Ce tournoi est l’héritage de l’Aramco Team Serie qui a changé de nom en 2025, en étant financé par le Fonds Public d’Investissement d’Arabie Saoudite (PIF).
L’an dernier, cette épreuve se déroulait sur trois jours avec une épreuve par équipe les deux premiers jours et une épreuve individuelle lors de la dernière journée.
Cette année, c’est un tournoi individuel, sur quatre jours, uniquement en stroke play, qui est organisé.
Pour le LET, il s’agit de la 6e édition, si l’on tient uniquement compte de la formule en stroke play. Lors de la première édition, au mois de juillet 2021, c’est la Norvégienne Marianne Skarpnord qui s’imposait en playoff, face à la Thaïlandaise Atthaya Thitikul.
C’est, à ce jour, l’unique playoff de cette épreuve disputé à Londres.
Enfin, l’an dernier, l’Anglaise Mimi Rhodes évoluait comme rookie et elle est désormais pensionnaire du LPGA Tour, et nouvellement sélectionnée dans l’équipe de Solheim Cup. En un an, la joueuse de 24 ans a connu une ascension fulgurante, qui fait d’elle l’une des rares joueuses du LET à avoir parfaitement réussi son évolution vers le LPGA Tour.
Le champ de joueuses
Au nombre de 104 l’an dernier, elles sont 120 cette année.
Parmi les têtes d’affiche on recense des joueuses du LPGA Tour comme Alison Lee, Patty Tavatanakit, Georgia Hall, Charley Hull, ainsi que des figures du LET disposant d’une expérience des circuits américains comme Agathe Laisné, Céline Herbin, Emily K.Pederen, Trichat Cheenglab, Luna Sobron Galmes, Daniela Darquea, Lee-Anne Pace, Bronte Law, Ayako Uehara, Morgan Metraux, Aditi Ashok ou Sarah Kemp.
Les Françaises Ariane Klotz, Camille Chevalier, Lois Lau, Agathe Sauzon, Emma Falcher sont également au départ, alors que Vanessa Bouvet, dont l’ambition est de remporter un tournoi majeur, et qui a échoué à franchir le Cut du dernier Women’s British Open, est encore en liste de réserve, cette semaine.
Egalement en difficulté dans son parcours professionnel, l’Américaine Gabriella Then, qui a évolué sur l’Epson Tour et qui n’a pas réussi à conserver sa carte sur le LPGA Tour, après son année de rookie, joue cette semaine, dans la catégorie Invitation.
Shannon Tan, Leonie Harm, Anna Huang, Casandra Alexander, Sara Kouskova, Alice Hewson ainsi que la capitaine du team Europe de la Junior Solheim Cup, et vice capitaine du team Europe de Solheim Cut, sont également au départ.
Enfin, vainqueur l’an dernier, l’Allemande Laura Fuenfstueck, qui est mariée à la joueuse Anglaise Rosie Davies, ne prend pas part à ce tournoi, puisqu’elle est en congés maternité.
Un Cut conservera les 60 meilleures, et ex æquo, au terme des deux premières journées.
Les invitations sponsor
copie écran : ladieseuropeantour.com
Les anciens vainqueurs
2025
Equipe : Danielle Du Toit – Sarah Kemp – Marta Sanz Bario – Megan Dennis
Individuel : Laura Fuenfstueck (-10)
2024
Equipe : Nastasia Nadaud – George BrooksBank – Miria Prat – Kristyna Napoleaova
Individuel : Leona Maguire (-8)
2023
Equipe : Charley Hull – Michael Austick – Kylie Henry – Lea Anne Bramwell
Individuel : Nelly Korda (-11)
2022
Equipe : Nicole Garcia – Mia Baker – Madelene Stavnar – Kelly Whaley
Individuel : Bronte Law (-9)
2021
Equipe : Olivia Cowan – Andrew Kelsey – Diksha – Sarina Schmidt
Individuel : Mariana Skarpnord (-13)
Le parcours
Pour la sixième fois le Centurion Golf Club accueille cette épreuve. Un parcours qui se situe au nord de Londres, dans une zone peu urbanisée, et qui est en bordure de l’autoroute M1 reliant la ville de Luton à Londres.
Ce parcours est récent puisqu’il fut ouvert au public en 2013, alors que l’association de golf est plus ancienne. C’est un tracé très anglais, reprenant les codes du links, pour certains aspects. Les rough, à proximité du fairway, sont denses tout en offrant la possibilité de trouver et de jouer la balle, alors que les hauts roughs, plus à l’extérieur, sont parfois très hauts. Huit trous comportent des zones de sous bois en étant longés par la forêt, alors qu’à l’intérieur du parcours, c’est un style links qui accueille les joueurs.
Une grande pièce d’eau est présente à droite du green du 18, alors que celui du 12, qui est un trou signature, est défendu par une immense marre juste devant, et un bunker à gauche.
Certains départs sont en hauteur, permettant d’avoir une vue exceptionnelle sur la zone de retombée de balle, et l’ensemble du paysage. Les green comportent des ondulations et la science du putting est de rigueur.
Le record du parcours
64 : Georgia Hall (2021)
Dotation et primes
En 2021, cette épreuve était de dotée à hauteur de 200 000 dollars en individuel et de 800 000 dollars par équipe. Soit un total de 1 millions de dollars.
Comme l’an dernier, ce tournoi est financée par une dotation globale de 2 millions de dollars. La suppression de l’épreuve, dont la prime aux vainqueurs était de 500 000 dollars, devrait permettre de relever les primes des joueuses ayant franchi le Cut.
Les horaires de diffusion TV
Le tournoi est retransmis sur la chaîne Youtube du Ladies European Tour.
L’Espagnole et amateur est récompensée, pour la seconde année consécutive, de la Smyth salver, tandis que Shiho Kuwaki succède à sa compatriote Yamashita au palmarès de ce tournoi majeur.
Toujours accompagnées par le vent, les joueuses encore en lice, après le Cut, ont encore bataillé contre ce parcours où la stratégie fut essentielle. Et si l’on a pu voir de nombreuses erreurs de trajectoire et de profondeur, ce sont finalement celles qui ont réussi à mieux s’extraire des difficultés dans lesquelles elles s’étaient mises, qui ont assuré le spectacle. Quant à la victoire, elle s’est jouée sur le fil, dans le cadre d’un scénario rocambolesque.
Cette dernière journée a mis un peu plus en évidence la nécessité de faire preuve de stratégie et d’avoir préalablement bien repéré chaque zone de ce parcours qui recèle 174 bunker, assez profonds. Beaucoup d’erreurs ont été commises durant cette ultime journée, et il n’est pas anormale que la victoire ne se soit pas jouée avec un score plus élevé.
Alors qu’elle avait fait preuve d’une belle maîtrise, depuis vendredi, en sortant en tête samedi soir, avec une avance de trois coups, l’Américaine Yealimi Noh restait sous pression face à un parcours dont elle savait qu’il ne pardonnerait aucun écart, nécessitant de ne pas relâcher son attention.
Après un birdie sur le Par 4 du trou n°2, et un Par au trou suivant, son jeu commença à se désunir. C’est à cause d’une mise en jeu dans le bunker de fairway qu’elle ne parvenait pas à prendre le green du trou n°4, en régulation. Contrainte à un recentrage depuis le sable, l’Américaine eut un coup de 126 mètres, jusqu’au mat. Bien que son coup de fer plaça la balle sur le green, celle-ci roula, roula, roula et termina hors du green. L’Allemande Esther Henseleit partageait sa partie avec l’Américaine et manqua également le green. Et toutes les deux eurent un premier long putt à négocier. L’Allemande signait un Par, et l’Américaine un bogey, qui n’allait pas être le dernier.
Après 8 trous, Yealimi Noh avait presque dilapidé son capital, mais elle restait en tête avec le score de –5, devant la Japonaise Shiho Kuwaki, dont le jeu puissant manquait un peu de finesse, voire de subtilité. Elle aussi se retrouvait dans des situations compliquées et aurait pu éviter soit le bogey du Par 4 du trou n°4, soit rentrer quelques birdie de plus. Et ce fut la même chose pour des joueuses comme Lottie Woad, Hae Ran Ryu, Lucy Li, et surtout Atthaya « Jeeno » Thitikul, qui fut à côté de son sujet toute la journée.
Celle qui avait signé le record du parcours, au premier tour, était confrontée à d’importants problèmes de profondeur. Soit elle jouait trop loin sous le mat, soit elle se retrouvait trop loin après le mat. Durant presque 18 trous, la Thaïlandaise de 23 ans chercha plus à sauver des Par qu’à rentrer des birdie. Même si elle tenta de le faire à plus de 10 mètres du mat, non sans une certaine adresse.
La Sud-coréenne Hae Ran Ryu, qui jouait avec Shiho Kuwaki, s’effondra également très vite. Malgré un birdie sur le Par 3 du trou n°1, elle concéda un bogey sur le Par 4 du trou n°3, puis un double sur le Par 3 du trou n°5. Et, sur ce parcours où chaque coup perdu est long à reprendre, Har Ran Ryu apparut vite comme hors course pour la victoire.
Dans la même veine, l’Américaine Lucy Li débutait plus fort encore avec deux birdie, sur les deux premiers trous. La force de l’Américaine résidait dans sa capacité à faire preuve de précision. Puis, ce fut la douche froide et ce moment qui allait peser sur le moral de la joueuse, une bonne partie de la journée. Après un bogey sur le Par 4 du trou n°4, l’Américaine lâcha sa mise en jeu à gauche, dans le bunker de fairway du trou n°5. Elle se retrouvait avec une balle collée à la paroi et n’eut d’autre choix que de jouer en travers. Lors de cette sortie de bunker, sa balle fila de l’autre côté du fairway, et s’immobilisa dans un petit rough, collée à un panneau publicitaire. Cependant, elle était à hauteur du green. L’obstruction étant amovible, elle put jouer sans difficulté son troisième coup avec une cuvette à franchir et une petite lèvre qui dominait le green. Mais elle ratait son chip ce qui fit avancer sa balle de quelques mètres, dans cette fameuse cuvette. Et le coup n’était plus le même puisqu’elle devait lever sa balle pour la faire atterrir sur le green, puis la faire rouler jusqu’au mat qui se situait à environ 20 mètres. Et là encore, elle ne mit pas assez d’énergie dans son coup, ce qui laissa sa balle sur le green, sans la faire rouler suffisamment. Venant de consommer quatre coups, sur ce Par 3, Lucy Li joua pour sauver le bogey, avec un putt en descente et encore trop long pour espérer rentrer la balle. Finalement, ayant totalement perdu ses moyens sur ce trou, elle concédait un triple bogey qui la fit chuter de –5 à –2, tout en lui mettant un sérieux coup au moral.
Le visage fermé, l’Américaine de 23 ans enchaîna les trous suivants avec fébrilité. Ne signant que des Par entre le Par 5 du 5 et le Par 4 du 10, elle perdit un temps précieux pendant que Noh, Henseleit et Kuwaki se maintenaient en haut du classement. Malgré un birdie sur le Par 5 du trou n°11, où 18 birdie furent signés dans ce dernier tour, contre 25 lors de la première journée, Lucy Li se remit à faire des erreurs au point qu’elle concéda un bogey au 14, un autre au 15, puis deux autres sur les deux derniers trous. Et au 16, avec un putt à moins d’un mètre, l’Américaine poussait la balle et la faisait passer à gauche du trou, lui mettant un coup au moral supplémentaire.
On ne compta plus les coups lâchés dans le rough et les balles dans le bunker, et l’on comprit que cette journée laisserait une trace dans l’esprit de cette joueuse qui fut présentée comme une future star du LPGA Tour, dès son plus jeune âge.
Ainsi, au travers du jeu de Lucy Li, de Hae Ran Ryu, de Attahya Thitikul et de Yealimi Noh, ont compris que toutes ces joueuses qui ont l’habitude de jouer sur des parcours où les fairway sont larges et tolérants, mais aussi plus plats, et où les bunker sont moins nombreux, qu’elles n’étaient pas prêtes à affronter un parcours aux origines de la discipline. Et le Royal Lytham & St Annes Golf Club n’avait pas fini de se défendre, jusqu’à ce que les deux meilleures de cette journée ne trouvent une clé pour marquer un point décisif.
Henseleit surprend, Kuwaki résiste et gagne !
La fin de cette journée et de ce tournoi allait mettre en évidence la solidité de l’Allemande Esther Henseleit, qui allait mieux résister aux pièges du parcours que sa partenaire de jeu, l’Américaine Yealimi Noh, en qui on avait un peu facilement placé notre confiance, pour aller chercher cette dernière victoire en Majeur.
