US Women’s Open : Stark succède à Neumann et Sorenstam !

Maja Stark heureuse lauréate d’un Majeur dont elle n’avait pourtant jamais rêvé (Photo: LPGA/USGA/Jason E. Miczek)

Sur un parcours qui mériterait un article à lui seul, tant il est possible d’en discuter l’aspect peu fair play si cher au golf, la Suédoise Maja Stark a finalement était plus forte que l’armada Japonaise, qui reste placée, et quelques Américaines, dont la numéro un mondial, qui n’a pas démérité.

Le Ladies European Tour célèbre autant que la Suède celle qui fut à la lutte pour la première place de l’Ordre du mérite, du LET, en 2022, et qui avait été dominée par sa compatriote Linn Grant. Depuis, ces deux joueuses ont largement fait leurs preuves sur le LPGA Tour, en étant victorieuses, et c’est ensemble qu’elles ont fêté ce titre, qui est le plus convoité, hommes et femmes confondus, avec le prestigieux British Women’s Open.

D’ailleurs, il était saisissant, au terme de cette journée, de voir réunies sur une même image, trois joueuses Suédoises et toutes déjà titrées au moins une fois sur le circuit mondial.

La Suède qui continue de marquer l’histoire du golf féminin mondial depuis la victoire de Liselotte Neumann dans ce même US Women’s Open, en 1988 ! Et la croyance populaire de retenir trop souvent le nom d’Annika Sorenstam, parce qu’elle fut la première joueuse à inaugurer le Rolex Ranking et à cumuler les succès. Mais c’est bien Neumann qui ouvrit la voie à cette nation qui a régulièrement qualifié entre deux et trois joueuses, la même année, en équipe de Solheim Cup.

Et Anna Nordqvist d’avoir été privée d’un sacre à l’US Women’s Open, en 2016, après dénonciation et visionnage vidéo de sa sortie de bunker, au troisième trou de playoff, face à Britanny Lang, faisant d’elle la dernière Américaine à remporter ce tournoi, par un coup du sort.

Et Lang de ne plus jamais avoir fait parler d’elle par la suite, sauf dans la rubrique people avec la naissance de sa fille. Tandis que Nordqvist a continué d’affoler les leaderboard et les médias, jusqu’à prendre une petite revanche, en décrochant l’année suivante l’Evian Championship. Et en 2021, le British Women’s Open. Sans compter un triplé en Solheim Cup, tout ayant été le pilier de cette équipe, qui vient d’en faire son capitaine pour la prochaine édition.

Voici donc la relève du golf Suédois qui triomphe, à 25 ans, quand d’autres viennent de passer professionnelles, après avoir obtenu leur diplôme, et se débattront quelques années sur l’Epson Tour, le Letas ou Let, et termineront probablement leur carrière comme pro dans un golf, avec des droits de tapis. Voire consultante dans un média, allez savoir. Et c’est probablement parce qu’en France, nos joueuses reçoivent le conseil d’achever leurs études et de passer pro vers 24 ans, que notre pays n’a toujours pas produit de jeunes talents en capacité de se produire sur les grands rendez-vous internationaux, tels l’Augusta National Women’s Amateur, le Mizuho Americas Open et le British Women’s Open ainsi que l’US Women’s Open.

Alors que Maja Stark a suivi la seule voie possible pour embrasser une carrière de haut niveau, en misant tout sur le golf, ce qui lui a permis d’obtenir, à 20 ans, une exemption pour l’US Women’s Open, grâce à sa 6e place au classement mondial amateur.

Classée 12e le premier jour, Stark n’apparaissait pas comme une favorite, tant les Japonaises avaient fait forte impression. Mais au deuxième tour, la Suédoise de 25 ans se hissait à la seconde place, derrière Mao Saigo, qui continuait d’impressionner. Au terme du moving day, Stark prit la tête du tournoi et sema le doute dans les esprits. Se pouvait-il qu’une Japonaise ne réussisse pas l’exploit de s’imposer, alors que Shibuno, Takeda et Saigo semblaient les plus à même de s’adapter à ce parcours ? Par ailleurs, ceux qui suivent le LPGA Tour savent combien Stark est d’un tempérament bouillonnant, jusqu’à lâcher des coups de nature à lui gâcher sa carte. Mais ce tempérament lui avait également permis de tenir tête à Nelly Korda, en 2024, lors du Fir Hills Championship, avant d’aller en playoff, puis lors du Chevron Championship.

Et sur ce parcours préparé de telle manière que les bogey étaient plus simples à concéder que les Par à réaliser, avec un stimpmeter rarement vu aussi haut pour un tournoi féminin, il était très difficile de formuler un pronostic.

En tête jusqu’au bout

L’USGA nous épargna, dans ce dernier tour, de programmer des parties de trois joueuses, ce qui avait eu, la veille, le désagrément douloureux de provoquer un jeu interminable, de plus de 6 heures. Et en matière d’exemple de jeu lent, la leçon était loin d’être probante.

Ce sont donc des groupes de deux qui furent lancé, dès 07h51, jusqu’à 13h10, avec la paire Stark Lopez Ramirez. L’Espagnole de 22 ans, elle aussi qui, selon certains, aurait dû rester étudier au lieu de perdre son temps sur un parcours de golf dans le Winsconsin, semble promise à un bel avenir, dans son année de rookie sur le LPGA Tour. Fort heureusement, il n’y a pas que la voie du diplôme dans la vie pour réussir, et il faut se demander comment Lydia Ko aurait battu autant de records de précocité si sa maman l’avait attachée sur une chaise pour en faire une diplômée d’Harvard ou d’ailleurs. Ce qui ne l’a pas empêché de terminer ses études à la Pinehurst School d’Auckland, et de passer professionnelle à l’âge de 16 ans. Et Bernard Tapie n’aurait pas renié cette manière de concevoir la réussite, pas plus que Xavier Niel ne la discuterait.

Le match pour la victoire débuta au trou n°6, pour Maja Stark, lorsqu’elle signa son premier birdie, qui la fit passer de –7 à –8. A ce moment là, les Japonaises Saigo et Shibuno, qui évoluaient dans deux groupes différents, étaient à –6, en jouant –1 journée, tandis que Hye-Jin Choi, partie bien plus tôt, embrasait le parcours en signant un score de –5 journée, après 14 trous.

De son côté, l’Espagnole Lopez Ramirez, qui avait impressionné la veille, rencontrait plus de difficultés dans cette journée, et reculait d’un coup, après deux bogey (2 et 3) et un birdie (5). Et la pauvre n’était pas au bout d’une longue journée de frustrations.

D’ailleurs, sur le Par 5 du trou n°7, elle concédait un troisième bogey, mais n’était pas la seule à déraper sur ce green, puisque ce Maja Stark partit, elle aussi, à la faute. En cause, une balle hors du green, trop profonde, qui occasionna un chip et trois putt pour la Suédoise, qui revenait à son score initial. Ce qui rouvrit de nouvelles perspectives dans cette journée, avec la Japonaise Shibuno, toujours à –6 et assez agressive avec le parcours, et une Nelly Korda plutôt en réussite, qui venait de rentrer son second birdie à la suite, au trou n°9, lui permettant de rejoindre Shibuno à la seconde place.

A l’amorce du retour, rien n’était encore joué, et aucun résultat envisageable, tellement les green étaient redoutables, à la limite de l’anti-jeu. Mais c’est l’US Open, argumenteront toujours les plus intégristes. Il est vrai que nous vivons dans une société où les sports extrêmes ont la cote. A quand un rachat de l’USGA par une célèbre boisson Autrichienne majoritairement détenue par des capitaux Thaïlandais ?

Au trou n°11, Maja Stark retrouva du rythme et revint à –8 avec un putt de 4,26 mètres (source USGA). Et ce fut là le premier tournant de cette journée, car Nelly Korda venait de concéder un bogey sur le Par 3 du 13, de même que Hinako Shibuno, après un bogey au 10, retrouvait Korda et Takeda à –5. Saigo étant descendue à –4 et ne semblait plus du tout dans le coup pour animer ce tour final.

Ainsi, avec trois coups d’avance, Maja Stark brillait sur le parcours d’Erin Hills, avec sa toison d’or rassemblée en queue de cheval et coiffée d’une casquette qui n’empêchait pas son regard bleu de pénétrer les âmes.

La fin de cette journée se solda sur le modèle des trois premières, avec des joueuses en grandes difficultés sur ces green que l’on espère ne plus revoir dans un majeur, et des scores qui firent le yoyo entre un bogey et un birdie, dans le meilleur des cas, ou qui chutèrent fortement, au point d’anéantir tout effort.

Après un birdie sur le Par 5 du 14, Hinako Shibuno fut l’une de ces victimes, en ne parvenant pas à stopper sa balle, au second coup, sur le green, et se retrouvant avec un chip en contrebas du geen, assez délicat, sans visibilité sur le trou. Au troisième coup, elle joua son putter dans l’espoir d’amener sa balle au plus près du mat, mais la pente et la rapidité des green, firent rouler celle-ci à la limite de retomber en contrebas. La Japonaise ne dut son salut qu’à une légère tonte de pré green qui retint sa balle, d’où elle entreprit un nouveau putt, à environ 4,50 mètres du trou. Comme ce fut souligné sur Canal Plus Sport, avec beaucoup de pertinence, beaucoup de balles ont quitté la ligne à l’approche des trous, et il faut se demander si le parcours avait réellement était préparé avec la plus grande intégrité.

Quoi qu’il en soit, Shibuno en fut quitte pour un double bogey qui scella son destin dans ce dernier tour. Elle terminerait cet US Women’s Open à –3, après un dernier bogey au 18, après avoir été l’une des grandes animatrices de ce Majeur.

Et ce trou 18 fit quelques victimes, avec une position drapeau particulièrement sadique, à gauche, dans une cuvette mais non accessible directement.

Nelly Korda y laissera également un coup, pour terminer à –5, alors que Takeda jouera le Par, après avoir concédé un bogey sur le Par 4 du 17.

Mais le pire moment, sur ce green était à venir.

L’épreuve du feu pour Lopez Ramirez

Sans rivale, Maja Stark culmina jusqu’à –9, après son troisième birdie sur le Par 5 du 15. Mais le parcours ne lui fit pas plus de cadeau qu’aux autres joueuses, et ce ne fut pas pour autant que l’on prit plus de plaisir qu’en suivant le Chevron Championship ou le JM Eagle en Californie, qui a offert des perspectives somptueuses.

A l’abri d’un retour d’une joueuse partie devant elle, Stark avait le tournoi dans la poche. Encore fallait-il qu’elle rentre son dernier putt au 18, avec, au minimum, un coup d’avance. Elle en aurait trois, après avoir concédé un bogey sur le Par 4 du 17.

La Suédoise de 25 ans mis en jeu dans le rough, à gauche, et fut contrainte de jouer un coup de recentrage avant de tenter de prendre le green, en hauteur et dont les pentes pouvaient lui faire sortir sa balle très loin de son objectif.

De son côté, la jeune Espagnole alors 9e et qualifiée d’office pour la prochaine édition, trouva le fairway et mis sa balle dans le bunker, sous le green, au second coup.

Stark ne trouva pas le green au troisième coup, mais eut un chip très proche, avec une bonne visibilité sur le mat. Seule la pente du green restait à négocier pour amener sa balle au plus près du mat.

L’Espagnole joua en premier, en ne voyant pas le trou. Alors que cette sortie de bunker semblait simple à réaliser, elle attrapa la balle avec peu de sable et l’envoya très haut avant qu’elle ne retombe au travers des spectateurs, pour terminer dans la tente du recording.

Capture écran Canal Plus Sport

Stupeur et émoi saisirent tous les observateurs. Erin Hills nous offrait un énième moment aussi tragique que naturel dans un tournoi Majeur aussi difficile à négocier.  Finalement, Lopez Ramirez put jouer sa balle depuis la tente, après que chaises, table et informatique furent enlevés, et que les spectateurs soient repoussés de chaque côté. Et alors que la ligne de jeu semblait toute tracée vers le mat, l’Espagnole joua très à droite, de sorte que sa balle fila encore plus à droite, dévalant la pente sous le green, pour lui laisser le pire des coups à ce moment de la partie.

Probablement en proie à une émotion parfaitement compréhensible, la jeune femme de 22 ans accrocha son club dans l’herbe, en réalisant ce chip qui était son 4e coup, et qui allait conditionner un bogey, dont elle se serait bien passé.

