Dow Championship : Roussin-Bouchard / De Roey à un coup de la tête !

Ce fut une troisième journée intéressante et très révélatrice en matière de cohésion de groupe et de capacité pour chaque équipe à résister aux pièges du parcours. Solidement en tête depuis deux jours, la paire Kupcho / Maguire a connu une journée plus compliquée tandis que d’autres équipes se sont mieux adaptées au parcours.

L’association entre l’Américaine Kupcho et l’Irlandaise Maguire fonctionne. Mais les petites erreurs n’ont pas pu être aussi bien compensées que lors du premier tour. Le team leader depuis deux jours a concédé quatre bogey et n’a signé que deux birdie, ayant comme conséquence de le rétrograder à deux coups du nouveau team leader, ce qui n’entame pas leur moral pour autant : « je pense que ça nous donne une chance pour demain », déclara Leona Maguire. « Je n’ai vraiment rien fait aujourd’hui, mais j’ai essayé de rester patiente et de continuer à me donner des chances et j’y suis finalement parvenu sur les derniers trous », ajoutait l’Américaine. « Et j’ai réussi quelques putt », complétait-elle. De son côté, Jennifer Kupcho signa deux beaux birdie en fin de journée, sur le 17 et le 18, dont un à environ 5 mètres. « Nous ne nous sommes pas beaucoup parlé. Personnellement, j’ai juste laissé quelques putt courts. J’ai frappé quelques bons coups qui ont finalement mal tourné », déclara l’Américaine. « J’ai le sentiment que nous avons pris les choses comme elles se sont présentées et que nous avons continué à nous battre », précisait-elle.

Néanmoins, malgré ces erreurs, l’Américaine et l’Irlandaise n’ont que deux coups de retard sur la paire Schmelzel / Maguire a pris les commandes avec le score de –13.

Trop de virgules pour Schmelzel

C’est donc une nouvelle équipe qui trône en haut du classement provisoire, avec l’association de deux joueuses disposant d’un tempérament très affirmé. Connue pour sa combativité, et parfois sa capacité à se frustrer facilement, comme Kupcho, Sarah Schmelzel est associée à la Suissesse Albane Valenzuela symbolisant une sorte de pacte de non agression entre deux joueuses qui ont évolué, chacune, dans leur équipe de Solheim Cup. Cette prise de contrôle est avant tout due au fait que les autres team ont eu du mal à faire chauffer le putter, et notamment Kupcho et Maguire qui ont joué +2, ainsi que Dryburgh et Porter ont joué +3. Mais l’Américaine Sarah Schmelzel n’a pas été exceptionnelle au putting, également. Elle a manqué quelques opportunité, occasionnant des virgules. Comme sur le green du 12, avec ce putt à environ 4 mètres pour birdie, ou celui sir le green du 16, qui s’est également soldé par une virgule. Heureusement, la cohésion de groupe à su maintenir cette équipe dans une bonne dynamique. « Albane a fait du bon travail, alors que je n’ai pas fait quelque chose d’exceptionnel, pour me maintenir dans le coup », confiait Schmelzel. « Tout est une question de régularité, afin de ne pas mettre son partenaire en difficulté », ajoutait l’Américaine. « J’ai laissé Sarah frapper la première, car elle tape très droit. Et je n’ai eu, ensuite, qu’à l’imiter. Nous nous amusons vraiment bien. Le quatre balles est une bonne formule de jeu car on peut être plus agressif. Je pense que nous avons un bon plan de jeu et avec nos caddies l’ambiance est bonne, alors nous allons faire pareil demain », expliqua Albane Valenzuela, qui tient, peut-être, sa première victoire sur le Tour, comme Schmelzel.

Roussin-Bouchard et De Roey peuvent y croire !

C’est une semaine jusqu’ici rondement menée pour la paire francophone composée de la Belge Manon De Roey et de la Française Pauline Roussin-Bouchard. Elles n’ont pas eu la partie facile, comme la majorité des autres joueuses, mais elles sont toujours au contact, à un coup de la tête, après avoir joué difficilement –1, dans ce 3e tour. De Roey comme Roussin-Bouchard sont parties à la faute. Et sur la carte cela se traduit par deux bogey et surtout trop de Par quand les birdie étaient à leur portée. Quelques balles ont trouvé des bunker, mais le moment qui fut le plus pénalisant fut cette attaque green manquée par la Française, laissant sa balle dans la pente sous le green. De Roey fut chargée d’amener cette balle sur le green, mais la belge manquait son coup et laissa cette balle en haut de la pente, à la limite du pré green. Roussin-Bouchard n’appuya pas assez son chip laissant à De Roey encore un peu de travail pour mettre la balle dans le trou. Ce fut le bogey du trou n°15 qui aurait pu, en étant évité, mettre la paire franco belge, à égalité en tête, avec Schmelzel et Valenzuela.

