Meijer LPGA Classic : Ciganda récompensée !

8 ans, 7 mois et 2 jours après sa seconde victoire sur le Tour, l’Espagnole a triomphé dans le Michigan sur un parcours qu’elle adore.

Ce dernier tour du Meijer LPGA Classic s’annonçait serré avec six joueuses en tête à égalité, et ce fut une prise de contrôle de la part de deux joueuses dont une est sortie vainqueur ! Et quelle joueuse !

Dimanche matin, les fans et les observateurs avaient le choix du nom du vainqueur de ce 11e Meijer LPGA Classic, et bien malin qui aurait pu dire, avec certitude, le nom de la joueuse lauréate. Car il faut admettre que Lexi Thompson venait d’impressionner, durant les trois premiers tours, avec un jeu solide. Presque aussi solide que celui qui fit sa réputation. Que la Paraguayenne Sofia Garcia était sortie de nulle part et qu’elle semblait avoir tout compris de ce parcours au point d’imposer sa présence parmi les meilleures. Et que des joueuses comme Carlota Ciganda, Hye-Jin Choi et Madelene Sagstrom ont suffisamment fait la démonstration de leur talent, ces dernières années, pour avoir suffisamment confiance en leur capacité à s’imposer. Le seul maillon faible était la Danoise Nanna K.Madsen, qui possède une victoire et dont l’absence de régularité ne plaidait pas en sa faveur.

Finalement, Koerstz-Madsen réussissait à jouer –2 après 8 trous, tout comme Ciganda après 9 trous. Hye-Jin Choi jouait –3 après 9 trous, comme Thompson après 8 trous. En revanche, la Paraguayenne Sofia Garcia avait bien du mal à tenir son rythme, trébuchant dès les premiers trous en concédant deux bogey, pour un seul birdie sur le Par 5 du 4.

Légèrement détachée du groupe de tête, Garcia semblait moins à l’aise avec son jeu dans cette journée décisive et les regards se portèrent sur Choi et Thompson, qui évoluaient à –14, dans des groupes différents. Tandis que la Sud-coréenne Somi Lee, après 12 trous, était en train de faire exploser les repères en jouant –7 journée, pour un score total de –14.

Mais chacun comprenait que Somi Lee, sauf déconvenues de dernière minute pour toutes les autres joueuses, aurait du mal à remporter ce tournoi, puisqu’elle serait la première au club house, pendant que Choi, Thompson, Ciganda et d’autres auraient encore l’opportunité de rentrer du birdie.

Se mêlait à ce groupe de tête, l’Anglaise Bronte Law et la Japonaise Akie Iwai. Law évoluant avec Céline Boutier, deux groupes derrière Somi Lee, tandis que Iwai était déjà au club house avec une carte de 65, que seule Lee pouvait encore concurrencer.

Ciganda solide jusqu’au bout !

Tout se décanta dans les derniers trous où l’on vit, peu à peu, chaque prétendante commettre des fautes et se disqualifier pour la victoire. Après un aller mitigé, Sofia Garcia retrouva du rythme en signant deux birdie à l’entame du retour. Revenue à –12, dans le sillage de Ciganda, Koerstz-Madsen, et Law à –13, elle était en concurrence directe avec l’Australienne Karis Davidson, qui jouait dans le groupe devant elle. Et cette dernière de rentrer un quatrième birdie sur le Par 3 du 13, avant de concéder son second bogey du jour, au trou suivant. Mais la marche à gravir pour remonter en tête était assez haute, car les positions de drapeaux ne facilitaient pas toujours les opportunités de birdie. Comme au trou n°16 où plusieurs joueuses auront eu du mal à placer leur balle proche du mat.

En tête à –15, Hye-Jin Choi semblait maîtriser cette journée et seule Thompson, avec un coup de retard, et un trou derrière la Sud-coréenne, donnait le sentiment de pouvoir lui contester la victoire.