Sa balle heurta le haut de la butte et lui revint dans les pieds. La stupeur saisit public et téléspectateurs, désolant même la plupart d’entre eux. Tout le monde assistait au plus cruel spectacle que ce parcours ait offert. Et comme à chaque fois, dans ce genre de cas, la joueuse est tentée d’en mettre un peu plus. Sa balle trouva bien le green, mais fila à près de 10 mètres du trou. Son 7e coup fut son premier putt qui laissa sa balle à hauteur de la marque de Stark, qui joua avant elle, afin d’accélérer le jeu.

C’est donc avec un triple bogey que l’Espagnole concluait ce tournoi, passant d’une belle 9e place à –2, à la 19e à +1, pour une carte de 79.

Maigre consolation pour elle, sa prestation restera dans les anales de ce tournoi, autant que le putt manqué de I.K Kim, au Kraft Nabisco en 2012, lorsqu’elle tint au bout de son putteur son premier titre en Majeur.

Mais l’on se souviendra, également, de Julia Lopez Ramirez, comme cette rookie du LPGA Tour qui, sans ce terrible moment, a su s’imposer en haut du leaderbord, et donner espoir à son pays, d’être la première Espagnole à remporter l’US Women’s Open.

Quant à Maja Stark, c’est avec un bogey inévitable qu’elle remportait son premier titre en Majeur, largement acclamée par une foule de connaisseurs, qui ont vu tout le talent de cette joueuse s’exprimer pendant des années et qui a dominé le parcours autant que son tempérament, ce dimanche 1er juin. Car le golf est aussi une aventure humaine, avant d’être un examen technique.

« Avant cette semaine j’avais peur de ne pas pouvoir jouer correctement au golf, car j’avais l’impression que cet objectif était trop loin pour moi », confia Stark en conférence de presse, tout en ayant expliqué, plus tôt, que son jeu n’était pas au mieux ces derniers mois. « C’est donc une expérience énorme et je suis tellement contente que mon coach soit là cette semaine. Je lui ai envoyé quelques SMS et je lui ai demandé : « que faire si je ressens ce genre de sensation au putting » ?. Et il a été à la hauteur en matière de conseils. C’est vraiment super », exprima la Suédoise avec les yeux encore rougis par l’émotion.

Maja Stark qui a également précisé qu’elle n’avait jamais rêvé de remporter l’US Women’s Open, car ce rêve était trop inaccessible à son sens. « Je ne me sentais pas capable de réaliser un tel exploit, pour être honnête ».

La Suédoise qui a joué en s’empêchant de regarder le tableau des scores et qui au 17 a tout de même jeté un œil : « j’ai fini par regarder et je me suis dit c’est comme ça ». Puis elle exprima la confiance qui l’anima : « je ne pense pas avoir vraiment eu confiance en moi. Je crois que j’ai simplement arrêté d’essayer de tout contrôler et que j’ai laissé les choses suivre leur cours. Pendant les entraînements, j’ai réalisé que si je laissais le club frotter légèrement au-dessus du sol, avant de taper la balle, je libérais une partie de mon corps », expliquait-elle. « Je pense que le fait de bien suivre mes processus de jeu, et de savoir me donner de petites choses comme celle-ci, cela a été une clé cette semaine, parce que je ne pense pas m’être vraiment fiée à ma confiance », ajoutait Stark, qui empoche la somme de 2,4 millions de dollars, quand un diplômé de 24 ans a toutes les chances de prendre un premier job au smic.

Désormais, la voici assurée de ses droits de jeu pour cinq ans, avec une belle porte d’entrée pour les prochains tournois majeurs.

Lottie Woad termine meilleur amateur

Lottie Woad félicité par WMike Whan, qui a été l’artisan de la progression du LPGA Tour ces dernières années, et qui officie désormais comme CEO de l’USGA.

A 21 ans, leader du classement mondial amateur, et probablement pas partie pour user ces culottes sur les bans des universités, l’Anglaise Lottie Woad est la fierté de son pays, elle qui reçut la Smyth Salver, aux côtés de Lydia Ko, à St Andrews, l’an dernier.

Dans ce dernier tour, elle n’avait qu’une rivale, l’Américaine Farah O’Keef, qui concéda un bogey au 17, après avoir réussi à revenir à –6, un coup derrière l’Anglaise qui évoluait deux trous devant elle. Malgré un retour composé de trois bogey, Woad a profité des moins bonnes performances de ses poursuivantes, dans ce classement amateurs, hormis l’Américaine Kiara Romero, qui signe une dernière journée exceptionnelle en –5 ! Mais cette performance n’a pas suffit à la n°3 mondial, pour combler son écart avec l’Anglaise. Cependant, la presse golfique retient cette incroyable dernière journée de l’Américaine, qui va pouvoir alimenter sa revue de presse avec de nouveaux honneurs.

Côté Français, Céline Boutier clôture ce tournoi à la 45e place, avec une dernière carte assez lourde, soit 79, tandis que Pauline Roussin-Bouchard réalise une bonne opération en ayant joué 72, gagnant quelques places au leaderboard, et, surtout, prenant de précieux points pour le classement de la Race to CME. La voici 103e, en ayant gagné 14 places, ce qui signifie qu’avec de nouveaux bons résultats, elle pourra entrer dans le Top 100 des joueuses automatiquement sélectionnées pour la prochaine saison.

Une bonne nouvelle pour la promotion du golf féminin français, que d’avoir cette perspective de deux joueuses à temps plein sur le tour, même si nous aimerions en avoir autant que la Suède !

Prochain tournoi, cette semaine, avec le fameux ShopRite LPGA Classic !

Le classement final => ICI

US Women’s Open : les positions de drapeaux du 4e Tour

US Women’s Open : Stark en tête, les Françaises invisibles !

Maja Stark se retrouve en tête de ce tournoi avec une opportunité exceptionnelle de remporter son premier titre en majeur. (Photo: Getty Images/LPGA)

Cette troisième journée a fait honneur à son surnom de moving day, grâce des green de plus en plus exigeants et des positions de drapeaux piégeuses qui ont particulièrement donné du fil à retordre aux joueuses, ne provoquant que de rares cartes sous le Par. Et la première place d’être désormais occupée par une Suédoise qui sait tenir tête aux meilleures.

Ce fut une troisième journée digne d’un majeur, bien que peu fair play au niveau des green, qui ont refusé de nombreuses balles. Avec l’organisation de ce 80e US Women’s Open à Erin Hills, nous frôlons l’inacceptable, l’anti jeu qui est de nature à faire hurler n’importe quel amateur. Et il faut se demander si le golf de haut niveau doit se réduire à des zones de 3 ou 4 mètres carrés où peuvent tenir la balle.

Quoi qu’il en soit, toutes les joueuses qui ont gagné leur qualification ont accepté la règle et ont fait de leur mieux pour tenter de se construire une chance de birdie. Peu on réussit, il faut bien le dire, et cette journée s’est résumée à un concours de la meilleure approche et du meilleur sauvetage, pour échapper au bogey. On imagine à peine la finale de la Champions Ligue avec des cages rétrécies pour favoriser plus de spectacle. Non, bien sûr, en football comme en tennis, on ne change pas les dimensions d’un terrain et des équipements, dans l’espoir de faire du spectacle. Mais en golf, cette idée saugrenue existe bel et bien.

Quoi qu’il en soit, toutes les joueuses en ont bavé dans ce moving day pour tenter de progresser au classement, à commencer par les joueuses de tête.

La dure journée des stars du leaderboard

Elle est partie en tête et se retrouve troisième, à deux coups du leader. La Japonaise Mao Saigo a tenté de rester solide durant toute cette journée, et a fini par partir à la faute sur les derniers trous, alors qu’elle était en train de reprendre la maîtrise de sa journée, qui avait mal débuté. Malgré un birdie sur le Par 5 du trou n°1, Saigo concéda un bogey sur le Par 4 du 2, et tout fut à refaire pour elle sur le Par 4 du trois, où elle reprenait ce coup perdu, grâce à un nouveau birdie. Mais ensuite, la Japonaise, qui a signé la meilleure carte de la semaine, vendredi, concédait trois bogey à la suite, sur des green spécialement préparés pour que la balle glisse encore plus vite, et avec des drapeaux positionnés aux endroits les plus pervers. L’être humain aime se faire mal, ce n’est pas nouveau, mais de là à rendre certaines phases de jeu quasiment injouables, il y a une limite.

Bien qu’au trou n°5, c’est avant tout une sortie de bunker mal négociée de la part de la Japonaise, qui est à l’origine de son troisième bogey. Ainsi, avec cinq trous, celle que l’on croyait solide comme un roc jouait +1 pour la journée et n’était pas au bout de ses surprises. Lors de sa mise en jeu, sur le Par 3 du 6, sa balle quitta le green et fila largement derrière. La raison à cela est simple. La partie frontale du green coule vers le fairway alors que le dernier tiers est en cuvette. Il fallait donc éviter d’être court. Le chip de Saigo amena pourtant sa balle à 2,50 mètres du trou, une distance sur laquelle, dans un tournoi régulier, il est concevable de rentrer le putt. Mais pas sur le tracé de Erin Hills. Sa balle passant à côté du trou, elle eut droit à un second putt qui constitua son troisième bogey du jour. Et c’est sur ce modèle, que la majorité des joueuses ont du construire leur journée, et s’armer de patience.

Dès lors, engluée à –6, mais toujours en tête, parce que derrière elle, au classement, la situation n’était pas plus favorable, Mao Saigo conserva la tête, sans être inquiétée par la favorite du tournoi, la numéro un mondial et Américaine, Nelly Korda.

Korda qui concéda quatre bogey à l’aller et qui disparut de la lutte pour le leadership. Le seul combat qu’elle mena, c’est celui pour sa survie dans le Top 10, ce qu’elle parvint à faire. Rétrogradée de –5 à -2, l’Américaine s’arma de patience et des conseils avisés de son caddie, pour conquérir un retour réputé difficile.

Parallèlement à cette situation, une autre Américaine en bavait également. Il s’agit de Sarah Schmelzel, invitée surprise de ce Majeur en haut du tableau des scores, qui résistait, du mieux qu’elle le pouvait, dans l’avant dernière partie, pour rester dans la course à la victoire. Après quatre Par, elle concéda son premier bogey sur le Par 4 du trou n°5, qu’elle effaça sur le Par 3 du trou n°9, réalisant un aller neutre. Ce qui, en soit, n’était pas un si mauvais score, ce samedi.

Mais elle restait, cependant, à la 9e place virtuelle, à deux coups de Saigo. Soit une année lumière, compte tenu des difficultés à surmonter.

Sur le même modèle, la Japonaise Hinako Shibuno, qui complétait le dernier groupe, tenait son rang, avec également un aller neutre comportant un birdie au premier trou, et un bogey au 9. Mais cette situation changea sur le Par 4 du trou n°11, lorsque la Japonaise mit en jeu sur la crête qui borde le fairway, et que son second coup trouva le green avant que la balle ne file dans le bunker à droite de celui-ci. Avec la pente devant le mat, à gérer, sa sortie de bunker laissa sa balle trop loin du trou, et c’est avec un second putt qu’elle concluait ce trou, qui lui rapportait un bogey. Le second du jour. Mais aussi le dernier. Car les Par qu’elle réalisa à partir du 15, ne furent pas une partie de plaisir. Par chance, Shibuno, qui cependant joue bien sur ce parcours, a pu exploiter le Par 5 du trou n°14, de sorte qu’elle sortit de cette journée en faisant du surplace à –5, pour rester troisième et en lice pour la victoire.

Enfin, deux Suédoises les mieux placées dans ce classement provisoire, Linn Grant eut toutes les peines du monde à jouer près des mats, et aux birdie succédaient les bogey. Se laissant beaucoup trop de putt longs, Grant n’a jamais été en capacité d’inquiéter les joueuses des deux derniers groupes, et c’est avec une carte de 73 qu’elle s’en tire, avec en prime un birdie au 18 pour soulager sa frustration. Classée 7e à –3, il est peu probable, sauf bonnes positions de drapeaux ce dimanche, de la voir revenir vers la tête.

En revanche, trois joueuses ont su tirer parti de cette journée, et elles se retrouvent aux trois premières places.

Surprenante Lopez Ramirez

Passée professionnelle l’an dernier, rookie cette année sur le LPGA Tour et totalement passée inaperçue depuis le début de la saison, l’Espagnole Julia Lopez Ramirez est la joueuse qui a le mieux négocié cette journée.