Après ses trois bogey à l’aller et être descendue à –5, Noh tenta de se relever. Au 10 elle signait le Par et au 11, ce dernier Par 5 que les joueuses se devaient de ne pas saborder, elle envoya sa mise en jeu dans le rough, à gauche. Alors que Henseleit se retrouva à droite. Au 3e coup, Noh trouva le green à droite, mais loin du mat, alors que l’Allemande se laissa un putt de moins de 5 mètres. Henseleit inscrivit un birdie, tandis que l’Américaine ne signa que le Par.
Entre temps, la Japonaise Shiho Kuwaki était passée en tête, avec le score de –5, en signant un birdie sur le Par 4 du trou n°13. Un trou dont le départ fut avancé, au point que les joueuses sortirent le driver pour aller chercher le green. Et beaucoup mirent en jeu dans le bunker à gauche du green, ce qui ne manqua pas de créer des difficultés pour en sortir. Ryu allant même jusqu’à jouer un léger chip, dans le sable pour se laisser un meilleur lie pour sortir du bunker, au coup suivant. Assez à l’aise au putting, la Japonaise rentra son putt d’environ 4 mètres, après avoir réalisé une sortie de bunker qui fit rouler sa balle après le mat.
Elle se retrouvait, alors, à égalité avec Yealimi Noh, tandis que la Chinoise de Taipei, Wei-Ling Hsu était revenue à la 3e place, en jouant –4 après 17 trous. Lucy Li était encore dans le coup, à ce moment de la journée, également à –3 avec Esther Henseleit.
Mais progressivement, l’Américaine Yealimi Noh accumula les fautes, alors que l’Allemande joua bien mieux. Au 11, au 12 et au 15, Henseleit signa un birdie, ce qui la fit grimper à –5, col leader avec Kuwaki. Tandis que Noh glissa à –4.
Mais sur le Par 4 du 16, Henseleit mettait en jeu, à gauche, dans le rough, et elle ne put bien attaquer le green où elle y posa balle, lui laissant un putt un peu technique, à cause de la pente. Finalement, sa balle passa sous le trou et elle concéda un bogey.
A deux trous de la fin de ce dernier tournoi majeur de la saison, le suspense était entier. Car Shiho Kuwaki, bien que jouant un golf manquant un peu de finesse, par moment, parvenait à sauver des Par et à se maintenir à –5. Alors que Yealimi Noh était manifestement submergée par la complexité du tracé et que Esther Henseleit donnait le sentiment d’avoir compris comment mieux jouer, tout en concédant, ça et là, quelques fautes.
Finalement, Kuwaki rentra au club house en position de leader, sans concéder de bogey depuis le Par 3 du trou n°5, tandis que Noh et Henseleit s’avançaient au départ du trou n°8, toujours affublées du score de –4.
En cette fin de journée, le vent soufflait en travers du fairway, à moins de 10 km/h. L’incidence sur le vole de la balle était donc faible. Noh lâcha toute de même sa mise en jeu à droite, dans le rough, alors que Henseleit réalisa un très bon coup qui fit rouler sa balle sur le fairway, entre les obstacles. Mieux placée sur le fairway, l’Allemande laissa l’Américaine jouer son second coup, qui posa sa balle à gauche du mat, à environ 10 mètres. Henseleit ne fit pas mieux et fut même un peu plus loin.
Dans son fauteuil en cuir, de style Chesterfieldf, Shiho Kuwaki suivait attentivement ce qui se déroulait, dehors, à quelques dizaines de mètres. Quant l’impensable se produisit. La balle de l’Allemande, vice championne olympique, roula sereinement en direction du trou. Et plus elle se rapprochait, plus la joueuse fixait la balle et levait progressivement la main. Puis, la balle d’Esther Henseleit s’engouffra dans le trou, et elle tendit le bras et un doigt vers le ciel pour célébrer ce birdie qui l’envoyait en playoff avec La japonaise. Il ne manquait plus qu’à Yealimi Noh, alors largement en tête de ce dernier tour, presque quatre heures plus tôt, à en faire de même. Mais elle échoua et elle s’inclina avec le Par.
Kuwaki n’attendit pas une seconde et se leva de son confortable siège pour rejoindre son caddie. Après avoir signé sa carte, Henseleit et Kuwaki étaient emmenées en voiturette au départ du trou n°18, et c’est la Japonaise qui gagnait le tirage au sort.
Il était évident, après avoir assisté à ces quatre journées de golf, que la première joueuse qui partirait à la faute aurait du mal à dominer l’autre, au score. Et c’est Kuwaki qui tomba dans le piège tendu par ce parcours, en envoyant sa mise en jeu, dans le rough, sur la crête d’un bunker. Alors que Henseleit envoya encore un missile, lui ouvrant une voie royale vers le green.
Kuwaki ne put mieux faire que d’envoyer son second coup sur le fairway, alors que Henseleit manqua de précision et se laissa un putt, d’environ 6 mètres, à gauche du mat. Et la Japonaise de réagir en allant chercher le mat, au 3e coup, pour un putt à moins d’un mètre du trou. De sorte que si l’Allemande manquait son putt pour birdie, les deux joueuses retourneraient au départ du 18. Et c’est exactement ce qui se produisit.
Et lors de cette nouvelle mise en jeu, c’est Esther Henseleit qui partit à la faute, en jouant à droite, avec une balle qui toucha le pied d’un spectateur et gicla encore plus à gauche, pour se loger sous les branches d’un petit buisson d’ajoncs. Tandis que Shiho Kuwaki réalisa, enfin, une mise en jeu parfaite, qui lui assurait une bonne prise de green.
Après une longue discussion avec son caddie, et avoir bien observé le lie de la balle, Henseleit joua un coup exceptionnel, que beaucoup d’amateurs auraient manqué. C’est à gauche du fairway qu’elle envoya sa balle tandis que Kuwaki eut la possibilité d’assurer une bonne approche du mat. Mais là encore, on fut surpris de voir que la Japonaise joua à gauche, lui laissant un putt assez similaire à celui qui permit à l’Allemande de forcer le playoff.
De son côté, Esther Henseleit, avec moins de distance à jouer que la Japonaise, ne parvint pas, également, à placer sa balle près du mat. Cependant, elle disposait d’un putt à environ 4 mètres qui laissait espérer un Par.
Kuwaki joua son premier putt et n’appuya pas assez ce coup, au point que sa balle s’arrêta près de 50 centimètres avant le trou. L’Allemande avait alors son destin entre ses mains, elle qui avait réussi l’impossible vingt minutes plus tôt. Mais c’est à côté du trou que sa balle passa, impliquant un nouveau putt pour bogey.
Ainsi, Shiho Kuwaki avait devant elle une distance si faible à parcourir que chacun compris que la victoire ne pouvait plus lui échapper.
Shibuno, dans l’ombre de Kuwaki
Un an après sa compatriote Miyu Yamashita, la Japonaise de 23 ans, qui a parcouru plus de 14 000 kilomètres pour venir participer à ce tournoi, elle qui évolue sur le Japan LPGA, remportait sa première victoire sur le LPGA Tour, et cette 50 édition du Women’s British Open. Sur le bord du parcours, son père ne pouvait contenir son émotion et verser des larmes parfaitement légitimes. En conférence de presse, Kuwaki ne réalisait toujours pas ce qu’elle venait d’accomplir : « je ne peux pas le croire. J’ai gagné. Je suis comblée de bonheur et reconnaissante pour tout ce qui m’attend ». On lui demanda alors si sa première journée en 66 l’avait mise en confiance : « lors du second tour il y avait beaucoup de vent. Le fait d’avoir dû gérer mon jeu dans des conditions aussi difficiles m’a vraiment aidé aujourd’hui. Et tout au long de ce tournoi », confiait la Japonaise qui expliqua qu’elle a grandi avec Hinako Shibuno, en fréquentant le même lycée : « elle m’a énormément soutenue. Elle vient toujours me parler lorsque nous sommes à l’étranger ou que nous participons aux mêmes évènements. Pas plus tard qu’aujourd’hui elle m’a envoyé un message pour me souhaiter un bon match. C’est vraiment formidable de l’avoir à mes côtés. Elle est un peu comme une sœur et je lui suis infiniment reconnaissante ».
On apprit, également que Shiho Kuwaki aime bien consommer de l’alcool et que la célébration de cette victoire serait arrosée au whisky soda !
Enfin, quelques journalistes se sont intéressés à la couleur de sa balle, mais aucun ne lui a demandé ce qu’elle avait ressenti durant ce playoff, ce qui était, pourtant, le premier sujet qui nous intéressait.
Autre sujet qui a passionné la presse, les couleurs flashy des vêtements de la Japonaise, ce qui, là encore, n’offre aucun intérêt quand on attend de savoir si elle va accepter ses droits de jeu sur le LPGA tour.
Ainsi, avec cette victoire, Shiho Kuwaki, qui détient déjà un solide palmarès au Japon, n’est plus contrainte de participer à la Q-school, ce qu’elle avait initialement prévu. Nous attendons donc de savoir si elle accepte immédiatement ses droits de jeu sur le LPGA Tour, ou si, comme sa compatriote Mone Inami, vainqueur du TOTO Japan Classic, en 2023, elle attendra la saison prochaine pour débuter sur le Tour.
Et l’on constatera que le résultat final de Women’s British Open est assez similaire à celui de l’an dernier, puisque la meilleure joueuse amateur est Espagnole et que la joueuse vainqueur est Japonaise. Seul le nom du vainqueur change puisque Paula Martin Sampedro est à nouveau lauréate de la Smyth salver. Et il n’y a toujours pas de Françaises pour jouer à un aussi haut niveau.
Du côté Français, Céline Boutier clôture ce tournoi à la 12e place, en ayant joué 69 lors du dernier tour, alors que Nastasia Nadaud se classe 44e à +7, avec une dernière carte de 73 et que Pauline Roussin-Bouchard a joué le Par, la faisant terminer 58e à +10.
Quant au trophée récompensant la joueuse la plus performante en majeur, c’est Nelly Korda qui remporte le Annika Major Award, grâce à sa 4e place, ce dimanche, au détriment de Hae Ran Ryu qui a terminé 6e à –1.
Ce dernier tournoi majeur de la saison n’en finit plus de réserver des surprises. Alors que l’on crut à la résurrection de la Thaïlandaise Thitikul, lors du premier, puis à une nouvelle domination, dans un tournoi, de la Sud-coréenne Ryu, voici que c’est une Américaine qui vient de s’emparer de la tête du tournoi et que les leader des premières journées sont en difficulté. Et le parcours de continuer à dicter sa loi, avec ses nombreux bunker, et aidé par le vent. S’il n’y a toujours aucune chance de voir une Française triompher sur le sol Anglais, rien ne garantit que la victoire sera américaine.
Le vent a encore soufflé de manière régulière, et avec des rafales d’environ 30 km/h. Mais la bonne gestion du parcours fut, elle aussi, essentielle, et sur ce plan, Hae Ran Ryu et quelques autres n’ont pas été les meilleures. Par ailleurs, le jeu de la Sud-coréenne, s’est enrayée, ne lui permettant pas d’enfoncer le clou, et encore moins de suivre le rythme d’une Yealimi Noh très à l’aise dans ce moving day.
S’étant élancée dans l’avant dernier groupe, Noh partageait sa partie avec Atthaya « Jeeno » Thitikul. Les deux joueuses partaient à la faute sur les trous 4 et 5, ce qui laissait le champ encore plus libre au leader. Hae Ran Ryu signant deux birdie à la suite. Le premier sur le Par 4 du trou n°3 et le seconde sur le Par 4 du trou n°4. Passée à –9, Ryu se détachait un plus nettement, devant sa partenaire de jeu, la Japonaise Shiho Kuwaki. Cette dernière concéda, également, deux bogey sur les trou 4 et 5, comme Thitikul et Noh, et l’on se demanda si Ryu n’était en train de nous rejouer le coup de l’Evian Championship, où elle avait signé une carte de –11, lors de l’avant dernier tour.
Mais cette embellie fut de courte durée. Sur le Par 3 du trou n°5, Hae Ran Ryu concéda son premier bogey et l’effaça par un birdie, sur le Par 5 qui suivait. Puis, son jeu se dérégla, au point de mettre en jeu dans les rough ou des les bunkers. De –9, elle passa à 8 en sortant du Par 5 du trou n°7. Puis, se fut une lente descente aux enfers avec une succession de bogey. D’abord sur le Par 4 du trou n°8, puis, au retour, sur les Par 4 des trous 10 et 14 et le Par 3 du trou n°12.
A côté d’elle, la Japonaise Shiho Kuwaki sauvait sa situation après deux bogey, au 4 et au 5, qui furent effacés par deux birdie. Le premier sur le Par 5 du trou n°7. le second sur le Par 3 du trou n°9. Ensuite, Kuwaki fut régulière en sauvant des Par. Mais sur les derniers trous, elle partit, elle aussi, à la faute, et concéda deux bogey.
