
Cette dernière journée a mis à mal de nombreux pronostics et quelques préjugés, bien naturels, après deux premières journées où certaines joueuses n’avaient pas du tout enthousiasmé les observateurs, par leurs résultats. Mais la magie du golf et de la Solheim Cup ont encore agi, et la météo a sans doute, elle aussi, joué un rôle dans le dénouement de ce tournoi, qui s’est emballé lors des parties en simples.
Il est 11h10. L’Anglaise Charley Hull et l’Américaine Megan Khang se présentent sur le tee de départ, transformé en arène festive, comme c’est la tradition. L’une est en tenue de pluie, et l’autre un peu moins équipée pour affronter l’humidité qui va persister jusqu’en début d’après-midi. L’Europe et les USA sont à égalité, comme en 2023, mais avec la différence que l’équipe dirigée par la Suédoise Anna Nordqvist est affaiblie à cause de plusieurs joueuses qui sont passées à côté de leurs matchs, depuis deux jours. Et notamment Charley Hull, qui a perdu trois matchs et qui a concédé un nul, avec sa compatriote Lottie Woad. Perçues comme les piliers de cette équipe, Hull et Woad sont en dessous de toutes les attentes. La Danoise Nanna K.Madsen n’a joué qu’un match en deux jours et elle l’a perdu. Et la Française Céline Boutier rame autant en ce début de Solheim Cup que sur LPGA Tour, depuis plusieurs mois. Et ce, malgré sa 7e victoire à la fin du mois de mai. Plus forte sur le papier, les Américaines ont de quoi inquiéter les supporters du team Europe.
En coulisse, Anna Nordqvist a motivé ses troupes. Et en public, elle affiche une attitude sportive ne laissant pas transparaître le malaise qui flotte dans les rangs des jaunes et bleus. Car personne ne nous fera croire que la soirée de samedi soir fut joyeuse. Céline Boutier s’est effondrée en larmes, en voyant Jennifer Kupcho battre Carlota Ciganda, sur les deux derniers trous, et Charley Hull, après une nouvelle défaite, associée à Lottie Woad, n’est même pas restée sur le parcours pour soutenir ses camarades. Il était donc difficile de se montrer optimiste pour la suite de cette épreuve, s’agissant des joueuses Européennes.
Mais l’orgueil et l’ego servent à se battre dans le sport, tout autant qu’ils sont nocifs dans d’autres domaines. Alors que l’on voyait l’Américaine Megan Khang dominer l’Anglaise Charley Hull, c’est elle qui a commis des fautes, permettant à son adversaire de mener 1up, dès le premier trou. Et Charley Hull d’avoir la main dans sa partie, pour la première fois depuis vendredi. Bien que Hull continua de manquer des putt, et de ne pas être très précise autour des mats, Khang ne fut pas en reste pour rater des occasions de gagner un trou.
L’Allemande Esther Henseleit, qui avait laissé une bonne impression dans les matchs en double, fut opposée à Alison Lee dont on connaît le manque de régularité. Après le premier trou partagé, l’Allemande, médaillée d’argent aux Jeux olympiques, imposa une bonne résistance à l’Américaine qui avait du mal à trouver ses repères sur ce parcours. Le match progressa à l’avantage de Henseleit, tandis que Charley Hull, devant, restait en tête, grâce aux nombreuses erreurs de Megan Khang. Le bleu commençait alors à dominer le leaderboard, sans que cela inquiète les Américaines et leurs supporters.
Entra alors en scène la Suédoise Linn Grant, manifestement décontractée et heureuse d’être au départ, sous la pluie. En plus de quelques pas de danse, au son d’un des succès du groupe ABBA, elle encourageait la foule à donner de la voix. Opposée à Angel Yin, Grant eut un début de match difficile, en étant dominé 1up après deux trous, puis en restant all square jusqu’au trou n°4. Angel Yin n’est pas une joueuse facile à affronter, mais vendredi en fin de journée, on a pu la voir pleurer dans les bras d’un membre de son équipe, révélant une faille mentale. Et elle n’a plus joué ensuite, jusqu’à ce dimanche. Comme ses compatriotes Megan Khang et Alison Lee, Angel Yin commença à faire des fautes. Ce qui profita à Linn Grant. Solide depuis le début de la compétition, la Suédoise imposa son jeu à l’Américaine qui fut rapidement dominée 2up, puis 3up, et qui ne pourrait jamais reprendre ce match en main.