Mais l’Américaine partie à la faute sur le Par 3 du trou n°13 et recula à –13. Au 14, Thompson reprenait ce coup au parcours en jouant habilement son putter à l’extérieur du green, après avoir été un peu courte au second coup. L’eagle était en jeu sur ce Par 5 où Koerstz-Madsen échoua également à trouver le green au second coup alors que Sagstrom envoya sa balle au fond du green. La Suédoise qui ne faisait d’ailleurs plus partie des favorites après un aller en +2 et qui malgré un birdie, comme ses partenaires de jeu, ne se retrouva qu’à –11, quand la Danoise revenait à –13 et que Thompson revint à –14, à un coup de Choi.

Il restait donc quatre trous à jouer pour ce trio, et cinq pour le groupe de Ciganda, Garcia et Choi.

Avec un dernier Par 5 au 18, Hye-Jin Choi était détentrice d’un mince avantage avec ce score de –15. Mais sur le Par 4 du 17, elle mit en jeu très à droite, se retrouvant dans le rough, entre les arbres. Son recentrage fit toucher sa balle quelques branches et malgré un bon troisième coup qui laissa balle à environ 1,50 mètre du mat, elle manqua totalement son putt pour sauver le Par. Ce bogey la remit à égalité avec Carlota Ciganda qui trouva le centre du fairway et réussit à ajuster son second coup. Plantant presque le mat, l’Espagnole s’offrait un putt pour birdie et passer seule en tête.

Au même moment, sur le Par 4 du trou n°16, Lexi Thompson manquait son approche du drapeau, en restant courte du green. Un green en montée que toute balle qui ne parvenait pas à s’y poser, était condamnée à redescendre quelques mètres. Par chance, celle de l’Américaine se bloqua près du rough. Mais ce troisième coup fut un peu long et ce furent deux putt pour un premier bogey dans cette fin de retour.

Et la calvaire de l’Américaine continua au 17, quant elle se retrouva avec une balle à environ 15 mètres du mat et un premier putt qui resta trop court. Et elle eut un second putt à cette fameuse distance qui ne cesse de pourrir sa carrière depuis 8 ans. Mais on a pu voir que le stress, nourri par l’enjeu, est probablement la cause de toutes ces erreurs de putting qu’un débutant rentre à l’entraînement. Poussant plus la balle que la traversant, Thompson manquait son putt pour sauver le Par et dévissait à –12. S’en était alors terminé de ses chances de victoires.

Et Nanna K.Madsen d’assurer un nouveau Par sur ce green du 17. Le troisième depuis le Par 3 du 15. Bloquée à –13, au départ du 18, elle n’avait plus aucune chance de s’imposer, tout autant que Thompson et Sagstrom.

C’est donc Carlota Ciganda qui avança en leader au départ du 18, juste avant le dernier groupe, et qui joua intelligemment le fairway. Tout comme Choi. La Sud-coréenne trouva le green, à gauche, loin du mat, et Ciganda en fit de même, en étant un peu plus près. Avec environ 20 mètres de putt, Choi réussit à se laisser un second coup raisonnable, pour rentrer le birdie. Ciganda attaqua un peu trop et sa balle dépassa le mat d’un bon mètre. Quant à Sofia Garcia, hors jeu pour la victoire depuis un bon moment, elle fut trop timide sur son putt pour birdie et sa balle s’immobilisait au bord du trou. Ce fut un Par.

Dernière à jouer, Carlota Ciganda savait qu’elle tenait dans ses mains le putt de la victoire et elle le rentra avec la même application que si elle était en train de jouer le point décisif de la Solheim Cup.

Avec sa gestuelle habituelle, le poing serré et le bras frappant l’air en direction du green, l’Espagnole célébra ce dernier birdie, en ayant été solide jusqu’au bout.