Dans le groupe juste devant, Thitikul limita la casse en signant l’unique birdie de sa journée, sur le Par 3 du neuf, revenant à –4. Puis, elle ne rentra que des Par au retour, tout en manquant deux green. Celui du 14 puis celui du 17.
Mais à ses côtés, l’Américaine Yealimi Noh se joua de ce vent qui gênait les joueuses. Après une mise en route difficile, Noh fit décoller sa journée sur le Par 3 du trou n°9, avec un second birdie. Puis, au 10 et au 11, elle signait deux autres birdie ce qui effaçait ses trois bogey de l’aller, tout en lui apportant un coup de plus.
L’Américaine grimpa alors en tête, avec le score de –6, ex æquo avec la Japonaise Kuwaki qui résistait encore en jouant dans le Par, pour la journée.
Ryu pointait alors à –5 devant l’Allemande Henseleit, qui venait de signait en très bonne journée en –4. Un 67 qui fut le seconde meilleur score du jour.
Furue surprend en jouant 65 !
Cette troisième journée fut exécrable pour la majorité des joueuses, et c’est la Sud-africaine Casandra Alexander, pourtant habituée au vent et aux links, qui remporte la palme. Le leader de l’Ordre du mérite du LET, âgée de 26 ans, a rendu une carte de 81 qui l’a faite plonger à la dernière place des joueuses ayant franchi le Cut, avec le score de +14. Quatre bogey, un triple et deux doubles ont plombé sa journée qui n’a été récompensée que par un birdie sur le Par 5 du trou n°6. Ce Royal Lytham & St Annes aura été sans pitié, et ce n’est peut-être pas terminé.
En revanche, la Japonaise Ayaka Furue, qui enflamma le public Français, lors de l’édition 2024 de l’Evian Championship, s’est jouée des pièges de ce parcours en ne concédant aucun bogey, tout en rentrant quatre birdie et un eagle sur le Par 5 du trou n°7, qui fut l’accélérateur de sa journée. « Le vent a soufflé très fort depuis le départ, et ce ne fut pas facile de l’évaluer. Mais je suis restée concentrée toute la journée, et mes coups et mon putting ont été très solides », déclara Furue. « Je pense que c’est la raison pour laquelle j’ai réalisé cette journée sans bogey, en jouant –6 pour la journée. Ce parcours est un véritable défi mais je suis satisfaite », ajoutait-elle, tout en précisant que lors des précédentes journées ses coups n’étaient pas aussi précis que ce samedi. Raison pour laquelle elle n’avait pas réussi à progresser au classement. Faut-elle, désormais, s’attendre à une incroyable remontée de la Japonaise, afin de venir pimenter le dernier tour ? Nous le verrons bien demain. Elle s’élancera avec l’Anglaise Lottie Woad, que l’on pensait mieux classée sur un terrain qui correspond à son jeu.
Les réactions des joueuses du Top 5
Seule joueuse, de cette fin de journée, à réussir à signer un retour vierge de bogey, tout en signant quatre birdie, Yealimi Noh a surpris tout le monde en ravissant la première place à Hae Ran Ryu. Et ce qui est le plus remarquable, c’est que l’Américaine de 25 ans a manqué quatre green en régulation, à l’aller comme au retour, et six fairway au total. C’est donc la preuve qu’en maîtrisant les distances et le petit jeu, il est tout à fait possible de réaliser un bon score sur ce parcours. Et c’est encore cette légende des « parcours à birdie », qui s’effondre. Car il y a, surtout, des joueuses meilleures que les autres, pour les mêmes conditions de jeu. « J’ai eu un début de parcours un peu difficile avec ces deux bogey », confia l’Américaine. « Un chip rentré pour le Par, au second, aurait été parfait. J’ai un peu perdu le rythme, mais j’ai réussi à me ressaisir sur le retour. Et ce fut vraiment solide. J’ai sauvé quelques Par importants », confiait-elle. « Lors de chaque journée j’ai essayé de rester concentrée sur l’instant présent, sans brûler les étapes, tout en profitant au maximum du mieux que je pouvais », ajoutait Yealimi Noh, qui a comme premier supporter son fiancé : « il a été mon meilleur soutien, après mes parents. Je ne pourrais rien faire sans lui, sur le parcours ». Mais un autre homme compte également aux côtés de l’Américaine. Il s’agit de son caddie, Tyler Ekenberg, avec lequel elle a remporté la Founders Cup en 2025. Cet américain, âgé de 37 ans, fut précédemment sur le sac d’Allison Lee. Avant cela, il joua sur l’Asian Development Tour en 2015 et fut également un joueur de Top 10 lorsqu’il était junior.
Cette association semble produire les meilleurs résultats et l’on oublie trop souvent que derrière une championne se cache un caddie.
Yealimi Noh va donc aborder ce dernier tour, seule en tête, avec deux coups d’avance sur une Esther Henseleit qui ne cesse de progresser, tour après tour. « C’est encore un jeu très solide et une très bonne prestation, aujourd’hui. Je ne me suis pas vraiment mise dans le pétrin, ce qui est un peu la clé sur ce parcours », déclara l’Allemande vice-championne olympique. « J’ai réussi à rentrer quelques bons putt, donc je suis très satisfaite de mon score ». Henseleit qui partage la seconde place avec l’Américaine Lucy Li, Jeeno Thitikul, Shiho Kuwaki et Hae Ran Ryu, qui peuvent encore nous surprendre. Et probablement la Japonaise qui, malgré ses deux bogey en fin de journée, a donné le sentiment d’être solide depuis trois jours : « il y a eu beaucoup de vent, et je n’ai pas vraiment pu trouver un bon rythme et suffisamment de confiance », confia Kuwaki. « Et c’est probablement la raison pour laquelle mon résultat est ce qu’il est. Peu de joueuses ont été capables d’améliorer leur score aujourd’hui. Donc je considère que j’ai eu de la chance. Et pour ce dernier tour, je vais me concentrer sur chaque coup », ajouta la Japonaise qui, ne l’oublions pas, possède cinq victoires, dont un Majeur sur le JLPGA, qui est un circuit très exigeant, où les Françaises devraient y faire un stage afin d’améliorer leur niveau. C’est toujours un plaisir, chaque année, de voir évoluer certaines d’entre elles lors du TOTO Japan Classic.
Shiho Kuwaki peut-elle surgir du bois et griller la politesse à tout le monde dans ce dernier tour ? Il n’est pas interdit de le penser.
Tout comme Lucy Li pourrait le faire, elle qui rêve de faire « comme les grandes », depuis son plus jeune âge, en ayant participé à l’US Women’s Open à seulement 11 ans. A présent qu’elle est professionnelle, après un passage réussi sur l’Epson Tour, l’Américaine de 23 ans, qui vient de signer un moving day en 69, évoluera dans l’avant tour avec Jeeno Thitikul. « Tout, dans mon jeu, a été très solide aujourd’hui. J’ai très bien tapé la balle, j’ai bien joué mes putt et j’ai réussi ceux qu’il fallait au bon moment. C’est donc une bonne chose sur un parcours qui a été assez difficile à jouer en fin de partie. Et avoir sauvé quelques Par, à la fin, fut important », confia l’Américaine qui joue sa place, pour le première fois, en équipe de Solheim Cup, après avoir été sélectionnée, deux fois, pour la Junior Solheim Cup, et pour la Curtis Cup. A 23 ans, c’est déjà un CV conséquent dont dispose cette joueuse.
Ainsi, avec cinq joueuses ex æquo à la seconde place, trois coups derrière le leader, et une Lottie Woad en embuscade à –3 devant les Japonaise Katsu et Furue à –2, sur un parcours qui a la capacité d’enrayer toutes les progressions, rien n’est encore fait dans ce Women’s British Open, où les Françaises, en terre Anglaise, sont entre Waterloo et Trafalgar.
Céline Boutier a perdu du terrain en jouant +3, tandis que Pauline Roussin-Bouchard n’a pas été aidée par ses prestations en Hyrox, puisqu’elle a sombré dans le classement, avec un score de +10, pour une journée en +7.
Seule Nastasia Nadaud a résisté en jouant +1, la laissant à la 40e place à +5, avec Manon De Roey, Hyo Joo Kim, Ariya Jutanugarn, Rose Zhang et Yana Wilson, qui ne sont pas plus à la fête.
Mais cette épreuve du links est à la fois le moment d’effectuer un retour aux sources du jeu de golf, et de vivre un moment particulier en se confrontant à des circonstances très particulières.
Et pour le spectateur, comme le téléspectateur, voir évoluer toutes ces jeunes femmes sur ce type de parcours offre un moment unique et passionnant à vivre dans la saison.
La météo pour ce dernier tour devrait être nuageuse, avec un peu moins de vent qui devrait faire grimper le thermomètre, en venant du sud. Il y aura-t-il plus de birdie pour autant ?
Attention à la Sud-coréenne Hae Ran Ryu qui est en forme en ce moment.
Le Cut a été figé à +4, et avec lui ce sont les 65 meilleures joueuses, et ex æquo, qui se qualifient pour le week-end. Un week-end qui promet des rebondissements sur ce parcours qui pose de nombreux problèmes aux joueuses, notamment parce que le vent y souffle en rafale, jusqu’à 30 kilomètres par heure. Mais aussi parce que jouer sur un links exige une autre approche du jeu de golf. Et comme les Françaises, beaucoup de joueuses de notoriété s’y sont perdues.
Le couperet du dernier tournoi Majeur de la saison a donc tranché le champ en deux. D’un côté celles qui rentrent à la maison, et parfois avec sévérité, et de l’autre celles qui ont été à la hauteur de l’enjeu.
Avec un vent qui a encore soufflé assez fort, en rafales, avec et contre le sens du jeu, celles qui ont eu la chance de s’élancer en début d’après-midi ont pu bénéficier d’une légère accalmie sur la fin de leur parcours.
Par ailleurs, les meilleures ont su tirer les enseignements de la première journée en touchant plus de fairway et de green. Ainsi, la Sud-coréenne Hae Ran Ryu a-t-elle pris les commandes du tournoi, avec le score de –7, en jouant 69 tout en améliorant ses statistiques. Elle a touché trois fairway de plus que la veille et pris un green de plus en régulation. Elle a également moins fréquenté ces bunker dont elle s’est méfiée hier. Ce score de –2 pour la journée n’aurait pas du lui permettre de passer en tête, mais la Thaïlandaise Atthaya « Jeeno » Thitikul fut bien moins performante ce vendredi.
Après une remarquable démonstration de golf, jeudi, l’ancienne numéro un mondial a concédé trois bogey et a rentré un seul birdie. Si elle a touché deux fairway de plus que la veille elle a pris moins de green en régulation, ce qui occasionna, notamment, ces bogey sur le Par 4 du trou n° 3 et le Par 5 du trou n°11. Et manquer un Par 5 sur ce tracé, qui n’en comporte que deux, est un problème. « Cette journée n’a pas été aussi bonne qu’hier », déclara Thitikul. « Cela dit, je m’en sors plutôt bien sur pas mal d’aspects. Je ne rentre peut-être pas les putt aussi bien qu’hier, mais j’en ai réussi qui étaient tout de même importants », précisait-elle. « Par contre, je n’ai pas pu placer mes balles aussi près des drapeaux. C’était probablement à cause des positions qui étaient assez difficiles, aujourd’hui », indiquait Thitikul qui reste, néanmoins, bien placée en 3e position, à –5, et deux coups de retard sur Ryu.
Cette dernière déclara, après sa journée : « j’ai simplement essayé de prendre du plaisir sur le parcours, parce qu’il est si stressant. Il y a beaucoup de bunker et les green sont compliqués. Et puis il y a le vent, beaucoup de vent. Alors c’est la raison pour laquelle nous avons essayé de prendre du plaisir avec mon caddie », confirma la Sud-coréenne, qui se repositionne en tête d’un Majeur, après sa victoire au KPMG Women’s PGA Championship, il y a un mois.
Ryu qui a partagé sa partie avec Nelly Korda (-1) et Lydia Ko, constituant un de ces groupes phares qui fixe les objectifs et les regards. « Pour être honnête, Nelly n’a pas joué son meilleur tour mais elle est restée très calme. J’ai donc été capable, à mon tour, de rester calme, même après un début de journée difficile ». Tout en sachant qu’une mauvaise journée pour Korda c’est quand même un putt d’environ 20 mètres, sur le Par 4 du trou n°4, qui a donné un birdie à la numéro un mondial. « Quant à Lydia, j’ai été impressionnée par sa gestion du parcours. Elle savait exactement où placer ses balles. Même dans les situations délicates », expliqua Hae Ran Ryu qui fut aux premières loges pour voir évoluer deux des plus grandes joueuses de l’ère moderne du golf féminin mondial.