Très attendue était la rencontre entre Nelly Korda et l’Anglaise Mimi Rhodes, qui venait d’impressionner en double en étant associée à Nastasia Nadaud. Bien qu’elle soit hors du Top 100 de la Race to CME, pour sa première saison sur le LPGA Tour, Rhodes a démontré qu’elle a du jeu et qu’elle sait utiliser son caractère à bon escient. Malheureusement, cette confrontation fut à sens unique, et la numéro un mondial, tout en ne jouant pas toujours très bien, domina l’Anglaise qui résista jusqu’au trou n°5, avant de se retrouver 4 down, jusqu’au trou n°16.
Cependant, si le leaderboard s’allumait en rouge du côté de Korda, il était bleu pour les matchs concernant Charley Hull, Esther Henseleit et Linn Grant. Et ce fut là une première surprise. La seconde surprise vint de la rencontre entre la Danoise Nanna Koerstz Madsen, et l’Américaine d’origine hawaïenne, Allisen Corpuz, qui a comme caddie le mari de Jennifer Kupcho. Vainqueur de l’US Women’s Open, en 2023, Corpuz avait fait forte impression lors des deux premiers jours. La voir gagner ce match ne serait pas une surprise. Pourtant, Koerstz Madsen marquait le premier point, et tint en respect l’Américaine jusqu’à 2up, durant les neuf premiers trous. Au trou n°9, Allisen Corpuz rentrait son putt pour birdie, sur une distance d’environ 4 mètres, et elle revenait à égalité. On pensa, alors, que Madsen allait avoir fort à faire pour reprendre la main. Il n’en fut rien. Et au trou suivant, la Danoise signait un putt pour birdie, sur ce Par 5 du 10, quand Corpuz n’obtint que le Par. La machine Koerstz Madsen se gorgea d’énergie que le public lui apportait, et elle progressa presque sans faille, en conservant ce score de 2up, avant de passer 3 up, sur le Par 4 du 14. Au classement général, le bleu commençait à dominer et l’Europe se mit à rêver.
Nadaud et Lopez Ramirez, deux rookie d’avenir !
Pendant que Charley Hull tenait son match face à une Megan Khang qui manquait, elle aussi, trop de putt, que Esther Henseleit tenait en laisse une Alison Lee qui cherchait à retrouver du jeu, que Linn Grant ne laissait pas respirer Angel Yin et que Mimi Rhodes savait répondre à Nelly Korda pour l’empêcher de conclure trop vite, et que Nanna K.Madsen surprenait face à Allisen Corpuz, deux rookie commençaient à attirer l’attention. La Française Nastasia Nadaud évoluait face à Andrea Lee tandis que l’Espagnole Julia Lopez Ramirez affrontait Yealimi Noh. Autant il était possible d’envisager un match partagé entre Nadaud et Lee, autant on voyait mal comment Lopez Ramirez allait pouvoir faire obstacle à Yealimi Noh tant elle avait été précise sur ses attaques de mat et au putting, la veille, en Fourballs, face à Charley Hull et Lottie Woad. Mais voilà, entre les deux journées l’Américaine de 25 ans, qui a remporté la Founders Cup en 2025, a perdu de cette précision qui lui a permis de maîtriser son face à face avec les Européennes et de compenser quelques erreurs de sa partenaire, Alison Lee. Et la pluie joua sans doute un rôle en faveur des Européennes.
