGA Tour, en fin de saison. Toutes les stars ont leurs caprices mais certains sont moins acceptables que d’autres. Et l’on espère que les instances du golf féminin mondial sauront motiver ces joueuses qui font défaut au spectacle de ces tournois, afin que la participation de ce Top 60 de la Race soit plus harmonisé. Quitte à augmenter le champ, puisque les joueuses du Japan LPGA comme celle du Chinese LPGA sont conviées durant la tournée asiatique, dans leur pays respectif.
Après que Nasa Hataoka et Miyu Yamashita eurent fait la démonstration de leur talent, c’est Akie Iwai qui se présenta comme un potentiel vainqueur. Et les outsiders de se nommer Erika Hara, Arpichaya Yubol, Ana Belac, Youmin Hwang ou encore Sayaka Takahashi. Mais par méconnaissance du potentiel de ces joueuses du JLPGA, l’on ne vit pas venir cette Shuri blanche qui courrait dans l’herbe et que l’on montrerait à ces messieurs et mesdames, une fois le dernier putt rentré, comme la nouvelle championne. Car les Shuri savent se faufiler (comme le disait un boucher) rapidement et discrètement pour échapper au chat. Et des chats, il n’y en avait pas qu’un. Yubol et Iwai avaient sorti les griffes lors du moving day, en jouant respectivement 66 et 65, de sortent que ces deux joueuses occupaient les esprits en étant favorites pour le titre. Bien que la rookie Japonaise de 27 ans, Erika Hara, qui se révèle sur le tard, après une victoire sur l’Epson Tour, l’an dernier, faisait partie, elle aussi, des pronostics. On envisageait un peu mois Sayaka Takahashi, tout en conservant un œil sur elle. Mais le nom de Shuri Sakuma, sauf pour les locaux, n’était pas le premier sur la liste. Or, cette Japonaise, déjà vainqueur à quatre reprises sur le JLPGA, a créé la surprise en se débarrassant de la concurrence à coups de birdie, sur les derniers trous. Et la journée de Akie Iwai, pourtant leader avec le score de –15, samedi soir, débuta par un bogey sur le Par 5 du trou n°2, qui allait préfigurer les difficultés qu’elle allait rencontrer dans ce dernier tour. Ce n’est pas que la Japonaise accumula les fautes, c’est surtout parce qu’elle eut du mal à se placer près des mats, comme bien d’autres joueuses, d’ailleurs. Et Shuri Sakuma ne fut pas épargnée par ce manque de précision, sur les green. Sauf que la Japonaise de 23 ans fut bien plus habile au putting que ses adversaires.
Pendant que Akie Iwai accumulait les Par, du trou n°3 au trou n°8, en évoluant dans le groupe juste derrière celui de Youmin Hwang, de Yuna Araki et Shuri Sakuma, cette dernière trouvait deux birdie lui permettant de grimper dans le classement avec le score de –14. A égalité, en tête, avec A.Iwai, Shuri Sakuma resta co-leader lorsqu’elle signa son second birdie sur le Par 5 du 9, comme Iwai, peu après. Et au retour, le chat qu’était Iwai cru dominer cette Shuri qui avançait dans l’herbe, à découvert, lorsqu’elle rentra un troisième birdie sur le Par 5 du 12. Un trou sur lequel 154 birdie furent réalisés toute la semaine, contre sept eagle. Dont cinq lors du dernier tour. Mais Shuri Sakuma venait de débuter son incroyable ascension vers le sommet du leaderboard, dès le Par 4 du trou n°11, en rentrant le premier des cinq birdie qu’elle allait aligner, avant de clôturer sa journée par un sixième sur le Par 5 du trou n°17, qui la rendrait inaccessible pour ses poursuivantes.
