
Après trois jours de compétition, en Suède, L’Espagnole Amaia Latorre remporte sa première victoire, face à la Suédoise Isabel Ekstrom, qui semblait, pourtant avoir la situation en main.
Dès la première journée, aucun signe ne permettait de penser que l’Espagnole de 27 ans, qui est passée professionnelle tardivement, à 24 ans, serait la joueuse vainqueur.
En revanche, la Suédoise Isabell Ekstrom pointait déjà dans le Top 10, à la 6e à –1, alors que sa compatriote Edit Hertsman était en tête à –4.
De leur côté, les neuf engagées dans cette épreuve, étaient disséminées au travers du classement, avec comme meilleure d’entre elles, au terme du premier tour, la joueuse vétéran de 37 ans, Lucie André, qui cherche un dernier souffle à son parcours pro, sur le Letas, en ayant perdu la possibilité de jouer sur le LET à temps plein. D’ailleurs, Lucie André n’est même plus référencé, sur le site internet du LET, parmi les joueuses membres du circuit, alors que la Suédoise Helen Alfredson, vainqueur sur le LPGA Tour, et plus récemment en Majeur sur le Legends of the LPGA, y a toujours sa place.
Il fallait alors déplacer son regard plus bas dans le classement, vers ces quelques joueuses qui constituent le nouvel espoir du golf féminin Français, au niveau européen, pour trouver Loïs Lau, 23 ans, à la 30e place à +2, puis Marine Griffaut, 24 ans, et déjà victorieuse, à la 82e place à +6, accompagnée de l’amateur Gala Dumez. Puis, Manon Donche-Gay, 24 ans, en grande difficulté à +11, à la 107e place.
Et chacun de comprendre que cette nouvelle semaine de golf de la seconde division européenne d’être compliquée pour les tricolores.
Ekstrom en tête au second tour !
La seconde journée apportait quelques surprises et évolution au leaderboard, avec la prise de pouvoir de la Suédoise Ekstrom, qui prit seule la tête, à –5, devant l’Espagnole de 27 ans, Maria Parra, qui possède deux victoires sur ce circuit, tout en ayant évolué aux Etats-Unis, sur le Symetra Tour, devenu l’Epson Tour.
L’Espagnole Amaia Latorre relevait la tête, après sa première journée dans le Par, en signant une seconde carte de 70.
Du côté des Françaises, Lucie André faisait parler son expérience et restait au contact, à la 6e place, à –2, sans pour autant jouer très bas. C’est une seconde carte de 71 qui lui permettait d’assurer ce Top 10 provisoire, au milieu de joueuses qui plus en difficulté.
André et Latorre étant les deux seules joueuses à –2, tandis que sept joueuses pointaient à –1 et que la 15e place débutait dans le Par. Et le Cut d’être fixé à +4. En somme, des scores de tournoi Majeur du LPGA Tour, sur un circuit qui constitue un marche pieds pour les débutantes, vers le Ladies European Tour.
L’objectif n’étant pas de faire carrière sur le Letas.
Charlotte Liautier, 26 ans, victorieuse en 2021, terminait à la limite du Cut, à la 46e place, tandis que Chloé Salort se qualifiait pour la dernière journée avec le score de +3, et que Loïs Lau se classait 28e à +2.
L’amateur Gala Dumez tombait à +7, Margot Rouquette échouait à +9, Alexandra Bonetti, toujours handicapée par un manque de compétition, devait se résigner à +14, suivie de Manon Donche-Gay à +15. Alors que Marine Griffaut pointait à +17. Des scores très lourds pour ces joueuses que ont pourtant été présentées, au niveau fédéral, comme l’avenir du golf féminin français.
Rappelons que le cursus actuel pour espérer briller au plus haut niveau professionnel, chez les féminines, est d’intégrer les rangs des pros entre 18 et 20 ans, d’avoir fait partie des 60 meilleures mondiales amateurs, à partir de 16 ans, et d’avoir été en capacité de participer à des évènements phares comme l’Augusta National Women’s Amateur, l’US Women’s Open amateur et, si possible d’avoir réussi sa qualification pour l’US Women’s Open, même si le Cut ne serait pas franchi, auprès les deux premières journées d’un des plus difficiles tournois de la planète golf, chez les féminines.
A moins d’avoir réussi un brillant passage sur l’Epson Tour, au cours du cycle universitaire, et d’y avoir gagné sa carte au terme de la première saison, comme vient de la faire l’Américaine Melanie Green, à 23 ans !