Nastasia Nadaud fut dominée par Andrea Lee au bout de deux trous, puis elle commença à lui opposer de la résistance en gérant cette rencontre avec un score à égalité, jusqu’au trou n°7. Au 5, la Française de 21 ans avait manqué une occasion de passer 1up, à cause d’un putt qui provoqua une virgule, à environ 3 mètres du trou. Elle ne le manqua pas sur le Par 4 du trou n°8, en assurant le Par, quand Lee concéda un bogey. Puis, sur le Par 5 du trou n°10, Nastasia Nadaud trouva le green à, environ, 1,50 mètre, et elle signa un birdie, quand Andrea Lee réalisa, une fois encore le Par. Passant à 2up, Nadaud emballait la machine Européenne qui dominait huit matchs sur les douze engagés. Les Américaines n’étant assurées, à ce moment de la journée, que de remporter deux points. Le premier grâce à Nelly Korda qui était en train d’écraser Mimi Rhodes 4up, après 13 trous. Le second avec Lauren Coughlin qui tenait à distance l’Irlandaise Leona Maguire, avec le score de 3up, après 8 trous. Le troisième point pouvant venir d’une Lindy Duncan, livrée à elle-même, et concentrée sur son jeu, qui tenait en respect Maja Stark 1up, après 7 trous. Mais face à la Suédoise, cette faible avance pouvait céder à tout moment.
Finalement, Charley Hull fut la première à apporter un nouveau point à l’Europe, contre toute attente, et le reste allait s’enchaîner, quasiment sans obstacle. Et comme l’Agence Tout Risque, on adore qu’un plan se déroule sans accroc. Pendant que les autres Européennes faisaient craquer la défense américaine, Nadaud et Lopez Ramirez jouaient leur jeu, mais aussi celui de l’équipe. Et il fallait les voir, à chaque trou défendu ou gagné, comment elles haranguaient la foule pour obtenir d’elle plus de bruit, plus de soutien, et en tirer une pleine motivation.
Nastasia Nadaud tint bon, jusqu’au bout, et elle se paya même le luxe de mettre un peu de pression sur les épaules d’Andrea Lee qui sembla fébrile, malgré le fait qu’elle remporta le trou n°12 pour revenir 1 down. Mais la Française, qui fut parfaitement épaulée par l’expérimentée Michele Thomson, reprit son avance de 2up, au trou suivant. Lee et Nadaud allaient ensuite commettre quelques erreurs, comme au 15, où la Française se trouva loin du mat et l’Américaine au bord du green. Avec deux longs putt à négocier elles échouaient de peu à faire rentrer leur balle. Puis, au 16, ce trou où beaucoup de balles ont terminé dans le ruisseau juste avant le green, Nadaud mis en jeu dans le rough, au bord du fairway. Elle tenta le green avec un bois 3 et fit largement la distance. Sa balle fila dans le bunker de green. De son côté, Andrea Lee trouva un bout de ce rough composé de bruyères. La Française eut alors la présence d’esprit de jouer le coup parfait qui fit sortir sa balle du sable en direction du mat, et qui l’immobilisa à environ 1 mètre du trou. Le chip d’Andrea Lee n’eut pas le même effet et l’Américaine se laissa un putt d’environ 6 mètres, au-delà du mat. La foule manifesta sa joie. Nadaud avait à portée de putter le 11e point du Team Europe. Andrea Lee joua juste, mais sa balle échoua au bord du trou. La Française, elle, ne trembla pas, et elle mit fin à ce duel par un score de 3up.
Pour sa première sélection, Nastasia Nadaud est allée au-delà de tous les espoirs, de toutes les attentes. Bien sûr, chacun sait qu’elle a du talent, mais une Solheim Cup c’est très différent à jouer d’un tournoi du LPGA Tour ou du LET. Manifestement, cet état d’esprit d’équipe et cette ambiance festive ont décuplé ses sens, et elle sort de ce tournoi avec un autre statut que celui de rookie avec lequel elle a abordé cette épreuve. Nastasia Nadaud est devenue la deuxième meilleure Française du circuit mondial dans le cœur des Français, tout en gagnant un peu plus de notoriété auprès des médias Américains. Et, cerise sur le gâteau, elle est la seconde joueuse de cette équipe européenne à avoir marqué le plus de points, derrière Linn Grant. Une nouvelle star tricolore est née et chacun de s’en réjouir.