S’étant élancée du tee n°1, plus d’une heure avant le dernier groupe, avec Hannah Green et l’Américaine Rayee Feng, elle s’est offerte une exposition médiatique exceptionnelle, en domptant le Par 5 du trou n°1, avec un eagle ! Ce trou, admirablement bien joué, avec une attaque de green lui laissant un putt de 1,20 mètres, permettait à Lopez Ramirez passer de –2 à –4, soit de la 19e à la 7e place, à un coup de Schmelzel, Grant, Stark et Takeda.

Cependant, à ce moment de la journée, peu concentraient leur regard sur l’Espagnole, convaincus qu’avec autant d’avance sur l’horloge, les joueuses parties plus tard la dépasseraient au score. Un bogey sur le Par 4 du trou n°3 fit redescendre l’Espagnole d’une marche, qu’elle regrimpa sur le par 5 du trou n°7, avec un nouveau birdie. Et en fin de journée, elle allait être l’une des joueuses favorites de la production télévisuelle, qui ne manqua pas de suivre sa progression.

Saigo fébrile, Stark tenace, Lopez Ramirez la surprise !

Les derniers trous tirent tout le monde en éveil, notamment en France, avec un horaire tardif, en raison des temps de jeu qui ont dépassé les 6 heures. Mais en même temps, plus les organisateurs mettront de pièges sur le parcours, plus les joueuses passeront du temps à calculer les coups et à jouer des chip et des putt supplémentaires.

Après 13 trous, Rio Takeda s’était invitée en tête, avec une première place exclusivement constituée de Japonaises. Shibuno étant remontée à –6, aux côtés d’une Mao Saigo qui jouait +2, tout en résistance. Lopez Ramirez pointait à la 5e place, à –5, après 14 trous, et un nouveau birdie sur le Par 4 du trou n°12. Quant à Maja Stark, elle complétait ce groupe à –5 avec Linn Grant et Schmelzel. Et personne n’imaginait, à ce moment là, que le drapeau Suédois flotterait en haut du leaderboard.

Mais au trou n°10, Maja Stark signa un second birdie avec une balle à moins d’un mètre du trou. Elle rejoignait alors Rio Takeda, qui progressait discrètement, et Mao Saigo, en tête de cette journée, avec le score de –6. Jusqu’à ce que l’Espagnole Julia Lopez Ramirez ne les rejoigne.

Sur le Par 3 du 16, Lopez Ramirez plaça sa balle à 2,50 mètres du mat, et réussit le putt lui apportant son troisième birdie de la journée. Elle grimpait alors dans le groupe des leader, à –6, tandis que Nelly Korda était toujours très loin d’animer cette journée.

Lopez Ramirez clôtura sa journée avec deux Par, pour une carte de 68 et fut l’une des stars du jour.

Puis, au trou n°12, Mao Saigo trouva le green derrière le drapeau et rentra son putt, à environ 2,50 mètres, lui apportant un birdie pour passer seule à –7, en tête.

La journée bascula au trou n°16 quand Maja Stark signa son troisième birdie qui lui permit de passer à –7, en jouant un trou devant la Japonaise. Cette situation tint deux trous, jusqu’à ce qua Saigo parte à la faute sur le par 4 du 17. Un second coup qui envoya sa balle derrière le green, en contrebas. Un piège de plus dans cette journée que les joueuses eurent à négocier, avec un drapeau placé au fond du green. Le chip de Saigo ramena sa balle après le mat, mais pas suffisamment près pour espérer signer un birdie. D’ailleurs, son premier putt laissa balle un peu courte devant le mat, ce qui occasionnait ce second putt pour bogey. Et c’est exactement à ce moment qu’il ne fallait pas, pour la Japonaise, partir à la faute. Car Stark abordait le 18, un Par 5 où elle pouvait signer un dernier birdie.

Descendue à –6, Saigo laissa Stark seule en tête, alors que Takeda était entrée au club house, avec une journée en –2, en ayant concédait un bogey sur le Par 3 du trou n°16.

De son côté, Maja Stark ne parvint pas à exploiter le Par 5 du 18. Son approche du mat resta loin en dessous du trou, et son premier putt passa au bord du trou.

Saigo fut donc en sursis, avec ce Par 5 qui pouvait lui permettre de reprendre ce coup concédait plus tôt. Mais une fois encore, son attaque de green ne se passa pas comme prévu, et ce fut une balle qui quitta le green, pour se retrouver très à droite, avec un chip délicat. Un peu fébrile en cette fin de journée, Saigo joua un peu long, bien que les balles roulaient assez vite sur ces green ultra rapides.

Le premier putt de la Japonaise dépassa le mat et le second concluait sa journée par un bogey.

C’est ainsi que Maja Stark se retrouva seule leader, devant une Julia Lopez Ramirez, seule seconde à –6, que personne n’attendait, et une Mao Saigo déchue de sa première place, par trop de bogey dans sa journée, à cause d’un parcours particulièrement pervers.

Cependant, les Japonaises restent majoritaires dans ce haut du leaderbord, en occupant la 3e place, tandis que Nelly Korda, au pris d’une stratégie fine et d’une grande patience, a refait surface, en fin de journée, dans un Top 45 virtuel, à la 6e place. Grâce à un retour comportant six Par et trois Birdie, dont le dernier au 18, qui fut la clé d’une journée bien récupérée.

Alors que Schmelzel a galéré en jouant +2, perdant une partie de l’avantage conquis la veille, avec une carte de 68, se retrouvant 7e avec Minjee Lee et Linn Grant, qui ont peu de chances de jouer la victoire.

Une course à la victoire qui devrait se jouer entre les Japonaises Saigo, Shibuno et Takeda, ainsi que Stark et l’Espagnole Lopez Ramirez, qui pourrait devenir la première ibérique à s’imposer à l’US Women’s Open.

Quant au Françaises, elles ont été invisibles dans cette journée. Pauline Roussin-Bouchard s’étant effondrée à +4, avec une carte de 74, tandis que Céline Boutier, comme Korda, a fait de la résistance, et après un mauvais début de parcours (départ au Tee n°10), où elle concéda 3 bogey pour deux birdie, elle revint dans le Par total, grâce à un birdie sur le par 4 du trou n°2, avant d’aligner des Par jusqu’au 9.

Ce n’est donc pas cette semaine qu’une Française remportera l’US Women’s Open. Et Catherine Lacoste de conserver sa performance, une année de plus. Car la première amateur est 27e, et elle s’appelle Rayee Feng, classé à +1 devant Lottie Woad à +2. Tout devrait se jouer entre elles pour le titre du meilleur amateur.

Le classement provisoire => ICI

Santander Golf Tour : Llaneza s’impose en playoff pour son anniversaire !

La Mexicaine s’offre un beau cadeau d’anniversaire avec cette victoire (Photo: Santander Golf Tour)

La Mexicaine Alejandra Llaneza a décroché sa septième victoire professionnelle après avoir rapidement battu la Néerlandaise Lauren Holmey et l’Australienne Justice Bosio lors d’un playoff sur un trou.

Au terme de ce troisième tour, trois joueuses ont terminé ex æquo, à –9, dont l’Australienne Justice Bosio, qui fut leader auprès la première journée, et co-leader au soir du second tour. Ainsi que la Néerlandaise Lauren Holmey, seconde hier soir, et la Mexicaine qui a évolué sur le Symetra Tour et le LPGA tour, qui était encore 21e à –1, ce samedi matin.

Cette dernière a effectué une magistrale remontée, en signant une carte de 64, tandis que Bosio récidivait en 70 et que Holmey joua –4, soit 68.

Elles partirent donc en playoff au terme de cette journée, et il a suffi d’un birdie à la Mexicaine de 36 ans, pour mettre tout le monde d’accord, dès le premier trou de playoff. « Cela représente tellement. C’est difficile à expliquer en si peu de temps, mais pendant un moment, j’ai cru que j’allais arrêter la compétition et j’ai fait une pause dans les tournois. J’ai donc voulu faire mon retour ailleurs. Je voulais tenter ma chance sur le circuit européen », confia Llaneza, qui fut rookie en 2013 sur le LPGA Tour et dont le dernier tournoi sur le circuit américain remonte au Volunteers of America Classic, en 2021, dont elle n’avait pas franchi le Cut. « Cette victoire était un peu inattendue, mais je suis tellement impatient de m’y remettre». 

Llaneza fut membre de la LPGA de 2013 à 2017 et a représenté le Mexique aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Sa dernière victoire remonte à 2019 sur l’Epson Tour. « Tout au long de la journée, j’ai eu le sentiment d’être dans un bon rythme de jeu, je me sentais à l’aise et j’ai eu le temps de déconnecter, de me ressourcer, de respirer, de m’étirer et de me préparer pour les playoffs. Je pense que cela m’a aidée à rester calme. Et la présence de mes amies m’a beaucoup aidée », confiait la Mexicaine, qui bénéficia du soutien du public, en raison de quelques connexions familiales avec ce pays. « J’ai des origines espagnoles, donc, d’une certaine manière, je me sens proche de l’Espagne. La présence de mon amie Fernanda (Lira) a également été un immense soutien. Et c’était très agréable d’entendre toutes les joueuses espagnoles et le public m’encourager », confia Llaneza.

La Mexicaine a fait ses débuts sur le Letas au Super Bock Ladies Open, où elle a terminé 24e. Une semaine plus tard, elle a franchi le Cut du LET’s Dutch Ladies Open, où elle terminait 56e. « Pour fêter ça, on va dîner à Madrid et on va s’amuser ensemble. Je vais continuer à jouer sur le Letas et je veux obtenir ma carte complète pour le LET et profiter pleinement de mon expérience du Letas », expliquait-elle.

La Néerlandaise Lauren Holmey et l’Australienne Justice Bosio ont terminé deuxième, tandis que l’Islandaise Andrea Bergsdottir a terminé seule quatrième avec huit coups sous le Par.

Liautier, seule cinquième !

A –7, soit deux coups derrière le groupe des leader, la Française Charlotte Liautier a réalisé un dernier tour exceptionnel avec cinq coups sous le Par, signant sa meilleure carte de la semaine. Elle conclue ce tournoi de belle manière en ayant mal débuté la semaine avec un premier score de +1, la plaçant 44e. Mais au second tour, elle remonta dans le classement en jouant –3, pour se placer 14e et franchir le Cut, en compagnie de Marine Griffaut (-3), de Lucie André (-2) et Chloé Salort (-2). Mais aussi de Manon Donche-Gay (Par), Lois Lau (+1) et Margot Rouquette (+1).

Finalement, toutes les Françaises ayant franchi le Cut allaient connaître des fortunes différentes dans ce dernier tour, laissant Salort à –2, avec une dernière carte dans le Par, Donche-Gay dans le Par total, également avec une carte de 72, tandis que Lau gagnait un coup pour passer –1 et que Rouquette continua de jouer sous le Par, en 71, pour se placer 27e avec ses deux autres compatriotes.

A l’inverse, Griffaut et André vivaient une journée difficile en 76 et sombraient dans le bas du classement.

A noter que l’Anglaise Charlotte Heath se classe sixième avec six coups sous le Par, tandis que sa compatriote Rosie Belsham a terminé septième. Un résultat encourageant pour ces deux joueuses de 23 ans, mais qui doivent impérativement réfléchir comme l’expérimentée Llaneza, à savoir ne pas traîner sur le Letas, sous peine de s’y enfermer et de ne jamais dépasser le niveau des smicardes du golf professionnel féminin. La Française Lucie André repart avec la maigre somme de 297 euros, ce qui correspond à la moitié du minimum social versé par France Travail. Il faut grimper à la 4e place pour voire une joueuse toucher un chèque dont la valeur représente un peu moins du Smic brut en France. Mais il y a le voyage, l’activité physique et les copines en prime qui compensent !

Et il faut souligner, une fois encore, que lorsqu’une joueuse qui a l’expérience du LPGA Tour, débarquent sur le circuit européen, les joueuses européennes ont du mal à s’imposer. Mais ces échanges entre circuit sont positifs et doivent permettre de montrer aux joueuses du Letas comme du LET, tout le travail qu’elles ont à fournir si elles veulent briller au plus haut niveau. Car si l’on doit comparer le Letas à un circuit américain, ce serait le Cactus Tour, une antichambre de l’Epson Tour, lui-même antichambre du LPGA Tour. Donc pas de quoi s’auto proclamer parmi les meilleurs du monde.