La surprise est venue de la Japonaise Shiho Kuwaki, qui a dominé le classement une partie de la journée, avant de céder sa place à Ryu, en tête. Disposant d’un statut de star du JLPGA, avec cinq victoires, dont un Majeur, la Japonaise de 23 ans a manqué deux green à l’aller et les a tous pris en régulation au retour. Partie très tôt, à 07h14, en compagnie de Helen Briem et de Lucy Li, elle signe un aller en-1, avec trois birdie et deux bogey, alors que le retour fut neutre, avec un bogey sur le Par 4 du trou n°15, suivi d’un birdie juste après. Après avoir manqué le Cut de ce tournoi, l’an dernier, la voici parmi les favorites avant le moving day : « j’ai connu un départ assez lent avec un bogey, mais j’ai su rebondir juste après avec trois birdie à la suite. Après ça, j’ai été capable de pendre mes marques et de jouer avec le même état d’esprit que le veille », confia Kuwaki qui confessa que ce premier bogey n’a pas affecté son moral. « La seule chose qui m’a un peu dérangée, c’est qu’il est survenu après un trois putt. Cela m’a donc laissé un goût amer ».
S’agissant de son putting, elle a déclaré : « au début de la journée, le vent s’est levé, ce qui a rendu les choses difficiles pour contrôler mon rythme sur les green. Spécialement au retour. Je n’ai pas été capable de convertir pas mal de putt que je pensais rentrer ». Et elle ne fut pas la seule dans cette situation, car les cartes sont bien moins basses qu’au premier jour. A égalité avec Thitikul, l’Américaine Yealimi Noh a joué 70, après son premier tout en 67. La Japonaise Mao Saigo, 25e à +4, signe un score de 74 après celui de 69. Même chose pour Shannon Tan qui a évolua dans les derniers groupes.
L’Américaine Yana Wilson, qui surprend avec une très bonne adaptation à ce parcours, alors que l’Ecosse lui avait posé de gros problème, est passée d’un score de 70 à 72.
En revanche, Nelly Korda a bien rectifié le tir en jouant 68, après son premier tour en 73, et il est possible que la troisième journée lui permette d’améliorer encore sa position au classement.
Jing Yan et Lucy Li signent également un score de 68, après une première journée en +1, et les voici parmi les huit joueuses ex æquo à la 6e place. Où se trouve l’Anglaise Lottie Woad ainsi que l’Espagnole, et amateur, Paula Martin Sampedro. Et si elle continue sur ce rythme, elle succédera à Jeeno Thitikul en devenant la nouvelle double lauréate de la Smyth salver, d’une année à l’autre. « Je suis vraiment reconnaissante d’être ici », confia l’Espagnole qui occupe la 2e place du classement mondial amateur. « Décrocher ma participation à ce tournoi, grâce à mon Top 10 de l’an dernier, est un magnifique cadeau. J’aime beaucoup jouer sur des parcours de type links, et je n’avais jamais joué sur celui-ci, auparavant. J’en avais entendu beaucoup de bien. Évidemment, c’est un lieu très important pour le golf espagnol, à cause de l’histoire de Seve. J’apprécie vraiment ce style de jeu ; il exige beaucoup de créativité et la stratégie y joue un rôle encore plus déterminant », précisa Sampedro qui, à 20 ans, semble mûre pour se lancer dans une carrière professionnelle.
Seulement trois Françaises ce week-end
Décidément, quelles que soient leurs déclarations, ce n’est pas une grande histoire d’amour entre les Françaises et les links. Que ce soit en Ecosse ou en Angleterre, une majorité d’entre elles sont battues par le parcours.
Arrivées à sept, les tricolores ne sont plus que trois ce week-end. Vainqueur du Women’s Amateur, à Muirfield fin juin, l’amateur Valentine Delon, qui occupe la 40e place du WAGR, et qui affichait un bel optimisme autant qu’un état d’esprit positif ces deux derniers jours, a remballé ses affaires en échouant à la 93e place à +7. Ce n’est peut-être que partie remise mais sa carte de score montre à quel point elle a eu du mal à gérer le parcours.
Vanessa Bouvet, qui déclarait l’an dernier, auprès de la Fédération Française de Golf que son ambition est de remporter un tournoi majeur, va devoir attendre. Et même, probablement, descendre d’un cran ses rêves et ses ambitions, n’étant déjà pas capable de franchir les Cut sur le LET et le LETAS. Elle quitte ce tournoi avec le score de +8, sans jamais avoir convaincu qu’elle avait la possibilité de jouer sous le Par. Il lui manque l’expérience des links, et sans doute aussi de la technique pour maîtriser ce type de tracé. Dans cette seconde journée elle n’a touché que 5 fairway, pris 8 green en régulation. La copie est à revoir pour la Française de 27 ans, qui s’est engouffrée dans la voie du professionnalisme à un âge très avancée pour espérer faire une carrière au plus haut niveau.
Les meilleures mondiales ayant entre 16 ans et 19 ans lorsqu’elles arrivent sur l’Epson Tour. Avec, en général, un très bon palmarès amateur.
Prévisible également, le parcours difficile d’Agathe Laisné dont on sait que le niveau du LPGA Tour est trop élevé pour elle. Elle échoue à franchir le Cut avec le score de +6, et deux cartes de 74.
En revanche, nous sommes surpris et déçus de voir Perrine Delacour quitter ce tournoi par la petite porte. La Française âgée de 32 ans, double vainqueur sur le LET, et qui se défend bien depuis le début de la saison pour défendre ses droits de jeu, en ayant intégré le Top 80 de la Race to CME, a rendu deux cartes de 75, avec les neuf derniers trous qui ont été un cauchemar. Elle n’a touché que 3 fairway sur 14, et pris 10 green en régulation, tout en collectionnant quatre bogey. Pourtant, la Française avait bien débuté sa journée en rentrant un birdie sur le Par 5 du 6, ce qui lui offrait l’avantage d’être passée au-dessus du Cut provisoire. Espérons que ce Cut manqué ne l’affectera pas trop moralement.
Ce sont donc Céline Boutier, Pauline Roussin-Bouchard et Nastasia Nadaud qui poursuivent l’aventure et qui nous laissent espérer un bien meilleur résultat dimanche soir. Car si Boutier s’est raté dans ce second tour, en signant une carte de 74, Nadaud n’a pas manqué sa journée. A 21 ans, la Française originaire de Chambery continue de nous surprendre. Non seulement elle a pris le train du professionnalisme au bon moment, mais en plus elle sait se relever d’une mauvaise journée. Et c’est là un atout important qui symbolise la marque des meilleures joueuses comme Lydia Ko, Nelly Korda, ou Cristie Kerr et Lexi Thompson avant elle. La Française est solide mentalement et son association avec Michele Thompson continue de très bien fonctionner. La voici à la limite du Cut, à +4, revenue d’une 128e position à +6, avec la perspective de faire encore mieux, durant les deux derniers jours.
Enfin, Pauline Roussin-Bouchard a améliorer, timidement, son premier score, en passant de 73 à 72, et la voici 45e à +3, dans un groupe de 10 joueuses, où se trouvent Jin Young Ko, Yuka Saso, Chisato Iwai et Ashley Buhai.
Après deux jours de compétition, et deux journées de reconnaissance, Boutier, Roussin-Bouchard et Nadaud ont toutes les cartes en main pour ne plus se laisser abuser par les nombreux pièges que recèle ce parcours. Et à l’image de Lindy Duncan, elle aussi solide dans ce second tour, elles sont capables de nous surprendre, dès ce samedi.
On note, après ces deux tours, que Minjee Lee échoue encore à franchir un Cut, tout comme Kiara Romero, numéro un mondial amateur, qui ne marquera pas, cette semaine, ce dernier point qui lui manque pour obtenir sa carte sur le LPGA Tour.
Que la numéro 5 mondial amateur, Maria José Marin, a totalement perdu pied dans cette seconde journée, en signant une carte de 79, tout comme Allisen Corpuz et Ryann O’Toole, qui avait été si démonstrative, en Ecosse, en 2021.
A l’opposé, la Suédoise de 39 ans, Anna Nordqvist, franchit le Cut en jouant 70 ce vendredi, pour se hisser à la 25e place avec Auston Kim, Mao Saigo, Julia Lopez Ramirez et une Shannon Tan qui a changé de dimension depuis l’an dernier, avec sa seconde victoire sur le LET, à l’Amundi German Masters. Et elle aussi, à 22 ans, est dans le bon wagon pour tenter l’aventure du circuit américain.
Quant à la Japonaise tenante du titre, Miyu Yamashita, elle ne franchit pas le Cut en terminant à +7. Tout comme A Lim Kim. Mais ce profil de joueuses a la ressource suffisante pour réaliser un bien meilleur résultat, lors du prochain tournoi.
La Thaïlandaise, double vainqueur depuis le début de la saison, vient de marquer les esprits lors de cette première journée.
La légende du golf dit qu’il y a des parcours à birdie. En réalité il y a surtout des joueuses qui savent mieux exploiter un parcours que d’autres. Auteur de deux victoires cette saison, tout en ayant manqué deux Cut en treize départs, l’ancienne numéro un mondial Thaïlandaise vient de battre le record du parcours et montre qu’il y a de place pour jouer bas sur ce parcours britannique.
Le vent qui a parfois soufflé en rafales jusqu’à 30 km/h, n’a pas empêché la Thaïlandaise Atthaya Thitikul de signer une carte de 64, vierge de bogey, lui permettant d’être en tête, avec le score de –7. Mais aussi de battre le meilleur score réalisé, sur ce parcours, dans le cadre de ce tournoi, qui était jusqu’ici de 65.
Partie à 13h15 , en compagnie de la tenante du titre Miyu Yamahsita (+1) et de l’Américaine Lauren Coughlin (-2), Thitikul a été très efficace en touchant 16 green. S’agissant des fairway, elle en a manqué un à l’aller et quatre au retour. Mais la joueuse de 23 ans a également eu un peu de chance : « j’adore quand le jeu est bon. C’est très agréable de savoir que j’ai réussi de beaux coups, mais j’ai aussi bénéficié de rebonds chanceux par-dessus les bunkers profonds. Quand la chance est de votre côté, elle l’est vraiment. Je savais aussi que mon putting était très performant aujourd’hui », déclarait Thitikul, avant de reprendre : « Les tournois majeurs mettent vraiment notre jeu à l’épreuve, tant sur le plan mental que physique. Réussir une belle performance dans un majeur, même un top 5 ou un top 10, procure un sentiment formidable et renforce la confiance pour les tournois classiques. Dans un majeur, l’objectif est avant tout de dompter le parcours ».
Lauréate de la Smyth Salver, sur ce parcours en 2018, Thitikul effectue un retour aux sources : « Je devrais être meilleure qu’à l’époque où j’avais 15 ans ! Le parcours se joue de la même manière. Je pense qu’il y a toujours des bunkers sur la trajectoire et, quand on joue bien, on parvient à maintenir la dynamique. Ma stratégie consiste à faire mieux que le score que j’avais réalisé à 15 ans », a poursuivi Thitikul. « Je garde d’excellents souvenirs du premier trou. Je me souviens de la première journée en 2018 : j’avais placé ma balle tout près du drapeau sur ce trou. Ce sont mes meilleurs souvenirs. Passer le Cut était aussi un bon moment, même si je crois avoir fini dernière ; je voulais donc faire mieux que la fois précédente ». Et en sortant leader avec le record du parcours elle a, effectivement, atteint cet objectif.
Un peu plus tôt, c’est la Sud-coréenne Hae Ran Ryu qui avait monopolisé l’attention, en s’étant élancée à 08h42, avec Nelly Korda (+2) et Lydia Ko (Par). Vainqueur du KPMG Women’s PGA Championship, il y a un mois, Ryu débutait sa journée par un birdie, sur ce fameux Par 3 du trou n°1, et elle allait enchaîner trois autres birdie, ce qui lui permit de sorti de l’aller en –4. Peu avant, l’Américaine Yealimi Noh était en tête, à –4, en ayant débuté sa journée par un bogey.
Finalement, Hae Ran Ryu concéda un bogey sur le Par 4 du trou n°15 et se relança immédiatement après avec deux birdie. Par rapport à Thitikul, la Sud-coréenne a touché deux fairway de plus et un green de moins. Au 15, elle n’a pas touché le fairway et pas pris le green en régulation. Cette situation, liée à un bogey, se confirme sur d’autres cartes de joueuses en milieu ou en fond de classement. La régularité dans la prise des fairway et des green semble totalement liée au résultat, même si nous avons pu observer que la distance de la balle au trou est également déterminante. Il ne suffit donc pas de prendre le green en régulation, il faut également se laisser un putt à moins de 5 mètres, avec des green assez roulants, et fairplay.