Sachant qu’elles aussi ont eu la possibilité de rentrer plus de birdie et de s’envoler avec un –15 ou un –16. Et ce dimanche, l’histoire ne serait plus du tout la même, avec un dernier tour en quatre balles qui promet encore des scores très bas. « Cette journée fut vraiment intéressante », confiait De Roey. « Il nous a fallu un certain temps pour nous y mettre, me semble-t-il ? », ajoutait la joueuse Belge. « Je confirme », reprit Roussin-Bouchard. « Ce n’est pas que nous étions stressées, c’est simplement que l’élan n’est pas venu tout de suite. Il y a eu un putt décisif au trou n°5 pour faire le Par. Et je pense qu’après ça, nous avons été un peu plus détendues », expliquait la Française. « En fait, le score n’avait pas vraiment d’importance. Nous nous sommes juste bien amusées. Mais j’ai quand même gâché pas mal de chansons », confia la Française qui semble totalement détachée du fait qu’elle est à un coup de pouvoir signer une première victoire, essentielle, sur le LPGA Tour. Une légèreté qui inquiète car on s’attend, de la part de ces deux joueuses, à plus de concentration sur la victoire.

Evoluant pour la première fois dans ce tournoi, Manon De Roey se dit très motivée pour aborder le dernier tour, avec un format de jeu que les deux joueuses apprécient. « C’est mon tournoi favoris », confia Pauline Roussin-Bouchard. « C’est ce que je disais à Manon un peu plus tôt. On a l’impression d’être dans une bulle, car il n’y a pas grand chose autour. Les gens sont simplement géniaux », lâcha la Française qui semble plus passionnée par les émotions qu’elle peut vivre, que par la possibilité d’être la quatrième Française a entrer dans le cercle des vainqueurs, sur le LPGA Tour.

Mais c’est sans doute sa manière de vivre sa condition de joueuse professionnelle, et nous verrons, ce dimanche, si c’est celle qui permet d’aller chercher la victoire.

Une victoire qui devrait encore se jouer à un coup d’écart, si l’on en juge par les cartes rendues au second tour, en Fourballs. Mais avec déjà trois tours dans les jambes, et les petites faiblesses que chaque équipe ont fait apparaître, le vainqueur n’est peut-être pas là où le cherche.

Sung Hyun Park et Ina Yoon en outsider

Une équipe creuse son sillon sans faire de bruit, mais les deux Sud-coréennes sont bien là, à –11, après un troisième tour en –3. Avec la paire composée de Lauren Hartlage et Brooke Mathews, -3 est l’un des meilleurs scores du jour, inscrit dans le haut du tableau. Le record étant pour Cheyenne Knight et Elizabeth Szokol qui ont joué -5, dans cette formule de jeu. Si chacun a déjà pu apprécier les compétences de Ina Yoon, rookie cette année, et que les plus avertis connaissant le potentiel de Park, il faut admettre que cette dernière n’est plus du tout au même niveau que lorsqu’elle dominait le Tour. A 31 ans, Sung Hyun Park, malgré ses 7 victoires et ses deux Majeurs, ne parvient que difficilement à franchir les Cut. En fait, elle n’en a passé que deux, avec ce tournoi, cette saison. Mais en étant associée à Ina Yoon, Park semble avoir retrouvé la capacité à bien faire. Pour preuve, vendredi, elle n’a pas concédé de bogey, tout en réalisant six birdie des dix que son équipe a marqués. « Je suis vraiment fière de jouer avec elle », confia Ina Yoon, à 22 ans. « Vous savez, elle est mon modèle. Elle a donné le meilleur aujourd’hui. Elle m’a donné plein de chance de birdie. C’est la raison pour laquelle nous en avons autant inscrit », ajoutait le jeune rookie, tandis que Sun Young Park, toujours égale à elle-même, est restée discrète durant l’interview.

Il suffirait donc que les autres équipes soient moins à l’aise dans cette dernière journée, pour que la paire Yoon / Park surgisse de la 4e place et s’impose avec un petit coup d’avance. A moins qu’il y ait un supplément de jeu, avec deux ou trois équipe en playoff. Ce qui ne serait pas une surprise.