« C’est une sensation incroyable. Evidemment, après toutes ces années » déclara l’Espagnole, qui n’avait plus connu la victoire, sur le LPGA Tour depuis le mois de novembre 2016, au Mexique. « Je savais que je pouvais y arriver, mais évidemment, avec les années et l’âge, on commence à douter de soi », confia un peu plus, avec beaucoup de lucidité, la joueuse de 35 ans. « Je pense que cette année j’ai une équipe formidable autour de moi. Un nouveau caddie (Casey Johnson) qui fait un travail formidable, et je suis heureuse avec toute cette équipe. Je crois que nous pouvons y arriver. Mais gagner, évidemment, c’est une sensation incroyable », déclarait à chaud l’Espagnole qui signe sa troisième victoire sur le Tour, et adore venir jouer sur ce parcours. « Il me rappelle l’Espagne, l’endroit d’où je viens, plus au nord. C’est très similaire. Il y a beaucoup d’arbres, c’est paisible. J’aime ce type de parcours. Avec cinq Par 5 où vous pouvez frapper fort. Et puis être hébergée chez Bubba et Gretchen, la famille d’accueil où je loge depuis presque dix ans, ne fait pas ressembler à un tournoi cette semaine de compétition. Et ce fut génial d’être avec eux, de jouer et de gagner » expliqua Carlota Ciganda en entrant un peu plus dans le détail de tout ce qui constitue les à-côtés de la vie d’une joueuse professionnelle.

Mention spéciale à Boutier, Cernousek et Delacour

Malgré de profonds changements dans son entourage, il y a deux ans, Perrine Delacour n’arrive toujours pas à donner le meilleur d’elle-même. Elle termine cette semaine à la 44e place, certes en ayant franchi le Cut, mais de justesse. Dans ce dernier tour, néanmoins, elle signe une carte de 69, dans la moyenne de ce que les meilleures ont joué. Et à l’arrivée c’est un chèque d’un plus de 12 000 dollars, mais seulement 9,33 points de Race to CME, ce qui ne fait pas vraiment ses affaires.

Par contre, Adela Cernousek s’offre son meilleur résultat depuis le début de la saison et vient nous rassurer sur sa capacité à évoluer au contact de joueuses qui ne sont pas des novices du Tour. Elle signe une dernière carte de 67, pour un score total de –8, et fait partie des joueuses qui ont été les plus performantes de cette journée. Certes, elle laisse quatre bogey sur le parcours, mais elle a rentré neuf birdie, soit deux de plus que Ciganda et Somi Lee. Chapeau !

Enfin, Céline Boutier est venue chercher la quatrième place, à –13, soit deux coups derrière l’Espagnole, avec une carte de 67 et après avoir concédé deux bogey, en ouverture de journée. Ce qui a probablement aiguisé sa hargne et son envie de retourner cette situation à son avantage, se traduisant pas un premier birdie sur le Par 4 du trou n°3. Puis six autres birdie, jusqu’au 18. « Je pense avoir plutôt bien joué toute la semaine », déclara Boutier. « Bien sûr, la journée a débuté un peu difficilement, mais j’ai réussi à faire quelques birdie et j’ai fait preuve de patience. Je me suis donnée beaucoup d’occasions et j’ai profité des Par 5. Dans l’ensemble je suis plutôt satisfaite de mon parcours. J’ai le sentiment de m’être donné beaucoup d’occasions, tout au long de la semaine et je suis satisfaite du résultat global », confiait la numéro un Française.

Les Françaises qui ont joué ce golf qui nous met des frissons, qui nous laisse des émotions et que l’on aimerait voir plus régulièrement joué, de leur part, afin d’oublier que c’est plus souvent Nelly Korda, Akie Iwai ou une Suédoise qui captent l’attention des caméras, dans sur quatre jours de tournoi.

Souhaitons que ce ne soit pas seulement le parcours qui a permis à Boutier, Cernousek et Delacour de signer une bonne dernière journée, et qu’elles seront capables de reproduire ces résultats lors des prochains tournois.

Rendez-vous cette semaine, pour le troisième tournoi Majeur, qui sera à suivre en exclusivité sur le site internet de la LPGA.

Le classement final => ICI

La vidéo des meilleurs moments

Chevron Championship : H.R Ryu reprend la tête, Duncan en outsider !

Hae Ran Ryu et Mao Saigo prennent la tête et joueront en dernière partie ce dimanche. Mais peuvent-elles gagner ?

Cette troisième journée, de l’avis de nombreuses joueuses, fut difficile et deux groupes se sont créés. Celles qui ont subi le parcours et celles qui l’ont maîtrisé. Et la seule Française encore en lice n’a rien pu faire pour combler son handicap.