De son côté, Akie Iwai, bien qu’à –16 en sortant du Par 5 du trou n°12, allait perdre la tête du classement en concédant un double bogey sur le Par 3 du 13. Entre temps, Yuna Araki se positionna à la seconde place, à –15, après 14 trous, en ayant trois coups de retard sur Shuri Sakuma qui semblait connaître par cœur chaque ligne, chaque trajectoire des green qu’elle foulait. Hormis le putt sur le green du 14, qui fut d’environ 3 mètres, Sakuma eut à gérer des putt de plus de 6 mètres, et parfois d’environ 8 mètres, comme celui sur le green du 15 qui la fit passer à -19, et qui fut le dernier de sa série. Akie Iwai, Erika Hara et plus encore Arpichaya Yubol ne jouirent pas de la même réussite sur les green de ce Minori course, et elles furent contraintes de réaliser une approche avant de conclure avec un second putt. Parfois pour le par, parfois pour un birdie, et parfois pour un bogey comme ce fut le cas pour Erika Hara sur le Par 3 du 16 et pour Arpichaya Yubol qui en aligna quatre à la suite, du Par 5 du 9 au Par 5 du 12. Rien ne fonctionna comme elle le voulu, dans ce dernier tour, alors qu’elle semblait avoir le parcours dans les mains, vendredi et samedi en signant deux cartes de 65.
Finalement, après avoir réalisé une démonstration de putting, sur diverses distances, la Japonaise Shuri Sakuma échappa aux griffes du chat, rentra au club house en leader, avec le score de –20, après son dernier birdie le Par 5 du 17, et revint devant ses messieurs, et ses dames, une fois que le dernier groupe eut clôturé sa journée, pour être sacrée vainqueur de cette 48e édition d’un des plus anciens tournoi de golf du circuit féminin du JLPGA et du LPGA Tour. A 23 ans, Shuri Sakuma est la troisième joueuse, non américaine, à s’imposer à domicile cette saison, après Atthaya Thitikul en Thaïlande et Ruoning Yin lors du Blue Bay LPGA. Et elle est devenue la douzième joueuse Japonaise à remporter ce TOTO Japan Classic, et la quatrième de suite en succédant à Nasa Hataoka, Rio Takeda et Mone Inami. Et l’on rêve d’une telle situation en France, avec l’Evian Championship.
Shuri Sakuma est également la sixième Japonaise à s’imposer dans cette saison et la seconde, non membre, à remporter un tournoi, après Shiho Kuwaki, lors du British Women’s Open, qui évoluera en 2027 sur le LPGA Tour. En interview, quand on lui demanda d’exprimer ce qu’elle ressentait après ce dernier tour en 64 et cette victoire, elle déclara : « pour le moment, je ne pense pas à la victoire. Parce que mon objectif du jour était avant tout de jouer –5, donc j’étais concentrée sur mon jeu ». Puis elle ajouta : « j’aurais pu gagner dès le début de la saison, mais il a fallu que j’attende un certain temps avant de décrocher une seconde victoire. Et celle-ci fut la plus importante de ma saison. Elle m’a redonné confiance ce qui m’a permis de remporter ce tournoi du LPGA Tour. Mon objectif, cette année, était de jouer ce tournoi et de bien gérer mes tournois pour en remporter un autre. Donc, cette victoire est vraiment spéciale ». Pour le moment, on ne sait pas encore si Shuri Sakuma a accepté d’être membre du LPGA Tour, immédiatement, où si elle repousse son arrivée au mois de janvier prochain. Pour mémoire, Mone Inami avait attendu le début de la saison suivante, après concertation avec ses proches, pour intégrer le circuit américain, ce que fera également Shiho Kuwaki.
En attendant de revoir cette talentueuse Shuri courir dans l’herbe des fairway et sur les green, nous avons rendez-vous avec l’avant dernier tournoi de la saison, en Floride, du 12 au 15 novembre, avec le Annika diven by Gainbridge at Pelican, où Linn Grant y défendra son titre.
La Française Perrine Delacour termine cette étape japonaise à la 66e place, avec le score de +2 et une dernière carte de 71. La première Américaine se nomme Yealimi Noh, et elle est classée 31e à –7. Quant à Nasa Hataoka, elle se classe 6e à –13.
Le classement final => ICI