Et en Espagne, il faut parier que ce sont le même état d’esprit qui animent les fans de golf féminin, avec une Julia Lopez Ramirez qui a donné le sentiment de s’inscrire dans la lignée d’une Carlota Ciganda, plus que jamais pilier de l’équipe Européenne de Solheim Cup. Comme Nadaud, Lopez Ramirez s’est nourrie de l’ambiance et de cette adversité que Yealimi Noh qui lui a opposée. A 23 ans, celle qui fut numéro un mondial amateur en 2024, et qui intégré le LPGA Tour en 2025, a joué comme si elle avait trois ou quatre sélections en Solheim Cup. Déjà, en double, avec sa compatriote Ciganda, elle a transcendé le public de part son attitude combative et démonstrative. Et en Solheim Cup c’est exactement ce qui séduit.
Dominée à l’aller par Yealimi Noh, elle a progressivement repris le match en main, en contraignant l’Américaine à sur jouer. Sur le Par 4 du trou n°9, elle se retrouva à environ 10 mètres du mat, pour un putt pour birdie. Qu’elle ne rentra pas. Mais, par chance, Yealimi Noh ne rentra pas le sien, ni le suivant. C’est donc grâce au bogey de l’Américaine qu’elle prenait les commandes, 1up, pour ne plus lâcher cette avantage. Au 10, Noh concédait encore un bogey, avec un jeu qui commença à s’effriter. Et l’Espagnole passa 2up. Puis, ce fut son tour de partir à la faute et de céder du terrain sur le Par 4 du 12. Elle manquait le green et se retrouvait à jouer depuis le bunker. Sa sortie fut assez précise, mais sa balle passa au bord du trou. Yealimi Noh n’avait qu’un putt d’environ 3 mètres, pour gagner le trou. Cependant, sa balle fit une virgule, mettant un petit coup au morale de la joueuse. Finalement, Lopez Ramirez manquait encore son putt à 1,50 mètre et Noh réduisait la marque à 1 down. Un score qui tint encore jusqu’au Par 5 du 14, où l’Espagnole et l’Américaine manquaient le green. Et l’on sentit les deux joueuses un peu fébrile, chacune prise par l’enjeu. L’une et l’autre tenues par l’envie d’apporter un point à leur équipe. Finalement, le dénouement eut lieu sur le Par 4 du 16, comme Nadaud avant elle. Lopez Ramirez se retrouva sur le green au second coup, avec un putt pour eagle à environ 5 mètres du trou. Tandis que Noh eut un premier putt pour birdie, d’environ 4 mètres. Et celle qui avait été précise la veille avec son long putter, manquait les cibles ce dimanche. La joueuse Espagnole n’eut donc qu’à rentrer son second putt, pour birdie, afin d’apporter le 12e point à son équipe, qui était en train d’écraser des Américaines un peu sonnées. Mais dont les dernières qui restaient sur le parcours avaient décidé de ne rien lâcher.
Encore un putt décisif de Ciganda !
Les jaunes et bleus étaient de plus en plus nombreuses à suivre les dernières parties. Linn Grant avait été magistrale face à Angel Yin, tout autant que Nanna K.Madsen, que l’on avait pas vu aussi performante depuis plusieurs années. Sans doute depuis sa victoire, au Honda LPGA Thaïlande, et en 2019 quand elle termina seconde de l’Indy Women’s In Tech, derrière la Sud-coréenne Mi Jung Hur. Et après Nastasia Nadaud et Julia Lopez Ramirez, c’est le match entre Lottie Woad et Auston Kim qui tint tout le monde en haleine. Comme sa compatriote Charley Hull, Woad retrouvait du jeu en simple. Prenant l’avantage sur le Par 3 du trou n°4, Woad écrasa l’Américaine jusqu’à 4up, avant de concéder du terrain, à partir du trou n° 12. Mais Auston Kim était manifestement éprouvée par la tournure générale des évènements, et elle allait partir à la faute sur le fin du tournoi. Notamment en mettant une balle dans l’eau au 16. ce qui permit à Lottie Woad de repasser 2up et de clôturer son match au 17. Comptant désormais 14 points, contre 10 aux USA, l’Europe porta son regard vers le match entre Lauren Coughlin et Leona Maguire, et celui entre Lindy Duncan et Maja Stark. Bien que dominées, les deux Européennes se battaient pour ne pas perdre d’autre trous, et Maguire réussit même à revenir 2 down, face à une Coughlin qui faiblissait, elle aussi. Mais l’Irlandaise comme la Suédoise n’avaient pas suffisamment de jeu pour contrer leurs adversaires, et les USA engrangèrent ces deux points, tout en ayant compris que la coupe ne franchirait pas l’Atlantique, ce dimanche soir.