Pour le savoir, rendez-vous, ce soir, à partir de 21h00, sur le site internet de la LPGA, pour suivre ce dernier tour, avec l’option d’un victoire franco belge.

Le classement provisoire => ICI

La vidéo des meilleurs coups du jour

US Women’s Open : le Cut pour les Françaises, la tête pour Saigo !

La Japonaise Saigo est en tête, avec deux coups d’avance (Poto: USGA)

Le radar de l’USGA est finalement peu fiable, car après avoir annoncé de la pluie pour ces deux premières journées, c’est surtout le vent qui a été présent, alors que le soleil a maintes fois son apparition. Jusqu’à la fin d’après-midi où un orageuse est venu interrompre le jeu, tandis que l’essentiel du leaderboard était figé !

La corne de brume a retenti à 18h32, signalant un jeu dangereux en raison d’un orage qui approchait dans la zone de ce 80e US Women’s Open. Avant cela, l’essentiel du classement avait été figé, avec un Cut à +1 qui venait de qualifier, d’un côté, celles qui avaient su tirer partie des difficultés de ce tracé, et celles qui s’y étaient perdues.

Parmi les joueuses éliminées, ont retient surtout l’Américaine Lilia Vu, classée 154e avec le lourd score de +18. Dès la première journée, l’ancienne numéro un mondial avait joué 80, condamnant sa situation. Lors de ce second tour, elle a joué 82 accentuant sa descente aux enfers, et jamais elle n’aura réussi à trouver plus d’un birdie durant ces deux tours.

La Suissesse Kim Metraux quitte également ce tournoi, sans trop de surprise, puisque comme Lilia Vu, elle était tombée dans le piège du Erin Hills le jeudi, avec une carte de 81.

Dernière qualifiée pour participer à ce tournoi, l’Américaine Dana Fall termine 143e à +11, et cette joueuse qui fait le yoyo entre l’Epson Tour et le LPGA Tour n’avait qu’une faible cote auprès des parieurs. Pour ne pas dire aucune.

Nettement mieux cotée, l’Américaine Megan Khang a été régulière avec deux cartes de 77, et c’est là la seconde surprise, avec Lilia Vu, après l’établissement de ce Cut.

Parmi les autres têtes d’affiche à avoir vécu un mauvais moment sur ce tracé, il y a la Thaïlandaise Jasmine Suwannapura, l’Américaine Lindy Duncan qui fut en playoff du Chevron Championship, la Sud-coréenne Jiyai Shin, l’Espagnole Carlota Ciganda, mais aussi la Japonaise Ayaka Furue, l’Allemande Sophia Popov qui manque encore de compétition, malgré sa récente victoire sur l’Epson Tour, l’Irlandaise Leona Maguire, mais surtout la Thaïlandaise Atthaya Thitikul sur qui beaucoup comptait pour animer ce week-end.

L’actuelle veste bleue du LPGA Tour, aux 5 victoires, et leader de la Race to CME, avait mal débuté ce tournoi en jouant 75. Dans le second tour, Thitikul jouait le Par, ce qui fut insuffisant pour combler son handicap. Elle termine 76e avec Moriya Jutanugarn, et devant la Sud-coréenne Hyo-Joo Kim, elle aussi valeur sûre du circuit mondial féminin.

Enfin, il y a ces lauréates de l’US Women’s Open telles JeongEun Lee6, Sung Hyun Park et la Japonaise Yuka Saso, doublement titrée, qui passent à la trappe. Saso échoue d’un coup, après une carte de 74 le premier jour, et une seconde journée dans le Par.

Mais elle n’est pas la seule à se voir privé d’un fabuleux week-end. Lexi Thompson et Rose Zhang passent à la trappe, en ayant flirté ce vendredi avec la ligne de Cut. Après un aller en 35, assez bien maîtrisé et comportant 8 Par et un birdie, l’Américaine s’effondrait sur le retour en accumulant trop de putt manqués, alors que globalement sont jeu fut assez bien construit. Les green ont eu raison de la floridienne qui semblait déterminée à réaliser un bon résultat dans ce tournoi où elle termina 2e en 2019, derrière JeongEun lee6. Et il y a désormais de fortes chances qu’elle ne remporte jamais ce tournoi Majeur.