En compagnie de Ryu, à –5, à la seconde place, est apparu la Japonaise issue du Japan LPGA, Shiho Kuwaki, sélectionnée grâce à sa position dans le Top 50 mondial. Egalement présente à l’US Women’s Open et à l’Evian Championship, le joueuse de 23 ans qui est cinq fois vainqueur sur le JLPGA, fut également très productive ce jeudi, en signant trois birdie à la suite, à l’aller, avant de concéder un bogey sur le par 4 du 8. Peu impressionnée par cette faute, elle retrouva le chemin du birdie sur le Par 5 du 11, puis sur les Par 4 du 16 et du 18. Et là encore, on constate qu’elle a manqué green et fairway en concédant son bogey au 8.
« La journée fut éprouvante », déclara Hae Ran Ryu. « il a plu un peu avant le départ, alors je priais pour qu’il ne pleuve pas davantage. Finalement, le temps fut plutôt clément, même si le vent a soufflé fort. Mon jeu est en place et je suis ravie de finir sur un birdie », a expliquait-elle. « On pense forcément aux bunkers et au vent ; sur ce type de parcours. Il est très difficile de sauver le Par si l’on se retrouve dans un bunker sur le deuxième coup. J’essaie donc d’éviter les bunkers à tout prix. Aujourd’hui, j’y suis allée quelques fois, mais j’ai bien limité la casse ; j’espère rester davantage sur le fairway parcours, demain », ajoutait-elle.
« J’ai bien géré mon jeu malgré le vent violent et j’ai réussi quelques putts décisifs. Je suis restée concentrée tout au long du parcours et j’ai obtenu un très bon score. Mes coups étaient très réguliers, et réussir un putt d’environ six mètres en début de partie m’a vraiment aidée à trouver mon rythme », confia Kuwaki.
Ses compatriotes Chisato Iwai, Rio Takeda et Mao Saigo complètent le Top 10, tandis que Lottie Woad sort de cette journée avec le score de –2, tout comme l’amateur Paula Martin Sampedro, décidément très à l’aise sur les parcours du British Women’s Open.
Et à la 3e place, ex æquo avec Yealimi Noh, se trouve la première Française.
Boutier dans le coup !
En 2018, la Française Céline Boutier n’avait pas franchi le Cut sur ce parcours du Royal Lytham & St Annes, se rattrapant l’année suivante, en se classant 6e sur le Woburn Golf Club, qui avait vu la victoire de la Japonaise Hinako Shibuno, face à Lizette Salas.
La journée de Boutier débuta pas un eagle sur le Par 5 du trou n°6, et elle améliora son score avec un premier birdie sur le Par 3 du trou n°9. Si le jeu de la Française n’est pas apparu aussi précis que celui de Thitikul, il faut constater qu’elle a réussi son entrée, avec un aller en –3. Sur ls neuf trous suivants, la trentenaire n’a pas pu exploiter le Par 5 du trou n°11, mais elle s’est appliquée, tout le temps, à jouer au plus près des mats. Un dernier birdie sur le Par 4 du 13, avant de sauver des Par, a permis à la Française de se placer dans le groupe tête, à –4, à trois coups du leader. « Je suis super contente de cette première journée. Chaque fois que vous pouvez éviter le bogey sur ce parcours c’est une bonne journée », confiait-elle. « Je suis très satisfaite de la manière dont j’ai joué, car j’ai été capable de sauver de nombreux Par et de me créer des opportunités de birdie. Donc c’est bien plus réjouissant », confiait la numéro un Française que nous sommes tous heureux de voir débuter ce dernier Majeur aussi bien.
La semaine dernière, Céline Boutier est rentrée au Texas et en a profité pour s’entraîner avec son coach : « je pense que cela a joué un rôle clé dans ma performance. Il est vrai que je ne tapais pas aussi bien la balle et que mes résultats n’étaient pas aussi bons ces dernières semaines », avouait-elle avec franchise et lucidité. « J’avais vraiment besoin de gagner en confiance avant d’aborder cette semaine. Je crois que cela commence déjà à porter ses fruits, ce qui est plutôt satisfaisant », ajoutait-elle.
En revanche, ça se passe moins bien pour les sic autres Françaises, dont certaines sont déjà enfoncés dans le bas du classement. Sans trop de surprises, Vanessa Bouvet affiche un score de +6, en ayant accumulé les bogey. La joueuse de 27 ans, qui évolue péniblement entre le LET et le LETAS, n’a pas franchi un Cut depuis le mois de mars, en Australie, sur le LET. Et ses maigres résultats ne lui ont pas permis de jouer plus de neuf tournois cette année, LET et LETAS confondus.
Nastasia Nadaud est également à +6, en ayant collectionné les bogey, trouvant un unique birdie en fin de journée sur le Par 4 du 16. Mais Nadaud a prouvé qu’elle a de la ressource, aussi peut-on espérer la voir combler son retard lors de la second journée.
L’Amateur Valentine Delon, bien que très à l’aise à Muirfield, tout en aimant jouer sur les links, a eu beaucoup de mal sur ce tracé, et son retour en +4 a ruiné sa journée : « ce fut une journée très dure, mais j’aime les links. Parfois vous jouez bien, et parfois vous réalisez un mauvais score », expliquait-elle. « Aujourd’hui, je pense que je n’ai pas trop mal joué, et finalement le score n’est pas fantastique. Mais c’est comme ça sur les links. Vous pouvez toujours avoir des surprises. Aujourd’hui, les surprises n’ont pas été dans le bon sens. C’est le golf », précisait-elle. Nous verrons ce vendredi si elle est capable d’inverser la tendance.
Avec le score de +4, également, se trouve Perrine Delacour qui s’est élancée à 109h31 avec Sophia Popov (+14), que l’on a pas vu jouer depuis des mois, et Jenny Shin, qui s’est imposée en Ecosse la semaine dernière. Partie à 11h14, Agathe Laisné a joué +3 alors que Pauline Roussin-Bouchard a fait le yoyo entre les bogey et les birdie pour sortir de ce premier tour à la 53e place, avec le score de +2.
Avecv un Cut qui conservera les 65 meilleures, et ex æquo, Roussin-Bouchard est un peu mieux placée que Delacour et Laisné. Cependant, hormis Céline Boutier, toutes les autres Françaises ont une rude journée devant elle, et s’il y en a trois qui franchissent le Cut, ce sera une bonne moyenne.
Le premier départ de ce second tour est programmé à 06h30, et ce sera justement Agathe Laisné qui s’élancera. Avec, peut-être, la chance qu’il n’y ait pas de vent.
L’épreuve féminine britannique fut créée pour être l’équivalent de l’Open Championship, pour les hommes. On doit cette épreuve à la LGU, la Ladies Golf Union, créée en 1893 et basée à Saint-Andrews. Cette association a été fondée pour gérer la pratique du golf féminin et administrer les épreuves féminines d’Angleterre, d’Ecosse, d’Irlande et du Pays-de Galles. En 1976, l’Open britannique féminin voit le jour et se joue sur le parcours de Fulford, qui se trouve à deux kilomètres au sud de la ville historique de York, au nord de l’Angleterre. C’est la joueuse anglaise, Jee-Lee Smith qui l’emporte avec un score de 299 (72 –76 –78 – 73) devant l’irlandaise Mary McKenna (71 – 77 – 78 – 75). A l’époque, la LGU éprouve des difficultés à organiser cette épreuve sur les meilleurs parcours. Pourtant, en 1982, le Royal Burkdale accepte d’accueillir le British Women’s Open. C’est la joueuse espagnole, Marta Figueras Dotti qui remporte le tournoi et elle fut la seule espagnole vainqueur de l’épreuve. En 1980, alors joueuse amateur, elle échoua d’un coup derrière Debbie Massey puis en 1985 et en 1986, elle se classa également seconde de l’épreuve, également sur le parcours du Royal Birkdale. Au total, trente-huit parcours ont accueilli l’épreuve et c’est le golf de Woburn qui connut le plus d’éditions, avec un total de onze épreuves. La dernière ayant eu lieu en 2019.
Le nom Women’s British Open sera utilisé pour les deux premières épreuves, puis en 1986 avant de connaître une période sponsorisée par divers partenaires. L’épreuve retrouvera son appellation d’origine entre 1994 et 2006. A partir de 2007, l’épreuve se nomme officiellement le Ricoh Women’s British Open. En 2001, l’épreuve fut élevée au rang de Majeur. Dès 1984, le Women’s British Open est sanctionné par le Ladies European Tour qui co-sanctionne encore l’épreuve aujourd’hui. D’ailleurs, il faut souligner que le Women’s British Open est avant tout une épreuve du tour européen. C’est en 1994 que l’épreuve est intégrée au LPGA Tour.
Le parcours
L’open féminin britannique est de retour au Royal Lytham et St Annes Golf Club, après une édition, en 2018, qui avait été remportée par l’Anglaise Georgia Hall. La Thaïlandaise Atthaya Thitikul ayant remporté la Smyth salver, qu’elle recevra également l’année suivante.
C’est donc un links typiquement Anglais, au nord de l’Angleterre, entre Liverpool et Lancaster, le long du littoral, que se trouve ce parcours emblématique, où les plus grands golfeurs, hommes et femmes confondus, ont laissé leur empreinte.
Comme en Ecosse, les joueuses retrouvent des bunker profonds, aux parois abruptes, des fairway ondulés, où la balle peut rebondir et se diriger en fonction des nombreuses pentes, ainsi que des rough épais, composés d’une herbe endémique qui ne facilite pas l’action de la tête de club.
Les bunkers sont présents autant sur les fairway qu’autour des green, et l’on peut compter jusqu’à 17 bunker, sur un même trou.
La stratégie, la patience et une bonne maîtrise technique seront les trois éléments importants qui devront guider les joueuses, pour aller chercher le meilleur score.
L’absence d’arbre, sur le parcours, et la présence de la mer, devraient favoriser la pénétration du vent.
A noter qu’il s’agit d’un Par 71, comportant, seulement, deux Par 5, mais quatre Par 3. Autant dire que la précision des coups sera déterminante pour remplir la carte avec des birdie.
Les précédentes éditions sur ce parcours
2018 : Georgia Hall
2009 : Catriona Matthew
2006 : Sherri Steinhauer
2003 : Annika Sorenstam
1998 : Sherri Steinhauer
Le record du parcours
2018
Minjee Lee – 65, J1
2006
Lorena Ochoa – 65, J3
2003
Grace Park – 65, J2
Lorena Ochoa – 65,J2
Record du Tournoi sur ce parcours
2018 : Georgia Hall (-17)
Le champ de joueuses
C’est toujours 144 joueuses qui ont le privilège de disputer ce tournoi. Parmi elles les 70 meilleures du LPGA Tour dont Nelly Korda, Jeeno Thitikul, Hyo-Joo Kim, Hye-Jin Choi, Minjee Lee, Lottie Woad, Brooke M.Henderson, A Lim Kim, Jenny Shin, les sœurs Iwai et un large panel de Japonaises comme Mao Saigo, Nasa Hataoka et Ayaka Furue. Mais aussi les 50 joueuses les mieux classées au niveau mondial. Ce qui permet à Maja Stark, Hannah Green, Ina Yoon, In Gee Chun, Esther Henseleit, Patty Tavatanakit, Allisen Corpuz ou Yan Liu de participer à ce tournoi.
Les anciens vainqueurs de ce tournoi sont également au départ, dont Lydia Ko, Ariya Jutanugarn, Yani Tseng et l’Anglaise Georgia Hall qui tente de revenir à son meilleur niveau après son congés maternité.
S’agissant du Ladies European Tour, elles sont cinq selon le classement de l’Ordre du mérite, et 15 sur la base de l’Ordre du mérité 2025. Ainsi, ce sont Mimi Rhodes, Shannon Tan, Cassandra Alexander, Chiara Tamburlini, Helen Briem, Sara Kouskova, Anna Huang, Diksha Dagar, Pia Babnik, Alexandra Forsterling et Pia Babnik, notamment, qui ont pu entrer dans le champ de ce dernier Majeur de la saison. Ainsi que les Française Nastasia Nadaud et Perrine Delacour qui retrouvent leurs compatriotes Céline Boutier, Pauline Roussin-Bouchard et Agathe Laisné. Ainsi que l’amateur Valentine Delon qualifiée grâce à sa victoire au Women’s Amateur Championship, cette année. Et Vanessa Bouvet qui a terminé 33e du Women’s English Open, sur le LETAS, au début du mois de juillet.
En plus de la Française Valentine Delon, six autres amateurs sont au départ, dont l’Américaine Kiara Romero, la Colombienne Maria José Marin et l’Espagnole Paula Martin Sampedro, qui était déjà présente l’an dernier et qui avait terminé 8e et meilleur amateur.