Avec une température de 31e C, et un vent faible, qui se renforça dans l’après-midi, cette journée était idéale pour jouer au golf. Sauf que les drapeaux étaient, une fois encore, placés dans des zones difficiles à atteindre, comme ce fut le cas la veille. Et sur certains trous ils étaient même à l’opposé des positions du second tour, toujours très proches des bords, notamment au 18 avec un drapeau à moins de 4 mètres du rough, près de l’eau.

Et seules 22 joueuses ont réussi à jouer sous le Par, sur les 81 joueuses qui ont franchi le Cut. Parmi elles, la Sud-coréenne Hae Ran Ryu qui signe la meilleure performance du jour en ayant joué –4 pour la journée. Toutes les autres ayant signé une carte entre 70 et 71, excepté la Japonaise Mao Saigo qui a joué 69.

Ayant retrouvé du jeu, Ryu a pu revenir en tête, d’autant que la Chinoise Yan Liu a connu un début de journée, entre bogey et birdie, et après qu’elle ait trouvé du rythme a concédé, bêtement, un double bogey, sur le par 3 du 17. Sa mise en jeu atterrissait dans le bunker, sous le green, lui laissant la possibilité de sauver le Par. Sauf que son coup fut totalement raté et sa balle se figea quelques mètres devant elle, sur le haut du bunker, dans le rough. Un second chip envoyait la balle de Liu avec trop de puissance sur le green de sorte qu’elle roula à environ 6 mètres après le mat. Deux putt furent nécessaire à la leader de la veille, pour rentrer cette balle, et ce furent deux coups de perdus, au plus mauvais moment, alors qu’elle était revenue à –9, en tête, avec Ryu. Et au 18, avec ce drapeau près de la pièce d’eau, Yan Liu joua la prudence en évitant d’attaquer le mat au second coup. Et d’ailleurs, le pouvait-elle ? En signant un Par sur ce dernier Par 5, elle sortait de cette journée un peu frustrée, à la 4e place, tout en gardant le sourire et l’ambition de bien faire dimanche.

Elle partage ce score avec l’Américaine Sarah Schmelzel qui a joué –1 ce jour, en concédant un bogey dès le trou n°1, puis en prenant un birdie au trou n°8 et un dernier sur le Par 4 du 14. « Ce parcours était tout simplement très difficile à jouer, cette après-midi » confia l’Américaine. « J’ai joué long mais le parcours est ferme avec des rebonds surprenants autour des green et un peu partout. Donc je suis simplement fière de la façon dont j’ai réussi à rester dans le coup, à réussir des putt dynamiques pour le Par, notamment à des distances de 90 centimètres, 1,20 mètre ou 1,50 mètres, en montée ou en descente » expliqua la joueuse de 30 ans qui court toujours après un premier succès sur le LPGA depuis 2019. Et c’est ici que l’on voit l’importance d’intégrer ce circuit très jeune, car à 25 ou 26 ans cela devient compliqué de s’y faire une place. « Cette journée a mis patience à rude épreuve et je suis certaine qu’il en sera de même demain », ajoutait Sarah Schmelzel.

Derrière, à –6, ce sont cinq joueuses qui sont regroupées et qui ont toutes joué sous le Par, dont Lexi Thompson, manifestement en grande forme, qui signe une carte de 70 lui ayant permis de gagner 4 places, avec Ruoning Yin, Carlota Ciganda et Ariya Jutanugarn, également dans ce groupe. Hye Jin Choi ayant rendu une carte de 71.

Caddeyée par son frère Curtis, Thompson semble en confiance et plus détendue que lorsqu’elle jouait à plein temps sur le Tour. Son putting est plus précis, et sur des green un peu plus réceptifs, dès hier, elle a commençait à bien prendre ses marques sur ce parcours, qui lui a tout de même posé quelques problèmes. Pour preuve, les quatre bogey concédés ce jour, dont trois à l’aller, qui sont compensés par six birdie, démontrant que la native de Floride a la capacité de signer un score bien plus bas que ce qu’elle a joué dans ce moving day. « J’ai eu un début de journée difficile et j’ai essayé de rester patiente. Je savais qu’il y avait des trous à birdie, même si beaucoup se sont transformés en Par et qu’il faut profiter du jeu », déclara Thompson. « Je savais que je tapais bien la balle en début de journée et que si je prenais un risque je pouvais progresser au score. Donc j’ai hâte d’être à demain et de voir ce que je peux faire », confia l’Américaine qui a remporté ce tournoi, sur le site de Rancho Mirage, en 2014 et qui, sans cette stupide pénalité en 2017, aurait fait le doublé.

