
Ce fut une troisième journée intéressante et très révélatrice en matière de cohésion de groupe et de capacité pour chaque équipe à résister aux pièges du parcours. Solidement en tête depuis deux jours, la paire Kupcho / Maguire a connu une journée plus compliquée tandis que d’autres équipes se sont mieux adaptées au parcours.
L’association entre l’Américaine Kupcho et l’Irlandaise Maguire fonctionne. Mais les petites erreurs n’ont pas pu être aussi bien compensées que lors du premier tour. Le team leader depuis deux jours a concédé quatre bogey et n’a signé que deux birdie, ayant comme conséquence de le rétrograder à deux coups du nouveau team leader, ce qui n’entame pas leur moral pour autant : « je pense que ça nous donne une chance pour demain », déclara Leona Maguire. « Je n’ai vraiment rien fait aujourd’hui, mais j’ai essayé de rester patiente et de continuer à me donner des chances et j’y suis finalement parvenu sur les derniers trous », ajoutait l’Américaine. « Et j’ai réussi quelques putt », complétait-elle. De son côté, Jennifer Kupcho signa deux beaux birdie en fin de journée, sur le 17 et le 18, dont un à environ 5 mètres. « Nous ne nous sommes pas beaucoup parlé. Personnellement, j’ai juste laissé quelques putt courts. J’ai frappé quelques bons coups qui ont finalement mal tourné », déclara l’Américaine. « J’ai le sentiment que nous avons pris les choses comme elles se sont présentées et que nous avons continué à nous battre », précisait-elle.
Néanmoins, malgré ces erreurs, l’Américaine et l’Irlandaise n’ont que deux coups de retard sur la paire Schmelzel / Maguire a pris les commandes avec le score de –13.
Trop de virgules pour Schmelzel
C’est donc une nouvelle équipe qui trône en haut du classement provisoire, avec l’association de deux joueuses disposant d’un tempérament très affirmé. Connue pour sa combativité, et parfois sa capacité à se frustrer facilement, comme Kupcho, Sarah Schmelzel est associée à la Suissesse Albane Valenzuela symbolisant une sorte de pacte de non agression entre deux joueuses qui ont évolué, chacune, dans leur équipe de Solheim Cup. Cette prise de contrôle est avant tout due au fait que les autres team ont eu du mal à faire chauffer le putter, et notamment Kupcho et Maguire qui ont joué +2, ainsi que Dryburgh et Porter ont joué +3. Mais l’Américaine Sarah Schmelzel n’a pas été exceptionnelle au putting, également. Elle a manqué quelques opportunité, occasionnant des virgules. Comme sur le green du 12, avec ce putt à environ 4 mètres pour birdie, ou celui sir le green du 16, qui s’est également soldé par une virgule. Heureusement, la cohésion de groupe à su maintenir cette équipe dans une bonne dynamique. « Albane a fait du bon travail, alors que je n’ai pas fait quelque chose d’exceptionnel, pour me maintenir dans le coup », confiait Schmelzel. « Tout est une question de régularité, afin de ne pas mettre son partenaire en difficulté », ajoutait l’Américaine. « J’ai laissé Sarah frapper la première, car elle tape très droit. Et je n’ai eu, ensuite, qu’à l’imiter. Nous nous amusons vraiment bien. Le quatre balles est une bonne formule de jeu car on peut être plus agressif. Je pense que nous avons un bon plan de jeu et avec nos caddies l’ambiance est bonne, alors nous allons faire pareil demain », expliqua Albane Valenzuela, qui tient, peut-être, sa première victoire sur le Tour, comme Schmelzel.
Roussin-Bouchard et De Roey peuvent y croire !
C’est une semaine jusqu’ici rondement menée pour la paire francophone composée de la Belge Manon De Roey et de la Française Pauline Roussin-Bouchard. Elles n’ont pas eu la partie facile, comme la majorité des autres joueuses, mais elles sont toujours au contact, à un coup de la tête, après avoir joué difficilement –1, dans ce 3e tour. De Roey comme Roussin-Bouchard sont parties à la faute. Et sur la carte cela se traduit par deux bogey et surtout trop de Par quand les birdie étaient à leur portée. Quelques balles ont trouvé des bunker, mais le moment qui fut le plus pénalisant fut cette attaque green manquée par la Française, laissant sa balle dans la pente sous le green. De Roey fut chargée d’amener cette balle sur le green, mais la belge manquait son coup et laissa cette balle en haut de la pente, à la limite du pré green. Roussin-Bouchard n’appuya pas assez son chip laissant à De Roey encore un peu de travail pour mettre la balle dans le trou. Ce fut le bogey du trou n°15 qui aurait pu, en étant évité, mettre la paire franco belge, à égalité en tête, avec Schmelzel et Valenzuela.