Il faut également souligner le retour de la Sud-coréenne I.K Kim, vainqueur de ce tournoi en 2017. Au mois d’août 2024, au terme du British Women’s Open, la joueuse aujourd’hui âgée de 38 ans mettait fin à sa carrière sur le LPGA Tour. C’est donc une surprise que de la voir dans cette liste des engagées.
Les amateurs du champ
Les joueuses du Korean LPGA
Minsum Kim
Les joueuses du Japan LPGA
Kana Nagai
Fuka Suga
Sayaka Takahashi
Les lauréates de la Smyth salver depuis 2007
Cette médaille récompense la joueuse amateur la mieux classée. Elle fut introduite en 1979 par l’ancienne joueuse Moira Smyth, née le 14 mai 1914 et décéda le 26 février 1990. Elle fut membre du Royal County Donw Ladies Golf Club, avant d’être présidente de l’Irish League Golf Union de 1967 à 1970, puis de 1976 à 1978. Elle est inhumée dans le comté de Down, au cimetière municipal de Banbridge, en Irlande du Nord, aux côtés de son père David, sa mère Vera, de son frère William, et de son fils Brice Wilson assassiné en 1988.
L’année 2007 marque la première organisation de l’Open britannique féminin à St Andrews.
Les amateurs vainqueurs
Sur l’ensemble de son histoire, le British a vu 42 vainqueurs différents, dont trois joueuses amateurs qui sont :
Marta Figueras Dotti en 1882
Janet Melville en 1978
Jenny Lee Smith en 1976
Les triples vainqueurs
Karrie Webb : 1995 – 1997 – 2002
Sherri Steinhauser : 1998 – 1999 – 2006
Les doubles vainqueurs
Jiyai Shin : 2008 – 2012
Yani Tseng : 2010 – 2011
Debbie Massey : 1980 – 1981
Les vainqueurs du siècle
L’année 2001 marque l’entrée du British Women’s Open dans les tournois majeurs du LPGA Tour.
Les ,joueuses qui participent à leur premier British Women’s Open
Carolina Chacarra – Espagne
Robyn Choi – Australie
Melanie Green – USA
Youmin Hwang – Corée du sud
Soo Bin Joo – Corée du sud
Minji Kang – Corée du sud
Yana Wilson – USA
Yunseo Wang (a) – Corée du sud
Dotation et prime
Nos sommes désormais loin de cette dotation 100 000 livres en 1987, dont Lauras Davies toucha 15 000 livres pour sa victoire. C’est en 1998 que l’épreuve fut dotée de 1 million de dollars pour une prime au vainqueur de 162 000 dollars. Depuis, cette dotation n’a eu de cesse d’augmenter jusqu’à 4,5 millions de dollars en 2019. On croyait alors que cette somme mettrait du temps à évoluer mais, au contraire, elle connut une forte augmentation, ces trois dernières années. La raison est simple, c’est l’augmentation de la dotation de l’US Women’s Open qui a tout accéléré, provoquant une surenchère des dotations de l’ensemble des tournois majeurs.
Après une nouvelle augmentation, qui passa la dotation à 7,3 millions de dollars, en 2022, la dotation fut portée, en 2023, à 9 millions de dollars, s’approchant de la dotation de l’US Women’s Open de 2022. Et l’an dernier, cette dotation augmenta à nouveau pour passer à 9,5 millions de dollars.
Pour cette nouvelle édition, c’est la somme symbolique de 10 millions de dollars qui dote ce tournoi, avec un chèque de 1,5 millions de dollars, au vainqueur.
L’open Britannique est désormais au même niveau que l’édition 2022 de l’US Women’s Open. Et le financement des tournois féminins, au plus haut niveau mondial, ne cesse d’augmenter.
Diffusion TV
Ce tournoi est à suivre sur les chaînes du Groupe Canal +.
Epaulée par l’ancien caddie de Madelene Sagstrom, la Sud-coréenne Jenny Shin a, enfin, décroché sa seconde victoire, sur le LPGA, tout en faisant preuve d’une domination incontestable.
La météo a épargné le tournoi et la pluie qui était prévue a finalement retardé son arrivée, permettant que ce tournoi se déroule sur le même modèle que les journées précédentes. Malgré un début de journée compliqué, la Sud-coréenne Jenny Shin a réussi à se maintenir en tête, sans jamais être inquiétée jusqu’au putt de la victoire.
Dix ans après son premier succès sur le LPGA Tour, la joueuse de 33 ans a été récompensée de ses efforts, au terme d’un tournoi réputé compliqué, de par la nature de son parcours. Et s’imposer en Ecosse est à la fois symbolique et le signe d’une très bonne maîtrise du jeu de golf.
Partie du Tee n°1, en compagnie de Pajaree Anannarukarn et de Erika Hara, la Japonaise rookie arrivée sur le tard sur le circuit mondial, mais qui monte en puissance, Jenny Shin a géré les premiers trous afin de ne pas concéder de bogey. Puis, après un trou n°5 où elle manquait le fairway et le green, tout en sauvant un nouveau Par, son jeu allait se dérégler. Et notamment ses mises en jeu. Manquant le green du Par 3 du trou n°6, elle concédait un premier bogey, sans mettre son statut de leader en danger. Mais sur le Par 4 du trou n°7 et celui du n°8, elle manquait encore le fairway, puis le green, concédant deux autres coups au parcours. Partie avec le score de –12, la Sud-coréenne âgée de 33 ans se retrouvait subitement en danger, avec le score de –9, trois coups devant la Thaïlandaise Pajaree Anannarukarn, quatre devant l’Allemande Esther Henseleit, et cinq devant sa compatriote A Lim Kim, seule joueuse de ce groupe à jouer sous le Par pour la journée.
Et A Lim Kim allait se montrer encore plus entreprenante en trouvant un troisième birdie sur le Par 4 du trou n°10, débutant une série de trois birdie. Ce qui lui permit grimper à la seconde place, avec le score de –6, tandis que Anannarukarn ne parvenait pas à progresser, en jouant +1 avec un aller comportant deux bogey, un double et quatre birdie.
Alors que Henseleit avait débloqué sa situation sur le Par 4 du trou n°10, en étant sortie de son aller en ayant alterné bogey et birdie.
Jenny Shin pointait à –10, en débutant son retour avec un birdie sur le Par 4 du trou n°10, et se redonnait un peu d’air en continuant de mener cette épreuve avec quatre coups d’avance. Cependant, le vent soufflait toujours assez fort, et l’on ne sentait pas la Sud-coréenne aussi à l’aise que les deux derniers jours. Aussi, bien que seule en tête avec quatre coups d’avance, Jenny Shin pouvait encore connaître des moments compliqués et se retrouver sous la menace de A Lim Kim qui affichait un jeu plus solide, en évoluant dans l’avant dernier groupe. D’autant que sur le Par 4 du 12, A Lim Kim planta le mat et signa un nouveau birdie. Le troisième d’affilée. Mais Jenny Shin réagissait en rentrant elle aussi un birdie, sur ce Par 4 du 12.
La fin de cette journée allait encore réserver des surprises. Après avoir connu une période très positive, A Lim Kim, seule joueuse à pouvoir faire barrage à Jenny Shin, allait subitement avoir moins de facilité à se placer au plus près des mats. Contrainte de négocier de longs putt, elle allait passer son temps à sauver des Par, à partir du Par 4 du trou n°13.
Pajaree Anannarukarn eut également du mal sur les green, tout en trouvant fairway et green tandis que Jenny Shin les manquait de nouveau. Cependant, avec un capital de quatre coups d’avance, la Sud-coréenne eut moins de pression sur ses épaules, et un Par lui suffisait pour avancer vers le prochain trou, où elle pouvait y construire une nouvelle opportunité de birdie. Qui n’arriva jamais.
Quant à Esther Henseleit, elle se débattait avec sa stratégie et son jeu pour ne pas aggraver sa situation. Jouant +1 journée, en étant empêtrée dans une alternance de bogey et de birdie, elle s’enfonça dans une suite de trois bogey, à partir du trou n°12, jusqu’au 16. Ce n’est qu’au 18 qu’elle signa un birdie, sur ce dernier Par 5, lui permettant de revenir à +1 pour la journée, et à –4 total.
Partageant la partie de l’Allemande, A Lim Kim se retrouvait à négocier de longs putt qui faisaient passer sa balle près des trous, signe qu’elle maîtrisait son putting, mais suffisamment pour faire évoluer son score un peu plus sous le Par. Avec des balles plus proches des mats, nul doute qu’elle aurait pu forcer le play off ou remporter la victoire, avec un coup d’avance.
C’est avec le score de +7, et un dernier Par sur le Par 5 du 18, qu’elle quittait le parcours, prenant seule la seconde place de ce tournoi.
Sur ce même trou n°18, Jenny Shin lâcha sa mise en jeu à droite, avec une balle enfoncée dans le rough. Elle se dégagea vers le fairway, avec un coup de wedge très tonique, puis joua la sécurité en plaçant son 3e coup au bout du fairway, avant le caniveau qui saigne le parcours devant le dernier green. Son coup d’approche fut légèrement trop court et c’est en bas du plateau où se trouvait le drapeau que la Sud-coréenne fut contrainte de jouer son 5e coup pour le Par. Un long putt qui immobilisa sa balle sous le mat, à environ 80 centimètres ; et c’est avec un bogey, et un score de –9, qu’elle célébra sa seconde victoire sur le Tour, enfin !
L’émotion la submergea subitement alors, elle qui se battait depuis si longtemps pour s’imposer, à nouveau, sur le LPGA Tour. « Je n’étais pas aussi nerveuse qu’hier », déclarait-elle. « J’ai l’impression d’avoir tout fait de travers, je n’arrivais pas à jouer comme ces trois derniers jours et je finissais dans les bunkers, les buissons et ce n’était pas drôle. Avec trois bogey d’affilée je me suis dit : oh là là, je ne sais pas où ça va me mener », confiait-elle. « Mais je me suis accrochée et je suis fière de moi », ajoutait-elle.
Dix ans après sa première victoire, la Sud-coréenne montrait de beaux signes de combativités depuis des mois. Et l’on sentait qu’elle cherchait à étoffer son palmarès. Mais lors de la dernière journée elle perdait le rythme et voyait ses chances de victoire s’envoler. Sa 7e place au dernier Mizuho Americas Open fut sa dernière tentative qui se solda par une 7e place. Ce dimanche, même si elle a connu des moments compliqués, elle a réussi à atteindre son objectif en ayant particulièrement bien joué lors des deux premiers tours. Sa dernière carte en 75 n’a donc eu aucune incidence sur le résultat final, contrairement à ses précédentes tentatives.
Roussin-Bouchard dans le Top 20
Noyées dans le flot de joueuses qui ont eu du mal à jouer sous le Par, tout en s’élançant loin des meilleures, les deux Françaises rescapées du Cut ont parcours cette dernière journée hors du champ des caméras.
Pourtant, Pauline Roussin-Bouchard fait partie des 19 joueuses qui ont signé une carte sous le Par, dans ce dernier tour. Classée 34e à +6, deux coups derrière Nastasia Nadaud, la Française de 26 ans a pris son départ du Tee n°10, à 08h37, et a réalisé quatre de ses cinq birdie, entre les trous 10 et 18. Deux bogey se sont malheureusement insérés et elle reprenait un dernier coup au parcours sur le Par 4 du trou n°1, avant d’aligner une suite de huit Par. Grâce à ce dernier tour en –3, elle gommait une partie de sa troisième journée qui l’avait fortement pénalisée.
Elle termine 19e devant sa compatriote Nastasia Nadaud, qui a signé une seconde carte de 74, de suite, qui la relègue à la 31e place à +6.
Au classement de la Race to CME, c’est Pauline Roussin-Bouchard qui réalise la meilleure opération en grimpant de 5 places, pour se retrouver 66e ; alors que Nastasia Nadaud, tout en prenant des points de Race, perd deux places et se trouve reléguée 70e. Une position très honorable pour une première saison à ce niveau sportif. Agathe Laisné et Adela Cernousek n’ayant jamais pu entrer dans le Top 100.
Perrine Delacour perd 5 places et se retrouve 77e, mais toutes les trois auront l’opportunité, cette semaine, de faire mieux.
Quant à Nelly Korda, elle se classe 16e avec le score de +2, avec une dernière carte de 69.
Jenny Shin est-elle en train d’avancer vers sa seconde victoire sur le LPGA Tour, en ayant une avance de 5 coups ?
A la veille du dernier tour, la Sud-coréenne Jenny Shin, 33 ans, et titulaire d’une victoire sur le LPGA Tour en 2016, reste en tête, en étant l’une des rares joueuses à faire peu de fautes. Face à un vent de près de 30 km/h, elle n’a joué que –1, mais cet unique coup pris au parcours pourrait lui suffire pour s’imposer dimanche. A moins que la pluie, qui est annoncée, ne vienne rebattre les cartes.