Le professionnalisme dans le golf, qui est loin d’être cet eldorado mis en lumière par les médias, et c’est particulièrement courageux et intelligent, de la part d’Alejandra Llaneza, de revenir à la compétition, sur le Letas, avec le bagage qui est le sien. D’autant que ce 31 mai est le jour de son anniversaire !

La prochaine étape du Letas aura lieu au Montauban Ladies Open, qui débute le vendredi 6 juin.

Le classement provisoire => ICI

US Women’s Open : le Cut pour les Françaises, la tête pour Saigo !

La Japonaise Saigo est en tête, avec deux coups d’avance (Poto: USGA)

Le radar de l’USGA est finalement peu fiable, car après avoir annoncé de la pluie pour ces deux premières journées, c’est surtout le vent qui a été présent, alors que le soleil a maintes fois son apparition. Jusqu’à la fin d’après-midi où un orageuse est venu interrompre le jeu, tandis que l’essentiel du leaderboard était figé !

La corne de brume a retenti à 18h32, signalant un jeu dangereux en raison d’un orage qui approchait dans la zone de ce 80e US Women’s Open. Avant cela, l’essentiel du classement avait été figé, avec un Cut à +1 qui venait de qualifier, d’un côté, celles qui avaient su tirer partie des difficultés de ce tracé, et celles qui s’y étaient perdues.

Parmi les joueuses éliminées, ont retient surtout l’Américaine Lilia Vu, classée 154e avec le lourd score de +18. Dès la première journée, l’ancienne numéro un mondial avait joué 80, condamnant sa situation. Lors de ce second tour, elle a joué 82 accentuant sa descente aux enfers, et jamais elle n’aura réussi à trouver plus d’un birdie durant ces deux tours.

La Suissesse Kim Metraux quitte également ce tournoi, sans trop de surprise, puisque comme Lilia Vu, elle était tombée dans le piège du Erin Hills le jeudi, avec une carte de 81.

Dernière qualifiée pour participer à ce tournoi, l’Américaine Dana Fall termine 143e à +11, et cette joueuse qui fait le yoyo entre l’Epson Tour et le LPGA Tour n’avait qu’une faible cote auprès des parieurs. Pour ne pas dire aucune.

Nettement mieux cotée, l’Américaine Megan Khang a été régulière avec deux cartes de 77, et c’est là la seconde surprise, avec Lilia Vu, après l’établissement de ce Cut.

Parmi les autres têtes d’affiche à avoir vécu un mauvais moment sur ce tracé, il y a la Thaïlandaise Jasmine Suwannapura, l’Américaine Lindy Duncan qui fut en playoff du Chevron Championship, la Sud-coréenne Jiyai Shin, l’Espagnole Carlota Ciganda, mais aussi la Japonaise Ayaka Furue, l’Allemande Sophia Popov qui manque encore de compétition, malgré sa récente victoire sur l’Epson Tour, l’Irlandaise Leona Maguire, mais surtout la Thaïlandaise Atthaya Thitikul sur qui beaucoup comptait pour animer ce week-end.

L’actuelle veste bleue du LPGA Tour, aux 5 victoires, et leader de la Race to CME, avait mal débuté ce tournoi en jouant 75. Dans le second tour, Thitikul jouait le Par, ce qui fut insuffisant pour combler son handicap. Elle termine 76e avec Moriya Jutanugarn, et devant la Sud-coréenne Hyo-Joo Kim, elle aussi valeur sûre du circuit mondial féminin.

Enfin, il y a ces lauréates de l’US Women’s Open telles JeongEun Lee6, Sung Hyun Park et la Japonaise Yuka Saso, doublement titrée, qui passent à la trappe. Saso échoue d’un coup, après une carte de 74 le premier jour, et une seconde journée dans le Par.

Mais elle n’est pas la seule à se voir privé d’un fabuleux week-end. Lexi Thompson et Rose Zhang passent à la trappe, en ayant flirté ce vendredi avec la ligne de Cut. Après un aller en 35, assez bien maîtrisé et comportant 8 Par et un birdie, l’Américaine s’effondrait sur le retour en accumulant trop de putt manqués, alors que globalement sont jeu fut assez bien construit. Les green ont eu raison de la floridienne qui semblait déterminée à réaliser un bon résultat dans ce tournoi où elle termina 2e en 2019, derrière JeongEun lee6. Et il y a désormais de fortes chances qu’elle ne remporte jamais ce tournoi Majeur.

De son côté, Rose Zhang ne doit son élimination qu’à une mauvaise approche sur le Par 4 du trou n°17, alors qu’elle était à +1, et qualifiée. Son chip laissa sa balle un peu loin du mat et le putt devint subitement plus compliqué, pour sauver le Par. Quant au 18, c’est encore une approche très loin à droite du mat, qui va occasionner deux putt, pour le Par.

Enfin, la Taiwanaise Yani Tseng, partie du Tee n°10 à 12h52, s’est bien battue et semble avoir retrouvé un jeu solide. Mais les putt manqués sur le Par 4 du trou n°5, et celui sur le Par 3 du 6 ont pensé lourd, et le dernier birdie arrachée sur le Par 3 du 9, qui planta le mat, ne permit à l’ancienne numéro un mondial, reconnue encore aujourd’hui comme une joueuse exceptionnelle, de la qualifier. Mais en revanche elle sortit green avec le sourire, ce qui en dit long sur quelle a gagné sur elle-même, durant ces deux jours.

Woad en tête des amateurs

Il n’y a pas que les professionnelles qui sont observées dans ce tournoi. Les joueuses amateurs ont également toute l’attention du public et des observateurs. Si l’on regrette l’élimination de l’Américaine de 16 ans, Asterisk Talley, et de l’Espagnole Carla Bernat Escuder, on est peu surpris de voir l’Anglaise Lottie Woad poursuivre l’aventure. Actuelle numéro un mondial amateur, vainqueur de l’Augusta National Women’s Amateur, en 2024, et presque coiffée sur le fil par Bernat Escuder, cette année, Woad continue d’écrire les pages de sa jeune carrière golfique, en se retrouvant 19e à –2, parmi celles qui ont su dompter ce parcours, où plutôt faire preuve de patience et de plus de stratégie. Et en prime, elle a amélioré son score en jouant 70 contre 72 le premier jour. La voici en tête du groupe des amateurs qualifiées par le Cut, et qui sont au nombre de 6, tout en partageant cette position avec l’Américaine Rayee Feng.

Ce week-end sera donc l’occasion de découvrir un peu plus cette jeune joueuse, actuellement 12e mondial, et âgée de 17 ans. Parmi les autres amateurs en lice ce week-end, se trouve la Colombienne Maria José Marin, l’Espagnole Carolina Lopez-Chacarra, et les Américaines Kiara Romero et Farah O’Keefe. 

Saigo en tête, Korda efficace !

Les Japonaises ont cédé un peu terrain dans cette seconde journée, alors qu’elles étaient quatre dans le Top 10, après la première journée. Leader la veille, Rio Takeda a simplement joué +1 dans ce second tour, ce qui a suffit à la rétrograder à la 12e place. Preuve, une fois encore, qu’il ne faut pas faire beaucoup d’erreur sur ce parcours, pour dégringoler au classement. A l’inverse, sa compatriote Mao Saigo, rookie l’an dernier et vainqueur du premier Majeur de la saison, a foudroyé le parcours en jouant –6 dans cette journée. Et il s’en est fallu de peu pour qu’elle signe une carte vierge de bogey. Partie du Tee n°10, à 07h51, en compagnie de Minjee Lee et de Jin Young Ko, Saigo fut victime d’un très mauvais chip, pour sortir du rough, sous le green, au second coup. Sa balle fila dans le bunker à droite, et ce fut un coup de gaspillé pour approcher le mat. Sa sortie de bunker amena sa balle derrière le mat, et la Japonaise eut besoin de deux putt pour rentrer sa balle, concédant bêtement un bogey. Et les deux birdie de la fin de sa journée (16 et 18), lui permirent de prendre les commandes de 80e US Women’s Open, avec ce que l’on peut qualifiée de « petit matelas ». Car deux coups d’avance c’est assez confortable sur ce parcours. « Aujourd’hui, les conditions de jeu ont été meilleures que hier. C’est la raison pour laquelle j’ai réalisé de meilleurs coups et de bien meilleurs putt », confiait Saigo en sortant du parcours. « Et cela m’a aidé à signer un meilleur score et faire ce bon résultat », ajoutait-elle.

Bien sûr, on ne manqua pas de demander à la Japonaise de comparer son score aux hommes, et notamment à celui de Koepka, comme s’il y avait un point commun avec la finesse du jeu des féminines, et la brutalité de celui des hommes. Et Saigo de déclarer que la seule chose qu’elle pouvait répondre c’est qu’elle a fait de son mieux, évacuant une question aussi vide de sens.

En revanche, questionnée sur sa stratégie pour le week-end, elle répondit : « pour les deux prochaines journées, je vais pouvoir jouer avec de bonnes joueuses, et je suis reconnaissante pour cette opportunité. Et cela va sera revigorant pour moi », concluait humblement la Japonaise, en lice pour un second Majeur, cette année.

Mais la partie ne sera pas facile pour elle, car la numéro un mondial, Nelly Korda, a fourni son effort, aux côtés de Lexi Thompson et de Charley Hull. Korda signe un excellent second tour en –5, loin de ce que camarades de jeu ont pu produire. Hull ayant joué dans le Par.

Comme à son habitude, l’Américaine tire les leçons d’une mauvaise journée et parvient régulièrement à améliorer ses scores, tour après tour. Mais ici, sur ce parcours, même si le vent fut moins présent pour les parties du matin, l’Américaine a été exceptionnelle de maîtrise. Elle ne laisse que deux bogey, un à l’aller et l’autre au retour, tout en ayant réalisé quatre birdie sur l’aller et trois sur le retour, jugé plus difficile, et qui fut son aller. « Pour être honnête, j’ai réalisé de très bons putt, hier. J’ai placé la balle exactement où je voulais, mais elles ne rentraient pas. Aujourd’hui, j’ai fait la même chose et je n’ai pas vraiment essayé de faire autre chose », confia Korda. « J’ai essayé de faire rouler la balle vers le trou. Mon contrôle des distances a été bon et j’espère pouvoir continuer sur cette lancée », complétait l’Américaine qui semble tout miser sur son putting, en ayant démontré la solidité de son long jeu, essentiel ici.

A égalité à –5 avec Korda, il y a la lauréate du British Women’s Open 2019, et également Japonaise. Hinako Shibuno refait parler d’elle alors que depuis plusieurs mois elle était peu présente dans le haut d’un classement. Son année 2024 fut même assez terne avec 9 Cut manqués, mais une seconde place à l’US Women’s Open ! Et voilà sans doute la caractéristique de cette joueuse, qui est de savoir jouer son meilleur jeu quand l’enjeu est important et le parcours difficile.

Après une première journée en 70, Shibuno signe une carte de 69, comportant également deux bogey, qui sont quasiment inévitables sur ce tracé. La Japonaise évolua l’après-midi, où le vent fut d’abord assez faible, puis une brève pluie fit son apparition. Et enfin le vent se renforça, jusqu’à amener une dépression orageuse.

« La météo a été très différente des prévisions. C’est vraiment particulier à Erin Hills », confia Shibuno. « Je pense que c’est similaire à l’Ecosse, et même si le vent n’était pas aussi fort que je le pensais, j’ai eu de la chance aujourd’hui », ajoutait-elle, tout en précisant qu’elle n’a pas changé de plan de jeu par rapport à la veille, et être satisfaite de ne pas avoir concédé de trois putt.

Une autre joueuse est apparue dans ce haut du tableau, en la personne de l’Américaine Sarah Schmelzel. Classée 19e hier, Schmelzel signe une belle carte de 68, en étant partie du Tee n°10 à 13h03. Un aller qu’elle a parfaitement dominé, pour ne pas dire laminé, en ayant trouvé, sur cette partie du parcours pourtant réputée plus compliquée, cinq birdie et trois Par. Et c’est entre le Par 4 du 11 et le Par 3 du 16 que l’Américaine a réalisé sa progression. Car au retour, ce fut plus calme, avec le vent qui se leva, une fine pluie qui tomba, occasionnant un bogey sur le Par 5 du trou n°7, au milieu d’une mer de Par, parfois bien sauvés. « C’est vraiment super de prendre un bon départ. J’ai bien joué le Par sur le 10 et ensuite j’ai réussi à jouer entre 3 et 5 mètres du trou. J’ai eu de la chance de réussir tous ces putt, ce qui n’arrive pas souvent », confia l’Américaine qui était sortie de l’ombre au Ford Championship, l’an dernier, en jouant 63 lors du second tour et se placer dans le Top 10, dont elle sortira 8e, au terme des quatre tours.