De son côté, Rose Zhang ne doit son élimination qu’à une mauvaise approche sur le Par 4 du trou n°17, alors qu’elle était à +1, et qualifiée. Son chip laissa sa balle un peu loin du mat et le putt devint subitement plus compliqué, pour sauver le Par. Quant au 18, c’est encore une approche très loin à droite du mat, qui va occasionner deux putt, pour le Par.

Enfin, la Taiwanaise Yani Tseng, partie du Tee n°10 à 12h52, s’est bien battue et semble avoir retrouvé un jeu solide. Mais les putt manqués sur le Par 4 du trou n°5, et celui sur le Par 3 du 6 ont pensé lourd, et le dernier birdie arrachée sur le Par 3 du 9, qui planta le mat, ne permit à l’ancienne numéro un mondial, reconnue encore aujourd’hui comme une joueuse exceptionnelle, de la qualifier. Mais en revanche elle sortit green avec le sourire, ce qui en dit long sur quelle a gagné sur elle-même, durant ces deux jours.

Woad en tête des amateurs

Il n’y a pas que les professionnelles qui sont observées dans ce tournoi. Les joueuses amateurs ont également toute l’attention du public et des observateurs. Si l’on regrette l’élimination de l’Américaine de 16 ans, Asterisk Talley, et de l’Espagnole Carla Bernat Escuder, on est peu surpris de voir l’Anglaise Lottie Woad poursuivre l’aventure. Actuelle numéro un mondial amateur, vainqueur de l’Augusta National Women’s Amateur, en 2024, et presque coiffée sur le fil par Bernat Escuder, cette année, Woad continue d’écrire les pages de sa jeune carrière golfique, en se retrouvant 19e à –2, parmi celles qui ont su dompter ce parcours, où plutôt faire preuve de patience et de plus de stratégie. Et en prime, elle a amélioré son score en jouant 70 contre 72 le premier jour. La voici en tête du groupe des amateurs qualifiées par le Cut, et qui sont au nombre de 6, tout en partageant cette position avec l’Américaine Rayee Feng.

Ce week-end sera donc l’occasion de découvrir un peu plus cette jeune joueuse, actuellement 12e mondial, et âgée de 17 ans. Parmi les autres amateurs en lice ce week-end, se trouve la Colombienne Maria José Marin, l’Espagnole Carolina Lopez-Chacarra, et les Américaines Kiara Romero et Farah O’Keefe. 

Saigo en tête, Korda efficace !

Les Japonaises ont cédé un peu terrain dans cette seconde journée, alors qu’elles étaient quatre dans le Top 10, après la première journée. Leader la veille, Rio Takeda a simplement joué +1 dans ce second tour, ce qui a suffit à la rétrograder à la 12e place. Preuve, une fois encore, qu’il ne faut pas faire beaucoup d’erreur sur ce parcours, pour dégringoler au classement. A l’inverse, sa compatriote Mao Saigo, rookie l’an dernier et vainqueur du premier Majeur de la saison, a foudroyé le parcours en jouant –6 dans cette journée. Et il s’en est fallu de peu pour qu’elle signe une carte vierge de bogey. Partie du Tee n°10, à 07h51, en compagnie de Minjee Lee et de Jin Young Ko, Saigo fut victime d’un très mauvais chip, pour sortir du rough, sous le green, au second coup. Sa balle fila dans le bunker à droite, et ce fut un coup de gaspillé pour approcher le mat. Sa sortie de bunker amena sa balle derrière le mat, et la Japonaise eut besoin de deux putt pour rentrer sa balle, concédant bêtement un bogey. Et les deux birdie de la fin de sa journée (16 et 18), lui permirent de prendre les commandes de 80e US Women’s Open, avec ce que l’on peut qualifiée de « petit matelas ». Car deux coups d’avance c’est assez confortable sur ce parcours. « Aujourd’hui, les conditions de jeu ont été meilleures que hier. C’est la raison pour laquelle j’ai réalisé de meilleurs coups et de bien meilleurs putt », confiait Saigo en sortant du parcours. « Et cela m’a aidé à signer un meilleur score et faire ce bon résultat », ajoutait-elle.

Bien sûr, on ne manqua pas de demander à la Japonaise de comparer son score aux hommes, et notamment à celui de Koepka, comme s’il y avait un point commun avec la finesse du jeu des féminines, et la brutalité de celui des hommes. Et Saigo de déclarer que la seule chose qu’elle pouvait répondre c’est qu’elle a fait de son mieux, évacuant une question aussi vide de sens.