Elle se bat depuis des mois pour ajouter une seconde victoire à son palmarès. Vainqueur du Volunteers of America Texas Shootout, Jenny Shin est la seule des 144 joueuses engagées dans cette compétition à avoir réalisé un score à deux chiffres. Son avance est de 5 coups sur sa plus proche adversaire, qui n’est autre que la Thaïlandaise Pajaree Anannarukarn, qui a réussi à jouer –3 dans ce moving day, lui permettant de passer de la 4e à la seconde place. « Cette journée fut un véritable défi », confia Anannarukarn. Et en même temps j’ai pris de plaisir à me battre avec le vent et tout est bien venu. C’est une bonne journée », confia la Thaïlandaise de 27 ans, qui s’est imposée à deux reprises sur le LPGA Tour, dont une fois en Match Play.
Anannarukarn a réalisé une performance ce samedi en ne concédant pas de bogey tout en prenant 16 green en régulation, et 11 fairway. Une journée qui contraste avec son premier tour signé en 71 avec cinq bogey et six birdie. « J’adore venir ici. J’ai l’impression que les supporters aiment vraiment le jeu de golf. Même l’année dernière, au British c’était fantastique. Ils étaient là pour nous applaudir et nous soutenir. C’est incroyable à voir et j’ai ressenti l’énergie, l’amour du jeu et c’est vraiment une passion débordante, alors j’ai envie de voir ça et de revenir jouer », déclara la Thaïlandaise que tout le monde veut voir comment elle va aborder cette dernière journée, en maîtrisant autant ce parcours, avec des conditions de jeu difficiles.
De son côté, Jenny Shin impute sa réussite à son putter et la position qu’elle adopte : « je suis un peu plus attentive à chaque putt et j’ai le sentiment de m’en être bien sortie, sauf pour dix d’entre eux. En me tenant un peu plus droite je me sens un peu plus stable, au-dessus de la balle quand il y a du vent. Ca a fonctionné jusqu’ici », confiait Jenny Shin qui est en têt d’une statistique importante puisqu’elle est la joueuse qui a réalisé le plus de birdie avec le moins de bogey. Et quand on lui demande à quoi serait due cette performance, elle déclare : « je ne sais pas si je l’ai mentionné hier mais je ne n’ai jamais eu un jeu aussi bon avant ce tournoi. Je l’ai ressenti pendant la journée d’entraînement et puis j’avais beaucoup moins peur de la balle que les autres années. Ca m’a vraiment aidée à prendre confiance ; et la confiance ça change tout », déclara la Sud-coréenne dont nous sommes impatients de voir comment elle va négocier ce dernier tour. Car la pluie est attendue pour dimanche matin, jusqu’à 15h00, et selon son intensité elle pourrait perturber les repères de chaque joueuse au point de provoquer plus de bogey que ces derniers jours.
Mais cette pluie pourrait également favoriser la prise de green et figer un peu mieux les balles autour des mats.
Cependant, Jenny Shin peut-elle perdre son avance de cinq coups et Pajaree Anannarukarn jouer une dernière fois sous le Par ? De même, l’Allemande Esther Henseleit qui a été en difficulté toute la journée, et qui a rendu une carte de 73, en jouant en travers sur les fairway, pourrait-elle subitement trouver dans cette pluie une opportunité pour mieux exploiter le parcours ?
Et ces questions s’appliquent également à A Lim Kim, qui a perdu du terrain en rendant une carte de 74. La compatriote de Jenny Shin recule à –3, de même l’Américaine Lauren Coughlin est à –2, après un moving day en +2.
Avec le vent, seules 11 joueuses ont réussi à jouer sous le Par et si la pluie s’invite dimanche, cette statistique est plutôt favorable à Jenny Shin et ses cinq coups d’avance. Mais au golf, tout est possible et la journée sera longue pour le leader.
Le links, la bête noire des Françaises…et de Korda !
Les deux seules joueuses rescapées sont en difficulté et une seule d’entre elle a rendu une carte sous le Par, durant ces trois premiers jours. Il s’agit de Nastasia Nadaud, qui a joué 71 vendredi, mais le vent qui a soufflé très fort ce samedi ne lui a pas permis rééditer un score sous le Par. Nadaud a joué 74, alors que Pauline Roussin-Bouchard a joué 76, après deux cartes de 73. Classées respectivement +4 et +6, les deux Françaises rescapées du Cut ont autant de mal que la numéro un mondial qui pointe à +5 à la 29e place. Fait rare, Nelly Korda évolue dans l’ombre, se débattant avec un type de parcours qu’elle n’a pas l’habitude de jouer. En trois jours, elle a concédé 13 bogey, et un double, pour 10 birdie. A quatre jours du premier tour du British Women’s Open, avec un parcours où les bunker ne pardonneront pas la moindre faute technique, où les green ne seront pas nécessairement plus simple à jouer et les fairway à peine moins ondulés pour y poser la balle, on se demande si Nelly Korda est en observation ou si elle a réellement du mal à déployer son jeu.
Ainsi, la conclusion de ce Women’s Scottish Open s’annonce intéressante et promet du suspense avec des coups techniques.
Caddeyée par Shane Codd, qui a porté le sac de Madeleine Sagstrom ces dernières années, Jenny Shin surfe sur ce parcours où beaucoup y ont laissé de nombreux bogey.
Cette étape écossaise met à l’épreuve toutes les joueuses engagées dans ce tournoi en amplifiant les défauts techniques et stratégiques, ainsi que très probablement les failles mentales. Le redoutable links écossais de l’Ayrshire a mis au tapis quelques stars du circuit, tout en en malmenant bien d’autres. Dont les Françaises.
Cette année encore, les Françaises ont pris une claque lors de cette étape écossaise, de la saison du LPGA Tour et du Ladies European Tour. Les résultats le démontrent, les joueuses tricolores n’ont jamais été à l’aise sur ce type de parcours où il faut être technique, créatif, patient et modéré. On attaque pas, on agresse pas un links. On cherche à le comprendre et à jouer les coups les plus adaptés à son relief et son type d’herbe.
Car il y a deux golfs. Celui des links et celui des parcours plus modernes et très travaillés. Avec le links, le joueur est face à son véritable niveau, qui peut être, tout simplement, celui qui reflète la forme du moment. Mais si l’on est pas dans le coup à ce moment là, le links vous brûle tout espoir de signer un bon score.
Voici pourquoi ceux-ci sont très au-dessus du Par, éliminant des joueuses d’ordinaire performantes le reste de la saison. Ashleigh Buhai (+7), Kelsey Bennett (+7), Carlota Ciganda (+7), Lauren Walsh (+7), Jin Young Ko (+8), Alison Lee (+8), Jodi Ewart Shadoff (+9), Lilia Vu (+9), Melanie Green (+9), Ayaka Furue (+10), Ana Pelaez Trivino (+10), Chiara Tamburlini (+10), Shannon Tan (+11), Gemma Dryburgh (+11), Linn Grant (+12), Trichat Cheenglab (+14), Anna Huang (+15) sont quelques-unes de ces vedettes du circuit mondial et européen qui n’ont pas résisté aux exigences du Dundonald Links.
Quatre des six Françaises ont également été avalées par ce parcours. Il s’agit de Camille Chevalier (+11), qui a pourtant su jouer dans le Par ce vendredi, de Perrine Delacour (+11), qui a totalement raté sa seconde journée en signant une carte de 79, de Céline Herbin-Marshall qui a à peine amélioré son score de la veille, et d’Agathe Laisné (+14), qui a joué 78 dans cette seconde journée, contre 80 la veille.
Quant à Somi Lee elle n’a pas pris le départ, alors que Minjee Lee s’est retirée durant cette nouvelle journée, au moment où plus rien ne fonctionnait pour elle.
Passé de +5 à +6, le Cut donne un air de Majeur à ce tournoi où tous les coups sont compliqués à jouer. Sauf pour une poignée de joueuses qui ont réussi à évoluer de trois à cinq coups sous le Par.
Les Sud-coréennes excellent en Ecosse !
Parmi les auteurs des trois meilleurs scores du jour se trouvent trois Sud-coréennes. Il s’agit de Ina Yoon et Mi Hyang Lee qui ont joué 68, de Amy Yang qui rend une carte de 69 et de Jenny Shin, qui signe un brillant score de 67 lui permettant de rester en tête.
Partie du Tee n°1, à 13h47, Jenny Shin a encore dompté ce parcours en ne concédant qu’un bogey, sur le Par 4 du trou n°1, tout en continuant à aligner les birdie. Mais un de moins que la veille. Contrairement à la première journée, elle n’a touché que 7 fairway et 13 green, ce qui ne l’a pas empêché d’être performante dans cette journée où le vent a continué de souffler aux environs de 24 km/h, avec une température de 16 degrés. Et cette fraîcheur le long du Firth of Clyde, ce bras de mer qui longe cette partie du littoral Écossais, a refroidi les ardeurs d’une bonne partie du champ. Mais pas celles de la Sud-coréenne de 33 ans, native de Séoul, qui a accentué son avance, en tête du classement provisoire. « je pense que c’était un peu plus facile qu’hier », déclara Jenny Shin. « Sur quelques trous du retour il y avait du vent, mais je n’en ai pas profité. J’ai suivi mon plan de jeu ; j’ai pu faire des birdie quand j’en ai eu l’occasion, et j’ai essayé d’éviter les trois putt », ajoutait-elle. Puis elle ajoutait : « je suis restée patiente tout en réalisant quelques coups bizarres. Le parcours du Dondonald est un peu différent cette année. Les green sont surprenants et étonnamment réceptifs. Je savais que la balle réussirait à s’arrêter, sur le dernier trou. J’aurais préféré des green plus fermes comme sur les parcours du British. Mais ici ce sont des green en Poa annua. Je connais bien ce parcours et je peux me repérer sur les green et savoir où la balle va changer de trajectoire. C’est donc un avantage d’avoir une certaine connaissance du parcours », confia Shine qui semble particulièrement confiante et en phase avec ce tracé.
Ses compatriotes Ina Yoon et Mi Hyang Lee sont loin derrière elle, handicapées par leur première journée, nettement au-dessus du Par. Grâce à leur carte de 68, Yoon et Lee sont à présent sous le Par, avec une 8e place à –3 pour Yoon et une 9e place à –1 pour Lee. Ce qui ne signifie pas qu’elles ont perdu toutes les chances de remonter dans le haut du leaderboard. « Il y a beaucoup de vent aujourd’hui », confia Ina Yoon qui a pris son départ 08h14, en compagnie de Shannon Tan et de Miyu Yamashita. « Je me suis appliquée à taper des balles basses et cela a bien fonctionné depuis le début de la semaine. Aujourd’hui j’ai réalisé de bons coups et mon putting était bon », expliquait-elle tout en avouant qu’elle a un faible pour la cuisine écossaise, et notamment le fish and chips.
Sa compatriote A Lim Kim a signé une carte dans le Par, mais elle conserve sa troisième place, juste derrière l’Allemande Esther Henseleit, qui a progressé de trois places. En jouant 68, la médaillé d’argent des derniers J.O est passée au travers d’une journée qui aurait pu être plus compliquée à négocier. Comme la veille, c’est un eagle sur le Par 5 du trou n°3 qui agrémente sa journée, en plus de deux birdie sur la fin de son aller, en s’étant élancée du Tee n°10. « J’ai connu une journée très régulière, sans beaucoup de difficultés. J’ai touché pas mal de green et j’ai eu de nombreux putt entre 7,5 mètres et 9 mètres, qui ont occasionné un second putt pour le Par. Ce fut une journée régulière », répété l’Allemande de 27 ans, modestement.
Quatre joueuses sont à –4, dont l’Américaine Lauren Coughlin qui a perdu sa première place en jouant 74. La trentenaire aux trois victoires sur le LPGA Tour, a concédé cinq bogey pour trois birdie, et il va falloir voir comment elle se relève de cette situation lors du moving day.
Lottie Woad a bien joué ce vendredi, en signant une carte de –2, qui lui permet de se retrouver 11e dans le Par total, avec Leona Maguire, Miyu Yamashita et l’Australienne Grace Kim qui réalise également un score de –2 journée. Mais derrière cette carte de 70, se cache, en réalité, quatre birdie à la suite, à l’aller, laissant penser que l’ex vainqueur de l’Evian Championship en a sous le pied.
Roussin-Bouchard et Nadaud mieux que Korda !
C’est un fait suffisamment important pour ne pas le passer sous silence. Les deux seules Françaises rescapées du Cut, que sont Pauline Roussin-Bouchard (+2) et Nastasia Nadaud (+2), ont jusqu’ici été plus performantes que la numéro un mondial, qui pointe à +4 à la 41e place.