Aussi, la victoire de Lexi Thompson, ce dimanche, serait-elle un double événement, puisqu’elle n’est plus à temps plein sur le circuit.

Mais une autre joueuse s’est révélée capable d’aller chercher la victoire. Elle est Américaine et a déjà battu Lexi Thompson lorsqu’elles étaient amateurs.

Lindy Duncan impose sa présence

Les passionnés du LPGA Tour se souviennent de cette joueuse qui s’est immiscée parmi les stars du circuit, en 2017, sur le Manulife LPGA Classic, en décrochant la 7e place, au terme d’une excellente prestation de golf, durant la semaine. Rookie en 2014, Lindy Duncan a désormais 34 ans, et une longue carrière professionnelle derrière elle, qui comporte un passage sur l’Epson Tour. Souvent placée et jamais récompensée, elle chemine sur le LPGA Tour, année après année, en progressant par paliers. Discrète 40e de la Race to CME, Duncan est manifestement dans une semaine où elle maîtrise les éléments, sans toutefois être très démonstrative. Pourtant, la voici à la veille du dernier tour, seule seconde, avec le score de –8, à un coup des leader, prête à saisir sa chance, avec un jeu prudent. Donc payant.

Cette bonne position au leaderboard, elle la doit à une carte très sage, vierge de bogey, comportant deux birdie au bon moment, soit le Par 5 du 13 et le Par 4 du 14. Au 13, elle eut un putt d’environ 1,50 mètres et au 14, de plus de 3 mètres. Ce qui signifie qu’elle maîtrise la vitesse de ces green, devenus plus roulants avec la météo ensoleillée du jour. Et au 18, elle a fait preuve de sagesse en jouant un coup délicat, depuis le bord d’un bunker, avec une balle dans le rough, qui a atterri à droite du green, du côté de la tribune. Et son long putt pour tenter le birdie fit passer sa balle très près du trou, avec le bon dosage de vitesse.

« Ce fut vraiment une journée difficile et c’est un euphémisme » confia l’Américaine. » Je pense avoir touché 12 green et j’ai eu de bonnes chances de birdie. Mais la plupart du temps j’étais un peu trop loin des bordures. Les drapeaux étaient très difficiles à conquérir aujourd’hui, donc il fallait rater du bon côté. Ce que j’ai fait » expliqua Duncan. « J’ai fait de bonnes balles bien arrêtées sur le green et le coup au bord du bunker du 18, à environ 37 mètres, fut le point culminant de la semaine. Donc c’était super cool de sauver le Par comme si c’était un birdie », avouait-elle.

Et dimanche, ce sera pour elle une émotion particulière que de jouer dans le dernier groupe, comme ce fut le cas aujourd’hui. Elle retrouvera la japonaise Mao Saigo, et aura l’avantage d’avoir sous ses yeux la Sud-coréenne Hae Ran Ryu, dont on connaît la capacité à passer d’une bonne à une moins bonne journée.

Saigo et Ryu, deux prétendantes à la victoire !

Si Duncan est un outsider, la Japonaise Mao Saigo, leader du classement de la meilleure rookie, et la Sud-coréenne, déjà vainqueur à deux reprises sur le LPGA Tour, sont de sérieuses prétendantes à la victoire.

A l’agonie avec son jeu hier, Ryu est sortie de cette journée avec la meilleure performance, soit le score de 68. Pour autant, sa démonstration s’est essentiellement située à l’aller, avec cinq birdie, dont quatre à la suite, après un bogey sur le Par 3 du trou n°3. Et après, ce fut le calme plat au retour, la mettant à la merci d’un retour de Duncan ou de Saigo, qui ont su trouver du birdie, sur les neuf derniers trous. Deux pour l’Américaine et un pour la Japonaise. Si ce scénario se reproduisait dimanche, c’est avec un playoff que ce tournoi pourrait s’achever.