Il restait donc une chance avec Carlota Ciganda, qui affrontait, ironie du sort, une Jennifer Kupcho qui l’avait un peu humiliée la veille. Selon une journaliste Américaine, Ciganda aurait déclaré à Kupcho, avant le match, que cette fois-ci elle ne gagnerait pas parce qu’elle se sentait prête à l’affronter. Toute la partie fut intense, mais à l’avantage de l’Espagnole qui, comme à son habitude, lâche des coups de temps à autre, histoire de faire un peu stresser ses supporters. Car celle qui a toujours vénéré la légende Ballesteros, sait manier un club dans presque toutes les situations, et ce n’est pas un bunker ou un rough qui peut lui faire peur. Ce dimanche, Jennifer Kupcho a sûrement regretté ses deux putt en Fourballs face à la désormais légende du Team Europe de Solheim Cup. Car Ciganda fut une citadelle imprenable d’où elle toisa son adversaire. Malgré un long putt, Ciganda passa 3up sur le Par 4 du 13. Un score qu’elle avait déjà obtenu dès le Par 3 du trou n°4, en signant un birdie. Au trou n°14, Kupcho ne put faire mieux que placer sa balle au début du green, loin du mat, alors que Ciganda fut dans le bunker. Avec un putt d’environ 12 mètres, pour birdie, l’Américaine avait l’opportunité de nous rejouer son exploit de la veille. Mais ça ne fonctionnait pas. Finalement, les deux joueuses partageaient le trou, et en elles en firent de même sur le Par 3 du trou n°15. Et, comme un fait exprès, ce fameux Par 5 du 16 allait encore être le théâtre d’un énième dénouement. Mais, cette fois-ci, ce serait pour le bouquet final.
Carlota Ciganda trouva le green au second coup, laissant sa balle à environ 10 mètres du mat. Jennifer Kupcho se retrouva plus loin, après le green, vers la tribune. Le chip de l’Américaine manqua d’un peu de puissance ce qui laissa sa balle à, environ, 3 mètres du mat. De son côté, l’Espagnole avait un putt presque direct vers le mat, et plus sa balle roulait dans la direction du trou, plus elle serra son poing, et leva son bras jusqu’à hauteur d’épaule, avant de l’abaisser, quand sa balle sauta le bord du trou. Kupcho ne serait pas humiliée en ayant eu un rendu de la monnaie de sa pièce. Mais l’issue de ce match était jouée, car l’Américaine s’infligea toute seule l’ultime punition, en manquant son putt pour birdie. Et Carlota Ciganda, étant proche du trou, elle ne pouvait que conclure sur un birdie quand l’Américaine aurait joué pour le Par.
L’Europe venait de remporter cette édition 2026 de la Solheim Cup, et il ne restait plus que cette pauvre Céline Boutier, sur le parcours, face à Rose Zhang, qui au trou n°18, lui infligea une défaite 2up, faisant de la numéro un Française, la seule joueuse du Team Europe a avoir perdu tous ses matchs.