Nadaud continue de nous réjouir en franchissant les Cut, ce qui améliore son classement à la Race, et ses chances de participer à la Solheim Cup. S’étant élancée du Tee n°10, à 13h47 avec Lindy Duncan et Kelsey Bennett, la Française de 21 ans a connu un bref moment difficile, sur le Par 4 du trou n°16, où elle concède un double bogey, et sur le Par 4 du trou n°17, où elle rend encore un coup au parcours. Mais ensuite, ce fut un birdie au 18 et deux autres sur la fin de sa journée, en complément du premier birdie qui avait ouvert sa journée sur une bonne note. Pour sa première année sur le LPGA Tour, Nastasia Nadaud rassure et démontre qu’elle sait jouer à peu près sur tous les types de parcours et avec presque toutes les conditions météorologiques.
Etre aussi complet à ce niveau de golf est le gage d’une belle progression et de réels espoirs de victoires.
Quant à Roussin-Bouchard, elle corrige le tir après cinq Cut manqués à la suite et deux places en fond de tableau lors des deux derniers Majeurs, sous toutefois démontrer qu’elle a la capacité de jouer plus bas sur ce links. Avec deux bogey pour un birdie ce vendredi, la Française de 26 ans a encore du travail devant elle pour bien terminer ce tournoi.
Mais, Roussin-Bouchard comme Nadaud semble plus en phase avec ce tracé où Nelly Korda a concédé quatre bogey à la suite et un double dans cette seconde journée, tout en touchant seulement 7 fairway et 11 green. Et jouer au pays du golf ramène un peu sur terre après avoir plané durant quelques mois grâce à deux victoires en Majeur, dont une à l’US Women’s Open. Et c’est ici que chacun a le droit de se demander où se trouve le réel niveau de golf de l’Américaine, star du LPGA Tour et des réseaux sociaux ? Que vaut Korda sur une saison pleine en Europe, loin de ces parcours où la balle trouvera facilement de verdoyants fairway ? L’Américaine rentre d’une semaine à Prague où elle a renoué avec ses racines, tout en coupant du golf pour se reposer.
S’agissant de sa prestation, elle estime que ce parcours nécessite de la créativité et que physiquement ce tracé est un peu éprouvant, notamment pour le dos à cause des fairway un peu fermes. Néanmoins, elle estime que c’est une expérience pour préparer le dernier Majeur de la saison. Enfin, Nelly Korda apprécie cette étape européenne car, en plein été en Floride ses parcours favoris sont fermés, et en Europe, cette météo lui offrirait des moments plus agréables. Des déclarations qui nous réjouissent car c’est plutôt agréable de savoir qu’une des meilleures Américaines du circuit aime jouer en Europe. Ce qui n’a jamais été le cas de Lexi Thompson.
Et le numéro un amateur, qui fut récompensée aux côtés de Korda le 7 juin dernier, d’échouer à franchir le Cut. Ce n’est donc pas cette semaine que Kiara Romero engrangera son dernier point de LEAP, pour passer professionnelle.
Rendez-vous ce samedi, dès 13h00 sur la chaîne YouTube du Ladies European Tour, et à 14h00 sur le site internet du LPGA Tour, pour suivre cette troisième journée où l’on a hâte de voir si Jenny Shin va pouvoir produire un jeu aussi solide que les deux premiers jours.
L’Américaine Lauren Coughlin (gauche) et la Sud-coréenne Jenny Shin (à droite), ont signé le meilleur score, en s’élançant à des heures différentes.
Une fois par an les meilleures joueuses européennes et mondiales sont mises à l’épreuve en retrouvant les racines du jeu de golf et c’est l’occasion de voir lesquelles disposent la plus grande capacité d’adaptation. Et pour ce premier tour une Sud-coréenne et une Américaine ont réussi à dominer les éléments et le parcours.
C’est un énième retour aux sources que de disputer, chaque année, ce Scottish Open, et plus encore sur ce parcours du Dundonald Links dont les fairway sont aussi ondulés que ceux des parcours américains sont lisses. Dont les bunker sont aussi profonds que ceux des circuits américains sont au niveau des fairway. Et que les green se fondent avec le fairway. Ici, on ne triche plus. Soit son jeu est place et la technique est maîtrisée, soit le casse-gueule assuré avec un enchaînement de bogey.
Deux joueuses ont réussi un excellent score, ce jeudi, leur permettant de partager la tête du classement provisoire. Il s’agit, d’un côté, de la Sud-coréenne Jenny Shin, et de l’autre, de l’Américaine Lauren Coughlin. Toutes les deux ont joué –6, tout en s’étant élancées à des heures différentes. Jenny Shin s’est élancée à 08h47, du Tee n°10, en compagnie de la Sud-africaine Casandra Alexander et de l’Américaine Allisen Corpuz, et Lauren Coughlin, également du Tee n°10, mais 13h58, avec la Sud-coréenne Somi Lee et la Japonaise Minami Katsu.
Pas question, donc, d’invoquer l’excuse des conditions météorologiques pour les autres joueuses, puisque ce parcours a réussi à se laisser prendre tôt le matin et plus tard dans la journée.
Coughlin concède deux bogey, un de chaque côté, tandis que Shin a réalisé un très bel aller en –4, et a concédé son unique bogey sur le Par 3 du trou n°4. « Sur ce parcours, les coups de départs sont vraiment cruciaux », confia la Sud-coréenne de 33 ans, dont l’unique victoire remonte à 2016. « Je me suis donc concentrée sur le fait de placer mes coups de départ sur le fairway, et il est très sec. Il se joue donc un peu plus court que les années précédentes, quand il était plus humide », expliquait-elle. Et il est exact que la hausse des températures grille un peu plus le gazon écossais, modifiant la stratégie et la technique de jeu. Jenny Shin ajoutait ensuite : « le fait d’avoir pu prendre les Par 5 et de profiter de l’occasion pour faire des birdie, et de pouvoir jouer un wedge de 58° à l’approche du green m’a aidé. J’ai pu placer ma balle à moins de 5 mètres et quand j’ai eu l’occasion de faire un birdie j’ai saisie cette chance. Donc je peux dire que c’est une bonne journée ».
De son côté, Lauren Coughlin expliquait : « j’ai vraiment bien joué. C’était assez difficile sur le parcours. Je n’avais jamais vraiment joué sur un terrain aussi ferme. Surtout au départ. Du coup, j’ai dû faire pas mal de choses différentes, contrairement à d’habitude où j’arrivais à placer mon driver à plusieurs endroits. J’ai rentré presque tous les putts que j’ai visés donc ce fut un peu plus facile ».
Seule à –5 se trouve une autre Sud-coréenne. Il s’agit de A Lim Kim, vainqueur de l’US Women’s Open en 2020, et de deux autres tournois sur le LPGA Tour. A 30 ans, elle fait parler l’expérience mais aussi, comme sa compatriote, son intelligence de jeu associée à sa capacité d’adaptation. Partie du Tee n°10 à 12h52, avec Lee-Ane Pace et l’Anglaise Alice Hewson, Kim a tout de suite été dans le rythme en signant trois birdie dès le Par 4 du 10. Elle concédait un bogey sur le Par 4 du trou n°13, et allait retrouver le chemin du birdie sur le Par 4 du 16 et le Par 5 du 18. Sortie en 32 de son aller, elle enchaînait avec deux birdie dès le Par 4 du 2, et connaissait ensuite une petite baisse de régime, en ne trouvant que des Par. Sur le Par 4 du trou n°7 elle concédait son second bogey lui évitant de faire jeu égal avec Shin et Coughlin. « Mon putting était très bon. J’ai vraiment apprécié. Sur ce parcours j’ai laissé aller mon imagination et parfois la confiance fut difficile à trouver. Mais j’ai persévéré », expliquait-elle.
A Lim Kim a seulement touché 9 fairway, et elle a prit 12 green en régulation contre 14 à Jenny Shin et 16 à Lauren Coughlin. Une statistique qui n’est pas nécessairement la source de la réussite dans cette journée, puisque la Suédoise Lisa Pettersson qui est seule 4e à –3, a également touché 14 fairway, pour 9 green. Et manifestement, la clé serait plus du côté des green en régulation cette semaine.
Derrière, à –2, se trouvent quatre joueuses dont la compatriote de Pettersson, Anna Nordqvist, qui démontre deux semaines après Evian, qu’elle sait joué au golf sur tous les terrains, et qu’à 39 ans elle est toujours capable de se hisser en haut d’un leaderboard. L’Allemande et médaillé d’argent des Jeux olympiques, Esther Henseleit, fait partie de ce groupe. Elle a régalé le public, encore clairsemé, d’une très belle approche sur le Par 5 du trou n°3 qui a occasionné un eagle inattendu. Partie du Tee n°1, l’Allemande de 27 ans débutait très fort, avant de progresser plus lentement. En fait, elle ne doit son score de –2 qu’à cet eagle, puisqu’elle a ensuite rentré un birdie et concédé un bogey juste après. Et réédité cette situation sur le retour, avec un birdie sur le Par 4 du 13 et le Par 5 du 18.
Enfin, les dernières joueuses sous le Par sont à –1 et au nombre de cinq. Il s’agit des Thaïlandaise patty Tavatanakit, Chanettee Wannasaen et Pajaree Anannarukarn, de l’Espagnole Julia Lopez Ramirez et de la Colombienne Daniela Darquea.
Six joueuses sont dans le Par, dont la numéro un mondial Nelly Korda, qui est bien loin de sa Floride natale où les parcours sont plus adaptés à son jeu. Korda a concédé trois bogey à l’aller, pour deux birdie, et un bogey au retour contre deux birdie. Mais bien qu’elle se retrouve loin de sa zone de confort elle s’en sort plutôt bien contrairement à quelques Britanniques dont Lottie Woad qui pointe à +2 avec Jodi Ewart Shadoff, Mimi Rhodes qui a joué +5 et Charley Hull qui sort de cette journée avec le score de +6, et dont la prestation a déçu.
La mieux classée de ces joueuses de la patrie du golf est l’irlandaise Leona Maguire.
Romero sur le fil
Le Cut va lacérer en deux ce champ des meilleures mondiales et européennes et la seconde journée sera encore plus décisive que sur d’autres parcours. Bénéficiant d’une invitation, l’Américaine et amateur Kiara Romero joue une carte importante, puisqu’elle a la possibilité d’aller chercher le dernier point qui lui manque pour obtenir sa carte sur le LPGA Tour.
Et en ayant joué +5 elle se trouve un coup sous le Cut provisoire fixé à +4, signifiant qu’elle a du travail devant elle, si elle veut jouer ce week-end. Dans le cas où elle ne franchirait pas le Cut, elle devra attendre une autre invitation, probablement pour le dernier Majeur, la semaine prochaine, où lors d’un tournoi open, comme celui du Canada. Les regards seront donc concentrée sur elle, demain, dès 08h36, quand elle s’élancera du Tee n°10, avec Mimi Rhodes, également à +5.
Les Françaises en ordre dispersé !
Ce n’est pas une nouveauté, les Françaises ne sont généralement pas à l’aise sur les links, et encore moins sur le sol britannique.
Pauline Roussin-Bouchard est celle qui s’en sort le mieux, avec un score de +1, avec 11 green en régulation et 15 fairway touché, tandis que Nastasia Nadaud a joué +3, en rendant une carte colorée. Partie du Tee n°1, l’espoir Français de 21 ans est partie à la faute dès le Par 3 du 11, ce qui est comme effet de la sanctionner par un double bogey. Elle concédait, ensuite, deux bogey (13 et 16), avant de trouver son premier birdie. Au retour, elle réalisé un score neutre avec deux birdie pour deux bogey, en ayant touché 11 green et 10 fairway.
Avec le score de +4, Perrine Delacour est à la limite du Cut, en compagnie de 14 autres joueuses qui vont tout faire, autant qu’elle, pour se qualifier pour le week-end. Delacour a également mis de la couleur sur sa carte avec trois double au retour, et un bogey, alors qu’à l’aller elle avait bien démarré sa journée en alignant trois birdie, et un quatrième sur le Par 5 du trou n°14. Mais ses ennuis ont débuté sur le Par 4 du 16 où elle concédait un premier bogey, avant d’en inscrire un autre sur le Par 4 du 17. Manifestement, elle a été en difficulté toute la journée avec son jeu, ne trouvant que 7 fairway sur 14 et 8 green. Et deux sorties de bunker qui ont échoué.
Ce second tour nous dira si Perrine Delacour est mal à l’aise sur ce parcours où si ce premier tour était un accident.
Plus dure sera la tâche pour Agathe Laisné, qui pointe à +8 avec Céline Herbin, alors Camille Chevalier semble être déjà éliminée en ayant joué 83, soit +11.
Si trois Françaises franchissent le Cut, ce sera déjà une bonne chose. Mais avec les links écossais tout peut être remis en question d’une journée à une autre.