Sachant qu’elles aussi ont eu la possibilité de rentrer plus de birdie et de s’envoler avec un –15 ou un –16. Et ce dimanche, l’histoire ne serait plus du tout la même, avec un dernier tour en quatre balles qui promet encore des scores très bas. « Cette journée fut vraiment intéressante », confiait De Roey. « Il nous a fallu un certain temps pour nous y mettre, me semble-t-il ? », ajoutait la joueuse Belge. « Je confirme », reprit Roussin-Bouchard. « Ce n’est pas que nous étions stressées, c’est simplement que l’élan n’est pas venu tout de suite. Il y a eu un putt décisif au trou n°5 pour faire le Par. Et je pense qu’après ça, nous avons été un peu plus détendues », expliquait la Française. « En fait, le score n’avait pas vraiment d’importance. Nous nous sommes juste bien amusées. Mais j’ai quand même gâché pas mal de chansons », confia la Française qui semble totalement détachée du fait qu’elle est à un coup de pouvoir signer une première victoire, essentielle, sur le LPGA Tour. Une légèreté qui inquiète car on s’attend, de la part de ces deux joueuses, à plus de concentration sur la victoire.
Evoluant pour la première fois dans ce tournoi, Manon De Roey se dit très motivée pour aborder le dernier tour, avec un format de jeu que les deux joueuses apprécient. « C’est mon tournoi favoris », confia Pauline Roussin-Bouchard. « C’est ce que je disais à Manon un peu plus tôt. On a l’impression d’être dans une bulle, car il n’y a pas grand chose autour. Les gens sont simplement géniaux », lâcha la Française qui semble plus passionnée par les émotions qu’elle peut vivre, que par la possibilité d’être la quatrième Française a entrer dans le cercle des vainqueurs, sur le LPGA Tour.
Mais c’est sans doute sa manière de vivre sa condition de joueuse professionnelle, et nous verrons, ce dimanche, si c’est celle qui permet d’aller chercher la victoire.
Une victoire qui devrait encore se jouer à un coup d’écart, si l’on en juge par les cartes rendues au second tour, en Fourballs. Mais avec déjà trois tours dans les jambes, et les petites faiblesses que chaque équipe ont fait apparaître, le vainqueur n’est peut-être pas là où le cherche.
Sung Hyun Park et Ina Yoon en outsider
Une équipe creuse son sillon sans faire de bruit, mais les deux Sud-coréennes sont bien là, à –11, après un troisième tour en –3. Avec la paire composée de Lauren Hartlage et Brooke Mathews, -3 est l’un des meilleurs scores du jour, inscrit dans le haut du tableau. Le record étant pour Cheyenne Knight et Elizabeth Szokol qui ont joué -5, dans cette formule de jeu. Si chacun a déjà pu apprécier les compétences de Ina Yoon, rookie cette année, et que les plus avertis connaissant le potentiel de Park, il faut admettre que cette dernière n’est plus du tout au même niveau que lorsqu’elle dominait le Tour. A 31 ans, Sung Hyun Park, malgré ses 7 victoires et ses deux Majeurs, ne parvient que difficilement à franchir les Cut. En fait, elle n’en a passé que deux, avec ce tournoi, cette saison. Mais en étant associée à Ina Yoon, Park semble avoir retrouvé la capacité à bien faire. Pour preuve, vendredi, elle n’a pas concédé de bogey, tout en réalisant six birdie des dix que son équipe a marqués. « Je suis vraiment fière de jouer avec elle », confia Ina Yoon, à 22 ans. « Vous savez, elle est mon modèle. Elle a donné le meilleur aujourd’hui. Elle m’a donné plein de chance de birdie. C’est la raison pour laquelle nous en avons autant inscrit », ajoutait le jeune rookie, tandis que Sun Young Park, toujours égale à elle-même, est restée discrète durant l’interview.
Il suffirait donc que les autres équipes soient moins à l’aise dans cette dernière journée, pour que la paire Yoon / Park surgisse de la 4e place et s’impose avec un petit coup d’avance. A moins qu’il y ait un supplément de jeu, avec deux ou trois équipe en playoff. Ce qui ne serait pas une surprise.
Pour le savoir, rendez-vous, ce soir, à partir de 21h00, sur le site internet de la LPGA, pour suivre ce dernier tour, avec l’option d’un victoire franco belge.
Le classement provisoire => ICI
La vidéo des meilleurs coups du jour