
Après deux tours, en Corée du sud, en périphérie de Séoul, sur un parcours particulièrement verdoyant et enclavé dans une parcelle forestière, c’est une joueuse du LPGA Tour qui vient de prendre la tête, tandis que trois Françaises sur six franchissent le Cut.
C’est une règle qui se vérifie régulièrement, lorsque des joueuses du LPGA Tour sont présentes dans le champ d’un tournoi du Ladies European Tour elles apparaissent souvent en tête, dans le classement. Après deux victoires de la Sud-coréenne Hyo-Joo Kim, dans cette épreuve, voici que c’est la Japonaise Miyu Yamashita qui a pris les commandes de cette épreuve, qui se déroule désormais en stroke play sur quatre jours.
Vainqueur, cette année, de deux tournois, et de deux autres l’an dernier, dont le British Women’s Open, la Japonaise âgée de 25 ans, classée 5e mondial et 3e de la Race To CME, vient de signer une première carte de 67 et une seconde de 68 lui permettant d’être en tête de ce tournoi, avec le score de –9. En deux jours, elle n’a concédé qu’un bogey lors du premier tour, et l’on attend de voir comment elle va négocier ce moving day en faisant face à une concurrence intéressante. « J’aime ce parcours. Aujourd’hui, j’ai joué sans faire de bogey. Mes mises en jeu et mes deuxièmes coups étaient bons. Mes coups étaient de très belle qualité aujourd’hui par rapport à hier », a déclaré Yamashita. « J’aime vraiment jouer devant un public nombreux. il y a énormément de fans coréens et j’apprécie beaucoup de jouer devant eux. Je suis encore un peu fatiguée par le voyage depuis Hawaï, mais ça va. La nourriture est bonne ici. J’aime la cuisine coréenne. Je suis très heureuse de participer à cet événement et je veux profiter du tournoi pour la suite ».
A la seconde place, à -7, se trouve la Suédoise Louise Rydqvist, et surtout la Sud-coréenne et ancienne numéro un mondial Sung Hyun Park, qui connaît un important passage à vide depuis trois ans. Mais, sur ses terres, Park semble avoir retrouvé du jeu et les deux coups qui la séparent de la Japonaise ne sont certainement pas suffisants pour l’empêcher se porter à la hauteur de Yamashita. « J’ai commis quelques erreurs, mais j’ai bien terminé mon parcours, donc je suis satisfaite. Ce double bogey m’a rendue plus concentrée et mon objectif était d’améliorer mon score sur les neuf premiers trous », a expliqué Park. « Ensuite, sur la seconde moitié du parcours, les putts ne rentraient pas, mais j’ai réussi un bon putt pour l’eagle et je suis enthousiaste à l’idée du week-end. Cela faisait un moment que je n’avais pas figuré en haut du classement, mais mon objectif principal pour le week-end est de rester concentrée et de mieux communiquer avec mon caddie », ajoutait celle qui fit loi sur le circuit mondial, entre 2010 et 2011.
Avec le score de –6, il y a cinq joueuses, et non des moindres, qui sont parfaitement capables de jouer un coup lors de la troisième journée. D’abord l’Allemande Alexandra Forsterling, qui possède quatre victoires sur le LET, et qui est passée proche de la cinquième, cette année, en Suisse. Forsterling qui sorte d’une cinquième place, en Italie, et qui vient de signer deux cartes de 69. « C’est un parcours sympa. Il est évidemment piégeux. Les greens sont très délicats. Les mises en jeu ne sont pas faciles non plus, mais j’aime les défis et je prends beaucoup de plaisir. La journée a été bonne car nous avons toutes rentré beaucoup de putts et réalisé pas mal de birdie ; c’était agréable à voir et cela m’a aussi motivée. Je pense que je vais faire la même chose que ces deux derniers jours, je ne compte pas changer grand-chose. Je suis satisfaite de ma gestion du parcours et j’espère pouvoir continuer à rentrer des putts », expliqua l’Allemande.
Egalement, il faut avoir à l’œil la Canadienne de 17 ans, Anna Huang, qui devrait s’aligner au départ de la Q-series, fin novembre, afin de décrocher sa carte pour la saison 2027 du LPGA Tour. Huang est un peu la Lydia Ko du circuit féminin européen, une surdouée déterminée qui se place souvent dans le haut d’un classement pour ne jamais en sortir. « Cela faisait un moment que je n’avais pas joué en compétition. Hier, j’essayais simplement de retrouver le rythme. Le début a été un peu laborieux, mais aujourd’hui, je pense avoir réussi à me ressaisir et à retrouver mon jeu », a confié Huang. « Le Covid m’a vraiment affectée cette année. Je suis restée clouée au lit pendant près d’un mois. J’étais vraiment déçue de manquer le tournoi de La Sella et de ne pas pouvoir défendre mon titre. J’ai dû me concentrer sur mon rétablissement et je pense être rétablie à 90 % », expliqua la Canadienne. « Lors de la partie d’entraînement, je trouvais le parcours vraiment difficile — peut-être parce que mon driver partait dans tous les sens — mais je pense que les greens constituent probablement la partie la plus délicate. Il y a beaucoup de pentes sournoises dont il faut se méfier, et il est crucial de placer sa balle aux bons endroits », ajoutait Huang.