En revanche, questionnée sur sa stratégie pour le week-end, elle répondit : « pour les deux prochaines journées, je vais pouvoir jouer avec de bonnes joueuses, et je suis reconnaissante pour cette opportunité. Et cela va sera revigorant pour moi », concluait humblement la Japonaise, en lice pour un second Majeur, cette année.

Mais la partie ne sera pas facile pour elle, car la numéro un mondial, Nelly Korda, a fourni son effort, aux côtés de Lexi Thompson et de Charley Hull. Korda signe un excellent second tour en –5, loin de ce que camarades de jeu ont pu produire. Hull ayant joué dans le Par.

Comme à son habitude, l’Américaine tire les leçons d’une mauvaise journée et parvient régulièrement à améliorer ses scores, tour après tour. Mais ici, sur ce parcours, même si le vent fut moins présent pour les parties du matin, l’Américaine a été exceptionnelle de maîtrise. Elle ne laisse que deux bogey, un à l’aller et l’autre au retour, tout en ayant réalisé quatre birdie sur l’aller et trois sur le retour, jugé plus difficile, et qui fut son aller. « Pour être honnête, j’ai réalisé de très bons putt, hier. J’ai placé la balle exactement où je voulais, mais elles ne rentraient pas. Aujourd’hui, j’ai fait la même chose et je n’ai pas vraiment essayé de faire autre chose », confia Korda. « J’ai essayé de faire rouler la balle vers le trou. Mon contrôle des distances a été bon et j’espère pouvoir continuer sur cette lancée », complétait l’Américaine qui semble tout miser sur son putting, en ayant démontré la solidité de son long jeu, essentiel ici.

A égalité à –5 avec Korda, il y a la lauréate du British Women’s Open 2019, et également Japonaise. Hinako Shibuno refait parler d’elle alors que depuis plusieurs mois elle était peu présente dans le haut d’un classement. Son année 2024 fut même assez terne avec 9 Cut manqués, mais une seconde place à l’US Women’s Open ! Et voilà sans doute la caractéristique de cette joueuse, qui est de savoir jouer son meilleur jeu quand l’enjeu est important et le parcours difficile.

Après une première journée en 70, Shibuno signe une carte de 69, comportant également deux bogey, qui sont quasiment inévitables sur ce tracé. La Japonaise évolua l’après-midi, où le vent fut d’abord assez faible, puis une brève pluie fit son apparition. Et enfin le vent se renforça, jusqu’à amener une dépression orageuse.

« La météo a été très différente des prévisions. C’est vraiment particulier à Erin Hills », confia Shibuno. « Je pense que c’est similaire à l’Ecosse, et même si le vent n’était pas aussi fort que je le pensais, j’ai eu de la chance aujourd’hui », ajoutait-elle, tout en précisant qu’elle n’a pas changé de plan de jeu par rapport à la veille, et être satisfaite de ne pas avoir concédé de trois putt.

Une autre joueuse est apparue dans ce haut du tableau, en la personne de l’Américaine Sarah Schmelzel. Classée 19e hier, Schmelzel signe une belle carte de 68, en étant partie du Tee n°10 à 13h03. Un aller qu’elle a parfaitement dominé, pour ne pas dire laminé, en ayant trouvé, sur cette partie du parcours pourtant réputée plus compliquée, cinq birdie et trois Par. Et c’est entre le Par 4 du 11 et le Par 3 du 16 que l’Américaine a réalisé sa progression. Car au retour, ce fut plus calme, avec le vent qui se leva, une fine pluie qui tomba, occasionnant un bogey sur le Par 5 du trou n°7, au milieu d’une mer de Par, parfois bien sauvés. « C’est vraiment super de prendre un bon départ. J’ai bien joué le Par sur le 10 et ensuite j’ai réussi à jouer entre 3 et 5 mètres du trou. J’ai eu de la chance de réussir tous ces putt, ce qui n’arrive pas souvent », confia l’Américaine qui était sortie de l’ombre au Ford Championship, l’an dernier, en jouant 63 lors du second tour et se placer dans le Top 10, dont elle sortira 8e, au terme des quatre tours.

Et peu avant, en Chine, lors du Bleu Bay, Schmelzel avait terminé seconde sans jamais avoir concédé une seule carte dans les 70. Cependant, même si elle a déjà fait la démonstration de sa capacité à jouer bas, elle n’était pas, jusqu’ici, de ces joueuses attendues en haut du leaderboard, dans ce Majeur.