Et peu avant, en Chine, lors du Bleu Bay, Schmelzel avait terminé seconde sans jamais avoir concédé une seule carte dans les 70. Cependant, même si elle a déjà fait la démonstration de sa capacité à jouer bas, elle n’était pas, jusqu’ici, de ces joueuses attendues en haut du leaderboard, dans ce Majeur.

Les Suédoises en force

Après les Japonaises au premier tour, voici que ce sont les Suédoises qui frappent fort dans ce second tour. Alors qu’elle était en mauvaise posture la veille, Anna Nordavist, désormais capitaine de la prochaine Solheim Cup, a réussi à inverser la vapeur en jouant –3, pour remonter au-dessus de la ligne de Cut. La voici 44e à +1, avec les Françaises.

Ingrid Lindblad, ancienne numéro un amateur et récemment vainqueur sur le LPGA Tour, dans sa saison de rookie, comme elle l’a fait sur l’Epson Tour l’an dernier, confirme son talent en se positionnant à la 37e place, dans le par, tandis que Madelene Sagstrom, vainqueur du tournoi en Match play, à Las Vegas, s’installe à la 12e position à –3, avec une journée en –2. Puis, c’est l’ancienne numéro un européenne, Linn Grant, qui se place 8e, avec la Suissesse Chiara Tamburlini, elle aussi vainqueur de l’Ordre du mérite du LET, en 2024. Tamburlini qui tente de pénétrer ce circuit américain et qui vient d’envoyer un message clair. Celui signifiant que son échec à la Q-série est de l’histoire ancienne et qu’elle pourrait bien tenter, cette année, d’aller chercher sa carte pour la saison 2026 du LPGA Tour.

« J’ai bien terminé cette journée », confia Linn Grant. « Je pense que j’ai été investi d’un bon golf toute la journée, avec beaucoup de birdie à la clé. Mais les green son encore très rapides, et je ne suis pas très familière avec ça », expliquait-elle. « J’ai eu beaucoup de putt en descente et j’ai essayé de les réaliser au plus près du trou. Mais je n’y suis pas parvenu », ajoutait la Suédoise, qui voit son ancienne rivale Européenne et compatriote Maja Stark, rester dans le haut du classement, à la seconde place, à –5, où Yealimi Noh et A Lim Kim sont également apparues.

Les Françaises juste au-dessus du Cut

C’est un ouf de soulagement que le clan Français a poussé, dans la soirée, en voyant Céline Boutier effacer son bogey du 14, qui venait de la disqualifier. Ce putt pour birdie sur le Par 4 du 15, fut une belle réponse et surtout la preuve que la numéro un Française est partie à la faute comme la plupart des joueuses, à cause du parcours et non à cause de son jeu. Néanmoins, elle est 44e à +1, bien loin de la tête, et remonter dans le haut du classement ne sera pas chose aisée pour elle, ce week-end. Par plus que pour Pauline Roussin-Bouchard, qui a également joué +2, dans cette journée, et qui est aussi 44e.

Laquelle des deux Françaises a la plus grosse marge de progression sur ce tracé, et avec ces conditions de jeu ? c’est ce que nous verrons dès ce moving day.

Terminons sur la présence de 5 anciennes lauréates de cet US Women’s Open, avec A Lim Kim, Ariya Jutanugarn dont tout le monde se réjouit de la voir si bien placée, de Minjee Lee, également vainqueur chez les Juniors de l’Omnium américain, de In Gee Chun, qui semble avoir laissé derrière elle une période psychologique très difficile, et de Allisen Corpuz, qui avait dominé Pebble Beach et qui rentre dans ce champ des 60 meilleures, et ex æquo, de justesse. Grâce à un birdie sur le Par 5 du 7, à deux trous de terminer sa journée !

Ce second tour, après avoir vécu une interruption de jeu à 18h32, à cause de lorage qui progressait en direction du parcours, a pu reprendre une heure plus tard, et fut finalement interrompu à 20h25, en raison du manque de luminosité. 12 joueuses doivent encore terminer leur parcours, dont l’Américaine Ameri Avery, actuellement 29e à -1… sans ses clubs !

Anecdote

L’Américaine Ameri Avery a joué des clubs de prêt, car son petit ami, en prenant l’avion le matin même, a emporté par erreur le sac de la joueuse, en le confondant avec le sien. C’est donc l’Australienne Gabriela Ruffels, ancienne partenaire universitaire de Avery, qui prêta ses clubs à l’Américaine, puisqu’elles ont le même équipementier, à savoir TaylorMade. Ce n’est donc pas Gaby Lopez, comme annoncé sur Canal Plus Sport, hier, soir, qui a prêté ses clubs.

Le classement provisoire => ICI

US Women’s Open : les Japonaises en force, les Françaises placées !

Rio Takeda intègre le groupe de tête, en étant rookie d’un LPGA Tour où elle est déjà considérée comme l’une des meilleures joueuses du monde (Photo: USGA/Kathryn Riley)

Cette première journée dans le Wisconsin a tout de suite donné le ton. Cet 80e anniversaire de l’omnium américain sera difficile et le parcours n’a pas fini de mettre les joueuses à l’épreuve.

Le radar météo de l’USGA avait annoncé de la pluie pour cette première journée et finalement celle-ci est tombée plus tôt dans la nuit, rendant le ciel plus clair durant ce jeudi. Bien qu’une perturbation fut menaçante toute la journée, s’échappant plus à l’ouest.

Et c’est heureux, car cette nouvelle prise de contact avec ce parcours, que beaucoup n’ont jamais joué, s’est révélée compliquée. Parmi les premières victimes de cette journée, on dénombre l’Américaine Lilia Vu qui a rendu une carte de +8 et qui semble battue par un Cut qui devrait se situer entre +1 et +2. Reprendre 7 à  8 coups au parcours semble impossible, tellement les joueuses ont eu du mal à limiter les bogey. En cause, des green rapides le matin, comportant des multiples pentes et parfois imperceptibles, au point que les balles peuvent quitter les lignes sans prévenir. « J’ai eu un gros break », lâcha même Charley Hull à son caddie, lors d’un putt pour le Par qui tomba, fort heureusement.

Le ton est donc donné !

Autres joueuses qui ne devraient pas évoluer ce week-end, l’Espagnole Carlota Ciganda (+6), la Suissesse Morgane Metraux (+9), la Sud-coréenne Sei Young Kim (+6), et probablement ces joueuses entre +2 et +4, telles Rose Zhang (+4), Anna Nordqvist (+4), Lauren Coughlin (+4), Jiyai Shin (+3) et sa compatriote Hyo-Joo Kim (+3), ou encore la Japonaises Ayaka Furue (+3) et l’Allmenande Sophia Popov (+3), ainsi que la Canadienne Brooke M.Henderson (+3) et la Thaïlandaise Atthaya Thitikul (+3).

Avec le score de +2, on trouve des joueuses comme Yuka Saso, Ashleigh Buhai, Stéphanie Kyriacou, Amy Yang, Lindy Duncan ainsi que la dernière promue pour ce Majeur, l’Américaine Dana Fall. Mais à +2, ces joueuses peuvent garder espoir car elles sont sur la ligne de crête d’un Cut virtuel, et elles peuvent espérer, au bénéficie d’une mauvaise journée de joueuses mieux classées, gagner une ou deux places. Car avec des groupes d’environ 20 joueuses dans un même score, il faut s’attendre à ce que le leaderboard évolue très vite. Les parties de l’après-midi l’ont démontré.

Korda, Hull et Thompson sur le fil !

Grâce à un dispositif désormais connu et apprécié des fans, il était possible de suivre un panel de joueuses grâce à la production américaine, et des groupes phares, sur le site internet de l’USGA. La partie réunissant Nelly Korda, Charley Hull et Lexi Thompson fut particulièrement révélatrice de ce qui attend les 156 joueuses dans cette seconde journée, et plus encore celles qui franchiront le Cut. Alors que l’on imaginait que le tracé un peu tortueux piégerait beaucoup de balles dans le rough, et il y en a quand même eues, ce sont les attaques de green qui s’avèrent tactiques. Et prendre un Par 5 au second coup n’est pas aisé. D’ailleurs, Nelly Korda fut la seule joueuse de la journée à poser sa balle sur le green du 18, au second coup, et à tenter l’eagle au premier putt. Même Lexi Thompson a échoué dans cet exercice, autant que Charley Hull ou Ariya Jutanugarn, qui sont également parmi celles qui jouent long. Et pour trouver ce green au second coup, la numéro un mondial a du prendre un risque en choisissant une ligne agressive sur un peu plus de 223 mètres, à l’aveugle, au-dessus du rough et des bunker qui précèdent le green. En somme, un coup exceptionnel avec la complicité des pentes et le sérieux du travail de son fidèle caddie.

Nelly Korda qui a concédé un bogey sur le Par 4 du 3, et qui, ensuite, a cherché à contrôler son jeu pour ne signer que des Par, en attendant la meilleure opportunité. « J’ai bien frappé la balle, aujourd’hui, mais j’ai juste sous estimé certains putt et j’ai aussi joué un peu trop près des bords de trou », confia Korda. « Dans l’ensemble je suis satisfaite. Evidemment j’aurais aimé que la balle touche le fond du trou un peu plus souvent. Globalement, je ne peux pas me plaindre », ajouta un peu plus l’Américaine. « Dans ce premier jour de l’US Women’s Open, tout est une question de patience. Je tape plutôt bien la balle, alors j’espère pouvoir conserver cet état d’esprit les jours suivants », expliqua Korda.

De son côté, Lexi Thompson est apparue très sûre d’elle, déterminée et à la limite de se frustrer sur les mauvais coups, démontrant toute la détermination qui l’habite. Son point faible reste les putt à faible distance, alors qu’au delà de deux mètres, l’Amérciaine a gratifié le public de belles ficelles, en jouant avec les pentes et les dévers.

Mal embarquée dans cette journée, après avoir concédé trois bogey entre le premier trou et le 6e, Thompson a refait surface en allant chercher le green du Par 4 du trou n°8, depuis le rough, en plantant le mat. Epaulée par son frère Curtis, Lexi Thompson afficha un regard sombre et vengeur, sur le reste du parcours, frappant avec détermination chaque coup, pour refaire son retard. Comme Korda, elle aligna les Par jusqu’à se retrouver dans une situation de birdie. Ce qui arriva sur le Par 5 du trou n°14, après avoir joué en zig zag sur un fairway en forme de S, et un second coup qui trouva le début du green, mais dont la belle recula aussi sec, à cause d’une de ces maudites pentes qui caractérisent les défenses de ce parcours.

Bien que revenue à +1, Thompson était à la limite du Cut virtuel et ne devait pas descendre plus bas. Mais sur le Par 4 du 17, elle concéda un bogey et se retrouva en danger, à un trou de rentrer au club house. Finalement, elle trouva ce birdie salvateur au 18, en trouvant le green au 3e coup, avec un chip, qui plaça sa balle à 4,50 mètres du mat. Et c’est sur ce type de distance que l’Américaine fut à l’aise durant cette journée.

Quant à Charley Hull, elle est apparue aussi décomplexée que volontaire, et c’est au putting que l’Anglaise a impressionné. Bien qu’elle concéda quatre bogey à l’aller, elle y trouva également deux birdie et l’occasion de sauver des situations périlleuses. Quant au retour, alors que les green ont donné le sentiment d’être plus réceptifs et moins rapides, elle rentra deux birdie, tout en échouant bêtement au 18, à en signer un troisième.

Avec Korda, Hull a profité du retour pour se placer dans le Par total, tandis que Thompson est restée à +1. mais ce +1 est capable de la qualifier pour le week-end.

Tora, tora en haut du leaderboard !

Nous sommes pourtant loin de l’archipel de Hawaii, et pourtant, une partie de l’armada Japonaise est bien là, en haut du tableau, prête à conquérir, un peu plus, le tracé du Wisconsin. Partie de bonne heure, en compagnie de Hannah Green et de Lauren Coughlin, Rio Takeda a su dompter ce parcours, malgré un stimpmeter annoncé comme très rapide, en matinée. Soit 13, contre 12 l’après-midi. Pourtant, c’est la Suédoise Maja Stark qui occupa la première, la tête du classement, avant qu’elle n’aborde son retour, en concédant trois bogey, dès le trou n°2, lui faisant perdre son avantage de –5, dont quatre birdie furent conquis entre le 10 et le 18. Stark qui fut très proche de créer l’exploit, et que l’on attend avec impatience ce vendredi.