Comme en 2023, Carlota Ciganda a fait trembler les Américaines et apporta le point décisif à l’Europe, qui s’est imposée 15 à 13, dans une ambiance comme seule cette épreuve sait en produire. « je suis si heureuse », déclara Ciganda, juste après ce dernier match. « Je pense que nous avons eu une super équipe toute la semaine. Je suis très heureuse pour Anna. Avec les rookie, je pense que c’est l’une des meilleures équipes que nous ayons eues ces dernières années. Nous étions toutes unies, une vraie équipe. C’est ça l’esprit européen. Nous avons passé un super moment. Je pense qu’il y a eu de très beaux matchs. Et beaucoup de birdie. Oui, je suis très contente pour Anna », répéta Carlota Ciganda.
A propos de son match face à Jennifer Kupcho elle confia : « Kupcho c’est une vraie battante. J’ai joué contre elle plein de fois. Hier, je disais que c’était incroyable. Je sais que j’ai fêté ça et j’ai probablement énervée les Américaines, mais c’est comme ça que je suis. Je n’y peux rien. Mais en même temps, je lui ai dit : « super match, super derniers trous » !. Et, oui, aujourd’hui j’étais vraiment motivée pour la battre parce que je savais que ce serait important. Et, oui, j’ai très bien joué et je suis vraiment satisfaite ».
De son côté, Anna Nordqvist confia : « franchement, c’est fou. Il y a eu tellement de travail acharné cette semaine, et ces deux dernières années. Non seulement de ma part, mais aussi de toute l’équipe. Les assistants ont été formidables cette semaine, facilitant le jeu des joueuses, et l’ambiance était vraiment excellente toute la semaine. Tout le monde a été un super coéquipier. En quittant le parcours, hier, nous étions impatientes d’être ici aujourd’hui. Et, franchement, j’ai été impressionnée par chaque joueuse, et chaque caddie, sur le tee de départ, qui était prêt à jouer ».
Et c’est sous la pluie que cette dernière journée débuta, avant que le soleil ne fasse son apparition au milieu de l’après-midi, permettant de mieux célébrer cette victoire de l’Europe. « la pluie nous a visiblement porté chance au début des parties. Nous avons eu l’impression que le tableau était plus bleu. On a beaucoup parlé des départs qui ont été assez rapides cette semaine, et vu l’état du parcours je suis vraiment fière des joueuses qui ont débuté très fort leur journée et l’ont terminée aussi fort », ajoutait la capitaine Suédoise de cette équipe Européenne.
De son côté, Angela Stanford expliqua : « je voulais que Rose aille chercher ce point. Vous savez, on entend sans cesse dire à quel point c’est difficile, et c’est vraiment le cas. Je pense que nous avons bien préparé ces matchs, et je sais que nous l’avons fait. Elles se sont battues avec acharnement, et nous avons toujours semblé être sur la même longueur d’onde. Les Européennes ont bien joué aujourd’hui, et c’est comme ça. Elles étaient dos au mur, et elles n’avaient rien à perdre. C’est exactement ce qu’elles ont fait. Elles sont revenues sur le parcours et ont bien joué. Alors bravo à elles », précisa la capitaine du Team USA avec beaucoup de fairplay et sportivité. Puis, elle ajouta : « je n’ai pas de regret ».
Cette 20e Solheim Cup a tenu toutes ses promesses, et le golf également. Malgré les moments de doute, il y a toujours eu l’ambition, dans chaque camp, de réussir à franchir les difficultés pour triompher. L’an dernier, les Américaines mettaient fin à trois années exceptionnelles de la part des Européennes, qui avait fini par remporter le Saint Graal. Cette fois-ci, ce furent les Européennes qui se sont imposées. Et c’est le principe de cette épreuve fantastique, créé par la famille Solheim, inventeur de la marque Ping.
Dans deux ans, certaines joueuses ne seront sans doute plus sur le circuit. Car en retraite. Mais l’esprit de la Solheim Cup animera toujours chaque participante, chaque spectateur et chaque passionné. Et, sans doute, que nous fêterons la revanche des Américaines en 2028, parce que tel est la loi du sport.
Pour le moment, et pour deux ans, l’Europe va continuer de se réjouir de cette victoire et de ces merveilleux moments qui donnent toujours plus envie de supporter le golf féminin.
Le classement final => ICI




