Les Suédoises en force

Après les Japonaises au premier tour, voici que ce sont les Suédoises qui frappent fort dans ce second tour. Alors qu’elle était en mauvaise posture la veille, Anna Nordavist, désormais capitaine de la prochaine Solheim Cup, a réussi à inverser la vapeur en jouant –3, pour remonter au-dessus de la ligne de Cut. La voici 44e à +1, avec les Françaises.

Ingrid Lindblad, ancienne numéro un amateur et récemment vainqueur sur le LPGA Tour, dans sa saison de rookie, comme elle l’a fait sur l’Epson Tour l’an dernier, confirme son talent en se positionnant à la 37e place, dans le par, tandis que Madelene Sagstrom, vainqueur du tournoi en Match play, à Las Vegas, s’installe à la 12e position à –3, avec une journée en –2. Puis, c’est l’ancienne numéro un européenne, Linn Grant, qui se place 8e, avec la Suissesse Chiara Tamburlini, elle aussi vainqueur de l’Ordre du mérite du LET, en 2024. Tamburlini qui tente de pénétrer ce circuit américain et qui vient d’envoyer un message clair. Celui signifiant que son échec à la Q-série est de l’histoire ancienne et qu’elle pourrait bien tenter, cette année, d’aller chercher sa carte pour la saison 2026 du LPGA Tour.

« J’ai bien terminé cette journée », confia Linn Grant. « Je pense que j’ai été investi d’un bon golf toute la journée, avec beaucoup de birdie à la clé. Mais les green son encore très rapides, et je ne suis pas très familière avec ça », expliquait-elle. « J’ai eu beaucoup de putt en descente et j’ai essayé de les réaliser au plus près du trou. Mais je n’y suis pas parvenu », ajoutait la Suédoise, qui voit son ancienne rivale Européenne et compatriote Maja Stark, rester dans le haut du classement, à la seconde place, à –5, où Yealimi Noh et A Lim Kim sont également apparues.

Les Françaises juste au-dessus du Cut

C’est un ouf de soulagement que le clan Français a poussé, dans la soirée, en voyant Céline Boutier effacer son bogey du 14, qui venait de la disqualifier. Ce putt pour birdie sur le Par 4 du 15, fut une belle réponse et surtout la preuve que la numéro un Française est partie à la faute comme la plupart des joueuses, à cause du parcours et non à cause de son jeu. Néanmoins, elle est 44e à +1, bien loin de la tête, et remonter dans le haut du classement ne sera pas chose aisée pour elle, ce week-end. Par plus que pour Pauline Roussin-Bouchard, qui a également joué +2, dans cette journée, et qui est aussi 44e.

Laquelle des deux Françaises a la plus grosse marge de progression sur ce tracé, et avec ces conditions de jeu ? c’est ce que nous verrons dès ce moving day.

Terminons sur la présence de 5 anciennes lauréates de cet US Women’s Open, avec A Lim Kim, Ariya Jutanugarn dont tout le monde se réjouit de la voir si bien placée, de Minjee Lee, également vainqueur chez les Juniors de l’Omnium américain, de In Gee Chun, qui semble avoir laissé derrière elle une période psychologique très difficile, et de Allisen Corpuz, qui avait dominé Pebble Beach et qui rentre dans ce champ des 60 meilleures, et ex æquo, de justesse. Grâce à un birdie sur le Par 5 du 7, à deux trous de terminer sa journée !

Ce second tour, après avoir vécu une interruption de jeu à 18h32, à cause de lorage qui progressait en direction du parcours, a pu reprendre une heure plus tard, et fut finalement interrompu à 20h25, en raison du manque de luminosité. 12 joueuses doivent encore terminer leur parcours, dont l’Américaine Ameri Avery, actuellement 29e à -1… sans ses clubs !

Anecdote

L’Américaine Ameri Avery a joué des clubs de prêt, car son petit ami, en prenant l’avion le matin même, a emporté par erreur le sac de la joueuse, en le confondant avec le sien. C’est donc l’Australienne Gabriela Ruffels, ancienne partenaire universitaire de Avery, qui prêta ses clubs à l’Américaine, puisqu’elles ont le même équipementier, à savoir TaylorMade. Ce n’est donc pas Gaby Lopez, comme annoncé sur Canal Plus Sport, hier, soir, qui a prêté ses clubs.

Le classement provisoire => ICI