Rookie cette année sur le PGA Tour, Takeda possède déjà deux victoires, dont la dernière au Blue Bay en Chine. A 22 ans, la Japonaise s’inscrit dans le sillage des meilleures mondiales, aussi n’est-il pas étonnant de la retrouver en tête, dans ce groupe de 6 joueuses à -4. « Le premier trou (le 10), fut un peu difficile et j’ai rencontré un problème. Cependant, j’ai réussi un long putt ce qui m’a mis dans une bonne dynamique pour la suite », expliqua Takeda. « Malgré que j’ai concédé quelques bogey, ce premier tour s’est bien passé », ajoutait la Japonaise qui a trouvé un appartement très loin du parcours, l’obligeant à se lever de très bonne heure. Elle qui s’est élancée à 07h18 et qui partira du Tee n°1, ce vendredi, à 13h03.

Takeda fut régulière en signant trois birdie à l’aller comme au retour, et en concédant un bogey de chaque côté. Ne faisant pas partie des joueuses les plus longues du circuit, elle a tour de même réalisé une mise en jeu de 246 mètres, sur le par 5 du 18, avec un second coup à 210 mètres, pour s’octroyer un birdie. Preuve que la stratégie et un jeu précis peuvent permettre de compenser le manque de longueur.

Elle partage la tête avec les Américaines Yealimi Noh, et Angel Yin qui a rejoint ce groupe en toute fin de journée. Ainsi qu’avec les Sud-coréennes Jin Hee Im et A Lim Kim, vainqueur de l’US Women’s Open en 2020. Puis, l’Espagnole Julia Lopez Ramirez, qui a décroché sa qualification le 13 mai, en Floride, avec Gurleen Kaur, Amanda Doherty et Auston Kim (+1). « Je me suis placé dans une situation de contrôle, en touchant un maximum de fairway et de green. J’ai réalisa pas mal de bons putt qui sont tombés. Je sais que ce parcours peut être un problème et que des joueuses ont fait des erreurs », confia l’Espagnole. « Donc je suis restée patiente et j’ai joué mon jeu en essayant de prendre du plaisir. Et je crois que j’ai pris beaucoup de plaisir », ajoutait Lopez Ramirez, qui n’a pas volé sa qualification.

Classées à la 7e place, Nasa Hataoka, Chisato Iwai fraîchement lauréate du LPGA Tour, Yui Kawamoto et Hinako Shibuno complètent ce Top 10 nippon, avec le score de –3. Shibuno qui a expliqué qu’elle n’a pas une bonne frappe en ce moment et qu’elle estime avoir été sauvée par de bons rebonds sur les fairway. « J’ai bien joué à l’aller mais pas au retour. Et j’avais l’impression que c’était une autre personne qui jouait à ma place », confia le vainqueur du British Women’s Open en 2019, face à l’Américaine Lizette Salas, passée, ce jour là, à deux doigts de la victoire.

Des Japonaises qui pourraient faire la différence cette semaine, elles qui sont habituées à jouer des parcours compliqués sur le Japan LPGA Tour.

Bon démarrage de Boutier et Roussin-Bouchard

Le clan Français est optimiste avec le bon départ de Céline Boutier et de Pauline Roussin-Bouchard, toutes les deux à –1, avec 14 autres joueuses. Dont Linn Grant et Ina Yoon qui a récupéré Colin Cann sur son sac. Mais aussi l’amateur de 16 ans, Asterisk Talley, qui s’annonce déjà comme l’une des futures stars du circuit mondial.

Partie du trou n°10, avec Maja Stark (-2) et Megan Khang (+5), la numéro un Française fut également rapidement en haut du leaderboard, en ayant signé un birdie sur son premier trou, le Par 4 du 10. Malgré un bogey au 12, Boutier réalisa deux birdie sur les Par 3 du 13 et du 16, confirmant un jeu précis. Mais au retour, avec un parcours pourtant plus réceptif, Boutier ne parvint pas à conserver ce rythme et ce sont des Par qu’elle aligna, entre le Tee n°1 et le green du 9.

Quant à Pauline Roussin-Bouchard, partie du Tee n°1 à 13h58, avec Dottie Ardina et l’amateur Japonaise Aira Nagasawa, elle se mit en confiance immédiatement avec un birdie sur le Par 5 du 1, avant d’aligner des Par jusqu’au 6, pour concéder son premier bogey au trou n°7. Un Par 5 de 491 mètres. Au 10, ce fut un nouveau bogey avant qu’elle ne l’efface avec un birdie sur le par 4 du 11, et qu’elle clôture cette journée par un birdie au 18, rejoignant Céline Boutier à la 19e place provisoire. Comme la majorité des joueuses, nos Françaises ont été en difficulté sur les green malgré 83% de green touchés pour Roussin-Bouchard et 78% pour Boutier, qui a la une marge de manœuvre pour progresser.

Avec plusieurs groupes de joueuses dans un même score, ce second tour va être le théâtre de mouvements qui vont apporter son lot de surprises, et sans doute pas toujours celles qui sont attendues. Thompson franchira-t-elle le Cut ? Nos Françaises confirmeront-elles leur bon départ ? Ce sont là quelques questions, parmi d’autres, qui sont déjà dans les esprits. Car c’est encore de la pluie qui est annoncée, et cette fois-ci, pour l’ensemble de cette journée. Les bogey pourraient donc tomber autant que l’eau des nuages.

Le classement provisoire => ICI

Santander Golf Tour : Bosio seule en tête !

Au travers d’une journée particulièrement agréable, une Française est placée dans le Top 10 alors que la tête est occupée par une quasi débutante, pourchassée par un groupe de cinq joueuses, un coup derrière.

L’Australienne Justice Bosio a débuté la journée en trombe avec un premier tour vierge de bogey de 67 (-5) sur le parcours de Naturavila Golf. Partie du trou 10, Bosio a réalisé un départ régulier avec trois Par, avant de réussir son premier birdie au trou n° 13, suivi d’un autre au trou 15. En abordant le retour, Justice Bosio a maintenu son élan pour inscrire trois autres birdie et terminer la première journée en tête du classement.

Interrogée sur sa journée, Bosio a déclaré : « C’était super. Réaliser une journée sans bogey, c’est toujours agréable. J’avais un bon groupe. Corinne et Annika étaient adorables, donc je me sentais à l’aise. Il fait beau ici en Espagne, donc c’était agréable. Le parcours est en assez bon état. Il n’est pas aussi vallonné que la semaine dernière, donc avoir un peu de plat est un changement qui est bienvenu», déclara l’Australienne de 21 ans. Passée professionnelle fin 2024, après une carrière amateur réussie où elle a atteint la 48e place au classement amateur féminin de golf, Bosio n’a joué qu’un seul tournoi cette saison. La saison dernière, elle également terminé 6e ex æquo en amateur à l’Open féminin de Nouvelle-Galles du Sud 2024 du LET. « Demain, je ferai la même chose qu’aujourd’hui. Je veux juste m’amuser, me détendre et profiter des 18 trous avec mon groupe», confiait-elle.

L’Australienne participe à sa première saison en compétition en Europe et, pour l’instant, elle apprécie l’expérience. Elle termine dans le top 10 la semaine dernière à l’Allegria Ladies Open, pour son premier départ sur le Letas. « Ce n’est que ma deuxième semaine et je suis ici jusqu’en septembre, donc je suis là pour toute la saison, ce qui sera une bonne chose. Pour l’instant, je profite pleinement. Tout le monde ici est sympa et j’apprécie de découvrir tous ces pays en plus du golf », avouait-elle.

Un Top 10 compact

Le classement est serré après la première journée, avec quatre joueuses à un coup de la deuxième place, avec un score de -4. L’Espagnole Paz Marfa Sans a terminé la première journée en tête du classement, avant que Bosio ne lui ravisse d’un coup. La joueuse de 26 ans a réalisé un parcours sans bogey, avec quatre birdie et quatorze Par. « Cela faisait longtemps que je n’avais pas fait de parcours sans bogey. J’ai bien joué ces deux derniers mois, mais j’ai l’impression que le déclic n’a pas eu lieu », expliqua l’Espagnole. « J’ai joué au Jabra la semaine dernière et je sentais que les choses allaient s’arranger, mais ce ne fut pas le cas. Cette semaine, je voulais juste profiter de jouer en Espagne. Il fait beau et j’essaie simplement de rester dans le coup, de maintenir la pression ».

Jouer au Naturavila Golf est un véritable voyage dans le temps pour Marfa Sans, qui a joué ici pour la dernière fois il y a neuf ans, en junior. « Ça faisait un moment, mais quand j’ai fait l’entraînement, je m’en suis souvenue, car nous avons joué beaucoup de tours ici en match-play, donc nous avons joué 36 trous. Les souvenirs le sont revenus dès que j’ai mis les pieds sur le parcours », expliqua Paz Marfa Sans

Paz Marfa partage sa saison entre le LET et le LETAS cette année et a déjà terminé dans le Top 10 lors de l’ouverture de la saison du LETAS, au Terre Blanche Ladies Open.

« Ma saison se déroule bien. J’ai bien commencé et j’ai joué à Terre Blanche, un tournoi plutôt réussi. Je me suis beaucoup reposée par rapport à l’année dernière. 2024 a été une année difficile, avec beaucoup d’anxiété sur le parcours. Maintenant que j’ai l’impression que mon swing est plus libre et plus fluide, j’essaie de profiter pleinement de mon temps libre, car on ne sait jamais ce qui peut arriver », confiait la joueuse de 26 ans.

Par ailleurs, à quatre coups sous le par, la Norvégienne Karoline Lund a réalisé six birdie avant que deux bogey consécutifs sur les deux derniers trous ne la privent de la tête.

« C’était agréable, le jeu était très régulier et j’ai réussi quelques putts, ce qui était bien. Je pense qu’il y a beaucoup d’opportunités, mais il faut réussir de bons coups. Le vent était un peu capricieux aujourd’hui, mais je me suis créé de nombreuses occasions », confiait la Norvégienne.

Lund a débuté sa saison en Afrique du Sud sur le Sunshine Ladies Tour et a réalisé trois Top 10, mais son meilleur résultat en LETAS cette saison est une 14e place ex æquo à l’Allegria Ladies Open la semaine dernière. « La saison a été un peu mouvementée jusqu’à présent. J’ai connu une bonne série de tournois en Afrique du Sud avant de rejouer en LETAS. Demain, je vais simplement continuer à faire de bons coups, à saisir des opportunités et à réussir plus de putts», ajoutait-elle.

Trois autres joueuses ont terminé 2e ex æquo avec quatre coups sous le Par : la Néerlandaise Lauren Holmey, la Suissesse Priscilla Schmid et l’Islandaise Andrea Bergsdottir. (Traduit et adapté de l’article du Letas en anglais)

Salort, seule dans le Top 10

La Française Chloé Salort, qui a participé aux quatre premiers tournois de la saison du Letas, et ayant franchi trois Cut, vient de prendre une bonne option pour franchir un nouveau Cut, cette saison. La parisienne de 26 ans, qui s’est élancée du Tee n°10, a tout de suite trouvé un birdie, pour débuter positivement sa journée, sur le Par 5 du trou n°11. mais ensuite, sur le Par 3 du 13, elle concédait un bogey, annulant ses efforts. Heureusement, sur les deux trous qui suivirent, dont le Par 5 du trou n°15, Salort signa deux birdie, et passé –2. Au retour, sur le trou n°1, un Par 5 de 476 mètres, elle signait un nouveau birdie. Puis, sa journée fut réglée par un bogey sur le Par 3 du 3 et un birdie sur le Par 4 du trou n°4, avant d’aligner une suite de Par. Elle intègre donc ce groupe qui constitue la 7e place, mais la 3e virtuellement.

Lauréate de ce tournoi en 2023, Lucie André, vétéran de cette délégation Française, à 37 ans, avec deux victoires au compteur, occupe la 13e place en compagnie de la relève incarnée par Marine Griffaut, âgée de 23 ans, et déjà lauréate d’une victoire sur le Letas, lorsqu’elle était amateur. C’était à Montauban en 2021. Griffaut qui a concédé un bogey de moins que André, qui joue donc un birdie de plus.