Enfin, la Tchèque Sara Kouskova et la Taiwanaise Yani Tseng sont également ses outsiders à surveiller. Kouskova, si elle est un peu en difficulté cette année, n’en a pas moins terminé seconde du KPMG Women’s Irish Open, et 5e du dernier tournoi en Italie. Quant à l’ancienne numéro un mondial, qui est reconnu comme ayant été l’une des meilleures joueuses du monde, elle travaille depuis quatre ans pour revenir au meilleur niveau, et progressivement ses résultats s’améliorent. Evoluant dans un environnement qu’elle connaît bien, Tseng devrait rapidement nous indiquer s’il faut compter sur elle, ce dimanche, pour la lutte pour la victoire.
Mackova, un leader qui trébuche
C’est avec une carte de 65 que la Tchèque âgée de 25 ans a débuté ce tournoi, lui offrant la première place et un très beau coup de projecteur. Ayant franchi seulement six Cut avant ce tournoi, en dix-huit départs, Patricie Mackova a surpris tout le monde avant de trébucher lors de la seconde journée, où elle signe une carte de 74. Manquant de régularité, en ayant seulement à peine deux années de statut professionnel, la joueuse Tchèque est à égalité avec la tenante du titre, Hyo-Joo Kim, l’Australienne Sarah Kemp ainsi que l’équatorienne Daniella Darquea, qui a réalisé le meilleur score de la seconde journée, en jouant 66.
La compatriote de Kouskova est 9e et la troisième journée sera essentielle pour elle.
Le Cut pour trois Françaises
Elles étaient six au départ, et elles sont trois à avoir franchi le Cut. Camille Chevalier (+5), Emma Falcher (+5) et Ariane Klotz (+3) n’ont pas réussi à s’adapter à ce parcours et quittent la compétition laissant Céline Herbin (-4), Vanessa Bouvet (Par) et Lois Lau (+1) continuer cette épreuve avec des résultats variés.
Une fois encore, Céline Herbin s’en sort le mieux en ayant fait preuve d’une belle régularité avec deux cartes de 70. La voici virtuellement 15e de ce classement provisoire, bien qu’elle a marqué que deux birdie dans cette journée, laissant deviner qu’elle a surtout cherché à ne pas partir à la faute comme au premier tour. Car, jeudi, la Française âgée de 43 ans a encore collectionné les bogey et un même un double, sur le Par 5 du trou n°8. En alignant des Par, jusqu’à trouver son premier birdie au trou n°16, Céline Herbin nous raconte une histoire. Celle d’une joueuse qui a conscience de ces erreurs, et qui veut impérativement franchir le Cut. Mais aussi l’histoire d’une joueuse qui sait qu’elle peut faire beaucoup mieux qu’un 70 égratigné de bogey. Elle a maintenant deux jours pour jouer plus bas.
Reléguée neuf coups derrière le leader, Vanessa Bouvet redonne un peu de couleurs à sa saison. La Française âgée de 27 ans, qui avait l’ambition, avant son passage chez les professionnelles, de jouer sur le LPGA Tour, est à la peine sur le circuit Européen en ayant beaucoup de mal à franchir les Cut. En sept départ, elle n’a passé que deux Cut, et ses gains ne sont même pas ceux d’un chômeur au minimum social. La représentante du golf de Terre Blanche est très, très loin de convaincre qu’elle possède le niveau pour jouer sur un tel circuit, et ce Cut va lui permettre de s’investir sur les deux prochaines journées et de voir si elle peut remonter dans le classement.
Enfin, à 24 ans, Lois Lau a un peu plus d’avenir que Bouvet mais il va falloir que, elle aussi, elle fasse évoluer son niveau de golf si elle veut intégrer le rang des meilleures Françaises sur le circuit européen féminin. Pour le moment, ces résultats lui ont permis d’engranger bien plus de prime que sa compatriote Bouvet, mais elle a besoin de faire évoluer son niveau de jeu pour franchir plus facilement les Cut. Classée à +1, pour le moment, à la 61e place, avec Anne Van Dam qui est un peu en fin de carrière, Lau nous ferait plaisir avec des cartes un peu plus « low » ce week-end.
Le classement provisoire => ICI