La France qui reste en proie à une grave difficulté de compréhension de ce que constitue la performance et la compétitivité, et pas seulement dans le domaine sportif. Les échecs des constructeurs automobiles Alpine et Peugeot, en Formule 1 et en Endurance, mais aussi le fiasco de management qui touche la société Atos, pourtant fleuron de la technologie informatique et numérique Française, en disent long sur ce sujet.
Et sur le LPGA Tour, la France d’être toujours à bout de souffle pour trouver un successeur à Céline Boutier, du calibre de Lottie Woad ou de Atthaya Thitikul. Des joueuses de haut niveau qui sont âgées de 21 et 22 ans.
Un playoff pour la victoire
La dernière journée voyait les 50 joueuses ayant franchi le Cut tenter d’aller chercher le meilleur score possible. Au travers d’un été très scandinave, où les manches longues restent de rigueur.
Alors que Lucie André s’effondrait en jouant 75, que Loïs Lau ne parvenait à faire mieux que le Par, que Chloé Salort signait une second carte de 73, seule Charlotte Liautier, pour les Françaises, parvenait à évoluer en prenant un coup au parcours.
Et la Française de 26 ans d’être parmi les treize joueuses de ce dernier tour, à jouer sous le Par.
La meilleure carte étant signée par l’Espagnole Amaia Latorre, qui effectuait une belle remontée, en se plaçant co-leader, avec Ekstrom, grâce à une journée en 66. Ce qui constituait la carte la plus basse du jour. Signe qu’il y avait bien des birdie à prendre sur ce parcours et dans cette dernière journée. Latorre qui signa, d’ailleurs, un eagle sur le Par 5 du 11, tout en concédant deux bogey, pour six birdie.
Alors que Ekstrom réalisait une journée vierge de bogey, avec trois birdie, ce qui fut suffisant pour la maintenir en tête, mais pas pour espérer remporter le tournoi, au terme des 54 trous réguliers.
Finalement, l’Espagnole et la Suédoise filaient en playoff, et au premier trou, Amaia Latorre rentrait un birdie contre un par à Ekstrom, et s’imposait, pour la première fois, sur le Letas.
« C’est incroyable. Ces derniers mois ont été difficiles pour moi, et c’est formidable d’en arriver là », déclara l’Espagnole. « Je n’ai pas eu une bonne nuit de sommeil, mais je pensais que le score pour gagner serait de huit coups sous le Par ». Et c’est effectivement à –8 que Latorre et Ekstrom sortirent de cette journée, avant de départager en playoff.
« Aujourd’hui, je voulais simplement me concentrer sur chaque coup, et jouer de mon mieux. C’est ce que j’ai fait », ajoutait la nouvelle lauréate du Letas.
Au classement de l’Ordre du mérite, c’est toujours la Danoise de 20 ans, Amalie Leth-Nissen, qui est en tête, devant l’Autrichienne de 27 ans, Katharina Muehlbauer, et la Mexicaine Fernanda Lira, qui vient de signer deux victoires de suite.
La première Française dans ce classement est Charlotte Liautier, qui progresse chaque année, et qui n’a que 404,5 points de retard sur Leth-Nissen. Mais avec la fin de la saison qui approche, il va falloir que la Française réalise de meilleurs résultats si elle veut gagner plus de terrain. Une victoire serait, évidemment, l’idéal pour elle.
Chloé Salort est 24e, avec un handicap de 929,28 points, tandis que Lois Lau et 33e avec seulement 336,40 points, en 13 tournois joués.
Plus bas, Marine Griffaut est à peine mieux classée que Lucie André, en étant 46e avec 232,70 points pour 12 tournois joués, contre 219,50 points pour son aînée, qui a joué 10 tournois.
Griffaut qui est loin d’être ce jeune espoir du golf féminin, comme certains médias spécialisés l’écrivaient en 2020, après sa première victoire au Montauban Ladies Classic, à tout juste 20 ans.
Nos joueuses Françaises qui doivent comprendre que pour espérer faire partie de l’élite du golf professionnel, il faut rapidement s’extraire de la mentalité étriquée que certaines figures du golf français continuent d’entretenir, et s’expatrier au plus vite, soit aux Etats-Unis, soit en Asie, sur des circuits où il faut en baver un peu plus pour franchir les Cut. Le Japan LPGA et le Korean LPGA fournissant plus de talents, chaque année, que la France ne parvient à le faire, sur dix ans.
Prochaine épreuve du Letas, du 13 au 15 août, en Slovaquie, pour un tournoi open où l’on attend de nombreuses amateurs, dont deux Françaises, qui bénéficient d’une invitation.
Le classement final => ICI

