Manon Donch-Gay est 18e, à –1, en compagnie de 12 autres joueuses, dont l’Anglaise Charlotte Heath.

Charlotte Liautier est à +1, à la 44e place, tandis que Lucie Malchirand sort de cette journée à +2, avec Louise Duncan, autre joueuse à avoir été obtenu le titre de meilleur amateur au British Women’s Open.

Plus dure sera la tâche, ce vendredi, pour Margot Rouquette, classée +3 et de Lois Lau (+3). Les deux Françaises ont concédé trop de bogey, et Lau un double sur le Par 4 du trou n°12. Rouquette et Lau qui sont en phase de découverte du Letas et qui ont intérêt à mettre les bouchées doubles si elles veulent faire évoluer leur parcours pro. La joueuse de Toulouse qui a manqué deux Cut en trois départs, tandis que la parisienne de 22 ans a franchit trois Cut en quatre départs tout alignant des scores au-dessus du Par, depuis le début de la saison.

Le deuxième tour commence à 8h30 et, à la fin de la partie, une sélection sera effectuée parmi les 45 meilleures joueuses professionnelles et ex æquo.

Le classement provisoire => ICI

Santander Golf Tour Avila : l’essentiel à savoir

En marge de l’US Women’s Open qui mobilise une grande partie de la planète golf, se déroule un tournoi du Letas, un peu dans l’anonymat.

Ce tournoi se déroule en Espagne et constitue la 5e épreuve de ce circuit regroupant une partie des aspirantes au Ladies European Tour et celles qui ont du mal à dépasser le niveau européen, dans le cadre de leur parcours professionnel. Une épreuve créée en 2020, afin d’étoffer un calendrier sérieusement amputé par la crise sanitaire.

Le champ de joueuses

Elles sont 108 cette semaine, pour tenter de franchir un Cut qui interviendra après le second tour, et qui conservera les 45 meilleures et ex æquo.

Ce champ comprend 6 joueuses amateurs. Huit Françaises sont dans le champ dont Lucie André, 37 ans et vétéran de ce groupe tricolore, qui fut lauréate de l’épreuve en 2023. Mais aussi de jeunes joueuses récemment passées professionnelles comme Marine Griffaut (23 ans et pro depuis 2024), Margot Rouquette (24 ans et pro depuis 2024), Lois Lau (22 ans et pro depuis 2024) et Manon Donche-Gay (24 ans et pro depuis 2024).

Parmi les têtes d’affiches on note la présence de l’Espagnole Maria Para, l’Ecossaise Louise Duncan qui remporta la Smyth salver en 2021, sa compatriote Laura Beveridge qui détient deux victoires sur ce circuit, l’Anglaise Hayley Davis, elle aussi détentrice d’une victoire, la Mexicaine Fernanda Lira qui a l’expérience de l’Epson Tour, ainsi que la Nord irlandaise Olivia Mehaffey. De même que l’Anglaise Charlotte Heath, vainqueur de la Smyth salver en 2023, et qui est passée professionnelle au mois de juin 2024.

Voir le champ de joueuses => ICI

Les anciens vainqueurs

  • 2024 : Helen Briem
  • 2023 : Lucie André
  • 2022 : Sara Kouskova
  • 2021 : Rachael Goodall
  • 2020 : Luna Sobron Galmes

Le parcours

Il s’agit du tracé du Naturavila Golf El Fresnillo, au sud de la ville d’Avila, au nord de Madrid. Un parcours inauguré en 1999 et décrit comme accessible à tous les niveaux. Il s’agit d’un Par 73 (72 pour ce tournoi) quasiment plat et comportant de larges fairway. Selon l’argumentaire du golf, sa difficulté résiderait dans la longueur des trous et la présence de certains obstacles. On en déduit que les joueuses qui ont de la longueur seront plus avantagées. Plusieurs pièces d’eau sont présentes mais une seule est directement en jeu.

La présence de nombreux arbres bordant les fairway est de nature à protéger du vent.

C’est la seconde année que ce tournoi est accueilli par ce parcours.

Record du parcours

  • 62 : Helen Briem au 2e tour en 2024

Dotation et prime

Pour la première édition, ce tournoi reçut une dotation de 35 000 euros, correspondant à la moyenne basse des dotations du Letas.

En 2022, la dotation augmenta de 5000 euros, et l’an dernier ce sont 5000 euros supplémentaires qui étaient ajoutés. Ainsi, c’est donc une dotation de 45 000 euros qui permet de répartir les primes des joueuses qui franchissent le Cut, avec une prime au vainqueur de 7,200 euros.

80ème US WOMEN Open : L’essentiel à savoir

Historique

L’US Women Open est l’épreuve la plus prestigieuse du calendrier féminin mondial. Sa première édition eut lieu en 1946 faisant de ce tournoi le plus ancien du calendrier du LPGA Tour. A cette époque, c’est la WPGA qui organisait le tournoi, et c’est sous la forme d’un match-play, que le jeu se déroula. En 1949, la LPGA reprend l’organisation de l’US Women’s Open avant que le tournoi passe sous l’égide de l’USGA, en 1953.

Pour son 80e anniversaire, l’omnium américain est accueilli dans le Wisconsin, sur le parcours du Erin Hills Golf Club, où eut lieu l’US Open 2017.

Le champ de joueuses

Sans surprise, c’est un champ de 156 joueuses qui est au départ de cette 80e US Women’s Open, avec le Top 80 de la Race to CME associé au 58 joueuses qui ont obtenu leur place lors des épreuves qualificatives, entre le 14 avril et le 13 mai.

Entre également dans le champ 26 amateurs, dont la récente lauréate de l’Augusta National Women’s Amateur, l’Espagnole Carla Bernat Escuder, mais aussi l’Anglaise Lottie Woad numéro mondial amateur, et l’Américaine Asterisk Talley, numéro un du classement AJGA et 16e mondial. Ainsi que sa compatriote Kiara Romero, 3e mondial.

Aucune amateur Française n’est présente dans le champ, cette année, et seules Céline Boutier et Pauline Roussin-Bouchard sont qualifiées chez les professionnelles.

L’Américaine Dana Fall (ex Finkelstein), âgée de 32 ans, et qui possède un parcours entre l’Epson Tour et le LPGA Tour, est la dernière joueuse à avoir reçu ses droits de jeu pour ce second majeur de la saison. Fall a obtenu sa qualification grâce à la victoire de Chisato Iwai. La Japonaise venant d’obtenir une qualification directe, il a fallu combler le champ en sélectionnant une joueuse de réserve. C’est donc l’Américaine Dana Fall, pensionnaire du LPGA Tour, qui a obtenu cette place.

Un Cut après deux tours conservera les 60 meilleures joueuses, et ex-aequo.

Les rookie dans le champ

Les joueuses amateurs dans le champ

Les LEE dans le champ

En soutien à Hanke Haney qui avait été fortement critiqué, en 2019, notamment par Michelle Wie West, qui l’avait accusé de racisme, en pronostiquant que la future joueuse vainqueur de l’US Women’s Open se nommerait Lee et serait Sud-coréenne, quelques jours avant que JeongEun Lee6 remporte ce Majeur, nous publions, chaque année, les joueuses dénommées Lee. Dès fois que la prédiction se renouvelle.

  • Minjee Lee
  • Andrea Lee
  • Mi Hyang Lee
  • Jude Lee (a)
  • Sophia Lee (a)
  • Ilhee Lee
  • JeongEun Lee5
  • JeongEun Lee6

Les derniers vainqueurs

  • 2024 : Yuka Saso : (-4)
  • 2023 : Allisen Corpuz : (-9)
  • 2022 : Minjee Lee (-13)
  • 2021 : Yuka Saso (-4)
  • 2020 : A Lim Kim, 281 (-3)
  • 2019 : JeongEun Lee6, 278 (-6)
  • 2018 : Ariya Jutanugarn, 277 (-11) en playoff face à Hyo-Joo Kim
  • 2017 : Sung Hyun Park, 277 (-11)
  • 2016 : Brittany Lang, 282 (-8) en playoff face à Anna Nordqvist
  • 2015 : In Gee Chun, 272 (-8)
  • 2014 : Michelle Wie, 278 (-2)
  • 2013 : Inbee Park, 280 (-13)
  • 2012 : Na Yeon Choï, 281 (-7)
  • 2011 : So Yeon Ryu, 281 (-3)

Victoire française

  • Catherine Lacoste (1967)

Le parcours

Ce 80e anniversaire se fête dans l’état du Winsconsin, sur le parcours de Erin Hills, un links très éloigné des bords de mer traditionnels, mais qui connaît son sujet en matière de tournoi Majeur. En effet, ce tracé à accueilli l’US Open 2017, mais aussi l’US Amateur Championship six ans plus tôt.

Aménagé sur un relief naturel, ce tracé se caractérise par une multitude de pentes et de dénivelés, ainsi qu’un nombre impressionnant de bunker. 132 au total, en imitant une érosion naturelle. Les rough sont hauts, constitués de cette herbe à la fois dense et fine qui noiera la balle, rendra le coup difficile mais n’empêchera pas d’en sortir. Inauguré en 2006, ce parcours a été créé pour des épreuves de championnat, et toutes les joueuses vont avoir quatre jours pour éviter ses pièges et délivrer le meilleur score qu’il soit. L’attaque du green du 15 ne sera pas une partie de plaisir. Perché sur une butte, et entouré de bunker, tout en comportant une belle cuvette qui récupérera les balles un peu longues, ce green sera l’un des moments forts de ce tournoi. Tout comme celui du 9, lui aussi sur une butte, avec des pentes qui enverront la balle vers les extérieurs, où plusieurs bunker attendront sagement que celle-ci n’y descende.

Des green relativement étroits mais plus larges que ceux du Mizuho Americas Open. En réalité, ce sont les pentes et les bunker autour qui augmenteront la sensation d’étroitesse.

Les fairway offrent des largeurs très différentes sur un même trou, et là encore, la précision sera la clé de la réussite. Enfin, ce parcours s’impose comme le second plus long tracé depuis le début de la saison, après celui de The Club, à Carlton Wood, qui a reçu le Chevron Championship.

Côté gazon, il est planté en bentgrass du tee au green, une herbe réputée pour faire des green de qualité en étant très dense et tolérante aux tontes rases. Il faut donc s’attendre à un stimpmeter assez élevé.

Prime de tournoi

L’US Women’s Open a toujours été l’épreuve la mieux dotée du circuit féminin. En 2022, la dotation était portée à 10 millions de dollars alors qu’elle était de 5,5 millions de dollars l’année précédente. L’an dernier, le KPMG Women’s PGA Champonship a concurrencé l’omnium américain en portant sa dotation à 10 millions de dollars ce qui a poussé l’USGA a réaliser une nouvelle hausse de la dotation, en 2023, avec une somme de 11 millions de dollars.

En 2024, ce fut 1 million de dollars qui fut ajouté pour atteindre la somme de 12 millions. C’est la plus forte dotation jamais enregistrée sur un tournoi féminin dans le monde. Au moment où cet article est publié, c’est cette somme qui reste d’actualité.

Repères

  • La plus jeune vainqueur : Inbee Park à 19 ans, 11 mois et 17 jours (2008)
  • La joueuese vainqueur la plus âgée : Babe Zaharias à 43 ans et 7 jours (1954)
  • L’unique amateur vainqueur de l’épreuve : Catherine Lacoste (1967)
  • La première épreuve de l’US Women Open date de 1946 et fut remportée par Pathy Berg
  • L’US Women open fut placé sous l’égide de l’USGA en 1953

Les prochaines dates de l’US Women Open

  • 2026 : Riviera Country Club – Californie
  • 2027 : Inverness Club – Toledo Ohio
  • 2028 : Oakmont Country Club – Pennsylvanie
  • 2029 : Pinehurst Resort & Country Club – Caroline du Nord

Diffusion TV

Ces horaires sont donnés à titre indicatif et sont susceptibles d’être modifiés par la chaîne.

Consulter le site de l’USGA => ici

Consulter le site du Erin Hils Golf Club => ici

Mexico Riviera Maya Open : écrasante victoire de Chisato Iwai !

Le moving day avait donné le sentiment que les joueuses de têtes, fraîchement sorties de l’Epson Tour, n’avaient pas l’étoffe d’un vainqueur potentiel. Et que la victoire pourrait revenir à une joueuse plus expérimentée. Non seulement c’est ce qui s’est passé, mais en plus, la joueuse qui s’est imposée a tué le suspense dès les premiers trous.