« A l’aller ce fut un bon moment pour moi, parce que hier mes coups n’étaient pas très bons et j’ai connu des problèmes sur cette partie du parcours », confia Hae Ran Ryu. « Mais j’ai appris de ce parcours que c’est plus lié à la position des drapeaux et je veux aller vers plus de putt simples et faire quelques birdie, donc pour moi c’est ça la clé de la réussite aujourd’hui » confia la Sud-coréenne. « Mais le retour fut un véritable challenge parce que le vent a commencé à souffler fort, et les positions de drapeaux étaient très difficiles. Donc ce fut une journée très dure » ajouta Ryu.

De son côté, Mao Saigo, qui a un jeu puissant, tonique et assez précis, a en partie confirmé les propos de Duncan et de Ryu : « le parcours était dur à jouer. Donc c’était difficile de faire des birdie, et j’ai eu un peu de mal » déclara-t-elle. « Je suis assez fière de mes deux birdie rentrés avec un chip, mais je m’estime chanceuse. L’année dernière j’ai manqué le Cut d’un coup, sur ce tournoi, donc c’est important pour moi d’être capable de revenir et de jouer dans le dernier groupe du dernier jour » confia Saigo, qui va rester concentrée sur son jeu, dimanche, et jouer coup après coup, en essayant de conserver le contrôle de son mental, une stratégie que beaucoup de joueuses appliquent pour ne pas être otage de la pression face à l’enjeu.

Mais d’autres joueuses peuvent encore surgir et surprendre, telles Carlota Ciganda, Ariya Jutanugarn ou Hye-Jin Choi, même si elles accusent trois coups de retard sur Ryu et Saigo. Et La Chinoise Yan Liu ne semble pas avoir dit son dernier mot, si bien qu’il faut s’attendre à une finale serré, sans pour autant que les scores évoluent fortement.

Roussin-Bouchard dans le dur, Clemente à l’agonie mais sereine !

La seule Française en lice dans ce week-end a encore vécu une journée difficile, et fait partie des joueuses qui ont subi le parcours. Classée 58e à +4, Pauline Roussin-Bouchard n’est tire pas moins un sérieux avantage, qui est de prendre des points pour son classement à la Race to CME. Projetée à la porte du Top 100, cette semaine de Majeur n’est pas totalement perdue pour elle, en plus du chèque qui l’attend à l’arrivée.

Quant à l’Américaine de 17 ans, et amateur, Gianna Clemente, si elle s’est effondrée à cause d’une journée en +7, elle est assurée d’être sacrée meilleure amateur du tournoi, tout en ayant franchi le Cut.

Aussi, même si ces deux joueuses ont de plus en plus de mal à affronter ce parcours, elles peuvent en tirer de bonnes choses pour l’avenir.

Enfin, notons que Nelly Korda a limité la casse, malgré une balle dans l’eau sur le Par 3 du trou n°3, qui lui coûte un double bogey, avant d’en concéder un second au trou suivant. Elle aussi en lutte sur ce tracé, elle s’en sort avec deux birdie en fin de journée, lui permettant de terminer à la 35e place, parmi les joueuses qui évoluent dans le Par.

En revanche, Lilia Vu, victorieuse de ce Majeur lors de la première édition, s’est effondrée à +7 après une journée en 78, alors que Pernilla Lindberg, elle aussi lauréate de ce tournoi sur le parcours de Rancho Mirage, ferme la marche avec un score très lourd de +12 et une troisième carte de 82. Quant à Lydia Ko, elle est 58e à +4, avec Brooke M.Henderson, preuve que même les meilleures n’ont pas été capables de surmonter les difficultés que l’organisation a judicieusement mis en place, pour faire de ce Majeur, une épreuve digne d’un US Women’s Open.

Rendez-vous, à 21h00, sur le site internet de la LPGA, pour suivre un dernier tour pour lequel il est impossible de prédire la victoire de telle ou telle joueuse, tellement l’issue de ce Majeur reste incertain.

Le classement provisoire => ICI

Les meilleurs coups du jour

L’interview de Carlota Ciganda