Les circuits féminins, dans le monde, d’où sortent la majorité des stars qui évoluent sur le LPGA Tour, ne sont pas nombreux. Hormis le LPGA Tour, il y a le Korean LPGA, le Chinese LPGA et le Japan LPGA. Voir l’Epson Tour qui est le niveau intermédiaire censé faire prendre conscience à celles qui débarquent du Ladies European Tour ou du Cactus Tour, voire du Sunshine Tour, que les rêves de petites filles peuvent rapidement passés de carrosse à citrouille.

Lorsque Akie Iwai et sa sœur Chisato sont arrivées sur le LPGA Tour, beaucoup connaissaient leur potentiel, pour les avoirs vus évoluer sur le TOTO Japan Classic, notamment. Ou dans un Majeur sur invitation ou grâce à la qualification.

Par ailleurs, ces deux joueuses étaient déjà des championnes sur leur circuit, les classant parmi les stars locales, au même titre qu’une Ai Suzuki ou une Ai Miyazato.

Akie étant titulaire de 8 victoires sur le JLPGA, et Chisato de 10. Et ce, à 22 ans, démontrant la pleine dimension de leur talent. En comparaison, aucune Française qui rêvent d’évoluer sur le LPGA Tour ne possède un tel bagage professionnel. Et surtout pas si jeune. Pour le moment.

Le Japan LPGA est donc un circuit dont le niveau est particulièrement relevé, raison pour laquelle beaucoup de joueuses Japonaises hésitent à s’engager sur le circuit américain. Et l’on se souvient du long temps de réflexion que Mone Inami avait pris, avant de répondre positivement à la LPGA, après sa victoire au TOTO Japan Classic. Et depuis, elle est retournée chez elle, abandonnant le LPGA Tour.

Ainsi, samedi soir, après avoir vu évoluer les ex stars de l’Epson Tour dans tous les sens, sur ce parcours technique, il apparaissait évident que la victoire ne reviendrait pas à l’une d’elles. Notamment Jenny Bae qui semblait vraiment en perdition techniquement. En revanche, la Chinoise de 19 ans, qui est encore un diamant brut, pouvait faire douter et entrer dans les pronostics. Tout comme la Sud-coréenne Somi Lee, qui n’a pas raté de cut cette année, et qui a prouvé sa capacité à jouer très bas.

Mais le nom de Iwai, en haut de ce tableau, suffisait à semer le doute, autant que le nom Jutanugarn est de nature à faire grimper les paris.

Pourtant, depuis le début de la saison, c’est Akie qui a bénéficié d’une belle exposition médiatique. Bien qu’elle ait manqué trois cut, elle est passée très près d’une première victoire en cumulant deux places de seconde. L’une en Thaïlande, l’autre en Californie. Alors que Chisato, qui a manqué deux cut, n’a pas terminé une seule fois dans un Top 10, se plaçant même parfois loin de sa sœur.

Mais voilà, cette semaine, Akie n’a pas été du tout à l’aise sur ce parcours, et c’est Chisato qui a bien mieux compris comment s’adapter à ce tracé qui a donné du fil à retordre à la majorité du champ.

Classée seconde samedi soir, à –6, avec la jeune Yahui Zhang, Chisato Iwai avait devant elle une formidable possibilité de remporter une première victoire, en étant à un coup de Jenny Bae, qui cherchait à rassurer en minimisant ses erreurs du jour. L’Américaine de 23 ans étant associée à la Japonaise de 22 ans et à la Chinoise de 19 ans, tous les observateurs allaient avoir sous les yeux les principales favorites de ce tour final, tout en sachant que l’Australienne Gabriela Ruffels, associée à Somi Lee et Haeji Kang, pouvait également créer la surprise, après une bonne fin de moving day.

Mais c’est Chisato Iwai qui mit tout le monde dos au mur, en débutant sa journée par un birdie, sur le Par 4 du 1, puis en alignant quatre autres birdie, du 3 au 6, faisant un bond de –7 à –11. Autour d’elle, tout ne se passait pas comme prévu. Yahui Zhang faisait du surplace, après un bogey au 1 et un birdie sur le Par 4 du 3, et une suite de Par, tandis que Jenny Bae venait de s’effondrer à –5, après trois bogey et un premier birdie sur le Par 4 du 6. Et perdre sa première place en prenant 6 coups dans la vue, en 6 trous, c’est toujours une claque difficile à avaler quand, la veille, on fait croire que tout va bien alors que ça s’est mal passé.

L’Australienne Ruffels quitta également le haut du tableau en accumulant, comme Jenny Bae, deux bogey pour un birdie tardif sur le Par 3 du trou n°4. Mais elle limitait la casse en ne perdant qu’un coup pour se retrouver 4e avec une belle brochette de joueuses, dont Carlota Ciganda, qui jouait –3 à l’aller, en étant partie 1h40 avant le groupe de tête. Mais aussi Somi Lee, qui résistait à –4, après un birdie sur le trou n°1, et un bogey sur le Par 4 du trou n°3.

Après dix trous pour le groupe de tête, Chisato Iwai pointait à –12, grâce à un nouveau birdie  sur le Par 3 du trou n°10. Et la Japonaise n’avait toujours pas concédé de bogey depuis le Par 4 du 12, au second tour. Plus précise dans ses mises en jeu, plus profonde sur ses attaques de mat, la Japonaise se donnait nettement plus les moyens de progresser au score que la plupart des joueuses.

Un nouveau record sur le Tour

Tout le monde, ou presque, commença à comprendre que cette fin de tournoi n’offrirait pas le suspense attendu, et qu’au minimum, l’Américaine Jenny Bae ne décrocherait pas sa première victoire sur le LPGA Tour, cette semaine. En revanche, la Chinoise de 19 ans, Yahui Zhang pouvait peut-être encore faire monter la pression en étant seule seconde à –6, après 10 trous.

Mais cette idée quitta vite les esprits lorsque le jeu de Zhang s’effrita. Sur le Par 4 du 12, la Chinoise concéda un troisième bogey, et le premier du retour. Attaquant son second coup au bois 3, elle envoya sa balle à gauche, dans une de ces zones de sable qui longent les fairway, avec quelques rochers en plus. A l’arrivée, Zhang se retrouva avec un coup de plus sur le green, et un putt à environ 6 mètres du mat, pour sauver le Par. Sa balle s’immobilisa à quelques dizaines de centimètres du trou, et ce fut un coup de perdu.

Sur le Par 5 du trou suivant, Zhang concéda un autre bogey, avec un putt à environ 1,50 mètre, dont la balle fit une légère virgule. Manifestement, la jeune Chinoise n’était plus du tout à l’aise sur ces green, qui avaient tendance à fortement ralentir les balles en bout de course.

Seule Chisato Iwai, mais aussi Brianna Do, reléguée loin en arrière dans le classement, semblaient avoir compris comment bien jouer les putt. C’est-à-dire avec une certaine autorité dans la frappe.

Zhang disparu donc du Top 3, et Jenny Bae se retrouva seule à, -5, tandis que Linn Grant venait de rejoindre le club-house avec le score de –4, pour une carte de 70.

Et Chisao Iwai de surfer le parcours mexicain avec ses 7 coups d’avance, comme portée par un de ces esprits japonais, un de ces Yokai aux grandes ailes qui procure de la chance à celui qu’il croise.

Finalement, après 14 trous, la finalité de ce tournoi semblait limpide comme l’eau des montagnes dont les Itamae se servent pour laver le riz avant la cuisson, selon le rite de la cuisine traditionnelle chinoise. Engluée dans un jeu encore fragile, Yahui Zhang continua d’aligner les bogey, mais aussi la malchance en voyant quelques balles stopper net au bord du trou, pour des putt permettant de sauver le Par. Et au 18, comme Jenny Bae la veille, elle se retrouva dans cette langue de sable, à gauche du green, mais après les arbres, et son chip ne parvint pas à porter la balle plus loin que le rough. Une fois encore, la Chinoise de 19 ans, qui en a sous le pied, venait de consommer bêtement un coup, qui allait lui apporter un ultime bogey. Une ultime frustration qu’elle dissimula selon l’éducation que tout Chinois reçoit.

De son côté, Jenny Bae après un birdie sur le Par 5 du 13 et un second sur le Par 3 du 15, concéda un bogey sur le Par 4 du 16, avec un putt qui fit mordre sa balle sur le bord du trou. Chisato Iwai connut, elle aussi, une petite déception, en manquant son putt pour sauver le Par, sur le green du 14, avec une balle qui quitta la ligne sur les derniers centimètres. Mais son avance était si confortable que ce moment n’entamait pas sa confiance.

Elle se contenta, alors, de gérer la fin de son parcours, alignant des Par, y compris sur le green du 18, où elle joua deux putt, après un second coup qui envoya sa balle dans le rough, à gauche, à hauteur de mat, et un chip qui laissa sa balle bien loin du mat, sur le green.

Victorieuse avec un score de –12, devant une Jenny Bae qui trouva un birdie, pour l’honneur au 18, la Japonaise Chisato Iwai s’offrait, comme un skipper du Vendée Globe, une victoire éclatante avec plusieurs longueurs d’avance. Six coups exactement, ce que le LPGA Tour n’avait plus connu depuis qu’une autre Japonaise, Rio Takeda, réalisa au Blue Bay LPGA cette année. Et comme Iwai, en étant rookie sur le Tour.

« Je ne pensais pas rentrer autant de birdie aujourd’hui », confia Chisato Iwai. « J’ai simplement cherché à rester patiente et à apprécier cette journée. Ma famille, mon équipe m’ont supporté et je peux dire que j’ai une bonne équipe autour de moi », confia la Japonaise de 22 ans, qui vient de marque le LPGA Tour de son empreinte, cinq mois après son arrivée.

Peu à l’aise en anglais, Chisato Iwai expliqua qu’entre elle et sa sœur il n’existe pas de rivalité. « Nous avons d’excellents rapports », confiait-elle juste après sa victoire. De même qu’elle expliqua que sa couleur préférée est le rose et qu’elle en porte toujours lors d’un dernier tour. « Quand je remporte un tournoi au japon, j’ai toujours des vêtements roses. Donc c’est ma couleur chance », confiait-elle.

Elle précisa également que son caddie était un peu fatigué, en ce dernier tour, et qu’ils ont peu échangé. Quant à son record de coups, elle déclara : « peu importe le nombre de birdie et combien de coups d’avance j’avais. Mon état d’esprit n’a pas changé. J’ai cherché à me concentrer sur le prochain birdie et à rester positive », concluait-elle lors de la conférence de presse.

Quant à Jenny Bae, qui a démontré un potentiel intéressant mais qui doit encore travailler son jeu, et son mental, pour parvenir à entrer, elle aussi, dans le cercle des vainqueurs, elle confiait : « je suis très heureuse de cette semaine. Cela me rappelle que j’ai encore un long chemin à parcourir, mais je peux y arriver. Je suis donc contente et je sais clairement sur quoi je dois travailler pendant ma semaine de repos. Et j’espère pouvoir faire de meilleurs scores lors du prochain tournoi ». Et tout le monde attend de retrouver cette jeune Américaine, autant que la Chinoise de 19 ans, lors des prochains tournois du LPGA Tour. Car elles sont de ces joueuses qui devraient animer le LPGA Tour, ces prochaines années.

Avec cette victoire, Chisato Iwai devient la troisième rookie de la saison à s’imposer, après Rio Takeda et Ingrid Lindblad, mais aussi la troisième Japonaise à s’imposer depuis le début de la saison, après Rio Takeda (Blue Bay LPGA) et Mao Saigo (The Chevron Championship).

Elle est également la 20e joueuse Japonaise à s’imposer sur le LPGA Tour, et elle décroche sa qualification pour l’US Women’s Open, tout en passant à la 18e place de la Race to CME. Et Jenny Bae de grimper à la 33e place, ce qui lui apporte l’assurance de conserver sa carte en fin de saison, et une bonne option de rester dans le Top 60, jusqu’au mois d’octobre. Sauf imprévu. Quant à Akie Iwai, elle conserve sa 35e place à la Race to CME.

Le Japon qui s’affiche comme une nation de plus en plus forte sur le LPGA Tour, avec dix joueuses dans le Top 80. La France n’en possédant qu’une en la personne de Céline Boutier, dont on attend de voir comment elle se comportera, cette semaine, à l’US Women’s Open, après avoir manqué le Cut du premier Majeur de la saison.

Le classement final => ICI

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